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  • Le kitâb

    Le kitâb
    • Kitâb

    L’idée centrale dépasse largement la simple notion de livre. Le kitâb désigne ce qui rassemble des éléments.

    Une bibliothèque qui rassemble des livres est un kitâb, un livre rassemblant des pages est un kitâb, l’adn rassemblant les informations génétiques est un kitâb, un sujet rassemblant des concepts est un kitâb. Alif lam mim, combinaison de trois éléments est un kitâb.

    Le mot qui est le plus adapté en français est « configuration », dans sa définition suivante :
    Ensemble des éléments d’un système.

    L’ensemble de données.

    Notre mushaf rassemble les données essentielles pour notre dîn c’est donc un kitâb, Al kitâb dans lequel se trouve des kutub selon les différentes approches ou sujets traités.

    Nous disposons tous de la même base de données, du même système.

    Mais un ensemble de données sélectionnées dans cette base peut amener à un résultat, une compréhension différente de la base : c’est la mise à jour de notre compréhension.

    • Qur’an

    59.21 – Si Nous avions fait descendre ce qur’an sur une montagne, tu l’aurais vu se faire humble et se fendre par crainte d’Allah. Ces analogies, Nous les présentons aux gens afin qu’ils réfléchissent.

    Le qur’an sur les montagnes elles s’écroulent.

    Les montagnes sont les choses dans lesquelles on place nos certitudes. Que ce soit des personnes ou des idées. Elles sont bien ancrées dans notre environnement.

    Si l’on reçoit toute l’explication d’un seul coup elles s’effondreraient.

    La plupart ne pourrait le supporter.

    2.286 – Allah ne charge une âme que selon ce qu’elle peut emmagasiner. À elle ce qu’elle a acquis, et contre lui ce qu’elle a commis. « Notre Maître, ne nous sanctionne/reprends pas si nous oublions ou si nous faisons des erreurs. Notre Maître, ne nous fais pas porter un fardeau comme Tu as fait porter à ceux d’avant nous. Notre Maître, ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter. Efface nos fautes, pardonne-nous et fais-nous miséricorde. Tu es notre Seigneur, soutiens-nous donc contre les personnes qui recouvrent la vérité ».

    Et ce ne serait pas un processus éducatif.

    25.32 – Ceux qui ont nié dirent : « Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le qur’an/l’explication en une seule fois ? » Il en est ainsi afin que ton cœur en soit raffermi. Nous l’avons agencé selon un ordre harmonieux.

    Donc il faut y aller progressivement, graduellement.

    76.23 – En effet c´est Nous qui avons fait descendre sur toi le qur’an graduellement

    Le kitâb nous dit vous passerez par des états successifs.

    84.19 – Vous gravirez, assurément, niveau après niveau.

    La compréhension évolue par pallier, par mise à jour.

    On ne peut pas saisir une compréhension tant que l’on n’a pas atteint un certain niveau.

    Ou que l’on n’a pas effacé certaines données ancrées en nous et qui nous bloquaient.

    C’est normal que la vision évolue et que l’on perçoit des choses que l’on ne voyait pas lors de notre première lecture ni des suivantes.

    Et l’une des premières étapes de purification consiste à s’affranchir des définitions imposées, notamment en distinguant le livre physique que l’on a nommé « Coran » du terme qur’an.

    10.37 – Nullement ce qur’an n’ait pu être inventé par autre qu’Allah ; cependant il authentifie ce qui est en sa possession, et un tafsîl du kitâb en quoi il n’y a aucun doute, venu du Maître des êtres cognitifs.

    On apprend que le qur’an équivaut au tafsîl du kitâb.

    Et qu’il se trouve dans un kitâb maknun.

    56.77 – Et c´est certainement un qur’an noble,

    56.78 – dans un kitâb, caché,

    56.79 – que seuls les purifiés atteignent.

    C’est l’explication, le déchiffrement du kitâb.

    Seuls y accèdent les mutahharun, ceux qui ont fait l’effort de se débarrasser de leurs impuretés.

    Les autres restent bloqués à la surface. Sourds et aveugles, un voile les empêche de comprendre.

    17.45 – Et quand tu déchiffres l’explication, Nous plaçons, entre toi et ceux qui ne sont pas confiants avec la finalité, un voile invisible,         

    17.46 – Nous avons mis des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu´ils ne le comprennent pas : et dans leurs oreilles, une lourdeur. Et quand tu évoques ton Maître dans l’explication, seul, ils tournent le dos par répulsion.

    En 73.20 il est dit de iqra’a ce que l’on s’est facilité du qur’an, c’est-à-dire déchiffrer ce qui nous est rendu facile de l’explication du kitâb.

    Autrement dit ce qu’on est en mesure de comprendre de par nos ressources et notre état de purification.

    17.106 – Un qur’an que Nous avons fragmenté, pour que tu le déchiffres aux gens. Et Nous l´avons fait descendre graduellement.

    • Tawrat et Injîl

    9.111 – Certes, Allah a acheté des dignes de confiance, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d´Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C´est une promesse véridique qu´Il a prise sur Lui-même dans la tawrat, l´injîl et le qur’an. Et qui est plus fidèle qu´Allah à son engagement ? Réjouissez-vous donc de l´échange que vous avez fait : Et c´est là le très grand succès.

    On sait désormais que le qur’an n’est pas un livre. Et il est mis au même niveau que tawrat et injîl.

    Le qur’an arrive graduellement. C’est la mise à jour de notre compréhension, l’explication de ce qui nous était inconnu. L’héritage des deux orphelins est renfermé dedans.

    Si on pense que ce sont des livres annexes alors on n’atteindra jamais le qur’an.

    5.68 – Dis : « Ô familiers du kitâb, vous n’êtes sur rien, tant que vous ne vous tenez pas à la tawrat et l’injîl, et à ce qui est descendu vers vous de la part de votre Maître ». Ce qui est descendu sur toi de la part de ton Maître va faire croître chez beaucoup d’entre eux la transgression et la négation. Ne t’afflige pas pour les gens négateurs.

    Ne tiendra sur rien, c’est-à-dire le résultat sera inefficient.

    Qu’est-ce que la tawrat :

    62.5 – L’exemple de ceux qui ont été chargés de la tawrat, mais qui ne s’en sont ensuite pas chargés, est similaire à l’âne qui porte des livres. Quel misérable exemple que celui des gens qui ont démenti les signes d’Allah. Allah ne guide pas les gens obscurantistes.

    Cet exemple nous donne quelques premiers éléments sur la tawrat.
    Ceux qui ne l’appliquent pas, ils démentent les âyât d’Allah.
    La comparaison se fait entre tawrat et âyât mais pas entre tawrat et kitâb.

    On leur demande de porter en eux la tawrat c’est-à-dire de l’assumer et de la concrétiser.
    La tawrat c’est des âyât qui doivent être mis en application et non démentis.

    3.23 – N’as-tu pas vu ceux à qui une part du kitâb a été donnée, et qui ont été invités à utiliser le kitâb d’Allah pour juger entre eux, puis certains d’entre eux se sont détournés ; ils sont de ceux qui se détournent.

    Une part du kitâb.
    Donc il y a différentes parties.
    Du même kitâb.
    Dont une qui sert à juger avec bon sens, à évaluer les choses.

    5.43 – Mais comment te prendraient-ils comme juge, alors qu’ils ont avec eux la tawrat dans laquelle se trouve le ĥukm d’Allah ? Puis, ils se détournent après cela ; ce ne sont pas ceux-là les dignes de confiance.

    La tawrat est explicitement définie dans ce verset.

    La tawrat comporte le hukm, c’est-à-dire le jugement avec bon sens venant d’Allah. La loi ou plutôt la ligne de conduite qui va nous aider à évaluer correctement les choses ou les situations extérieures.

    5.44 – Nous avons fait descendre la tawrat dans laquelle il y a guidance et lumière. Jugent par elle les nabiyun, ceux qui se sont alignés/al ladhina aslamu, pour ceux qui se sont guidés/al ladhina hadu, ainsi que les rabaniyun et les ahbaru, car on leur avait demandé de préserver du kitâb d’Allah, et ils en étaient témoins. Ne craignez pas les gens, mais craignez-Moi. N’échangez pas Mes signes à vil prix. Quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les négateurs.


    Jugent par elle (la tawrat) ceux qui se sont aslamu, c’est-à-dire les muslim.

    Les muslim jugent avec la tawrat. De même que les nabiyun, les rabaniyun et les ahbar.

    Ils sont témoins de quoi ?
    Que dans le kitâb il y a les hukum/tawrat.


    « N’échangez pas mes âyât à vil prix »

    Là encore on parle de âyât.

    Et donc en tant que muslim doit-on juger avec ce qu’Allah a fait descendre ?

    Bien sûr, puisque dans notre kitâb se trouve les hukum.

    13.37 – C’est ainsi que Nous l’avons fait descendre en tant que hukman `arabiyan. Si tu suis leurs désirs après ce qui t’es parvenu de savoir, il n’y aura pour toi, contre Allah, aucun allié ni protecteur.

    Qu’est-ce que l’injîl :

    51.49 – De toute chose, Nous avons créé deux catégories complémentaires/zawjayn. Peut-être vous rappellerez-vous ?

    Tout a été créé par zawj.

    36.36 – Magnificence à Celui qui a formé toutes les catégories complémentaires/azwaj de ce que la terre fait pousser, ainsi que d’eux-mêmes et de ce qu’ils ne savent pas.

    Y compris dans le kitâb, où des mots sont regroupés ensemble. Layl et Nahar, Žulumâti et Nûr, etc

    Tawrat et injîl forment un zawj. Ard et sama’ forment un zawj.

    46.4 – Dis : « Avez-vous vu ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ? Montrez-moi donc ce qu’ils ont formé de la terre. Ou ont-ils une association dans les cieux ? Apportez-moi un kitâb antérieur à celui-ci ou un vestige d’une science, si vous êtes véridiques ».

    Dans ce verset on parle de la terre, des cieux, puis d’un kitâb.

    22.70 – Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et la terre ? Cela est dans un kitâb, et cela est facile pour Allah.


    Ce qui est dans le ciel et la terre est dans un kitâb.

    3.1 – Alif Lam Mim

    3.2 – Allah, il n’y a de référent que Lui, le Vivant, l’Immuable.

    3.3 – Il a fait descendre sur toi le kitâb avec la vérité, authentifiant ce qui est entre ses mains, et Il a fait descendre la tawrat et l’injîl

    Ce qui est musaddiqan c’est le kitâb donc le sujet central c’est le kitâb.

    Le hi de yadayhi soit « il » renvoie également au sujet qui est le kitâb.

    Le kitâb a des yad c’est-à-dire une capacité, une fonction pour agir.

    3.4 – auparavant, comme guidance pour les gens. Et Il a fait descendre le furqân. Ceux qui ont nié les signes d’Allah, pour eux une dure épuration. Allah est Tout-Puissant, Détenteur de la vengeance.

    Le furqan la distinction, ce qui sépare.

    3.5 – Allah : rien n’est caché de Lui, ni dans la terre ni dans le ciel.

    On parle toujours du kitâb.

    En corrélation avec le 22.70 – fi kitâb.

    3.6 – C’est Lui qui vous façonne dans les matrices comme Il veut. Il n’y a de référent que Lui, le Tout-Puissant, le Sage.

    Matrices nourricières qui fournissent les ressources essentielles pour notre développement.

    Là Il dévoile la distinction (le furqan) :

    3.7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le kitâb ; il s’y trouve des signes muĥkamat, qui constituent la base du kitâb, et d’autres mutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Allah et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout provient de notre Maître ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.

    La séparation dans la compréhension des choses (cf 18.78).

    Deux composantes ou dimensions dans le kitâb.

    48.29 – Muhammadun rasûlu Allah. Ceux qui sont avec lui sont durs envers les négateurs, miséricordieux entre eux. Tu les vois rukka`an, sujjadan, recherchant d’Allah faveur et agrément. Les caractéristiques dans leurs desseins proviennent de l’effet du sujûd. Telle est leur analogie dans la Tawrat. Et leur analogie dans l´Injîl est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis la renforce ; alors elle s’épaissit, et se dresse sur sa tige, émerveillant les semeurs et enrageant les négateurs. Allah a promis à ceux d’entre eux qui ont été confiants et fait de bonnes actions un pardon et une récompense immense.

    C’est le même exemple sur 2 lectures différentes.

    Leur exemple dans la tawrat :

    Sujjadan ils ont intégré les préceptes et les appliquent. C’est quelque chose de concret.

    On est dans la dimension littérale, extérieure.

    Leur exemple dans l’injîl :

    Celle d’une semence qui prend forme.

    On est dans la dimension allégorique, intérieure.

    5.47 – Que jugent les familiers de l’Injîl d’après ce qu’Allah a fait descendre dedans. Quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah fait descendre, ce sont eux les déviants.

    Que signifie juger avec l’injîl, si c’est avec la tawrat que l’on juge ente les gens ?

    Par exemple celui qui ne juge pas avec l’injîl va aller chercher l’image du 48.29 dans d’autres livres, alors qu’il a entre les mains le kitâb d’Allah où se trouvent toutes les réponses.

    Il va chercher à l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur.

    30.42 – Dis : « Parcourez la terre et regardez quelle fut la fin de ceux qui ont vécu auparavant. La plupart d’entre eux étaient des associateurs ».

    Va-t-on parcourir la terre physiquement ou va-t-on parcourir des âyât du kitâb pour voir ce que sont advenus les peuples ?

    16.36 – Nous avons envoyé dans chaque communauté un messager : « Suivez Allah et écartez-vous du taghut ». Certains ont été guidés par Allah, tandis que d’autres ont été condamnés à l’égarement. Parcourez donc la terre, et regardez quelle fut la fin de ceux qui traitaient de mensonge.

    7.84 – Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie. Regarde donc quelle a été la fin des criminels.

    10.73 – Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui, dans l’arche. Nous fîmes d’eux des dirigeants. Nous noyâmes ceux qui traitaient de mensonges Nos signes. Regarde quelle a été la fin de ceux qui avaient été avertis.

    En « parcourant la terre » on les retrouve :

    Dans la tawrat en 9.112
    Dans l’injîl en 2.261

    L’allégorie contient également un jugement de bon sens :

    5.32 – C’est pourquoi Nous avons configuré/katabna aux bani Isra’il que celui qui tue une personne, à moins d’une personne ayant fait fasadin fi al ard, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière. Et celui qui lui donne vie, c’est comme s’il avait donné vie à l’humanité entière. Nos messagers leur sont venus avec les preuves. Pourtant, malgré cela, beaucoup d’entre eux commettent des excès fi al ard.

    Quiconque donne la vie à une nafs c’est comme s’il avait donné vie aux nas réunis. Car quand la lumière jaillit l’esprit reprend vie et celui-ci va agir autour de lui.  C’est ce qui va modifier l’état d’un peuple (13.11).

    Limiter la compréhension à un simple fait historique ou à un élément extérieur à notre nafs c’est tuer l’esprit conscient. Et un esprit endormi, son état ne changera pas.

    Parle-t-on de semer la corruption sur terre, ou parle-t-on de semer le trouble en abrogeant des âyât du kitâb, ou de corrompre le message universel en détournant le sens des mots en les arrachant de leurs racines dans lesquelles ils sont ancrés ?

    7.86 – Ne vous placez pas sur tout chemin, menaçant et détournant du chemin de Dieu celui qui croit en Lui, en cherchant la tortuosité. Rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu’Il vous a multipliés, et regardez quelle a été la fin des corrupteurs.

    En propageant des paroles déracinées du kitâb.

    2.204 – Parmi les gens dans la vie immédiate il y a celui dont la parole t’impressionne, et qui prend Allah à témoin de ce qu’il y a dans son cœur, alors que c’est le plus acharné des opposants.

    Revenons à ce verset,

    3.7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le kitâb ; il s’y trouve des signes muĥkamat, qui constituent la base du kitâb, et d’autres mutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Allah et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout provient de notre Maître ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.

    Et analysons plus en détail ce passage pour comprendre l’importance de juger/évaluer les choses avec l’injîl :

    ٱلَّذِينَ فِى قُلُوبِهِمْ زَيْغٌۭ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَٰبَهَ مِنْهُ

    Al-Ladhīna Fī Qulūbihim Zayghun Fayattabi`ūna Mā Tashābaha Minhu

    « Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui »

    Ils suivent ce qui ressemble de lui (minhu) ce qui paraît semblable.

    La subtilité est dans l’utilisation de la préposition Minhu et non Fihi. Cela signifie qu’ils vont prendre à partir de lui quelque chose qu’ils connaissent de l’extérieur, quelque chose qui y ressemble, et l’attribuent aux âyât.

    Autrement dit ils partent avec une idée préconçue et familière dans leur esprit et ne vont pas chercher plus loin : pour eux les montagnes sont juste des montagnes. Le chien c’est le chien.

    Plutôt que de puiser directement dans le kitâb, ils projettent ce qu’ils pensent déjà connaître.

    Or, les mathal sont donnés pour inciter à la réflexion et dépasser la simple dimension littérale.

    Mais alors quel est l’exemple du chien/kalb dans le kitâb ?

    7.176 – Si Nous avions voulu, Nous l’aurions élevé avec cela, mais il s’accrocha à la terre et suivit son désir. Son exemple est similaire à un chien qui halète si tu te portes vers lui, ou qui halète si tu le laisses. Tel est l’exemple des gens qui traitent de mensonges Nos signes. Relate donc l’histoire, afin qu’ils réfléchissent.

    Le chien il refuse de s’élever il refuse le ciel et reste la tête par terre. La terre symbolisant le niveau le plus bas, celui du littéral, et le ciel un niveau plus élevé. Sa compréhension n’évoluera pas.

    « Tel est l’exemple des gens qui traitent de mensonges Nos signes »

    C’est la caractéristique d’un comportement.

    L’injîl nous invite à regarder à l’essence des choses, à explorer ce qui se cache au-delà de sa dimension physique.

    Cette lecture intérieure et spirituelle est libératrice. Elle transforme notre perception et nous libère de certains fardeaux que nous nous étions imposés à l’image d’Isra’il.

    3.50 – Et j’authentifie ce qui est entre mes mains de la tawrat, et je vous rends licite une partie de ce qui vous était restreint. Je suis venu à vous avec un signe de votre Maître. Prenez conscience d’Allah, et obéissez-moi.

    C’est pourquoi `Issa est la maitrise de l’injîl.

    Donnant la vue à l’aveugle qui ne voit pas les preuves, soignant celui qui a une maladie au cœur, faisant revivre celui qui est mort avec sa compréhension, façonnant l’esprit pour qu’il devienne un oiseau.

    Et que représente l’oiseau ?

    67.19 – N’ont-ils pas vu les oiseaux au-dessus d’eux, déployant et repliant leurs ailes ? Seul Ar Rahmân les retient. Il est, de toute chose, Clairvoyant.

    16.79 – N’ont-ils pas vu les oiseaux assujettis à l’air du ciel ? Rien ne les retient à part Allah. En cela, il y a bien des signes pour des gens qui ont confiance.

    Il vole de ses propres ailes, évolue en toute liberté.

    Débarrassé des carcans religieux qui l’empêchaient de prendre son envol.
    Son seul soutien est Allah, et nul autre ne lui dicte sa conduite.

    Il s’élève spirituellement et voyage dans l’atmosphère du sama’.

    • Zabur

    21.105 – Nous avons configuré dans le zabur, après le Rappel, que la terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux.

    La terre sera héritée par les serviteurs vertueux. Cela paraît être programmé d’avance dans le zabur.

    26.196 – Et ceci est dans les zubur des premiers.          

    Dans de nombreuses occurrences où les termes zabur/zubur apparaissent, il y est fait référence à « ceux d’avant » dénotant une dimension cyclique.

    3.184 – S’ils te traitent de menteur, ils avaient traité de menteurs des messagers avant toi ; ils étaient venus avec les preuves, les zubur et le kitâb mounir.

    16.43 – Nous n’avons envoyé, avant toi, que des rijâl auxquels Nous avons inspiré – demandez donc aux familiers du Rappel si vous ne savez pas –

    16.44 – avec les preuves évidentes et les zubur. Et Nous avons fait descendre vers toi le Rappel, pour que tu clarifies aux gens ce qui est descendu vers eux et afin qu’ils réfléchissent.

    54.43 – Vos négateurs sont-ils meilleurs que ceux-là ? Ou bien y a-t-il dans les zubur une immunité pour vous ?

    La comparaison met en évidence un principe de récurrence, qui ne laisse place à aucune exception.

    54.51 – Nous avons détruit vos partisans. Y a-t-il quelqu’un pour se rappeler ?

    54.52 – Toutes les choses qu’ils ont faites sont dans les Zubur,

    La destruction vient en conséquence des choses qu’ils ont faites. Les actions, qu’elles soient petites ou grandes, entraînent des conséquences.

    54.53 – Et tout, petit ou grand, est mustarun/inscrit.

    C’est le principe de causalité qui est le même pour tous.

    Les principes de causalité désignent les règles ou mécanismes qui expliquent le lien entre une cause et son effet. Ils reposent sur l’idée que tout événement a une cause qui le précède et le détermine.

    Telle action donnera tel résultat. Certaines mauvaises actions engendreront un état négatif tandis que les bonnes amèneront à un état positif.

    54.54 – Les muttaqîn sont dans des jannat et des nahar,

    La notion de karma s’inscrit d’ailleurs dans cette propriété causale. Une cause produit nécessairement un effet.

    Les zubur sont les principes de causalité qui ne peuvent être brisés et qui structurent nos actions.

    54.49 – Nous avons formé toute chose avec mesure,

    54.50 – Et Nos commandes sont exécutées en un clin d’œil.

    Chaque événement est un maillon inébranlable dans une chaîne causale qui façonne la réalité.

    23.53 – Mais ils se sont divisés entre eux à propos de leurs commandes en zuburan, chaque groupe se réjouissant de ce qu’il détenait.

    Ils ont inventé des règles causales fondées sur l’idée d’une sélection divine basée sur l’appartenance à un groupe, affirmant que « faire partie de notre communauté permettra d’accéder au paradis ».

    Et où telle action entrainerait telle récompense déterminée. Par exemple « en disant ça tu auras 1000 hassanates », « en faisant ça tu auras une maison au paradis ».

    • Notre kitâb

    32.23 – Nous avons effectivement donné à Moussa le kitâb – ne sois donc pas en doute sur ta rencontre avec lui -, et l’avons assigné comme guide aux bani isra’il.

    35.32 Nous avons fait hériter le kitâb

    40.53 – Nous avons donné à Moïse la guidance, et fait hériter les bani isra’il du kitâb,

    40.54 – une guidance et un rappel pour les doués d’intelligence.

    Tout comme les suhuf d’Ibrahim et de Moussa

    87.18 – Ceci se trouve dans les suhuf anciens,

    87.19 – les suhuf d’Ibrahim et de Moussa.

    Que l’on retrouve par exemple dans les versets 36 à 54 de la sourate 53.

    53.36 – N’a-t-il pas été informé de ce qu’il y avait dans les suhuf de Moussa,

    53.37 – et d’Ibrahim, qui fut rétribué ?

    Que ce soit le kitâb de Moussa, les suhuf, l’injîl, tawrat, tout se trouve dans le livre appelé Coran.

    46.30 – Ils dirent : « Ô notre peuple, nous venons d’entendre un ensemble de données/ une configuration / kitaban qui est descendu après Moussa, authentifiant ce qui est en sa possession. Il guide vers la vérité et vers un droit chemin.

    Ce que possède Moussa il y a une autre façon de le comprendre.

    Certains sont restés bloqués dans la vision littérale de Moussa alors que lui-même a cherché à évoluer dans sa compréhension des choses en allant rencontrer le `abd qui avait une science.

    Moussa avait le kitâb mais il n’a pas accédé à l’injîl, il n’a pas atteint ce niveau.

    L’ensemble de données (kitâb) descendu après Moussa c’est une dimension supérieure où il faut dépasser la notion physique.

    19.30 – Il dit : « Je suis le disciple d’Allah. Il m’a donné le kitâb et a fait de moi un informé.

    3.48 – « Et Il lui enseignera le kitâb, la hikma, la tawrat et l’injîl,

    Le kitâb de `Issa, le fameux kitâb après Moussa, reprend la base de données de Moussa tout en apportant un enseignement allégorique, tourné vers l’intériorité.

    5.46 – Dans leurs foulées, Nous avons fait suivre `Issa abni Maryam, authentifiant ce qui est entre ses mains de la tawrat. Nous lui avons donné l’injîl, dans lequel il y a guidance et lumière, authentifiant ce qui est entre ses mains de la tawrat, et comme guidance et exhortation pour ceux qui prennent conscience.

    La table servie avec 114 sourates dont tout croyant nourrit son âme.

    5.113 – Ils dirent : « Nous voulons en manger, et que soient rassurés nos cœurs, et que nous sachions que tu nous as dit la vérité, et que nous en soyons les témoins ».

    Pour le premier et le dernier d’entre nous.

  • Le rôle d’Adam dans notre évolution

    Le rôle d’Adam dans notre évolution

    Quelle est la caractéristique du bashar ?

    Une première indication est donnée en 15.26-27-28 : l’ordre de formation.

    15.26 – Nous avons formé le Insān d´une argile crissante, extraite d´une boue malléable.

    15.27 – Et quant au Jinn, Nous l´avions auparavant formé d´un feu d´une chaleur ardente.      

    15.28 – Et lorsque ton Seigneur dit aux malā’ika : « Je vais former un bashar d´argile crissante, extraite d´une boue malléable          

    15.33 – Il dit : « Je ne peux sujud à un bashar que Tu as formé d´argile crissante, extraite d´une boue malléable »

    Donc d’abord jinn puis ins puis bashar.

    Il y a également 2 informations qui sont données dans ce passage :

    Le insān et le bashar ne sont pas différenciés (Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin) ce qui montre que les deux termes ont à minima un socle commun.

    Le jinn est introduit après le insān alors qu’il a été créé avant celui-ci, devenant, dans un but rhétorique, l’élément central grâce au bashar introduit après.

    Voyons quelles sont les caractéristiques dans d’autres versets :

    JINN

    Le jinn est khalaq/formé de Min Mārijin Min Nārin (55.15) / Min Nāri As-Samūmi (15.27)

    INSAN

    Le insān est khalaq/formé de Ţīnin (32.7) / Sulālatin Min Mā’in Mahīnin (32.8) / Rūĥ (32.9) + Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin (15.26) + nutfatin (16.4) / (36.77) / (76.2) + Nuţfatan Min Manīyin Yumná (75.37) + `Alaqat (75.38) / Min `Alaq (96.2) + Min Sulālatin Min Ţīnin (23.12) /+ Min Şalşālin Kālfakhkhāri (55.14) + Min Turāb (22.5)

    BASHAR

    Le bashar est khalaq/formé de Mina Al-Mā’i (25.54) + Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin (15.28) + Min Turāb (30.20) + Ţīn (38.71) + Rūĥ (15.28) / (38.72)

    Peu de différence entre le insān et le bashar. Mais il existe certaines nuances qui permettent de les distinguer :

    Les deux sont associés à la mortalité mais on insiste davantage sur cet aspect côté bashar tandis qu’au insān c’est plutôt pour qu’il s’interroge sur sa propre condition et prenne conscience.

    19.66 – Al Insān dit : « Une fois mort, me fera-t-on sortir vivant ? »

    75.3 – Al Insān pense-t-il que Nous ne rassemblerons jamais ses os ?

    75.36 – Al Insān pense-t-il qu´on le laissera sans obligation à observer ?

    75.40 – Celui-là n’a-t-Il pas le pouvoir de faire revivre les morts ?

    86.5 – Que Al Insān considère de quoi il a été formé.

    89.23 – et que ce jour-là, on amènera l’Enfer : ce jour-là, Al Insān se rappellera. Mais à quoi lui servira de se rappeler ?

    Au ins on interroge tandis que pour le bashar on l’évoque d’un point de vue extérieur (comme vous/ je ne vois que/ comme nous) à titre informatif.

    26.154 – Tu n’es qu’un bashar comme nous. Apporte donc un signe, si tu es du nombre des véridiques ».

    Quand on parle de la création/formation de al insān c’est pour qu’on s’interroge sur nous-mêmes, mais quand on parle de la création/formation du bashar c’est pour donner une information aux malā’ika.

    Dans toutes les occurrences le bashar est une caractéristique, quelque chose d’observable, d’identifiable extérieurement.

    19.26 – Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu´un d´entre les bashar, dis [lui:] « Assurément, j´ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd´hui à aucun Insīyān »

    Elle voit le bashar mais elle s’adresse au ins.

    Al Insān on parle d’eau Mahīn (une goutte) (32.8) tandis que pour le bashar on parle d’eau (25.54).

    Le bashar a donc sharaba, il s’est rempli d’eau comme une éponge.

    Or qu’est-ce qu’on shrab ? De l’eau/du liquide c’est-à-dire des informations, des connaissances (on a appris les asmāa de toutes choses à Adam).

    23.33 – Les notables de son peuple qui avaient dénié et traité de mensonge la rencontre de l’Au-delà, et que Nous avions comblés de bienfaits dans la vie présente, dirent : « Celui-ci n’est qu’un bashar comme vous, mangeant de ce que vous mangez, et buvant de ce que vous buvez.

    Quand on dit qu’on a appris à Al Insān ce qu’il ne savait pas (sourate 96) c’est probablement les asmāa ou le bayān (sourate 55) et qu’il est devenu bashar c’est-à-dire qu’il va extérioriser, expérimenter les asmāa d’Allah.

    Le ins est un état de conscience primaire (ramené au plus bas niveau sourate 95), il est limité à ce qu’il perçoit, ce dont il a conscience.

    Le bashar va interagir avec l’extérieur par le biais de ce qu’il a assimilé, partager quelque chose à l’extérieur de lui-même, extérioriser (bashara/faire sortir de soi en opposition à sharaba/absorber).

    Ce n’est pas un statut ou un rang mais plutôt une fonction, une expérience que l’on vit ici-bas. Chacun ayant la capacité d’assimiler des informations puis de les extérioriser.

    Que ce soit sous forme de sentiments, de comportements ou d’informations.

    Pourquoi avoir formé un bashar et quel est son rôle ?

    Regardons le contexte auquel il est lié :

    38.67 – Dis : « Ceci est une information énorme,

    38.68 – Dont vous vous détournez.

    38.69 – Je n’ai aucune connaissance de la population tout là-haut quand elle disputait.

    38.70 – Il m’est seulement révélé que je suis un avertisseur clair ».

    38.71 – Quand ton Seigneur dit aux Malā’ika : « Je vais former d’argile un bashar.

    38.72 – Quand Je l’aurai bien façonné et lui aurai insufflé de Mon rūh, écoutez-le avec obéissance ».

    38.73 – Alors tous les Anges écoutèrent et obéirent,

    38.74 – excepté Iblis qui s’enfla d’orgueil et fut du nombre des négateurs.

    38.75 – (Allah) lui dit : « Ô Iblis, qu’est-ce qui t’a empêché d’écouter et d’obéir à ce que J’ai formé de mes ressources ? T’enfles-tu d’orgueil ou te considères-tu parmi les hauts placés ? »

    38.76 – « Je suis meilleur que lui, dit [Iblis,] Tu m’as formé de feu et tu l’as formé de terre ».

    38.77 – (Allah) dit : « Sors d’ici, te voilà banni ;

    38.78 – et sur toi sera ma malédiction jusqu´au jour de la Rétribution ».

    38.79 – « Rabb, dit [Iblis,] donne-moi donc un sursis, jusqu´au jour où ils seront ressuscités ».

    38.80 – (Allah) dit : « Tu es de ceux à qui un délai est accordé,

    38.81 – jusqu’à l’étape de l’Instant Connu ».

    38.82 – « Par Ta puissance ! dit [Iblis]. Je les égarerai assurément tous,

    38.83 – sauf Tes disciples fidèles ».

    38.84 – (Allah) dit : « En vérité, et c’est la vérité que je dis,

    38.85 – J’emplirai certainement l’Enfer de toi et de tous ceux d’entre eux qui te suivront ».

    Le bashar est introduit juste après le passage de la « dispute céleste » car il a pour fonction de distinguer qui est véritablement malak et qui ne l’est pas tout simplement.

    D’où le « je ne suis qu’un avertisseur » : c’est un test.

    Un rôle dont le insān s’est chargé volontairement.

    33.72 – Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la “chose confiée”. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que le insān s’en est chargé ; car il est obscurantiste et très ignorant.

    33.73 – afin qu’Allah corrige les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, et Allah accueille le repentir des croyants et des croyantes. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

    Le bashar apparait comme étant le « révélateur » conçu par Dieu pour éduquer les nafs et trier ce qui est malakān (fidèle porteur de l’instruction divine) de ce qui est shaytān (celui qui mélange l’instruction divine avec tout et n’importe quoi).

    En quoi le bashar va permettre de savoir qui est véridique de qui est hypocrite ?

    2.30 – Lorsque Ton Seigneur dit aux Malā’ika : « Je vais établir sur la terre un « Khalifa ». Ils dirent : « Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? » – Il dit : « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas ! ».

    2.33 – Il dit : « ô Adam, informe-les de ces noms ; » Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Allah dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ? » (Mā Tubdūna Wa Mā Kuntum Taktumūna)

    « Je sais ce que vous divulguez et cachez ». Comment peuvent-ils divulguer quelque chose sans en avoir la connaissance ?

    C’est après ce passage qu’Iblis est introduit :

    2.34 Et lorsque Nous dîmes aux Malā’ika d’écouter et d’obéir à Adam, ils écoutèrent et obéirent à l´exception d´Iblis qui refusa, s´enfla d´orgueil et fut parmi les négateurs.

    Et si c’était « Iblis » que les malā’ika avaient enfoui en eux ?

    C’est-à-dire que tous les malā’ika ont sujud excepté une partie réfractaire en eux.

    Adam a été l’élément déclencheur, on lui a appris la signification de chaque chose il a donc été en mesure d’identifier ce qui était jusqu’à présent inconnu.

    Voici le premier enseignement de Dieu, pour les malā’ika, et donc pour nous.

    Car les malā’ika sont des nafs.

    18.51 – Je ne les ai pas pris comme témoins de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leur nafs (Anfusihim). Et Je n´ai pas pris comme aides ceux qui égarent

    Cette même nafs qui a la possibilité d’enfouir ou de dissimuler.

    2.284 – C´est à Allah qu´appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Que vous divulguiez (Tubdū) ce qui est en votre âme (Fī ‘Anfusikum) ou que vous le cachiez Tukhfūhu), Allah vous en demandera compte. Puis Il pardonnera à qui Il veut, et châtiera qui Il veut. Et Allah est Omnipotent.

    3.29 – Dis : « Que vous cachiez (Tukhfū) ce qui est dans vos poitrines ou bien vous le divulguiez (Tubdūhu), Dieu le sait. Il connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Dieu est Omnipotent.

    2.33 […] Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre ? […]

    Qui est Iblis ?

    18.50 – Lorsque Nous avons dit aux anges : « Ecoutez et obéissez à Adam », ils écoutèrent et obéirent, excepté Iblis qui faisait partie des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. « Allez-vous donc le prendre, ainsi que sa descendance, comme alliés en dehors de Moi, alors qu’ils sont, pour vous, des ennemis ? » Quel misérable échange pour les injustes !

    Il est caractérisé pour avoir désobéi à un ordre, celui de sujud. Il a refusé la définition correcte de chaque chose lorsqu’Adam l’informait des asmāa. Il incarne l’orgueil et le rejet de la vérité. Ceux qui n’écoutent pas avec obéissance les āyāt de Dieu suivent donc la voie d’Iblis (7.18).

    Iblis faisait partie des jinn :

    C’est-à-dire qu’il était parmi « ceux qui génèrent des choses depuis l’invisible/caché » (d’où le terme français génie celui qui génère des choses qui n’étaient pas connues/hors du commun).

    7.13 – [Allah] dit : « Descends de ça, tu n´as pas à t´enfler d´orgueil en lui (Fīhā). Sors, te voilà parmi les dévalués. »

    Descends de cet état car l’esprit contraire n’a rien à faire au jannat (là où toutes les pensées sont en harmonie/en conformité) ou descends de lui (minhu)

    Sors de là où tu te cachais (dans l’inconscient), sois exposé aux yeux de tout le monde de sorte à ce que tu ne puisses plus avoir d’influence (Mina as-sāghirīn)

    Mais Dieu lui a accordé un délai (15.37) donc il pourra continuer à agir jusqu’à un terme fixé, celui où le contenu des poitrines sera dévoilé.

    17.64 – Excite, par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses ». Or, le Diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie.

    7.27 – Ô enfants d’Adam, que le diable ne vous trouble pas, tout comme il a fait sortir du Paradis vos parents, leur enlevant leur vêtement pour leur montrer leur nudité. Il vous voit, lui et sa tribu, d’où vous ne les voyez pas. Nous avons désigné les diables comme alliés de ceux qui ne croient pas.

    « Il vous voit d’où vous ne le voyez pas » ça veut dire qu’il est en nous donc on ne peut pas le voir mais lui voit tout ce qui se passe en nous et peut nous influencer.

    Il peut le faire sans qu’on s’en rende compte car il est caché à l’intérieur de notre esprit.

    Iblis disparait alors de l’équation (7.18) mais Dieu nous avertit que sa « descendance » (ce qu’il a engendré comme conséquences) peut se manifester à tout moment et représente un ennemi pour nous même.

    Iblis est la personnification de cet esprit contraire, de désobéissance et d’ogueil, présent en chacun de nous. D’où le fait qu’il soit appelé ash shaytān par la suite. Il est l’initiateur du déséquilibre, il a initié une faille qui va engendrer des conséquences, il y aura d’autres déséquilibres/perturbateurs (shayātīn). Déséquilibre entraînant un autre.

    C’est pourquoi Adam est averti que c’est un ennemi déclaré, lui et sa descendance/ ce qu’il engendre comme conséquences.

    20.117 – Alors Nous avons dit : « Ô Adam, celui-là est un ennemi pour toi et ton zawj. Qu’il ne vous fasse pas sortir du Jannat, sinon tu seras malheureux.

    Adam est également prévenu de ne pas approcher de l’arbre, les deux étant liés.

    2.35 – Et Nous dîmes : « ô Adam, habite le Paradis toi et ton zawj, et nourrissez-vous-en de partout à votre guise ; mais n´approchez pas de la ramification que voici : sinon vous seriez du nombre des obscurantistes ».

    7.19 – Et toi, Adam, habite, toi et ton zawj, dans le Paradis, et mangez d’où vous le voulez, mais n’approchez pas de cet arbre, de peur d’être parmi les obscurantistes ».

    Que symbolise cet « arbre » ou plutôt cette ramification ? Dieu dit qu’Adam peut se nourrir de tout mais lui interdit uniquement cette ramification.

    Quelle est la chose qui entraîne automatiquement une sortie de route ?

    Cela ne peut qu’être la nourriture qui ne vient pas de Dieu : le shirk / la mauvaise parole

    6 : 121 – Ne mangez pas ce sur quoi la caractéristique de Dieu n’a pas été mentionné, car ce serait une déviation. Les shayatin inspirent à leurs alliés de polémiquer avec vous. Si vous leur obéissez, vous serez des associateurs.

    C’est-à-dire « La parole des hommes faite de conjectures et de mensonges et dont les “fruits” sont semblables à des têtes/logiques de shayātīn. » l’embranchement qui nous fait sortir de la voie droite.

    Quelles sont les motivations qu’utilise shaytān pour pousser Adam à consommer de l’arbre ?

    7.20 – Puis le diable leur chuchota, afin de leur dévoiler leur nudité qui leur avait été cachée : « Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Malakayn, ou de vous trouver parmi les Khālidīna

    7.21 – Il leur jura : « Je suis pour vous un conseiller ».

    7.22 – Ainsi il les trompa. Puis, quand ils eurent goûté de l’arbre, leur nudité leur apparut, et ils commencèrent à se couvrir des feuilles du Jannat. Leur Seigneur les appela : « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le diable est pour vous un ennemi évident ? »

    20.120 – Puis le diable lui chuchota : « Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de l’immortalité et un royaume impérissable ? » (Shajarati Al-Khuldi Wa Mulkin Lā Yablá)

    Pourquoi plusieurs propositions sont avancées ?

    Comme si le shaytān lui-même ignorait la véritable motivation qui pousserait Adam à agir.

    Symbolisant ainsi la conjecture, dispersant l’esprit en multiples ramifications et empêchant toute clarté de vision.

    Ou bien le ins avait une motivation et le jinn en avait une autre…

    Et Allah nous informe par cela de l’existence de deux souffles différents pouvant nous influencer et nous amener à la faute.

    L’un voulant bien faire en faisant de l’association pour se rapprocher de Lui (devenir malāk)

    L’autre pour chercher à se passer de Lui (devenir immortel) et profiter des plaisirs pour toujours. (royaume impérissable)

    Ceci ne vous rappelle rien ? Le désir des religieux et le désir des non croyants qui veulent profiter de la vie. La ramification qui éloigne de Dieu.

    L’arbre dont se gavent religieux et non croyants. Les yajûj et majûj.

    Quand la scène d’Adam devient une copie conforme à notre réalité. Et dont chacun peut retrouver le souvenir où il a « croqué » de l’arbre interdit.

    7.22 – Alors il les fit tomber par tromperie. Puis, lorsqu’ils eurent goûté de l’arbre, leurs nudités leur devinrent visibles ; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela : « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré ? »

    Les ins shayatin c’est ceux qui vont tenter de justifier rationnellement les bêtises que des jinn shayatin ont inventé.

    Tout comme Adam a cherché à « masquer sa nudité » avec des parties (feuilles) du jannat.

    « Et Allah, comme toujours, à “l’heure” qu’il faut, prouvera aux coupables qu’ils ont mangé dans le mauvais arbre par ce qu’ils ont “dans le ventre” »

    56.53 – Vous vous en remplirez le ventre,

    « Il suffira aux vrais prophètes d’exposer leur véritable biographie et leurs véritables paroles pour exposer ceux qui se sont goinfrés de mensonges leur vie durant. Voilà pourquoi Allah laisserait le temps à la théologie d’Ibliss de remplacer sa parole. Voilà pourquoi l’écart entre la sagesse du coran et la sagesse de ceux qui le brandissent ou prétendent l’expliquer. Les “coupables” doivent être pris en flagrant délit de “ventre plein” d’âneries. Les bismillah, les hamdoulillah, les subhanollah et autres “feuilles” du paradis brandies comme excuses ne serviront alors à rien à ceux qui voudraient alors prouver à Dieu qu’ils ont suivi sa voie de vérité. Idem pour ceux qui se seront goinfrés et voudront expliquer qu’ils n’ont fait que grignoter que les parties qui leur paraissait conformes au coran. ‘J’au juste gouté une tout petit peu” qu’ils diront en dénoncent les “obscurantistes” alors qu’ils accomplissent les mêmes ritualités idiotes. »

    2.36 – Peu de temps après, Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes : « Descendez (du Paradis); ennemis les uns des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps.

    7.24 – « Descendez, dit [Dieu], vous serez ennemis les uns des autres. Et il y aura pour vous sur terre séjour et jouissance, pour un temps. »

    Adam reconnut sa faute et se repentit

    Et Dieu accepta alors qu’il se rachète « ailleurs » afin qu’il expérimente et se rappelle. Dans un environnement moins « favorable » (descendez de cet état harmonieux) mais permettant d’apprendre et se rappeler à travers les épreuves.

    2.38 – Nous dîmes : « Descendez d´ici, vous tous ! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, ceux qui [le] suivront n´auront rien à craindre et ne seront point affligés ».

    38.87 – Ce n’est qu’un rappel pour les mondes.

    Pour nous rappeler de quelque chose que l’on a tous vécu.

    Allah nous détaille les choses pour nous expliquer ce qui se passe en nous, le Qur’an est une hudan c‘est-à-dire qu’il nous éclaire sur notre propre fonctionnement en nous proposant des exemples.

    La personnification d’Iblis incarne l’enseignement de la désobéissance, afin de la reconnaître et de la corriger.

    Iblis refusant d’écouter sera contraint de le faire par l’expérimentation et l’apprentissage.

    Parfois il faut le vivre pour le comprendre n’est-ce pas ?

    On a tous mangé de l’arbre. Et nous devons désormais nous corriger à travers l’enseignement divin.

    Ceci est un rappel, si l’information est donnée c’est qu’elle est d’une importance capitale pour notre guidée. Ce n’est pas juste une histoire à raconter aux enfants.

    16.24 – Lorsqu’on leur dit : « Qu’est-ce que votre Seigneur a fait descendre ? » Ils disent : « Des contes d’anciens ! »

    C’est quoi la rahma ? On va le vivre au cœur d’une épreuve pour le savoir.

    On doit réapprendre le sens des mots et la valeur des choses car tout a été mélangé, « ramifié ». Et il faudra revenir à la racine pour en retrouver le sens originel.

    Le bashar devient donc l’instrument de mesure pour savoir ce que les nafs ont réellement dans le ventre, leur vraie nature.

    Se sont-elles nourries avec les Parolesd’Allah ou se sont-elles gavées de nourriture dont le ism d’Allah n’a pas été prononcé ?

    80.24 – Que l´homme considère donc sa nourriture

    Lorsque l’on presse une éponge on voit de quoi son eau est faite.

    Tout comme l’expression « on reconnait un bel arbre a ses fruits », la nafs se dévoilera par le bashar.

    « Lorsque l’on presse une orange avec force ou douceur, il n’en sortira que du jus d’orange.
    Une personne n’ayant pas de haine en lui, lorsque des mots durs le pressent, seul de l’amour en sort.
    La façon dont nous répondons au monde n’a rien à voir avec le monde, mais à tout avoir avec ce que nous portons dans nos propres âmes.
    Personne n’a le pouvoir de nous mettre en colère. Le monde ne fait que dévoiler la colère que nous portons déjà en nous.
    Ce n’est que lorsque que nous devenons un jardin où fleurissent les qualités de Dieu que nous pouvons offrir aux autres les fruits divins de la paix, de l’amour et de la miséricorde. »

    Qu’est-ce que la nafs ?

    Traduit habituellement par « âme » la nafs est ce qui définit une personne. C’est le souffle interne, l’état intérieur d’une personne.

    Le bashar lui n’est pas jugé il fait ressortir ce qui a été absorbé c’est le révélateur, l’exprimeur.

    Contrairement au ins et au jinn qui seront interrogés et jugés ensemble.

    6.128 – Et le jour où Il les rassemblera tous : « Ô communauté de jinn, vous avez trop abusé des ins ». Et leurs alliés parmi les ins diront : « Ô notre Seigneur, nous avons profité les uns des autres, et nous avons atteint le terme que Tu avais fixé pour nous. » Il leur dira : « l’Enfer est votre demeure, pour y rester éternellement, sauf si Dieu en décide autrement. » Vraiment ton Seigneur est Sage et Omniscient.

    Or c’est la nafs qui sera rétribuée selon ce qu’elle a acquis.

    2.281 – Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Dieu. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu’elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés.

    21.47 – Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d’un grain de moutarde que Nous ferons venir. Nous suffisons largement pour dresser les comptes.

    Le ins et le jinn seront témoins contre leur nafs.

    6.130 – Ô communauté de jinn et ins, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes signes et averti de la rencontre de ce jour ? Ils diront : « Nous témoignons contre nous-mêmes. » La vie présente les a trompés ; et ils ont témoigné contre eux-mêmes qu’en (vérité) ils étaient négateurs.

    La nafs sera donc rétribuée par le ins et le jinn constituant un ensemble.

    32.13 – « Si Nous voulions, Nous apporterions à chaque nafs sa guidée. Mais la parole venant de Moi doit être réalisée : « J’emplirai l’Enfer de jinn et de nās ensemble ».

    Il n’y a pas un jugement pour le ins, un jugement pour le jinn, un jugement pour la nafs.

    En 7.189 on parle de nafs wahidatin. Et derrière sa zawj.

    Parce que la nafs du ins et la nafs du jinn est la même. On parle d’une seule et unique nafs.

    La nafs est composée d’une partie consciente (ins) et inconsciente (jinn).

    Le ins est la partie consciente, tout ce que l’on perçoit.

    C’est consciemment que l’âme s’est chargée de la amāna.

    75.14 – Mais al insān sera un témoin perspicace contre lui-même,

    Mais la partie inconsciente joue un rôle fondamentale et influence le comportement.

    Dès lors que nous ne sommes plus conscients du moment présent c’est la partie jinn qui s’exprime.

    Que nous soyons en train de rêver ou simplement plongés nos pensées (imaginaire) ou que quelque chose travaille en arrière-plan dans notre esprit (subconscient), le jinn a plusieurs canaux pour s’exprimer.

    C’est également pour cette raison que le Coran utilise des images, des métaphores pour s’adresser à cette dimension énergétique.

    On retrouve cette dualité ins et jinn au quotidien.

    L’esprit conscient et rationnel (qui perçoit et réutilise l’existant) vs l’esprit inconscient et imaginaire (qui transcende les limites).

    Le insān est malléable selon l’environnement dans lequel il évolue, dépendant de la réalité qu’il vit tandis que le jinn n’est pas soumis à ces contraintes et peut choisir ou inventer ce qui lui plaît.

    Notre esprit rationnel pensait pouvoir faire entendre raison à l’esprit contraire caché en nous en recevant l’instruction divine (rūh), cette boussole morale qui nous aide à rester dans la bonne direction (de la même racine que riyāh/les vents, car le vent donne une direction, il nous aide à voguer sur les vagues et nous empêche de dériver).

    Dieu a fait descendre un peu de rūh (qur’ān) pour nous aider au cas où le rūh en nous ne suffise pas à venir à bout de notre tendance à dériver.

    42.52 – C’est ainsi que Nous t’avons révélé un rūh provenant de Notre ordre. Tu n’avais aucune connaissance du Livre ni de la foi, mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Tu guides vers un droit chemin,

    Afin que notre nafs s’en imprègne et soit purifiée de sa partie qui n’a pas sujud. Qu’elle soit réhabilitée.

    2.37 – Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir car c´est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux.

    Le zawj est ce qui la complète, son révélateur : le bashar

    Le bashar transforme la nafs en éponge qui absorbe et fait ressortir ce qu’elle acquiert : l’expérience humaine.

    Une fonction qui se manifeste par une capacité à acquérir de nouvelles connaissances amplifiant ainsi la conscience de son environnement, et de les exprimer à travers différentes expériences vécues.

    Tout cela donnant la possibilité d’interagir librement avec l’environnement, d’agir en bien ou en mal.

    La nafs va pouvoir se nourrir de bonnes connaissances et s’élever ou au contraire se nourrir de mensonges et régresser.

    91.9 – A réussi celui qui l’améliore/la fait progressé

    91.10 – Est perdu celui qui la corrompt.

    74.36 – un avertissement, pour les bashar.

    74.37 – Pour qui d´entre vous, veut avancer ou reculer.

    74.38 – Toute âme est l´otage de ce qu´elle a acquis.

    10.30 – C’est alors que chaque âme saura ce qu’elle a fait, et elle sera rendue à Dieu, son véritable patron, et elle a été abandonnée par ce qu’elle avait inventé.

    3 types de nafs sont décrites dans le Coran :

    (النفس الأمارة بالسوء): Nafs incitatrice au mal 12.53

    (النفس اللوامة): Nafs tiraillée 75.2 également décrite en 91.8

    (النفس المطمإنة): Nafs apaisée 89.27

    Le nafs du insān peut le waswas (50.16)

    Or le waswas est mina al jinn ou mina an nās (114.5)

    Donc le waswas que l’on subit provient soit de l’intérieur (mina al jinn) ou de l’extérieur par le biais des gens (mina an nās).

    Influence de notre inconscient vs influence sociale.

    Que symbolise Adam ?

    v.
    أَدَمَ ـ أَدْمًا [adama] Ajouter des mets dans du pain.
    n.
    أُدامة [Oudamah] Condiment.

    Adam serait donc le sublimateur de goût, dont le rôle consiste à donner de la saveur à l’âme.

    Celui qui a la liberté d’expérimenter le goût de la vie, à travers l’expérience biologique humaine (en référence au mot dam/sang) et d’imbiber son âme de l’enseignement divin.

    Assaisonner l’âme d’expériences pour l’enrichir et relever ses sens cachés, exprimer sa nature profonde.

    Si on nourrit notre pain d’huile il aura bon goût, si on le nourrit de vinaigre rance il deviendra infâme.

  • La salât

    La salât

    Qu’est-ce que la salât selon la tradition ?

    Les musulmans de la tradition affirment que la salât est une prière rituelle codifiée, révélée pendant le voyage et l’ascension nocturne « Al Isrâ’ wal Miʿrâj »

    Ce récit soulève de nombreux problèmes tant sur le fond que sur la forme.

    Il est raconté que Muhammad y aurait négocié, sous l’influence de Moussa, 5 prières rituelles au lieu de 50.

    Cela rappelle étrangement le livre de la Genèse, au chapitre 18 versets 16 à 33, où Abraham joue cette fois-ci le rôle négociateur.

    Evidemment la négociation d’une décision de Dieu est une vision rabbinique et non coranique.

    33.38 – Il n’y a aucun reproche à faire au nabî en ce que Dieu lui a imposé. Telle est la sunna de Dieu établie pour ceux qui vécurent auparavant. Le commandement de Dieu est un décret inéluctable.

    Et l’envoyé n’a aucun rôle à jouer dans la décision de Dieu de quelque manière soit-il.

    3.128 – Tu n’as aucune part dans l’ordre (divin) – qu’Il (Dieu) accepte leur repentir ou qu’Il les châtie, car ils sont bien des injustes.

    Il n’y a que les rabbins et les traditionnalistes qui imaginent qu’on puisse négocier avec Dieu comme ils le feraient au marché et réussir à L’arnaquer. (Tirmidhi – Hadith 3368)

    Dans le Coran, discuter à propos d’une décision d’Allah est une mauvaise chose. (Sourate 2.67-71)

    2.67 – (Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple : « Certes Allah vous ordonne d´immoler une vache ». Ils dirent : « Nous prends-tu en moquerie ? » « Qu´Allah me garde d´être du nombre des ignorants » dit-il.

    Par ailleurs, il y a eu bien des gens et bien d’autres envoyés qui ont existé et ils n’ont pas attendu que ce récit soit rapporté pour faire la salât.

    19.31 – Où que je sois, Il m´a rendu béni ; et Il m´a recommandé, tant que je vivrai, la Salat et la Zakat

    19.54 – Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses ; et c´était un Messager et un nabî

    19.55 – Et il commandait à sa famille la Salat et la Zakat ; et il était agréé auprès de son Seigneur

    La première tentative d’enfumage consistera à dire qu’avant Il y avait la salât de tous les envoyés et puis maintenant il y a la salât de Muhammad sans laquelle on ne peut plus faire de salât.

    46.9 – Dis : « Je ne suis pas une innovation parmi les messagers ; et je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé ; et je ne suis qu’un avertisseur clair ».

    3.144 – Muhammad n’est qu’un messager – des messagers avant lui sont passés – S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Dieu ; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants.

    Muhammad étant certes un exemple (ouswat) pour nous (33.21) … mais Ibrahim également (60.4) Islam web ira même jusqu’à répondre à la problématique par « s’il n’y a aucun hadith sur la question alors il ne faut pas en parler », reléguant le Coran au second plan.(https://www.islamweb.net/fr/fatwa/209203/Comment-priaient-les-autres-prophètes- )

    Sauf que Muhammad a spécifiquement été appelé à suivre le millat d’Ibrahim

    16.123 – Puis Nous t’avons révélé : « Suis la religion d’Abraham qui était voué exclusivement à Dieu et n’était point du nombre des associateurs ».

    Faisant lui-même le lien entre le millat d’Ibrahim et sa salât dans un « hadith » (rapporté par le Coran) :

    6.161 – Dis : « Moi, mon Seigneur m’a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la religion d’Abraham, le soumis exclusivement à Dieu et qui n’était point parmi les associateurs.

    6.162 – Dis : « En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’Univers.

    6.163 – A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. »

    6.164 – Dis : « Chercherais-je un autre Seigneur que Dieu, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? Chacun n’acquiert [le mal] qu’à son détriment : personne ne portera le fardeau (responsabilité) d’autrui. Puis vers votre Seigneur sera votre retour et Il vous informera de ce en quoi vous divergez.

    Affirmant donc qu’il suit le sentier de la religion unique, celle d’Ibrahim en réponse à ceux qui tentent de diviser l’unique religion en plusieurs différentes.

    6.159 – Ceux qui ont divisé leur religion et constitué des sectes, tu n’es en rien des leurs. Leur sort revient à Dieu. Puis Il les informera de ce qu’ils faisaient.

    Ibrahim à qui on a inspiré pour lui et ses descendants notamment la salât et la zakât

    21.73 – Nous les fîmes des dirigeants qui guidaient par Notre ordre. Et Nous leur révélâmes de faire le bien, d’accomplir la salât et d’acquitter la Zakat. Et ils étaient Nos suiveurs.

    Après cela :

    2.130 – Qui souhaite se détourner de la religion d’Abraham sinon celui qui fait preuve de stupidité ? Nous l’avons choisi dans l’ici-bas, et dans l’Au-delà il sera parmi les vertueux.

    Cherchant absolument à donner à Muhammad une prière différente par rapport à celle des autres envoyés ils détourneront le sens de plusieurs mots et notamment « millat » et « islam » puis « shari`a » et « minhâj » afin de créer une scission entre Muhammad et Ibrahim.

    Selon eux Millat serait en fait une « forme de religion » où on met vaguement ce qu’on veut dedans.

    Le Coran leur précisera alors que ça concerne également le dîn :

    42.13 – Il a tracé pour vous comme voie en matière de dîn, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez le dîn ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.

    Et le dîn c’est l’islam, celui de tous les envoyés donc. (cf. ne divisez pas le dîn)

    3.19 – Certes, le dîn accepté de Dieu, c’est l’Islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes de Dieu… alors Dieu est prompt à demander compte !

    22.78 – Luttez pour Dieu avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a choisis. Il ne vous a imposé aucune gêne dans le dîn, la religion de votre père Abraham, lequel vous a auparavant nommés « muslim ».

    Qui divise le dîn unique d’Ibrahim, Moussa, `Isa, Muhammad ? Les religieux.

    Puis dans un ultime tour d’équilibriste ils diviseront en deux le sens d’islam.

    Islam traduit dans un coup selon son sens (lughawî wa ‘âmm) puis un coup selon un autre (istilâhî) qu’ils ont eux-mêmes défini.

    https://www.maison-islam.com/articles/?p=367

    Qui a décrété ces règles ?

    Eux-mêmes faisant face à leur propre contradiction.

    « Là c’est islam dans son sens normal mais là c’est islam dans notre sens à nous car si on laisse le sens normal ça nous arrange pas trop ».

    Et aux nœuds qu’ils ont créés ils en ajouteront des nouveaux nécessitant toujours plus de règles pour trouver le bout.

    Ils t’emmèneront si profondément dans les ténèbres que sans l’explication qu’ils apporteront tu seras perdu. Tu n’y verras plus rien.

    Et tu te penseras éclairer grâce à eux. Mais cette lumière disparaitra au jour du jugement. Et ils te désavoueront car ils ont certes parlé mais c’est toi qui a décidé de les suivre aveuglément.

    2.17 – Ils ressemblent à quelqu´un qui a allumé un feu ; puis quand le feu a illuminé tout à l´entour, Allah a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien

    2.18 – Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir

    57.13 – Le jour où il est dit par ceux qui négocient leur foi et celles qui négocient leur foi à ceux qui ont eu été confiants : « Attendez-nous, que nous puisions de vôtre rayonnement ». Il fut dit : « Revenez sur vos arrières, et sollicitez donc un rayonnement ». Il fut donc donné libre cours entre eux par le biais d’une clôture (ayant) à elle une porte (dont) son intérieur (ayant) en lui la bienveillance (miséricorde) et sa face apparente (ayant) contre son devant la tourmente.

    Comment peut-on confier à d’autres personnes cette chose si précieuse, la raison, que Dieu nous exhorte sans cesse à utiliser ?

    38.29 – C’est un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils réfléchissent sur ses signes et que les doués d’intelligence se rappellent.

    Le messager lui-même t’exhorte à réfléchir.

    6.50 – Dis-[leur] : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. » Dis : « Est-ce que sont égaux l’aveugle et celui qui voit ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? »

    34.46 – Dis : « Je ne vous exhorte qu’à une chose : que pour Dieu vous vous teniez, par deux ou individuellement, et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon n’est pas fou, il n’est qu’un avertisseur pour vous, avant un sévère châtiment ».

    Enfin ils détourneront le sens de shir`a wa minhâj pour que ça puisse coller à leur (di)vision, et ce malgré les versets clairs cités.

    shir`a wa minhâj serait selon eux l’échappatoire promis pour s’émanciper du dîn unique :

    https://www.maison-islam.com/articles/?p=475

    Pourtant dans le Coran c’est l’inverse, le verbe est employé pour tracer cette voie unique à tous les messagers :

    42.13 – Shara`a pour vous en matière de dîn, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez le dîn ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.

    Confirmant au passage que Shari`a n’est absolument pas la « loi » des savants mais la voie indiquée à tous les messagers.

    shari` شَارِع  c’est l’avenue, la rue

    shirâ` شراع  la voile d’un bateau c’est-à-dire ce qui permet de tracer une route en mer, d’avancer.

    shir`a شِرْعَةً c’est la voie tracée

    La voie tracée par Dieu pour tout le monde.

    Et le minhâj c’est la route personnelle que nous empruntons. Chacun ayant son cheminement propre et sa manière d’avancer dans la compréhension.

    Les divergences ne relèvent pas de Dieu mais de la compréhension des hommes.

    Dieu n’a pas créé 3 religions avec des lois ou rites différents. Pour Dieu il n’existe qu’une seule religion unique l’islam. Chacun a été appelé à la même chose, seulement à des temps différents.

    C’est également le cas pour les interdictions (6.142-153).

    Si à chaque fois la divergence est attribuée à l’Homme c’est qu’il y a une raison et il faudrait enfin l’accepter vu le nombre de fois où Allah le répète.

    Tous les nabiyin ont appelé au même dîn. Tous les nabiyin ont fait un pacte et seront témoins contre ceux affirmant le contraire :

    33.7 – Lorsque Nous prîmes des nabiyin leur engagement, de même que de toi, de Noé, d’Abraham, de Moïse, et de Jésus fils de Marie : et Nous avons pris d’eux un engagement solennel,

    3.81 – Et lorsque Dieu prit cet engagement des nabiyin : « Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et de la Sagesse, et qu’ensuite un messager vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui, et vous devrez lui porter secours. » Il leur dit : « Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition ? » – « Nous consentons », dirent-ils. « Soyez-en donc témoins, dit Dieu. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins.

    33.8 – afin [que Dieu] interroge les véridiques sur leur sincérité. Et Il a préparé aux infidèles un châtiment douloureux.

    Comment pourraient-ils tolérer une union des nabiyin autour d’une religion unique où ils n’ont pas leur place ?

    Bien que le principe soit donc contradictoire avec le Coran et l’esprit même du message d’Allah, l’institution d’une prière spécifique à Muhammad permet d’introduire la « sunna » comme pièce maitresse de l’islam.

    Cette prière codifiée prend la forme de récitation puis d’invocation et de mouvements à répéter.

    Elle comporte piliers, obligations et sunnas rendant indispensable l’explication du savant.

    Lui-même ne sachant pas réellement où est le vrai parmi les centaines de hadith divergents sur ce sujet.

    Les règles de la prière diffèreront donc selon les écoles et les avis. Chacun affirmant suivre la façon unique et véritable avec laquelle Muhammad a prié.

    Peut-être devraient-ils revenir au Coran ?

    2.213 – Les gens formaient (à l’origine) une seule communauté. Puis, (après leurs divergences,) Dieu envoya des nabiyin comme annonciateurs et avertisseurs ; et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité, pour régler parmi les gens leurs divergences. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues, par esprit de rivalité ! Puis Dieu, de par Sa Grâce, guida ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Dieu guide qui Il veut vers le chemin droit.

    En lisant ce verset ils diront :

    « Quoi ? On aurait fait pareil ? Impossible il n’y a pas comment faire la prière dans le Coran, donc on ne peut pas régler nos divergences avec. Pourquoi Allah nous parle de ça d’ailleurs ce verset c’est pour les gens du livre, pas pour nous. »

    En pensant « ah qu’ils sont bêtes ces gens d’avant, ils reçoivent une révélation avec la vérité mais ils arrivent quand même à diverger et à se disputer »

    Le Coran leur répondra alors :

    16.64 – Nous n’avons fait descendre sur toi le Livre qu’afin que tu clarifies pour eux ce en quoi ils divergeaient, et comme guidance et miséricorde pour des gens qui croient.

    Cette prière spécifique donnée à Muhammad devient donc l’élément clé pour affirmer qu’il faille chercher ailleurs que dans le Livre.

    « Si nous n’avions pas la sunna nous n’aurions pas su comment prier, c’est donc que nous avons besoin de la sunna en plus du Coran »

    Ils justifient par cela que le musulman doit prendre sa source ailleurs que dans le Coran en matière de religion, pour pouvoir adorer Dieu, puisque la prière n’y serait pas suffisamment détaillée.

    Et ce désavouant en connaissance de cause les âyât pourtant claires.

    7.52 – Nous leurs avons, certes, apporté un Livre que Nous avons détaillé, en toute connaissance, à titre de guide et de miséricorde pour les gens qui croient.

    Le Coran ne comporte aucune contradiction.

    Le changement de qibla pour la salât, l’abrogation, la salât rituelle, la zakat, tout ça est en réalité lié à de mauvaises interprétations (voir d’intentions) pour légitimer la sunna. Ce sont les hommes qui fabriquent les contradictions pour pouvoir s’instaurer entre Dieu et ses serviteurs.

    7.16 – « Puisque Tu m’as mis en erreur, dit [Satan], je m’assoirai pour eux sur Ton droit chemin,

    Dieu qui se contredirait sans l’explication divine apportée par le savant, ça n’existe que dans l’esprit fantasmatique des traditionalistes.

    4.82 – Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions !

    Si Dieu a été capable de nous dire « suivez le millat d’Ibrahim », pourquoi n’aurait-il pas dit « suivez la sunna de Muhammad » comme le font tous les savants ?

    Il serait impensable pour eux de ne pas faire le lien entre la religion et la sunna. C’est même la deuxième chose (voir la première parfois) qu’ils proclament : « suivez le Coran et la sunna de Muhammad » ou « l’islam c’est le Coran et la sunna ».

    Et pourtant Dieu aurait été incapable de l’exprimer ? Il eut fallu que des savants viennent clarifier l’islam de Dieu ?

    Bien au contraire. S’il n’existe aucun verset, c’est qu’il y a une raison : ce n’est pas la voie de Dieu mais celle de Sheytan.

    6.112 – Ainsi, à chaque nabî avons-Nous assigné un ennemi : des diables d´entre les hommes et les djinns, qui s´inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l´auraient pas fait ; laisse-les donc avec ce qu´ils inventent.

    Afin de concilier leur propre contradiction « Non ce livre n’est pas détaillé puisqu’il manque ceci et cela » ils vont détourner le sens et le contexte de certains versets.

    C’est à vrai dire une spécialité des religieux :

    5.13 – Et puis, à cause de leur violation de l´engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs : ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d´un petit nombre d´entre eux. Pardonne-leur donc et oublie [leurs fautes]. Car Allah aime, certes, les bienfaisants.

    Les shouyoukh sont les héritiers des rabbins et les musulmans de tradition sont les néo bani isra’il.

    Isra’il étant leur ancêtre à tous, le premier « savant » de l’histoire.

    Si un nabî venait à nous aujourd’hui il serait condamné à mort par ces mêmes savants et leurs serviteurs.

    Il n’aurait même pas besoin d’une nouvelle révélation, le Coran lui suffirait à dérouler toutes les preuves.

    Car tout n’est qu’une boucle perpétuelle et le Coran lui-même en témoigne.

    31.21 – Quand on leur dit : « Suivez ce que Dieu a fait descendre », ils disent : « Nous suivons plutôt ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres ». Même si c’est le diable qui les appelle au châtiment de la Fournaise ?

    Le premier tour de passe-passe consiste à dire que al ĥikma c’est la sunna. (C’est ce qui s’approcherait en réalité de l’extrême opposé. On ne citera pas les tonnes de bêtises contenues dans les hadiths ou les paroles des savants).

    Il suffit de lire le Coran pour comprendre.

    2.269 – Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d’intelligence seulement s’en souviennent.

    3 : 7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre ; il s’y trouve des âyât mouĥkamat, qui constituent la base du Livre, et d’autres moutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui a de multiples sens, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Dieu et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout vient de notre Seigneur ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.

    *Il n’y a pas de ponctuation en arabe. Cette lecture est beaucoup plus acceptable car il n’y a aucun sens à dire qu’Allah descend un livre avec une partie que Lui seul peut comprendre.

    Mouĥkamatoun est ici opposé à moutashâbiâtoun

    Mouĥkamatoun c’est-à-dire qui porte déjà la hikma soit compréhensible de lui-même et constituant une base de compréhension du livre, en opposition à ce qui nécessite d’avoir la hikma pour comprendre (ex : la métaphore).

    Moutashâbiâtoun pouvant avoir plusieurs sens selon le point de vue littéral ou analogique (L’analogie étant la ressemblance établie par l’esprit entre deux choses, mais celle-ci ne sera pas évidente pour un esprit confus) et nécessitant parfois de lier les versets qui se ressemblent (du même thème) pour en dégager sa véritable interprétation.

    31 : 2 – Voici les âyât du Livre plein de sagesse,

    2.231 – […] Et rappelez-vous le bienfait d’Allah envers vous, ainsi que le Livre et la sagesse qu’Il vous a fait descendre, par lesquels Il vous exhorte […]

    Al Hikma c’est la faculté d’interpréter et comprendre les choses « cachées », les choses profondes (les âyât mutashâbiât, les situations complexes), être doté de clairvoyance et ainsi de juger de la meilleure façon.

    En français on dit « avoir de la jugeote ».

    Jugeote : Avoir la capacité à bien juger (en ayant donc du bon sens, la faculté d’interpréter et comprendre les choses).

    Savoir quelle décision est la plus adaptée à telle situation. Être capable de jauger pour en tirer la chose adéquate.

    Comme Dâwûd avait la sagesse pour interpréter une situation et de juger, il avait la capacité à saisir ce qui est juste, et ainsi de juger avec justesse, avec sagesse.

    2.251 – Ils les mirent en déroute, par la grâce de Dieu. Et David tua Goliath ; et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulut. Et si Dieu ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Dieu est Détenteur de la Faveur pour les mondes.

    La sunna d’un roi ? Difficile à imiter. Tout le monde ne peut pas avoir 99 femmes…

    31.12 – Nous avons effectivement donné à Luqman la sagesse : « Sois reconnaissant à Dieu, car quiconque est reconnaissant, n’est reconnaissant que pour soi- même ; quant à celui qui est ingrat…, En vérité, Dieu se dispense de tout, et Il est digne de louange ».

    Nous avons doté Luqman de la sunna ?

    On est loin des on-dit.

    Bien au contraire, al Hikma ça appelle à l’intelligence et non au mimétisme.

    Allah la donne à qui Il veut et elle est à chercher chez les gens intelligents :

    2 : 269 – Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d’intelligence seulement s’en souviennent.

    A travers ce verset on comprend également que la faculté de juger avec sagesse n’est pas une annexe au livre.

    Le livre contient des éléments permettant d’acquérir cette faculté, mais ce n’est pas automatique.

    31.2 – Voici les âyât du Livre plein de sagesse,

    Des versets 22 à 38 :

    17.39 – Tout cela fait partie de ce que ton Seigneur t’a révélé de la Sagesse. N’assigne donc pas à Dieu d’autre divinité, sinon tu seras jeté dans l’Enfer, blâmé et repoussé.

    On comprend désormais le verset :

    62.2 – C’est Lui qui a envoyé, parmi des gens ignorant les Écritures, un messager des leurs qui leur récite Ses signes, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, bien qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident,

    C’est-à-dire qu’il enseigne la faculté à saisir les choses profondes, celles contenues dans le livre et celle de la vie courante (éclaircir certaines situations) en mettant en lien les différents âyât

    Enseigner à quelqu’un la sagesse, lui apprendre à avoir de la jugeote n’a jamais été et ne sera jamais synonyme de « suivisme aveugle ». C’est totalement contradictoire.

    Ce que confirme la traduction classique en 21.74

    21.74 – Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir, et Nous l’avons sauvé de la cité où se commettaient les vices ; ces gens étaient vraiment des gens du mal, des pervers.

    On comprend également le verset :

    4.65 – Non !… Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence].

    Oui certes, mais avec le livre.

    5.49 – Juge alors parmi eux d’après ce que Dieu a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce que Dieu t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache que Dieu veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers.

    Et on parle de juger leur dispute/divergence.

    2.213 – Les gens formaient une seule communauté puis Dieu envoya des nabiyin comme annonciateurs et avertisseurs. Il fit descendre avec eux le Livre porteur de la vérité, pour juger entre les gens sur ce en quoi ils divergeaient. Or, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été donné qui entrèrent en désaccord à son sujet, après que les preuves leur soient parvenues, par rivalité entre eux. Puis, Dieu guida ceux qui ont cru vers la vérité au sujet de ce en quoi ils divergeaient, avec Sa permission. Dieu guide qui Il veut sur le droit chemin.

    Pour terminer :

    6.114 – Chercherai-je un autre ĥakaman que Dieu, alors que c’est Lui qui a fait descendre vers vous ce Livre bien détaillé ? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu’il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent.

    6.115 – Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l’Audient, l’Omniscient.

    6.116 – Et si tu Obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier de Dieu : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges.

    Le second tour, et celui-là-il rencontre un fort succès chez leurs adeptes, c’est de dire qu’obéir au messager ce n’est pas obéir à son message (c’est explicite en 5.92) mais c’est obéir à ce qui sera rapporté et trié par des savants plus tard.

    Ils citent :

    « 5.92 – Obéissez à Dieu, obéissez au Messager »

    Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ?

    C’est pourtant juste à côté. Il suffit de terminer le verset.

    […] alors sachez qu’il n’incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement.

    Il n’incombe au messager que la transmission c’est-à-dire transmettre le message, pas d’instaurer une législation ou compléter un livre déjà complet.

    Doit-on obéir au messager dans le livre d’Allah ou dans le livre de Bukhari ?

    3.64 – Dis : « ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous ne suivions qu´Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour maîtres en dehors d´Allah ». Puis, s´ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes conformés ».

    5.76 – Dis : « Adorez-vous, au lieu d´Allah, ce qui n´a le pouvoir de vous faire ni le mal ni le bien ? » Or c´est Allah qui est l´Audient et l´Omniscient.

    5.100 – Dis : « Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l´abondance du mal te séduit. Craignez Allah, donc, ô gens intelligents, afin que vous réussissiez ».

    Et puis Il n’y a pas que Muhammad comme messager dans le Coran.

    Ont-ils destitué tous les messagers pour n’attribuer ce titre qu’à Muhammad ?

    Obéir à un messager n’a jamais été de suivre une législation parallèle

    71.1 – Nous avons envoyé Noé vers son peuple : « Avertis ton peuple, avant que leur vienne un châtiment douloureux ».

    71.3 – Suivez Dieu, craignez-Le et obéissez-moi,

    42.48 – S’ils se détournent, … Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre [le message].

    Parmi d’autres tentatives d’enfumage ils citent :

    « 59.7 – Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »

    Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ?

    Il suffit juste de lire le début du verset pour voir qu’il s’agit du butin, d’une répartition des biens.

    59.7 – Ce que Dieu a livré au messager provenant des habitants des cités est pour Dieu, pour Son messager, et pour les proches, les orphelins, les nécessiteux et les sans-abris, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous. Ce que le messager vous donne, prenez-le, et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en. Craignez Dieu, car Dieu est sévère en punition.

    « 4.59 – Ô les croyants ! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le amr »

    Le amr appartient Allah 11.123 donc les affiliés du amr sont ceux qui suivent le amr d’Allah et le mettent en application dans les affaires humaines en société. Ce que donne le contexte du verset précédent.

    4.58 – Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droits, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation que Dieu vous fait ! Dieu est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout.

    Et la fin du verset 59 nous indique que si on sent qu’il y a un problème avec la décision on va vérifier que c’est bien en conformité avec ce qui est transmis.

    4.59 […] Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Dieu et au Messager, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement).

    Si par exemple on pense que la décision établie aspire plus à la bêtise humaine qu’à la sagesse, et bien on vérifie ce que Dieu a dit. Personne n’obéit aux gens aveuglément. Et on n’obéit pas aux savants qui veulent juger avec autre chose que ce qui a été descendu par Dieu (le tâghût).

    4.60 N´as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu´on a fait descendre vers toi et à ce qu´on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tagut, alors que c´est en lui qu´on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l´égarement.

    « 4.80 – Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Dieu. »

    Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ? Muhammad n’est ni leur gardien ni leur garant (6.107) pour ceux qui chercheraient à se réfugier derrière lui.

     […] Et quiconque tourne le dos… Nous ne t’avons pas envoyé à eux comme gardien.

    Ce verset est-il apparu de nulle part de la même façon qu’ils le citent ? Quel est le contexte ?

    Il suffit de regarder 3 versets avant pour comprendre qu’on parle du combat.

    4.77 – […] « ô notre Seigneur ! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat ? […]

    Par crainte de combattre et pour se dédouaner, certains attribuaient le combat comme venant de Muhammad et non de Dieu. (Sous-entendant qu’il faudrait combattre pour lui et non pour Dieu).

    Arguant que le messager les appellerait à un mal (mourir au combat) en opposition aux bienfaits que Dieu leur donne.

    Tout ça est explicite dans le verset suivant :

    4.78 – Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. Qu´un bien les atteigne, ils disent : « C´est de la part d´Allah. » Qu´un mal les atteigne, ils disent : « C´est dû à toi (Muhammad). » Dis : « Tout est d´Allah. » Mais qu´ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole ?

    Au final le verset 80 réaffirme que l’ordre vient de Dieu et que le messager ne fait qu’obéir à Dieu. Et donc qu’obéir au messager c’est obéir à Dieu.

    Sous-entendu : « Il faudra alors obéir quand le messager vous demande de combattre. »

    Il n’y a encore une fois absolument aucun lien entre « obéir au messager » et suivre la sunna triée et compilée par les savants »

    Obéir au messager c’est écouter et appliquer le message qu’il apporte.

    En apparence c’est très simple, mais pourtant…

    En réalité ces interprétations leur permettent d’ouvrir la porte que le Coran a explicitement fermé. Une fois ouverte ils sont libres d’y ajouter ce qu’ils veulent et l’attribuer à Dieu.

    Comble de l’ironie et fier de leurs inventions ils en viendront à se moquer du Coran et diront :

    « Tu dis que le Coran est détaillé et complet mais combien de rakaʿât il faut faire ? »

    « La réponse est toute simple. Leur salât est pure invention et c’est tout à fait normal que le Coran ne la détaille pas ».

    Il faut savoir que tout ce qui n’est pas plus détaillé dans le Coran, est une volonté divine et constitue une sagesse.

    L’Homme devrait plutôt s’interroger sur pourquoi dans son Livre Allah a choisi de parler de ça et a dit ensuite que c’était détaillé.

    Si Allah nous a dit ça alors c’est suffisant et que nous sommes en mesure de nous débrouiller.

    Soit c’est inscrit en nous (car Dieu nous a créé), soit c’est à notre disposition c’est-à-dire une information accessible autour de nous, soit ça n’est pas important.

    Pour éviter de poser toujours plus de questions et en oublier l’objectif premier (2.67-71)

    Pour ne pas perdre son âme dans les détails et au final s’éloigner de la finalité.

    C’est donc dans une approche « sans hadith » et ce malgré l’impossibilité affirmée de tous les détracteurs du Coran que nous allons répondre à la question « qu’est-ce que la salât ».

    En gardant à l’esprit que celle-ci doit être universelle, s’inscrivant dans le dîn unique.

    Que dit le Coran sur la salât :

    33.43 – C’est Lui qui yusalli sur vous, يُصَلِّى عَلَيْكُمْ – ainsi que Ses Malā’ikat, – afin qu’Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants.

    33.56 – Certes, Dieu est Ses Malā’ikat Salou صَلُّوا۟ عَلَيْهِ sur le nabî; ô vous qui croyez Salou ʿalayhi et salimou taslîman.

    Si la salât est un rite physique alors Dieu fait un rite physique sur nous ?

    29.45 – Atlu ce qui t’est révélé du Livre et Aqimu la salât. En vérité la salât préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel de Dieu est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Dieu sait ce que vous faites.

    Est-ce que faire un rite physique préserve de la turpitude ?

    On comprend désormais que le concept coranique de salât n’est pas mécanique ni littéral mais d’ordre spirituel.

    Le problème est d’avoir enfermé ce terme dans un rite physique, là où le Coran en donne un autre sens. Il parait également évident que Dieu ne fait pas de rite physique sur nous. C’est donc que la salât se comprend autrement.

    33.43 – C’est Lui qui yusalli sur vous,  يُصَلِّى عَلَيْكُمْ – ainsi que Malā’ikat, – afin qu’Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants

    Pour mieux comprendre, mettons en relation différents versets qui traitent de la même finalité.

    14.1 – Alif, Lâm, Râ. Un Livre que nous avons fait descendre vers toi, afin que tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, avec la permission de leur Seigneur, vers le chemin de l’Honorable, le Digne de louanges,

    41.3 – un livre dont les āyāt sont détaillés
    11.1 – un livre dont les āyāt sont parfait

    14.5 – Nous avons envoyé Moïse avec Nos āyāt : « Fais sortir ton peuple des ténèbres
    à la lumière, et rappelle-leur les jours de Dieu
    « . En cela, il y a des signes pour tout patient, reconnaissant

    57.9 – C’est Lui qui fait descendre sur Son serviteur des āyāt bayyināt, afin qu’il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et assurément Dieu est Compatissant envers vous, et Très Miséricordieux.

    65.11 – un Messager qui vous yatlū les āyāt de Dieu comme preuves claires, afin de faire sortir ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres des ténèbres à la lumière. Et quiconque croit en Dieu et fait le bien, Il le fait entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Dieu lui a fait une belle attribution.

    La réponse est une nouvelle fois apportée par le Coran lui-même.

    Dieu yusalli sur nous avec les āyāt de son livre pour nous faire sortir des ténèbres à la lumière.

    Il a établi une liaison constante permettant de nous guider, en nous transmettant des signes contenant les enseignements ou directives dont on a besoin.

    Et une fois éclairé d’être en capacité de s’orienter dans la bonne direction.

    5.16 – Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.

    La salât c’est la liaison permettant de converger vers Dieu.

    On retrouve cette notion en 75.31 et 75.32 :

    فَلَا صَدَّقَ وَلَا صَلَّىٰ
    Ni saddaqa ni sallâ

    وَلَٰكِن كَذَّبَ وَتَوَلَّىٰ
    Mais kadhdhaba et tawallâ

    Saddaqa contraire de khadhdhaba
    Donc sallâ contraire de tawallâ

    Tawallâ se détourner contraire de converger

    Converger vers Dieu c’est se diriger dans Sa voie et œuvrer dans la même finalité.

    On retrouve cette notion en 33.56

    A noter la proximité linguistique avec le mot Silât, curieusement de la racine trilitère (Waw-Sad-Lam), qui signifie lien (et également ṣilât al-arhâm : liens de parenté).

    Dans sa définition la liaison est un contact établi entre diverses personnes pour la communication des ordres, la transmission d’informations.

    D’un point de vue social être en liaison c’est être dans une relation de communication et d’échange en vue d’une coopération (aide et soutien).

    Dans le réseau/voie de communication de Dieu la liaison permet la transmission d’informations grâce au signal (les āyāt) en vue de nous guider vers Lui. Ceux qui accèdent à ce réseau sont liés et coopèrent en vue d’avancer dans Sa Voie.

    La salât est multidirectionnelle, pouvant aussi bien être faite sur nous (récepteur) que sur d’autres personnes (émetteur).

    En effet cette liaison fonctionne également dans un système de transmission émetteur-récepteur où nous sommes chacun « une antenne relais ». C’est-à-dire que nous recevons le signal (les āyāt) et à notre tour nous allons porter le signal autour de nous, diffuser les āyāt de Dieu pour faire converger vers Lui.

    Quand c’est une liaison entre Dieu et nous-mêmes, c’est une liaison directe par le biais des āyāt.

    Quand c’est une liaison entre personnes, ça prend le sens d’assurer la liaison. Faire la liaison entre Dieu et les gens, servir de relais par le biais des āyāt.

    C’est-à-dire agir en médiateur entre Dieu et les gens.
    Au sens spirituel comme social.

    Les deux étant liés : transmettre et mettre en application les āyāt de Dieu sur les autres.
    Pour faire converger les gens à Dieu, Pour les faire avancer dans Sa Voie.

    Comme l’exemple de Shu`ayb avec son peuple :

    11.87 – Ils dirent : ‹ Ô Shu`ayb ! Est-ce que ta SALAT t’ordonne de nous faire abandonner ce que suivaient nos ancêtres, ou de ne plus faire de nos biens ce que nous voulons ? Est-ce-toi l’indulgent, le droit ?›

    Il suffit de lire les versets d’avant pour comprendre ce qu’est la salât de Shu`ayb.

    11.84 – Et au Madyan, leur frère Ô Shu`ayb qui leur dit : ‹ Ô mon peuple, suivez Allah ; vous n’avez point de divinité en dehors Lui. Et ne diminuez pas les mesures et le poids. Je vous vois dans l’aisance, et je crains pour vous le châtiment d’un jour qui enveloppera tout.

    11.85 – Ô mon peuple, faites équitablement pleine mesure et plein poids, ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre.

    11.86 – Ce qui demeure auprès d’Allah est meilleur pour vous si vous êtes croyants ! Et je ne suis pas un gardien pour vous.

    Shu`ayb a assuré la liaison, il a servi de relais : il leur a transmis des āyāt permettant de les éclairer et les diriger dans la voie d’Allah.

    Il a transmis des enseignements, du savoir-vivre, incité au convenable et prohibé le blâmable.

    Transmettre des āyāt c’est également les mettre en application.

    11.88 – Il dit: « ô mon peuple, voyez-vous si je me base sur une preuve évidente émanant de mon Seigneur, et s´Il m´attribue de Sa part une excellente donation?… Je ne veux nullement faire ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. Et ma réussite ne dépend que d´Allah. En Lui je place ma confiance, et c´est vers Lui que je reviens repentant.

    Ou l’exemple de Muhammad :

    17.106  (Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises minutieusement (déchiffres) aux gens. Et Nous l´avons fait descendre graduellement.

    17.107  Dis: « Croyez-y ou n´y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu´on leur met en lumière, tombent au menton, Sujjadān.

    17.108  et disent : « Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie ».

    17.109  Et ils tombent au menton, pleurant, et cela augmente leur sincérité.

    17.110  Dis : « Invoquez Allah, ou invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par lequel vous l´appelez, Il a les plus beaux noms »

    Le passage s’arrête ici. Puis le segment reprend la suite du verset 106.

    Et par ta Salât, ne Tajhar pas et ne Tukhāfit Bihā pas trop, mais cherche le juste milieu entre les deux ».

    A chaque fois que Dieu dit « ta salât » c’est quand il s’adresse à un nabî (9.81 et 11.87)

    C’est le comportement à adopter lorsqu’on fait la salât aux gens (17.106) : ne pas hausser son propos en manifestant son égo ni être sans voix.

    On pourrait aussi le comprendre par n’en rajoute pas et ne diminue pas ce que disent les enseignements.

    Par le biais des āyāt, que ce soit à travers la Création ou dans le kitâb descendu sur nous, Dieu établit des liaisons sur nous pour nous transmettre des enseignements.

    2.157 – Sur ceux-là des liaisons de leur Seigneur et une miséricorde ; ceux-là sont les bien-guidés.

    Dans ce verset il n’y a pas de verbe. Et on ne parle pas non plus de bénédictions dont l’expression (baraka) existe déjà en 11.73.

    Ce passage s’inscrit dans le contexte d’une épreuve. (155-156)

    Bien sûr il ne s’agit pas quand une épreuve nous atteint de répéter frénétiquement « Certes nous sommes à Allah, et c´est à Lui que nous retournerons ». C’est d’abord une posture à intégrer dans notre état d’esprit, nécessitant un travail intérieur. Cette phrase est l’aboutissement d’un processus, la conclusion d’une attitude intérieure.

    Ceux qui réagissent de la bonne manière, en étant sur la bonne fréquence, recevront des signes permettant la liaison avec leur Seigneur.

    C’est-à-dire des enseignements permettant de faire le lien et donner du sens à ce qui s’est passé. De pouvoir comprendre que cette épreuve constituait un rappel et servait à façonner le caractère, afin d’évoluer et de cheminer. Ceci renforcera la proximité avec notre rabb (enseigneur, éducateur).

    Dieu nous transmet également tout au long de notre vie, des signes personnels à travers des « coïncidences » ou inspirations et qui vont nous éclairer et nous aider. C’est à nous d’être attentif aux signes pour être en constante liaison.

    C’est notamment l’objectif de aqâma as salât :

    20.14 – C’est Moi Dieu, il n’y a de référent que Moi. Suis-Moi donc et aqimi aş salāt pour Mon dhikr.

    Tout d’abord traduisons le terme « aqîmû » dont la racine trilitère (Qaf-Waw-Mim) renvoie à des notions suivantes : maintenir, stabiliser, rester, s’établir, ancrer, se tenir

    On retrouve les mots tels que :

    Al Qawm ٱلْقَوْمِ : qui signifie le Peuple ou les gens c’est-à-dire un groupe de personnes établi, installé, restant à un endroit (2.250)

    Al Qayyūm ٱلْقَيُّومُ: l’immuable (shadda au ya pour appuyer le maintien, la stabilité) (2.255)

    Al Mustaqîm ٱلْمُسْتَقِيمَ : porteur de maintien, de constance, pérennité, durable (1.6)

    Muqaman مُقَامًا : lieu de séjour où on s’établit (25.66)

    Maqam مَّقَامِ : position où on s’établit (2.125)

    Wa Yawma ‘Iqāmatikum signifie « et le jour où vous vous immobilisez/établissez » (16.80)

    Qamou (2.20)

    2.20 – L’éclair presque leur emporte la vue : chaque fois qu’il leur donne de la lumière, ils avancent ; mais dès qu’il fait obscur, ils qamou. Si Dieu le voulait Il leur enlèverait certes l’ouïe et la vue, car Dieu a pouvoir sur toute chose.

    Le contexte donne ici quelque chose de négatif. Ils restent/s’établissent dans un sens péjoratif, c’est-à dire font du surplace.

    Qawwāmūna `ala : Les rijâl restent/se tiennent sur les nissa donc veillent eux. Quand on reste, on se maintient sur quelqu’un c’est qu’on veille sur lui (4.34)

    Qum Fa’andhir : Etablis-toi (construis-toi) et avertis (74.2)

    Donc aqâma أَقَامَ c’est établir, ancrer quelque chose pour que ce soit stable et solide.

    Il est nous est demandé d’ancrer la liaison que Dieu fait sur nous.

    Et qâma (forme pronominale) c’est s’établir soi-même, se construire pour pouvoir grandir et s’élever comme la semence. (48.29)

    Comment la racine Qaf-Waw-Mim peut-elle désigner à la fois une idée de stabilité et d’élévation ?

    Pour comprendre cela il faut prendre l’image de la bonne parole donnée par le Coran.

    14.24 – N’as-tu pas vu comment Dieu propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?

    Avant de s’élever, il doit d’abord s’enraciner. C’est ainsi que l’arbre s’établit, se construit.

    L’arbre est l’image de la salât, il faut d’abord enraciner les enseignements divins puis se construire avec avant de les transmettre par nos ramures qui vont rejaillir pour les autres.

    Tout comme un arbre aux racines fermes peut s’élancer vers le ciel et donner des fruits, nous devons accomplir un travail intérieur, de purification et d’ancrage dans la connaissance, afin de s’élever et donner de beaux fruits (zakât).

    2.110 – Wa aqīmū aş salāt et ātū az-zakāt. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès de Dieu, car Dieu voit parfaitement ce que vous faites.

    Une bonne salât apporte toujours la zakât (26 occurrences sur 27).

    2.3 – […] enracinent la Salāt et dépensent de ce que Nous leur avons attribué

    On enracine la liaison et ensuite on distribue les provisions que Dieu nous a attribué

    Tel l’arbre dont les racines absorbent l’eau et les nutriments pour grandir puis qui redistribue ses fruits

    Nous on s’imprègne et se nourrit des Paroles de notre Seigneur.

    7.170 – Et ceux qui s’attachent au Livre et établissent la liaison, Nous ne laissons pas perdre la récompense de ceux qui s’amendent.

    Comme on l’a vu dans le premier point, Dieu établit une liaison sur nous à travers les āyāt.

    C’est donc également à travers les āyāt que l’on va établir la liaison avec Lui.

    29.45 – Atlu ce qui t’est inspiré du Livre et enracine la liaison. En vérité la liaison préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel de Dieu est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Dieu sait ce que vous faites.

    Talaha ne signifie pas réciter mais « mettre en lumière », tout comme la lune rend nûr ce qu’on ne peut percevoir de l’éclat du soleil trop intense pour nos yeux.

    10.5 – C´est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière […]

    91.1 – Par le soleil et son éclat.

    91.2 – Et la lune lorsqu’elle le met en lumière ! وَٱلْقَمَرِ إِذَا تَلَىٰهَا

    Ce qui nous était impossible à voir nous apparaît maintenant clairement.

    8.2 – Les croyants sont ceux dont les cœurs ont peur quand on rappelle Dieu. Et quand Ses signes leur sont mis en lumière, cela accroît leur foi. C’est en leur Seigneur qu’ils placent leur confiance.

    33.34 – Et rappelez-vous ce qui, dans vos Buyūt, est mis en lumière des signes de Dieu et de la sagesse. Dieu est Doux et Parfaitement Connaisseur.

    3.113 – Ils ne sont pas tous semblables. Parmi les gens du Livre se trouve une communauté droite qui mettent en lumière pendant al layl les signes de Dieu, wa hum yasjudūna.


    Celui qui met en lumière il sujud donc il met en lumière pour lui-même avant tout. Il intègre les enseignements dans son « for-intérieur ».

    D’abord faire la liaison entre ce qui provient de l’extérieur (révélation) vers notre intérieur.

    Purifier notre intérieur. La Bonne Parole émane de l’intérieur.

    Et faire la liaison entre ce qui provient de notre intérieur vers l’extérieur.

    • L’exemple de Zakarya

    3.39 – Alors, les Malā’ikat l´appelèrent, wa houwa qa’imoun yousali fi al miĥrabi: « Voilà qu´Allah t´annonce la naissance de Yahya, confirmateur d´une parole d´Allah . Il sera un chef, un chaste, un informé et du nombre des gens de bien ».

    Il était en train de se construire en établissant la liaison dans le mihrab (là où on confronte nos idées, où on se prépare à l’affrontement en rassemblant nos munitions).

    En lisant les versets précédents on comprend qu’il y retrouvait Maryam.

    3.37 – Son Seigneur la reçut alors d’une belle réception, et la fit croître d’une belle croissance. Il confia sa charge à Zacharie. Chaque fois que Zacharie entrait auprès d’elle dans le Miĥrāb, il trouvait auprès d’elle des provisions. Il dit : « Ô Marie, d’où te vient cela ? » Elle dit : « Cela vient de Dieu. Dieu pourvoit à qui Il veut, sans compter ».

    3.38 – Alors, Zacharie pria son Seigneur, et dit : « ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière ».

    Auprès d’elle se trouvait des provisions, provisions qui viennent d’Allah, qu’il ne connaissait pas.

    Il a dû d’abord ancrer la connaissance en lui avant de la transmettre.

    Par la suite, une fois qu’il les avait assimilées, il sortit sur son peuple (19.11) les redistribuer.

    En résumé,

    D’abord on enracine (aqâma) la liaison que Dieu fait sur nous

    Ensuite on s’élève avec (qâma) d’où celui qui aqâm la salât pour nous peut nous élever (4.102), en s’assurant d’être dans la bonne direction (5.6 /4.43)

    Dès lors on peut faire la liaison sur d’autres pour faire converger sur la voie droite.

    Et Distribuer les provisions, donner de bons fruits (apporter la zakât, la récolte fructueuse)

    Tout ceci est la bonne Parole.

    • Nettoyage de notre esprit et préparation psychologique

    La préposition Ila en 5.6 indique que ça concerne une avancée vers quelque chose (logiquement renforcé par la locution « n’approchez pas » en 4.43). Quand on s’est établis en grandissant (Idhā Qumtum) pour faire rejaillir nos ramures.

    C’est pour ça qu’avant de faire la salât sur d’autres, il faut appliquer les enseignements du 5.6 afin de ne pas diffuser et appliquer des choses mal comprises.

    4.43 – Ô les croyants ! N´approchez pas de la liaison alors que vous êtes ivres, jusqu´à ce que vous sachiez ce que vous dites […]

    Et l’ivresse c’est pas ce que tu crois (littéralement). L’ivresse c’est le trouble de la perception et de la compréhension (22.2)

    (Tu les verras ivres mais ils ne le sont pas, en réalité c’est toi qui es ivre)

    Comme quelqu’un dans le brouillard cérébral qui doit nettoyer sa vision pour percevoir la réalité.

    « Comme son nom l’indique, le brouillard cérébral provoque une sensation «de trouble », de confusion dans le cerveau, une sorte de voile qui empêche de « voir clair », de penser rapidement et de façon précise ou encore de se concentrer efficacement. »

    Il faut donc comprendre le 5.6 dans une optique de purification de l’esprit. Dans l’allégorie de l’arbre, nettoyer nos racines, ce sur quoi on s’appuie.


    يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى ٱلصَّلَوٰةِ فَٱغْسِلُوا۟ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى ٱلْمَرَافِقِ وَٱمْسَحُوا۟ بِرُءُوسِكُمْ وَأَرْجُلِكُمْ إِلَى ٱلْكَعْبَيْنِ وَإِن كُنتُمْ جُنُبًا فَٱطَّهَّرُوا۟ وَإِن كُنتُم مَّرْضَىٰٓ أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ أَوْ جَآءَ أَحَدٌ مِّنكُم مِّنَ ٱلْغَآئِطِ أَوْ لَٰمَسْتُمُ ٱلنِّسَآءَ فَلَمْ تَجِدُوا۟ مَآءً فَتَيَمَّمُوا۟ صَعِيدًا طَيِّبًا فَٱمْسَحُوا۟ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ مَا يُرِيدُ ٱللَّهُ لِيَجْعَلَ عَلَيْكُم مِّنْ حَرَجٍ وَلَٰكِن يُرِيدُ لِيُطَهِّرَكُمْ وَلِيُتِمَّ نِعْمَتَهُۥ عَلَيْكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ

    Yā ‘Ayyuhā Al-Ladhīna ‘Āmanū

    Ô vous qui avez cru

    ‘Idhā Qumtum ‘Ilá Aş-Şalāati

    Lorsque vous vous êtes établis en vue de la liaison

    Fāghsilū Wujūhakum Wa ‘Aydiyakum ‘Ilá Al-Marāfiqi

    Wajh : volonté / intention / dessein

    12.9 – Tuez Joseph ou bannissez-le, afin que la volonté/wajh de votre père ne soit que pour vous. Vous serez, après cela, des gens vertueux ».

    55.27 – Subsistera Le Wajh de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse.

    Ne subsistera que la volonté de ton seigneur. C’est-à-dire que les autres alternatives n’existeront plus.

    30.38 – Donne donc au proche parent son dû, ainsi qu’au pauvre, et au voyageur en détresse. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent le Wajh de Dieu ; et ce sont eux qui réussissent.

    Ceux qui recherchent la volonté de Dieu.

    6.79 – J’ai tourné mon wajh vers Celui qui a créé de rien les cieux et la terre, en monothéiste, et je ne suis pas du nombre des associateurs ».

    Les traducteurs n’ont pas eu d’autre choix que de traduire par orienter ou tourner. Et vu que Dieu n’est pas dans un espace physique c’est forcément symbolique.

    L’orientation de notre volonté détermine la direction que nous allons emprunter.

    Al-Marāfiq

    18.16 – […] votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un Mirfaqān à votre affaire/décision ».

    Mirfaqān : l’outil de convenance, l’outil adéquat, la chose adéquate, c’est-à-dire la solution.

    (Cf Mīzān l’outil de pesée 55.7 Miqdār l’outil de mesure 70.4)

    […] Quelle mauvaise / belle convenance (18.29 / 18.31)

    En 18.29 Murtafaqān est bien un mot positif mais c’est une figure de style. On dit qu’ils imploreront et ils auront comme seule solution pour eux-mêmes, pour leur convenir, que de l’eau bouillante.

    […] Quelle excellente convenance/compagnie (4.69)

    C’est-à-dire celui qui convient, qui nous sied en tant que croyant, avec qui on est en phase, la bonne compagnie.

    Littéralement le coude c’est l’emboitement de deux choses. L’intersection de l’intention et des moyens. L’emboitement de nos ressources vers là où Dieu nous oriente. Notre volonté alignée avec celle de Dieu. Un état où on est phase, en adéquation avec le message divin.

    Donc Al-Marāfiq : les choses adéquates, les adéquations, les solutions,

    Afin d’être dans les conditions optimales pour notre lecture et mise en pratique des āyāt.

    4.175 – Alors ceux qui croient en Allah et qui s’attachent à lui, il les fera entrer dans une miséricorde venue de lui, et dans une grâce aussi. Et il les guidera vers lui dans un chemin droit.

    Clarifiez vos intentions et vos ressources (intangibles) jusqu’aux choses adéquates (être en phase avec ce que Dieu dit)

    Wa Amsaĥū Biru’ūsikum Wa ‘Arjulikum ‘Ilá Al-Ka`bayni

    Tu raisonnes ou tu ne réfléchis pas avec ta tête ? Qu’en est-il de la préposition bi ?

    Et Amsaĥū avec vos têtes (intellects/intelligences/compréhensions)

    Masaĥa : Essuyer, effacer, enlever ce qui obscurcit, ce qui est faux. Nettoyer/réformer

    Arjil : influence / racine (C’est-à dire ce qu’on garde en mémoire en opposition à ce qu’on oublie) / acquis

    Nos acquis (en l’occurrence ce qu’on a comme provisions / comme connaissances), et qui influencent notre compréhension, rendent actif notre pensée.

    Les Rijâl sont ceux qui influencent, qui apportent. Ils ont acquis de l’expérience et du savoir dans leur domaine.

    Tandis que les Nisā’ ont besoin d’un apport, de combler un vide, reçoivent. Ils sont nouveaux dans leur domaine.

    Ka`b : qui met en relief, la saillance, ce qui est apparent, caractéristique, contour.

    Définition : Être saillant, c’est ressortir particulièrement, au point de capter l’attention et de donner une accroche, un point de départ à la prise de connaissance et à la compréhension

    Et nettoyez (réformez/ évaluez) avec vos têtes (intellects/intelligences/compréhensions) et vos acquis jusqu’aux deux caractéristiques/aux deux mises en relief (la connaissance et la méconnaissance, le blanc et le noir, le vrai et le faux, le bon grain de l’ivraie).

    2.256 – Nulle contrainte dans la redevabilité. En effet le bon chemin s’est distingué de l’égarement […]

    Wa ‘In Kuntum Junubāan

    Et si vous êtes perdus (être étranger, éloigné, on est à côté de la chose d’où le lien avec les flancs)

    Fa Aţţahharū

    Purifiez-vous (avec la Parole de Dieu) pour repartir sur une base saine.

    Wa ‘In Kuntum Marđá ‘Aw `Alá Safarin

    Et si vous êtes malade/indisposé/en incapacité ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).

    ‘Aw Jā’a ‘Aĥadun Minkum Mina Al-Ghā’iţi

    Ou que l’un d’entre vous revient d’un vide (insuffisance ou absence de liaison, un passage à vide sans dhikr) (18.101)

    ‘Aw Lāmastumu An-Nisā’

    Ou que vous soyez touchés/affectés par des Nisā (7.201 et 72.8)

    Falam Tajidū Mā’an

    Si vous ne trouvez pas d’eau (Parole de Dieu qui purifie l’esprit 8.11) / information

    Fatayammamū Şa`īdāan Ţayyibāan

    Imprégnez/immergez-vous d’une surface bonne/saine (18.8 et 18.40)

    La bonne surface, la bonne élévation/progression c’est-à-dire la compréhension d’un musalli.

    Une « bonne terre fertile » dans laquelle nous pourrons prendre racine et s’élever.

    Qui va permettre de gravir un échelon, servir de tremplin pour nous élever là où seul on ne parvenait pas à faire le lien.

    Fāmsaĥū Biwujūhikum Wa ‘Aydīkum Minhu

    Et de cela nettoyez (filtrez/évaluez) avec vos intentions et vos ressources (enlever les tâches, extraire le bon du mauvais, séparer le bon grain de l’ivraie, trier ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible).

    Mā Yurīdu Allāhu Liyaj`ala `Alaykum Min Ĥarajin

    Dieu ne veut vous imposer aucune gêne/complication,

    Wa Lakin Yurīdu Liyuţahhirakum Waliyutimma Ni`matahu `Alaykum

    Mais Il veut vous purifier et compléter/parachever Son bienfait sur vous,

    La`allakum Tashkurūna

    Afin que vous soyez reconnaissants.

    Essai de traduction du 5.6 :

    Ô vous qui avez cru,

    Lorsque vous vous êtes établis vers la liaison,

    Clarifiez vos intentions et vos ressources jusqu’aux choses adéquates.

    Et nettoyez avec vos intellects et vos acquis jusqu’aux deux caractéristiques.

    Et si vous êtes perdus,

    Purifiez-vous.

    Et si vous êtes en incapacité/incommodé ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).

    Ou que l’un d’entre vous revient d’un creux,

    Ou que vous soyez affectés par des Nisā,

    Si vous ne trouvez pas d’eau,

    Imprégnez-vous d’une surface saine.

    Et de cela nettoyez avec vos intentions et vos ressources.

    Dieu ne veut vous imposer aucune complication.

    Mais Il veut vous purifier et parachever Son bienfait sur vous,

    Afin que vous soyez reconnaissants.

    C’est la même structure en 4.43 :

    Yā ‘Ayyuhā Al-Ladhīna ‘Āmanū

    Ô vous qui avez cru,

    Lā Taqrabū Aş-Şalāata Wa ‘Antum Sukārá Ĥattá Ta`lamū Mā Taqūlūna

    N’approchez pas de la liaison alors que vous êtes confus, jusqu’à ce que vous sachiez ce que vous dites.

    Wa Lā Junubāan ‘Illā `Ābirī Sabīlin Ĥattá Taghtasilū

    Et non en étant perdu/étranger, excepté d’être en voie d’apprentissage, jusqu’à ce que vous vous clarifiiez (l’esprit).

    Wa ‘In Kuntum Marđá ‘Aw `Alá Safarin

    Et si vous êtes en incapacité/incommodé ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).

    ‘Aw Jā’a ‘Aĥadun Minkum Mina Al-Ghā’iţi

    Ou que l’un d’entre vous revient d’un vide/d’une insuffisance (absence, lacune, ce qui manque).

    ‘Aw Lāmastumu An-Nisā’

    Ou que vous soyez affectés par des Nisā.

    Falam Tajidū Mā’an

    Si vous ne trouvez pas d’eau (qui purifie l’esprit) / information.

    Fatayammamū Şa`īdāan Ţayyibāan

    Imprégnez-vous d’une surface saine.

    Fāmsaĥū Biwujūhikum Wa ‘Aydīkum

    Et nettoyez ainsi avec vos intentions et vos ressources.

    ‘Inna Allāha Kāna `Afūwāan Ghafūrāan

    Certes Allah est Indulgent et Pardonneur.

    En sachant que la traduction ritualiste n’est en réalité pas la plus adaptée. La préposition bi oubliée (Lavez avec vos têtes ?), le pluriel pour « coude » (3 coudes ou plus ?) alors que la dualité est bien présente pour les « malléoles ».

    Également les parties du corps évoquées ne sont pas celles qui ont le plus besoin d’être nettoyées, et l’état de purification peut être atteint autrement, par la sadaqa (9.103 et 58.12) pour la salât du nabî. Ce n’est donc pas une condition préalable et encore moins un rituel.

    La traduction classique d’ablution n’est qu’un conditionnement et demande un nettoyage (un vrai) de l’esprit pour se laver de toutes les bêtises qu’on nous a inculquées.

    En aucun cas le Coran n’a institué de rituel lié à la salât.

    Ceux qui ne vivent leur foi qu’à travers les règles et l’endoctrinement ont voulu en imposer un en traduisant littéralement les mots sans s’intéresser au sens donné par le Coran lui-même. Dans leur vision, le Coran se cantonne à la forme en évoquant vaguement des positions, justifiant le recours à des sources extérieures pour remettre de l’ordre.

    Certains disent que le Coran ne précise pas le rituel car la transmission s’est faite par imitation, c’est-à-dire un suivi des pratiques de ses ancêtres. Un mimétisme des anciens que le Coran lui-même dénonce à maintes reprises. (2.170 / 43.23 / 5.104)

    Créer un ordre ou un rituel c’est amener à ce que les gens qui succèdent ne retiennent que l’application du rituel et en oublient le fond.

    19.59 – Puis leur succédèrent des générations qui perdirent la liaison et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perdition.

    Le verset précédent explique d’ailleurs comment les nabiyin faisaient la salât
    et comment elle s’est perdue :

    19.58 – Voilà ceux qu´Allah a comblé de faveurs, parmi les nabiyin, parmi les descendants d´Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d´Abraham et d´Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les āyāt du Tout Miséricordieux leur étaient mis en lumière, ils tombaient Sujjadāan Wa Bukīyāan.

    Des générations qui n’ont plus écouté et appliqué les āyāt d’Allah.

    Il faut d’abord trouver les mots qui touchent notre cœur avant de les faire résonner pour toucher le cœur des autres

    Sinon on est semblable aux ânes qui portent des livres. On transporte quelque chose qui ne nous a pas transporté.

    De la même manière pour la salât on doit d’abord être connecté à la Parole qu’on transmet afin de partager cette connexion que Dieu nous a donné.
    Sinon notre salât est tel un sifflement et écho.

    Dans le Coran, la salât n’a rien à voir avec la forme.

    8.35 – Et leur salât envers la bayt n’est que gazouillis et écho. « Alors, goûtez la correction pour ce que vous avez dénié »

    C’est-à-dire que dans leur rituel devenu mécanique ils ne font que répéter bêtement (écho) et marmonner des choses qui ne pénètrent pas dans leur esprit (gazouillis)

    C’est comme tomber sur le 45-6 dans une salât effectuée selon la sunna puis derrière se prosterner sans avoir sujud à ce qui était lu.

    45.6 – Voici les signes de Dieu que Nous te mettons en lumière en toute vérité. Alors en quel hadith, après Dieu et Ses signes, croiront-ils ?

    • sujūd et rukū`

    2.58 – Et [rappelez-vous], lorsque Nous dîmes : « Entrez dans cette ville, et mangez-y à l´envie où il vous plaira ; mais entrez par la porte sujjadān et demandez la « rémission » (de vos péchés) ; Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.

    Quelqu’un est déjà rentré quelque part en se prosternant ? Un esprit sain peut-il penser sérieusement que Dieu aurait demandé une telle chose ?

    22.18 – N´as-tu pas vu que c´est devant Allah que yasjudu tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le soleil, la lune, les étoiles les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup de gens ? Il y en a aussi beaucoup qui méritent le châtiment. Et quiconque Allah avilit n´a personne pour l´honorer, car Allah fait ce qu´il veut.

    Non cette fois-ci les littéralistes sont obligés de le lire de façon symbolique. « Ils se prosternent à leur manière ». C’est en effet plus simple d’avoir une interprétation évasive plutôt que d’admettre ne pas avoir eu la « bonne manière » de comprendre tout simplement.

    En 32.15 on parle de « tomber sujjadān » : Kharrū Sujjadān

    32.15 – Seuls croient en Nos ayat ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent « Sujjadān » et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent pas d’orgueil.

    ‘Innamā Yu’uminu Bi’āyātinā Al-Ladhīna ‘Idhā Dhukkirū Bihā Kharrū Sujjadāan Wa Sabbaĥū Biĥamdi Rabbihim Wa Hum Lā Yastakbirūna


    25.73 – qui lorsque les ayat de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles;
    Wa Al-Ladhīna ‘Idhā Dhukkirū Bi’āyāti Rabbihim Lam Yakhirrū `Alayhā Şummāan Wa `Umyānāan

    En reliant 32.15 et 25.73 il est clair que « ne deviennent ni sourds ni aveugles » est équivalent à « Kharrū Sujjadān ». Encore un exemple par substitution.

    « Être « Sujjadān » et « devenir sourd et aveugles » face aux versets paroles sont deux réactions opposées. Le sejd est complémentaire à la salat et à la zakat et signifie simplement écouter les paroles de Dieu et leur obéir. Le soleil, la lune et les cieux obéissent (yasjoudoun) aux ordres de Dieu et à ce qu’il leur a tracé comme voie.

    Le verset 12-100 est le plus impitoyable concernant le sens Cheikhal de Soujoud. Joseph éleva ses parents sur le trône et tous l’écoutèrent attentivement (Kharrou lahou sujjadan). On ne peut être plus clair. Comment expliquer le Sejd à quelqu’un assis plus bas que toi ? »

    Comment les parents pourraient-ils être élevés sur le trône et en même temps se prosterner ?

    Si ces versets t’embêtent, sache que tu n’es pas en état de soujoud : »

    31.7 – Et quand on lui récite Nos versets, il tourne le dos avec orgueil, comme s’il ne les avait point entendus, comme s’il y avait un poids dans ses oreilles. Fais-lui donc l’annonce d’un châtiment douloureux.


    18.57 – Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu’ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider.

    84.21 – Et quand le Coran leur est lu ils ne Yasjudūn pas ?

    « Tu Asjid ou bien est ce que tes oreilles sont bouchées. ?

    Le dictionnaire arabe, pour sajada, garde le sens d’écouter avec attention en inclinant la tête.

    Les versets 17-107 et 17-109 montrent bien le rôle du menton dans l’acte du Soujoud. L’expression « Kharro sujjadan » et « Kharrou Adhkan Sujjadan » sont équivalentes »

    17.107 – Dis : « Croyez-y ou n´y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu´on le leur récite, Yakhirrūna Lil’adhqāni Sujjadān » ».

    Même ceux qui interprètent de manière littérale ne se prosternent pas physiquement sur le menton.

    Une étude du professeur Mustansir Mir :

    « Il faut savoir une chose déjà, Si c’était « tomber sur (par exemple 3ala = على ) leurs mentons « alors il aurait été plus susceptible de signifier une expression littérale / physique, mais » tomber à (li) les mentons « suggère la possibilité d’une interprétation métaphorique / idiomatique. Et bien sûr, » adhqan « ne veut pas dire » visages « , mais » menton ».

    Le Lexicon de Lane souligne clairement son utilisation idiomatique :

    « kharoo li’idhqaanihim, inf. n. khuroor [Ils tombèrent prosternés, le menton au sol: voir le kur xvii. 108 et 109:] (A [d’où le dicton,] 3asafat reehu fakharrat al ashjaaru lil ‘idhqaan [Un vent a soufflé violemment, de sorte que les arbres sont tombés ou se sont pliés au sol.] (A dans art. Kharra et habbat alree7u fakabbat alshajara 3alaa adhqaanihaa [L’aiguille a éclaté, puis renversée, ou renversée , ou se baissant, les arbres]: et, d’une pierre, kabbahu-l-sailu lidhaqnihi Le torrent l’a renversé. « 

    Notez que le Lexicon Lane fournit l’interprétation / la signification de l’idiome, plutôt que sa traduction littérale. Tous les exemples cités utilisent « le menton » même si les arbres et les pierres n’ont évidemment pas de « mentons ». Lane indique également des parties d’un homme qui sont les lieux du SJD ( par exemple, le front / le nez / les mains / les genoux / les pieds), mais n’inclut pas le « menton » impliquant de prendre ce verset à la lettre; c’est-à-dire se prosterner jusqu’au menton, ce n’était pas sa signification.

    Le professeur Mustansir Mir, dans « Les Idiomes verbaux du Coran », cite « tomber au menton » comme un idiome verbal qui implique une extrême humilité, car le menton représente l’orgueil, c’est quelque chose qui doit être tenu haut, et tomber sur le menton est pour s’abaisser et, lorsqu’il est utilisé dans le Coran, cela signifie s’humilier devant Dieu, et il cite un poème arabe classique d’Imru al-Qays sur la puissance des arbres qui ont été anéantis par une forte averse de pluie et qui sont « tombés au menton ». Il est peu probable qu’un arbre tombe réellement à cause d’une forte pluie, mais il est possible de le prendre comme une chute physique. »

    D’après une « tartilade » par le groupe « Étude du coran, par le coran seul » :

    La « surdité allégorique » (ne pas entendre) semble être un trait commun de ceux qui ne tombe pas « Sujjadān ». L’exemple des bani Isra’il montre que le sujūd est non-physique, et précise ce que cela signifie réellement :

    2.58 – Et [rappelez-vous], lorsque Nous dîmes : « Entrez dans cette ville, et mangez-y à l´envie où il vous plaira; mais entrez par la porte sujjadān et demandez la « rémission » (de vos péchés); Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.


    2.59 – Mais, à ces paroles, les pervers en substituèrent d’autres, et pour les punir de leur fourberie Nous leur envoyâmes du ciel un châtiment avilissant.


    7.161 – Et lorsqu’il leur fut dit : « Habitez cette cité et mangez [de ses produits] à votre guise, mais dites : rémission [à nos péchés] et entrez par la porte sujjadān. Nous vous pardonnerons vos fautes ; et aux bienfaisants (d’entre vous,) Nous accorderons davantage ».


    7.62 – Puis, les injustes parmi eux changèrent en une autre, la parole qui leur était dite. Alors Nous envoyâmes du ciel un châtiment sur eux, pour le méfait qu’ils avaient commis.

    Remarquez comment les descendants d’Israël firent le contraire de « sujūd » en modifiant ce qui a été dit à eux au lieu de l’entendre et de le faire réellement (c’est à dire, obéir). Un autre exemple de gens qui modifient ce qui est dit est donné à nouveau au verset 4.46 :

    4.46 – Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent : « Nous avions entendu, mais nous avons désobéi« , « Écoute sans qu’il te soit donné d’entendre », et favorise nous « Raina », tordant la langue et attaquant la religion. Si au contraire ils disaient : « Nous avons entendu et nous avons obéi« , « Écoute », et « Regarde-nous », ce serait meilleur pour eux, et plus droit. Mais Allah les a maudits à cause de leur négation ; leur foi est donc bien médiocre .

    Nous pouvons voir le lien entre 4.46 avec 2.58-59 et 7.161-162 que « sujūd » est équivalent à «entendre et d’obéir ».

    Pour terminer on pourra établir un lien entre les versets 4.101-103 décrivant la fin de la « salât » avec l’état de « sujūd » et les versets 5.6-7 décrivant une des composantes de la salât celle de la reprogrammation de notre cerveau, pour terminer par « entendre et d’obéir ».

    5.7 – Et rappelez-vous le bienfait d´Allah sur vous, ainsi que l´alliance qu´Il a conclue avec vous, quand vous avez dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi« . Et craignez Allah. Car Allah connaît parfaitement le contenu des cœurs.

    Une fois de plus, nous voyons que « l’ouïe et l’obéissance » semble être l’équivalent de « sujūd ».

    Passons à rukū` :

    En 38.24 on parle de « tomber raki ` an » : Kharra Rāki`ān

    38.24 – Il [David] dit: « Il a été certes injuste envers toi en demandant de joindre ta brebis à ses brebis ». Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres – cependant ils sont bien rares. – Et David pensa alors que Nous l´avions mis à l´épreuve. Il demanda donc pardon à son Seigneur et tomba Rāki`ān et se repentit.

    Littéralement peut-on tomber par terre incliné ? Non. On peut tomber à genoux au sol ou tomber en prosternation. (Ce qui revient à s’agenouiller puis se courber).

    C’est bien pour cela que les traducteurs ont été obligés de traduire par « il tomba prosterné ».

    Maintenant faut-il comprendre du point de vue littéral ou est-ce comme pour sujūd une expression idiomatique, utilisée comme instrument figuratif pour faire ressentir le sentiment vécu par Dawud à ce moment-là ?

    Le Coran nous éclaire sur la question :

    77.46 – “Mangez et jouissez un peu (ici-bas); vous êtes certes des criminels”.

    77.47 – Malheur, ce jour-là, à ceux qui criaient au mensonge.

    77.48 – Quand on leur dit : « irka`ū », Lā Yarka`ūna.

    37.34 – Ainsi traitons-Nous les criminels.

    37.35 – Quand on leur disait : “Point de divinité à part Allah”, ils se gonflaient d´orgueil,

    En reliant 77.48 et 37.35 il apparait que « La Yarka`ūna » est équivalent à « ils se gonflent d’orgueil ». Encore et toujours un exemple par substitution.

    Raka`a est donc l’opposé de « s’enfler d’orgueil », devenir arrogant. C’est-à dire se pencher humblement sur le sujet, étudier la question en faisant preuve d’humilité.

    Quand on leur dit : « irka`u » (penchez-vous humblement), « la yarka`un » (ils ne se penchent pas humblement).

    rukū` étant souvent associé à sujud (2.125/ 5.55 /9.112 etc) il n’est pas étonnant de retrouver la mention « ne pas s’enfler d’orgueil » en relation avec sujūd :

    32.15 – Seuls croient en Nos ayat ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent « Sujjadān » et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent pas d’orgueil.

    De plus, les bani Isra’il et Maryam ont été commandés de « yarka’u » dans les versets 2.43 et 3.43

    3.43 – Ô Marie ! Sois dévouée à ton Seigneur ! Asjudī (écoute et obéis) et Arka`ī (penche-toi humblement) avec ceux qui sont Ar-Rāki`īn (se penchent humblement).

    • Lien entre salât et duʿā (sollicitation)

    La salât n’est pas une prière.

    Voilà la définition de la « prière » dans le Coran :

    2.186 – Et quand Mes serviteurs t´interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche: Je réponds à l´appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu´ils répondent à Mon appel, et qu´ils croient en Moi, afin qu´ils soient bien guidés.

    Une prière singulière mais sincère, et non une prière standardisée mais inanimée.

    Il est logique de solliciter Dieu afin qu’Il nous envoie des signes ou nous aide à mettre en lumière les āyāt.

    1.6 – Guide-nous dans le droit chemin

    Afin de sortir des ténèbres à la lumière et s’orienter dans la bonne direction.

    5.16 – Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.

    Ou Zakarya qui sollicite Dieu afin qu’il puisse lui aussi recevoir des provisions.

    3.38 – Alors, Zacharie pria son Seigneur, et dit : « ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière ».

    3.39 – Alors, les Malā’ikat l´appelèrent, Il était en train de se construire en établissant la liaison dans le mihrab : « Voilà qu´Allah t´annonce la naissance de Yahya, confirmateur d´une parole d´Allah. Il sera un chef, un chaste, un informé et du nombre des gens de bien ».

    La duʿā est un moyen d’établir la liaison et non l’inverse.

    • Le khushū`  خُشُوع

    23.2 – ceux qui sont Khāshi`ūn dans leur Salât,

    Si la traduction habituelle renvoie à une notion d’humilité, celle-ci ne paraît pas réellement adapté à la lecture de certains passages. En 68.43 par exemple elle fait doublon.

    68.43 – Leurs regards seront Khāshi`at, et l’humiliation les couvrira. Or, ils étaient appelés au sujud au temps où ils étaient sains et saufs.

    Le khushū` c’est l’abaissement de nos artifices, le dévoilement sincère. Être à nu, à découvert.

    La sincérité est l’expression fidèle des sentiments réels, par la vérité.

    On parle d’authenticité lorsqu’il s’agit de sincérité dans l’expression de notre être profond.

    2.45 – Et cherchez secours dans l’endurance et la Salât : certes, la Salât est quelque chose d’énorme, sauf pour les sincères,

    Quelque chose de difficile tout comme n’attribuer notre dîn qu’à Allah seul.

    42.13 […] « Maintenez la redevabilité (envers Allah) ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu choisit vers Lui qui Il veut, et guide vers Lui quiconque se repent.

    Et Dieu choisit de guider vers Lui les sincères, qui ne se mentent pas à eux-mêmes ou aux autres.

    Dans le verset 2.46 on les décrit comme ceux qui pensent à leur Seigneur et à sa rencontre.

    Quand on aime sincèrement Dieu tout est plus simple.

    23.2 – ceux qui sont sincères dans leur Salât,

    3.199 – Il y a certes, parmi les gens du Livre ceux qui croient en Dieu et en ce qu’on a fait descendre vers vous et en ceux qu’on a fait descendre vers eux. Ils sont sincères Khāshi`īn envers Dieu, et ne vendent point les versets de Dieu à vil prix. Voilà ceux dont la récompense est auprès de leur Seigneur. En vérité, Dieu est prompt à faire les comptes.

    17.109 – Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur sincérité.

    20.108 – Ce jour-là, ils suivront sans détour Celui qui appelle, et les voix deviendront dévoilées devant le Tout-Puissant. Tu n’entendras alors qu’un murmure.

    C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de posture, on ne pourra pas prendre un ton arrogant.

    21.90 – Nous lui répondîmes, lui donnâmes Jean et Nous rétablîmes son épouse pour lui. Ils s’empressaient de faire le bien et Nous invoquaient par désir et par crainte. Ils étaient sincères envers Nous.

    57.16 – Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leur cœur devienne sincère devant le rappel de Dieu et à ce qui est descendu de la vérité, et de ne pas être semblables à ceux qui ont reçu le Livre avant eux ? Le délai leur parut long et leur cœur s’endurcit. Beaucoup d’entre eux sont dépravés.

    Le sens de dévoilé/à nu/à découvert est renforcé par les versets 41.39 et 59.21 :

    41.39 – Et parmi Ses merveilles est que tu vois la terre à nu/ à découvert. Puis aussitôt que Nous faisons descendre l’eau sur elle, elle se soulève et augmente [de volume]. Celui qui lui redonne la vie est certes Celui qui fera revivre les morts, car Il est Omnipotent.

    59.21 – Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais à découvert (se dévoiler), et se fendre par crainte de Dieu. Ces allégories, Nous les présentons aux gens afin qu’ils réfléchissent.

    Et fait sens dans chaque occurrence :

    42.45 – Et tu les verras présentés à lui, dévoilés et regardant d’un œil furtif. Ceux qui ont cru dirent : « Les perdants sont ceux qui, au Jour de la Résurrection, se perdent eux-mêmes, ainsi que leur famille ». Les injustes sont dans un châtiment permanent.

    54.7 – leurs regards dévoilés, ils sortiront des tombes comme des sauterelles éparpillées,

    68.43 – Leurs regards seront dévoilés, et l’humiliation les couvrira. Or, ils étaient appelés à l’écoute avec obéissance au temps où ils étaient sains et saufs.

    79.9 – et leurs regards dévoilés.

    88.2 – Ce jour-là, il y aura des desseins dévoilés

    • Qibla

    Une Qibla pour la salât ? Non. Dans aucune occurrence ce mot n’est lié à salât.

    Se tourner dans une direction pour se connecter à Dieu ne fait aucun sens.

    2.115 – A Allah seul appartiennent l´Est et l´Ouest. Où que vous vous tourniez, le wajh d´Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient.

    En plus d’être en opposition au principe coranique : s’attacher au fond et non à la forme.

    2.177 – La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos Wujūh vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Malā’ikat, au Livre et aux informés, de donner de son bien, quel qu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’établir la liaison et d’apporter la zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux.

    Dans le segment 2.142—150 ce sont les faibles d’esprit qui disent « mais qui les a détournés de la qibla ».

    Qibla est ce qui est toujours gardé en vue ; la destination ; la cible. Ce qu’on a en ligne de mire.

    Si le nabî tourne son wajh vers le ciel dans tous les sens c’est qu’il demande à Dieu quelle est la suite de sa mission, sa nouvelle cible, sa nouvelle destination.

    Il est évident qu’encore une fois il ne faut pas comprendre littéralement sinon on attraperait vite des torticolis.

    2.149 – Et d´où que tu sortes, tourne ton wajh vers Al-Masjidi Al-Ĥarāmi. Oui voilà bien la vérité venant de ton Seigneur. Et Allah n´est pas inattentif à ce que vous faites.

    Et en 10.87 on demande à Moussa de cibler les maisons pour annoncer son message. On ne lui demande pas de prier en direction des maisons.

    • Maqami Ibrahim ?

    2.125 – [Et rappelle-toi], quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens – Prenez donc pour Muşallán مُصَلًّى, le Maqāmi ‘Ibrāhīma  مَّقَامِ […]

    Maqam n’est pas un lieu c’est une position, dans le sens de stature.

    17.79 – Et veille durant la nuit avec lui, comme œuvre additionnelle. Il se peut que ton Seigneur te ressuscite en une position (Maqāmān) honorable.

    وَٱتَّخِذُوا۟ مِن مَّقَامِ إِبْرَٰهِۦمَ مُصَلًّى

    Wa Attakhidhū Min Maqāmi ‘Ibrāhīma Muşallán

    Prenez la position d’Ibrahim comme référence/modèle de connexion/liaison

    Et quelle est cette position ?

    وَٱتَّخَذَ ٱللَّهُ إِبْرَٰهِيمَ خَلِيلً (4.125)

    Wa Attakhadha Allāhu ‘Ibrāhīma Khalīlān

    « Ibrahim est le Khalil – ami privilégié du Rahman (le Tout Miséricordieux). Ce dernier point est primordial, si vous réfléchissez un moment sur le sens d’être l’ami privilégié d’Allah ! Posez-vous la question : Combien de positions existe-t-il en dessous de celle d’être le compagnon d’Allah ? Et à quelle position pensez-vous que vous êtes ? Plus exactement, ce surnom ‘Khalil ‘ signifie que l’amour d’Allah a pénétré son âme au point qu’il ne peut plus se séparer d’Allah corps, âme et cœur. C’est donc grâce à l’ampleur de son amour pour Allah qu’il a été élevé au rang de Khalil pour Allah. »

    Quant au 3.97 on ne parle pas d’entrer physiquement tout comme c’est le cas en (110.2) mais d’adhérer à une philosophie, d’intégrer un concept, d’entrer dans un état, d’accéder à un statut.

    3.97 – Là sont des signes évidents, parmi lesquels la position d’Ibrahim ; et quiconque y accède est en sérénité.

    Fīhi ‘Āyātun Bayyinātun Maqāmu ‘Ibrāhīma Wa Man Dakhalahu Kāna ‘Āminān

    Allah nous incite à prendre Ibrahim comme modèle afin d’entrer dans le même état d’esprit et de proximité que lui, que chacun veuille et puisse devenir khalil de Dieu dans sa salât.

    […] Wa Man Kafara Fa’inna Allāha Ghanīyun `Ani Al-`Ālamīna.

    Et quiconque nie…Allah Se passe largement des mondes.

    • Les moments ou étapes de la salât :

    L’objectif de la salât est de sortir des ténèbres vers la lumière. Est-ce que physiquement on se trouve dans des ténèbres ou bien c’est plutôt une obscurité spirituelle qui nous est propre ?

    On peut donc légitimement se poser la question lorsque ça parle de jour et de nuit. Est- ce que le Coran parle d’une nuit physique dans une journée de 24 heures ?

    57.6 – Il fait pénétrer la nuit dans le jour et fait pénétrer le jour dans la nuit, et Il sait parfaitement le contenu des poitrines.

    57.7 – Croyez en Dieu et en Son messager, et dépensez de ce dont Il vous a donné la succession. Ceux d’entre vous qui ont cru et dépensé auront une grande récompense.

    57.8 – Qu’avez-vous à ne pas croire en Dieu, alors que le messager vous appelle à croire en votre Seigneur ? Il a déjà pris un engagement de votre part, si vous êtes croyants.

    57.9 – C´est Lui qui fait descendre sur Son serviteur des ayat claires, afin qu´il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et assurément Dieu est Compatissant envers vous, et Très Miséricordieux.

    25.47 – Et c´est Lui qui vous fit de la nuit un vêtement, du sommeil un repos et qui fit du jour une renaissance.

    La nuit est un vêtement physique ?

    Et quel est le meilleur vêtement ?

    7.26 – Ô enfants d’Adam, Nous avons fait descendre sur vous des vêtements pour cacher votre nudité, ainsi que des parures. Mais le vêtement de la taqwa, voilà qui est meilleur. Voilà un des signes de Dieu, afin qu’ils se rappellent.

    La taqwa c’est la prise de conscience.

    La nuit est donc un moment d’introspection propice à la médiation (73.6) où l’on va pouvoir semer des graines.

    Continuons la sourate 25 :

    25.48 – Et c´est Lui qui envoya les vents comme une annonce précédant Sa miséricorde. Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante,

    Et quand tout s’éclaircit c’est un retour à la vie.

    25.49 – pour faire revivre par elle une contrée morte, et donner à boire aux multiples bestiaux et hommes que Nous avons créés.

    Analysons les périodes ou les étapes de salât nommées dans le Coran :

    17.78 – Enracine la Salat pour le déclin du soleil vers la croissance de la nuit, et aussi le déchiffrement du Fajr. Certes le déchiffrement du Fajr est manifeste/témoignant.

    11.114 – Et enracine la Salat aux deux extrémités du jour et aux avancées de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est un rappel pour ceux qui se rappellent.

    Pour Fajr, Salât est ici remplacé par Qur’ān.

    Une substitution du terme pour nous indiquer que les deux vont de pair. Fajr étant déjà associé à salât en 24.58.

    24.58 – Ô vous qui êtes engagés ! Que ceux que vous possédez par serment demandent permission avant d’entrer, ainsi que ceux des vôtres qui n’ont pas encore atteint la maturité (dans la connaissance), à trois moments : avant la Salat Al Fajr, quand vous vous libérez de vos vêtements de soutien à la diffusion (des enseignements), ainsi qu’après la Salat Al-`Ishā ; trois moments d’intimité. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d’aller et venir, les uns chez les autres. C’est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses signes, et Dieu est Omniscient et Sage.

    Les deux extrémités du jour sont expressément nommées (Al-Fajr et Al-`Ishā).

    Celle aux avancées de la nuit est en supplément (17.79).

    17.79 – Et veille durant la nuit avec lui, comme œuvre additionnelle. Il se peut que ton Seigneur te ressuscite en une position (Maqāmān) honorable.

    Al-Fajr, Al-`Ishā, Mina Al-Layl, ces périodes, chacune empreinte de plusieurs nuances, sont à considérer à l’intérieur de nous et pas à l’extérieur, selon notre propre notre vision des choses.

    Al-Layl est une période d’obscurité où l’on plante une graine dans notre esprit. Contrairement à celui qui est dans les ténèbres et ne le sait pas, celui qui est dans la nuit sait qu’il ne sait pas et cherche la lumière, la guidée par la liaison.


    Al-Fajr est une période d’éveil où on ouvre les yeux. On sort tout juste de l’ignorance et la lumière jaillit.

    Al-`Ishā est une période de parachèvement de cet éveil, celle de l’expérience, on a absorbé suffisamment de lumière (journée vécue) et les choses nous apparaissent plus clair.

    D’où la suite du 17.78 et 79 :

    17.80 – Et dis : « ô mon Seigneur ; fais que j´entre par une entrée de vérité et que je sorte par une sortie de vérité ; et accorde-moi de Ta part, un pouvoir bénéficiant de Ton secours ».

    17.81 – Et dis : « La vérité est venue et l´erreur a disparu. Car l´erreur est destinée à disparaître ».

    La vérité qui efface l’erreur, les bonnes œuvres qui dissipent les mauvaises. Conclure en vérité.

    11.114 – Et enracine la liaison aux deux extrémités du jour et aux avancées de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est un rappel pour ceux qui se rappellent.

    Ibrahim est notre musallan.
    Donc regardons comment il est sorti des ténèbres à la lumière (sourate Al`Anam) :

    75 – C’est ainsi que Nous avons montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il soit du nombre des convaincus.

    76 – Quand la nuit l’enveloppa, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand il disparut, il dit : « Je n’aime pas ce qui disparaît ».

    77 – Puis, quand il vit la lune se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés ».

    78 – Puis, quand il vit le soleil se lever, il dit : « Voilà mon Seigneur, celui-ci est plus grand ». Puis, quand le soleil disparut, il dit : « Ô mon peuple, je me désolidarise de ce que vous associez.

    79 – J’orienterai mon dessein vers Celui qui a initié les cieux et la terre, en monothéiste pur, et je ne suis point de ceux qui Lui donne des associés.

    Les moments par rapport au « soleil » où il a cherché les preuves et la guidée sont en réalité des étapes de réflexion.

    On remarque que la lumière va en grandissant d’abord la nuit puis un astre puis la lune puis le soleil. C’est le cheminement d’Ibrahim. Il s’est élevé (qum) étape par étape, d’où le fait de prendre sa maqām comme modèle. Il a accédé à toutes les étapes pour sortir des ténèbres à la lumière :

    Il a démarré dans la nuit.
    La nuit l’enveloppe tel un vêtement.
    Vient le premier signe : l’astre
    Puis la lune.

    Ensuite la nuit noire.
    Puis la lumière du soleil.
    Enfin c’est lorsque le soleil disparaît qu’il dit : je me désavoue de vos idoles.
    Il a emmagasiné suffisamment de lumière pour être à son tour une lampe pour les autres.

    « Puis quand il disparut » cad laissant place à un signe encore plus grand faisant oublier l’ancien. (2.106 / 16.101)

    En analysant de plus près :

    75 – C’est ainsi que Nous avons montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il soit du nombre des convaincus.

    76 – Quand la nuit l’enveloppa, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand il disparut, il dit : « Je n’aime pas ce qui disparaît ».

    1ème partie la nuit l’enveloppe. Il se retrouve dans une phase d’obscurité.

    Il plante une graine : « je n’aime pas ce qui disparaît »

    77 – Puis, quand il vit la lune se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ».

    Puis, quand elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés ».

    2ème partie de la nuit

    La lune disparaît et le laisse dans une nuit noire. Il est donc perdu et a besoin de lumière.

    C’est le seul moment où il est « perdu » et demande l’aide.

    78 – Puis, quand il vit le soleil se lever,

    Fajr l’éveil il voit davantage « plus grand »

    il dit : « Voilà mon Seigneur, celui-ci est plus grand ».

    Puis, quand le soleil disparut,

    Duluki ash shams (fin des spéculations) / `Ishā

    il dit : « Ô mon peuple, je me désolidarise de ce que vous associez.

    79 – J’orienterai mon dessein vers Celui qui a initié les cieux et la terre, en monothéiste pur, et je ne suis point de ceux qui Lui donne des associés.

    Wusta il diffuse les āyāt sur son peuple.

    Il a dépassé le stade du soleil et faisait partie des convaincus. Les graines plantées pendant Al Layl ont germé et crû.

    C’est au déclin du soleil, lorsqu’on s’est imprégné de sa lumière, que l’on a vécu le « jour » c’est-à-dire acquis de l’expérience, que l’on est soi-même éclairé que l’on est en mesure d’éclairer à notre tour, servir de relais.

    • Al-Jumu`a

    On doit se construire seul ou à 2 (3.39 / 34.46) pour éviter justement un effet troupeau qui entrainerait un suivisme aveugle tel que pratiqué dans l’islam d’aujourd’hui.

    Et pour renforcer notre relation personnelle à Dieu. (20.14)

    Il existe cependant une exception : Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a

    Chez les arabes le jour du vendredi était yawm al-`arūba et non yawm al-jumu`a. L’institution d’un « meilleur jour » pour Dieu n’existe pas. C’est une période ou un temps qui n’est pas calendaire.

    62.9 – Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a, employez-vous en direction du rappel de Dieu et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !

    La séquence en 4.102 est un exemple de jumu`a.

    La liaison en groupe permet de se construire (qâma) et s’armer de savoir.

    Essai de traduction 4.101-103 :

    Et quand vous vous laissez aller dans l’environnement, pas de blâme de raccourcir / d’abréger la liaison si vous craignez que les négateurs ne vous mettent à l’épreuve.

    Et voilà que tu étais parmi eux et que tu enracinais pour eux la liaison,

    Alors / Qu’en ce cas une partie s’établisse avec toi et qu’ils saisissent leurs répulsions.

    Dans le cas où ils ont écouté avec obéissance, qu’ils soient de vos arrières et que soit amené une autre partie qui n’a pas établi la liaison, afin qu’ils établissent la liaison avec toi et qu’ils saisissent leurs mesures de sécurité et leurs répulsions.

    Ceux qui ont nié souhaiteraient que vous soyez négligents envers vos répulsions et vos équipements afin de tomber sur vous d’un seul coup.

    Pas de blâme si, incommodé par un torrent successif ou indisposé, vous fassiez sortir vos répulsions. Et saisissez vos mesures de sécurité.

    Dieu a préparé pour les négateurs une épuration humiliante.

    Puis quand vous avez réalisé la liaison, rappelez-vous de Dieu, droit, assis ou sur vos flancs.

    Puis dès que vous vous sentez en sérénité, enracinez la liaison.

    La liaison demeure pour les dignes de confiance, une configuration ayant des étapes déterminées.

    La liaison est un processus qu’il ne faut pas hâter.

    Pour les doués d’intelligence, ceux qui n’en restent pas aux apparences :

    3 : 190 – En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence,

    3 : 191 – Ceux qui se rappellent de Dieu, droit, assis, sur leurs flancs, et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant): « Notre Seigneur! Tu n’as pas créé cela en vain. Magnificence à Toi! Garde-nous du châtiment du Feu.

    4 : 103 – Puis quand vous avez réalisé la liaison, rappelez-vous de Dieu, droit, assis, sur vos flancs. Puis dès que vous vous sentez en sérénité, enracinez la liaison.

    La liaison demeure pour les dignes de confiance, une configuration ayant des étapes déterminées.

    • Salât Al-Wusta

    2.238 – Soyez attentifs aux Salawāt, et à la Salāt Al-Wusta, et maintenez-vous pour Dieu qānitīn.

    La première erreur ici est de chercher à faire des additions sans aucune raison.

    Salawât est un pluriel donc 3 minimum. 3 et 1 font 4 ? C’est une erreur de déduction, un raccourci.

    Le verset ne parle pas de temporalité. On peut très bien parler d’une semaine, d’un mois, d’une vie.

    Si par exemple je dis « faites attention à bien manger des fruits (pluriel minimum 3) et de la viande rouge ». On pourrait très bien manger plusieurs fruits et de la viande rouge une seule fois par semaine.

    Et c’est uniquement en partant du principe que Al Wusta est l’équivalent d’une des salawât évoquées que se base le raisonnement 3 + 1, or il n’y a rien qui indique que ce soit le cas. Au contraire si elle est mise en évidence, à part, c’est qu’il y a une raison : on peut penser qu’elle est différente des salawât du 1er segment.

    Si Salāt Al-Wusta était Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a (qui est un des rares avis existants parmi les nombreuses divergences liées à Al-Wusta), la logique serait également respectée : 3 + jumu`a

    L’avis qui consisterait à dire que c’est un adjectif est peu crédible par rapport aux noms donnés aux autres salawât (à la fois par rapport à leur situation dans une lecture symbolique et à leur temporalité dans une journée d’un point de vue littéral).

    Cette formulation n’a pas non plus de sens tout court. Pourquoi décrire une qualité dans la salât en l’exprimant de cette manière ? D’autant plus qu’une salât « équilibrée » ni trop relâchée ni trop exagérée ne veut en réalité rien dire. Un croyant ne s’intéresse pas à l’image qu’il renvoie et ne va pas se chronométrer. Chaque personne a sa propre notion du juste milieu.

    Le contexte ne se prête d’ailleurs ni à l’ostentation ni à l’hypocrisie.

    La seconde erreur est de croire que Al-Wusta est sortie de nulle part et que le contexte dans lequel elle s’insère n’existe pas ou n’a pas d’importance.

    D’autant plus lorsqu’elle apparaît entre 2 segments qui traitent du même thème :

    En v234 – Wa Al-Ladhīna Yutawaffawna Minkum 

    En v240- Wa Al-Ladhīna Yutawaffawna Minkum

    Voici une vue globale pour comprendre le contexte :

    2.234
    Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
    + délai d’attente

    2.235
    Engagement
    + attente de l’expiration du délai

    2.236
    Séparation + compensation

    2.237
    Séparation + compensation


    2.238
    Rappel d’être attentif aux salawât (lecture du livre pour se rappeler des âyât) + Wusta (relais sur les autres).

    2.239
    Si on est craint alors…puis se rappeler de Dieu en ce qu’il nous a enseigné et qu’on ne savait pas.

    2.240
    Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
    + assurer la continuité

    Dans chacune des situations il s’agit de préparer la suite, d’assurer la liaison, de respecter des normes sociales pour maintenir l’équilibre dans la société.


    2.238
    Rappel d’être attentif aux salawât (et donc aux âyât du livre) + Wusta (relais sur les autres)

    Al-Wusţá ٱلْوُسْطَىٰ : Modérée / équilibrée /milieu / intermédiaire / médiatrice

    Voici les occurrences de la racine dans le Coran :

    Moyenne (5.89)

    Milieu (100.5)

    Modérée / médiatrice (2.143 / 68.28)

    Al Wasît الوسيط c’est le médiateur, l’intermédiaire

    On comprend donc que ça fait référence à la salât « émetteur », celle entre les gens, qui fait le lien entre les āyāt de Dieu et les gens.

    Soyez attentifs aux salawât et à la salât de la médiation. Et maintenez-vous pour Allah Qānitīn (soumis à ses ordres)


    2.239

    Si on craint/si on est préoccupés (en rapport avec ce dont on parle dans les versets d’avant c’est-à-dire ne pas faire correctement la médiation, l’application des âyât) alors des rijāl ou rukbān.

    Il n’y a pas de verbe dans la phrase et c’est pourquoi les traducteurs ont rajouté le mot « priez » entre parenthèse. Prier en marchant n’a d’ailleurs aucun sens lorsqu’à côté on dit qu’il faut impérativement appliquer des gestes pour que la prière soit valide.

    Si vous êtes préoccupés, alors (demandez) des rijāl (ceux qui apportent, que ce soit de l’aide, un appui ou des connaissances) ou des conduites. *

    Tout comme Moussa quand il a craint (26.12) que le peuple de Fir`awna ne « le mette à l’épreuve » (4.101) et qu’il a demandé l’aide de Hārūn (26.13) et l’accompagnement (26.15)

    * C’est-à-dire un accompagnement, une aide sur la façon d’agir, la manière de se comporter, de procéder, se faire emmener d’un point A à un point B, être embarqué, étape par étape vers le résultat escompté (84.19)

    Les 2 cas s’apparentent à une aide extérieure.

    Dans un contexte de médiation sociale, quand on craint de ne pas arriver à faire correctement quelque chose il est logique de solliciter une aide extérieure.

    C’est pourquoi Dieu nous invite à être attentif à nos liaisons (lecture et mise en pratique des āyāt) c’est-à-dire nous permettant d’assimiler et intégrer les enseignements pour les mettre en application.

    Rappelez- vous comme « Dieu vous a appris ce que vous ne saviez pas ».

    Dans ce contexte, il s’agit de veiller à ne pas être injuste dans le cadre de nos relations et d’anticiper, de penser et préparer la suite.

    Alors dès qu’on est au calme/serein se rappeler de ce qu’Allah nous a enseigné et qui relèvent de notre responsabilité

    2.240
    Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
    + assurer la continuité

    Le wasiyyat permet d’assurer la continuité. Derrière cette symbolique : ne pas s’arrêter à notre propre personne, mais penser à l’après, aux autres. Chercher à redistribuer, à diffuser ce qu’on a acquis. En connaissances ou en biens.

    Salât Al Wusta = liaison de l’intermédiaire/de la médiation

    Et donc plus largement toute forme de médiation entre les gens et Dieu. Servir de relais, agir en médiateur entre Dieu et les gens à travers les āyāt.

    Ça implique de les mettre en application. (Comme on l’a vu pour la salât de Shu`ayb qui agit comme intermédiaire/médiateur).

    Assurer la liaison = diffuser (en appliquant) les signes contenant les enseignements sur les gens.
    Capter le signal et propager le signal.

    • La salât sur un mort

    La liaison consiste à servir de relais entre la personne et Allah par la diffusion et l’application des āyāt :

    5.106 – Ô vous qui avez cru, lorsqu’est emmené l’un de vous à la mort, le testament alwaSiyati sera attesté par deux hommes intègres d’entre vous, ou deux autres, non des vôtres, si vous vous laissez aller dans l’environnement et que la mort vous frappe. Vous les retiendrez (les deux témoins), après la liaison, puis, si vous avez des doutes, vous les ferez jurer par Dieu : « Nous ne faisons aucun commerce ou profit avec cela, même s’il s’agit d’un proche, et nous ne cacherons point le témoignage de Dieu. Sinon, nous serions du nombre des malfaiteurs ».

    Etant mort il ne peut plus assurer la transmission demandée par Dieu dans son livre. C’est donc à nous de prendre le relais, d’assurer la liaison, de mettre en application la succession demandée par Allah en son nom. Transmettre ce qu’il a acquis et laissé (son testament) en appliquant les āyāt.

    On comprend qu’après la salât (après lecture et mise en pratique des āyāt), c’est-à-dire le moment de partage et la transmission des biens, les 2 témoins jureront devant Dieu qu’ils n’ont pas menti dans leur témoignage du testament, et ne feront pas de commerce avec ce que l’on leur aura confié. (Et que donc les biens seront restitués aux bonnes personnes).

    2.56 – Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort afin que vous soyez reconnaissants.

    16.21 – Ils sont morts, et non pas vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités.

    27.80 – Tu ne peux faire entendre les morts, ni faire entendre l’appel aux sourds quand ils s’enfuient en tournant le dos.

    30.52 – En vérité, tu ne fais pas entendre les morts ; et tu ne fais pas entendre aux sourds l’appel, s’ils s’en vont en tournant le dos.

    La mort marque la fin d’un processus où tout devient figé, inerte.

    A travers le prisme de l’esprit c’est l’aboutissement d’une compréhension qui se fige et cesse d’évoluer.

    Un esprit éteint qui ne réfléchit plus et ne produit plus d’idées. Incapable d’entendre un discours différent du sien et encore moins le remettre en question.

    16.20 – Ceux qu’ils sollicitent en dehors de Dieu ne khalaq rien, ils sont eux-mêmes créés.

    16.21 – Ils sont morts, et non pas vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités.

    Contrairement à celui qui est vivant, dont la pensée donne des fruits et évolue au fil des preuves.

    36.33 – Un signe pour eux est la terre morte : Nous la faisons revivre et Nous en faisons sortir des grains dont ils mangent.

    Celui qui est vivant progresse dans sa compréhension percevant les choses avec une clarté croissante.

    6.122 – Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir ? Ainsi on a enjolivé aux négateurs ce qu’ils œuvrent.

    Celui qui est mort est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir, car il n’entend plus et ne raisonne plus.

    Il restera bloqué dans sa compréhension jusqu’à ce que Dieu décide de le ressusciter.

    35.22 – De même, ne sont pas semblables les vivants et les morts. Dieu fait entendre qu’Il veut, alors que toi, tu ne peux faire entendre ceux qui sont dans les tombeaux.

    Tout comme Dieu fait revivre la terre morte en descendant une eau.

    16.65 – Dieu a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Il revivifie la terre après sa mort. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui entendent.

    Le texte est figé mais l’information qui pénètre notre esprit lui donne vie.

    Mourir c’est voir sa réalité/sa compréhension s’éteindre, atteignant la fin de son cycle.

    23.80 – C’est Lui qui fait vivre et fait mourir ; à Lui l’alternance de la nuit et du jour. Ne comprenez-vous donc pas ?

    La mort serait la fin d’un niveau et un état dans lequel on ne pourrait plus évoluer.

    84 : 19 – Vous gravirez, assurément, niveau après niveau.

    Alors lorsque la mort se présente à nous on transmet nos connaissances à un groupe de personnes si elles sont attestées comme fiables : Une préconisation à ceux qui sont moins avancés pour leur permettre d’avancer dans leur compréhension.

    Ils établissent une liaison sur le nabî, c’est-à-dire servent de relais pour qu’il puisse accomplir sa mission en le soutenant par la transmission et l’application de āyāt (8.12).

    33.56 – Certes, Dieu et Ses Malā’ikat établissent la liaison sur l’informé ; ô vous qui croyez établissez la liaison sur lui et salimou taslîman.

    Quand on établit la liaison sur le nabî c’est servir de relais au nabî par le biais des āyāt pour converger avec lui dans la direction de Dieu et l’aider à mettre en œuvre le plan divin.

    Le soutenir dans sa mission en lui apportant des sadaqât.

    9.99 – Parmi les Arabes certains croient en Dieu et au Jour Dernier et considèrent ce qu’ils dépensent comme un moyen pour se rapprocher de Dieu, et comme liaisons au messager. Et c’est vraiment un moyen pour eux de se rapprocher. Dieu les fera entrer dans Sa miséricorde, car Dieu est Pardonneur, Miséricordieux

    9.103 – Prélève de leurs acquis une preuve de véracité par laquelle tu les purifies et les fais progresser, et établis la liaison sur eux, car ta liaison est une quiétude pour eux. Dieu est Audient, Connaissant.

    Contrairement à ce que disent les traducteurs en rajoutant le verbe « bénéficier », ici la sadaqa est un moyen de se rapprocher d’Allah et de soutenir le nabî, pas un moyen d’acheter des invocations au nabî. La Foi ne s’achète pas. Donner à quelqu’un pour qu’il fasse l’intermédiaire auprès de Dieu pour nous est totalement contraire au message coranique. (11.51 / 38.86)

    Les sadaqât sont des preuves de véracité. Don de sa personne pour aider à transmettre et faire appliquer le message divin. Un acte véridique qui permet de réaliser concrètement les choses. Il matérialise l’intention ce qui rend authentique dans le soutien au projet divin. (29.69)

    Ces deux versets mettent en évidence la réciprocité des deux liaisons ce qui permet de créer une relation complémentaire où chacun à son échelle participe à œuvrer dans le même objectif.

    Comment assurer la liaison sur le nabî aujourd’hui ? C’est agir en médiateur entre lui et Dieu, servir de relais, en transmettant et en appliquant les āyāt.

    Soutenir la bonne direction qu’il a transmise pour converger vers Dieu.

    En assurant la préservation de son message, en préservant l’harmonie/la paix (taslim).

    Pas en adressant des salutations (déjà utilisé en 33.44) dans le vide.

    Quand Dieu nous demande de faire « salât sur le nabî » c’est une action. Il ne s’agit pas de demander à Allah de le faire à notre place « Ô Allah, fais salât sur Muhammad » et le répéter en boucle.

    Ça c’est l’action du peuple de Moussa :

    5.24 – Ils dirent : « Moïse ! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes ».

    Si un homme est pris dans un incendie et qu’on lui dit « appelle les pompiers et utilise l’extincteur », le fera-t-il ou dira-t-il : « Ô Allah, appelle les pompiers et utilise l’extincteur » ?

    13.16 […] Dis : « Sont-ils égaux, l’aveugle et celui qui voit ? Ou sont-elles égales, les ténèbres et la lumière ? […]

    Conclusion

    Le Coran a lui-même introduit la notion de salât comme quelque chose de multidirectionnel, et c’est en adoptant le même point de vue que l’on peut saisir son sens. Il faut adapter sa logique à celle du Coran ou plutôt ajuster notre vision et nettoyer nos verres, car tout n’est que question de voile qui obstrue la compréhension.

    Si on devait donner une dernière métaphore pour résumer la salât :

    C’est comme être connecté à un GPS qui nous transmet toutes les données permettant d’avancer dans la bonne direction.

    Et sur la route on rencontre des gens à l’arrêt, qui n’ont plus de réseau. Alors on les aide à trouver leur chemin en leur transmettant les renseignements pour les guider, ou en les connectant directement au GPS. Comme un partage de connexion, ainsi ils reçoivent à nouveau la liaison. Et s’ils sont en panne, on les aide à se remettre en route.

    À quoi bon leur partager la connexion si on sait qu’ils sont en incapacité de se déplacer. Ce serait négliger notre liaison, car l’objectif est de faire converger vers Dieu. C’est ce message que l’on retrouve dans la sourate 107.

  • Analyse rhétorique de l’échange entre Ibrahim et son peuple

    Analyse rhétorique de l’échange entre Ibrahim et son peuple

    21.52 Lorsqu’il dit à son père et à son peuple : « Que sont ces statues auxquelles vous vous attachez ? »

    21.53 Ils dirent : « Nous avons trouvé nos ancêtres les adorant ».

    21.54 Il dit : « Certainement, vous avez été, vous et vos ancêtres, dans un égarement évident ».

  • La rencontre de Moussa avec le `abd

    La rencontre de Moussa avec le `abd

    18.60 – (Rappelle-toi) quand Moussa dit à son valet : « Je n´arrêterai pas avant d´avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années »

    Nombreux se sont interrogés sur la signification profonde de ces « deux mers ». D’autant plus dans un récit aussi mystérieux où le nabî est appelé à voir au-delà des apparences, nous invitant par ce biais à faire de même.

    La 1ère interprétation qu’on peut donner est que ce sont deux sciences. Cette idée est renforcée par le verset 65 « à qui Nous avions enseigné une science venant de Nous. »

    Moussa maitrisait la science exotérique mais pas la science ésotérique. Et c’est à la recherche de la seconde qu’il part en exploration, sans vraiment savoir de quoi il s’agit.

    Celui-ci ne parvient d’ailleurs pas à la « saisir » lors de son premier passage.

    Il passe à côté du confluent sans le voir, ou plus précisément voir ses effets (c’est-à-dire la résurrection du poisson).
    Seul le fatah est, après coup le témoin, sans en comprendre la signification.

    Tout comme nous qui passons à côté de choses essentielles lors de notre lecture.

    Et pour cela il faut oublier. C’est le prérequis de l’initiation

    18.61 – Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer.

    Ils ont dû « oublier » ce qu’ils possédaient, leur nourriture physique, c’est-à-dire leur connaissance exotérique (ou littéraliste) pour être prêt à débuter l’initiation.

    Tout comme nous devons oublier ce qu’on nous a « appris » et démarrer dans une nouvelle approche si nous voulons comprendre le sens profond du message coranique. En restant attentif aux signes. Lorsque Moussa était « perdu », fatigué de son voyage et toujours bloqué dans sa recherche, un signe est venu lui rappeler ce qu’il cherchait.

    18.62 – Puis, lorsque tous deux eurent dépassé [cet endroit,] il dit à son valet : « Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage »

    La bonne information ne nous parviendra pas tout de suite, il faudra garder sa détermination (sabr) et ne pas se précipiter. (Se précipiter c’est-à-dire avoir une interprétation hâtive, se limiter à ce qu’on voit en surface, au lieu de chercher la compréhension réelle des choses)

    18.63 – [Le valet lui] dit : « Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j´ai oublié le poisson – le Diable seul m´a fait oublier de (te) le rappeler – et il a curieusement pris son chemin dans la mer ».

    18.64 – [Moussa] dit : « Voilà ce que nous cherchions ». Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces.

    La 2ème interprétation, que l’on pourra déduire à partir du dernier niveau, est que le confluent des deux sciences est l’unification des deux révélations. La Tawrāt et l’Injīl.

    1er niveau : apprendre à s’affranchir de la précipitation

    Qui est pour Moussa l’une de ses propres faiblesses :


    20.83 –  » Pourquoi t’es-tu précipité pour t’éloigner de ton peuple ô Moussa ? « 

    Ce premier niveau de lecture a pour fonction de rappeler à cinq reprises que la précipitation est un défaut qui, même chez un nabî, doit être corrigé. Une première mention de ce thème intervient après que Moussa ait demandé à être initié par l’homme de la source en ces termes : (18, 66) « Puis-je te suivre pour que tu m’enseignes ce qu’on t’a appris en matière de jugement sain (rushdan) ?»

    L’utilisation, ici, de rushdan renvoie, par analogie verbale, au jugement sain qui est la condition exigée des orphelins pour que l’on puisse leur remettre leur héritage lorsqu’ils ont atteint leur maturité au verset (4, 6) « Eprouvez les orphelins jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de se marier. Si vous découvrez en eux un jugement sain (rushdan), remettez-leur les biens qui leur appartiennent », c’est-à-dire, par ce biais, au troisième récit, qui fait état de la remise de l’héritage de deux orphelins, en (18, 82) : « à leur maturité comme une miséricorde de ton Seigneur ».

    1er rappel :

    Pour en revenir à la requête de Moussa, l’initiateur lui répond : « Tu ne saurais être patient avec moi. Comment serais-tu patient alors que tu n’embrasses pas ces choses par une connaissance (transcendante) (khubran) » Le serviteur (`abd) fait allusion ici à une connaissance d’origine divine, qui correspond, comme l’indique l’analogie verbale avec le verset (18, 91), à une saisie d’ordre intuitif des dispositions intérieures des êtres : « Il en fut ainsi, Nous embrassions en notre science (khubran) tout ce qu’il (Dhû-l-Qarnayn) détenait ».

    2ème rappel :

    Il répondit : « Ne t’avais-je pas dit que tu ne saurais être patient avec moi ? »

    Cette formulation sera répétée à la fin du deuxième récit et rappelée brièvement à la fin du troisième, procédé qui indique que le premier récit est bien la « porte d’entrée » du premier niveau de lecture de l’ensemble.

    3ème rappel :

    Le serviteur dit : « Ne t’avais-je pas dit que tu ne saurais être patient avec moi ? ».

    4ème rappel :

    « Je vais te donner l’explication que tu n’as pas eu la patience d’attendre ».

    Le traitement coranique de ce thème du manque de patience de Moussa s’inscrit en complément de l’épisode de la fabrication, par les bani Isra’il, du `ijl qui fait écho à cette précipitation. (20, 83) « Pourquoi t’es-tu précipité (`ajalta) pour t’éloigner de ton peuple ô Moussa ? ». Son comportement est motivé par son attachement à Dieu, qui le pousse à quitter brusquement sa communauté dans une situation délicate.


    2ème niveau : comprendre que la providence divine l’emporte sur la prédestination

    Celui d’une leçon d’ordre éthico-théologique destinée à rectifier la fausse idée que certains hommes, motivés par leur désir de se croire les seuls élus, se font de la prédestination.

    C’est dans ce sens que le Coran fait dire à Moussa, s’adressant à Dieu au verset (7, 155)

    7.155 – Et Moïse choisit de son peuple soixante-dix hommes pour un rendez-vous avec Nous. Puis lorsqu´ils furent saisis par le tremblement (de terre), il dit : « Mon Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais détruit avant, et moi avec. Vas-Tu nous détruire pour ce que des sots d´entre nous ont fait ? Ce n´est là qu´une épreuve de Toi, par laquelle Tu égares qui Tu veux, et guides qui Tu veux. Tu es notre Maître. Pardonne-nous et fais-nous miséricorde, car Tu es le Meilleur des pardonneurs.

    1ère erreur

    « Mon Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais détruit avant, et moi avec. Vas-Tu nous détruire pour ce que des sots d´entre nous ont fait ?

    Moussa énonce une vision tribale selon laquelle l’appartenance à un groupe prévaut sur l’individualité. Selon lui c’est tout le groupe qui serait jugé collectivement, la faute de l’un entraînant les autres avec lui, et le leader en assume la responsabilité.

    Dieu corrige Moussa en 7.156 et invite plutôt à juger les gens en fonction de leurs actes :

    Je la prescrirai à ceux qui (Me) craignent, produisent la Zakat, et ont foi en Nos signes.

    Le Coran répondra plus tard de la même manière à ceux qui pensent que suivre un groupe de gens (les savants) les protégera :

    33.67 – Et ils dirent : « Seigneur, nous avons obéi à nos chefs et à nos grands. C´est donc eux qui nous ont égarés du Sentier.

    18.52 – Et le jour où Il dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être Mes associés ». Ils les solliciteront ; mais eux ne leur répondront pas, Nous aurons placé entre eux une vallée de perdition.

    Si même Moussa a été corrigé sur ce point, alors il ne faudra pas compter dessus ni sur un autre nabî pour nous protéger au jour du jugement. Chacun sera jugé seul selon ses actes.

    53.38 – Personne ne portera le fardeau d’un autre.

    2ème erreur

    « Ce n´est là qu´une épreuve de Toi« 

    Moussa entreprend d’assimiler ce type d’épreuves à un test (fitna) de pure formalité. Il tente d’y voir une confirmation que les bani Isra’il, en raison de leur qualité de peuple élu, bénéficient tout particulièrement, grâce à une disposition préétablie de Dieu, de la miséricorde divine, quelles que soient les fautes qu’ils sont amenés à commettre. La réponse qui lui est faite est explicite : (7, 156) « Je punis qui je veux », c’est-à-dire que l’on ne peut pas tirer de règle en ce domaine et : Ma miséricorde s’étend à toute chose », c’est-à-dire que nul ne peut se vanter d’en avoir l’exclusivité.

    Ainsi, le Coran établit à travers cette deuxième faiblesse attribuée à Moussa, une relation directe entre une certaine conception de la prédestination et le désir à demi avoué d’élection particulière et exclusive par Dieu d’une religion ou d’une communauté.

    3ème erreur

    « par laquelle Tu égares qui Tu veux, et guides qui Tu veux.« 

    Dans le contexte, l’expression suggère que Moussa parle d’élection divine. Que c’est Dieu qui choisit et que c’est suffisant.

    Dieu lui répond qu’en effet, Il choisit Je ferai que Mon châtiment atteigne qui Je veux. Et Ma miséricorde embrasse toute chose.

    Mais que c’est en fonction des actions des hommes, et non quelque chose de destiné à l’avance.

    4ème erreur

    « Et prescris pour nous un bien ici-bas ainsi que dans l´au-delà. Nous voilà revenus vers Toi, repentis. » 

    Tandis que Moussa se focalise sur son propre groupe dans son invocation, Dieu l’invite plutôt à adopter une vision où chacun a la possibilité de recevoir Sa miséricorde en fonction de ses propres actions, reflétant ainsi cette volonté d’ouvrir le message à l’ensemble de l’humanité.

    Je la prescrirai à ceux qui (Me) craignent, produisent la Zakat, et ont foi en Nos signes.

    Une telle conception du destin, fondement même de la notion du peuple élu est totalement refusé par le Coran. Mais il semble que Moussa l’ait eu en point de mire, estimant que la destinée lui a été particulièrement favorable et souhaite qu’il en soit toujours ainsi, quitte à ce que les autres ne reçoivent pas les mêmes faveurs.

    Le cas du jeune homme persécutant ses parents est évoqué en Deutéronome XXI 18-21 « le fils rebellé contre ses parents est lapidé à mort »
    Reprise par le Lévitique 20,9 et Matthieu 15,4
    Et Le Rouleau du temple LXIV, 6

    En aucun cas le texte coranique ne valide cette loi. Il est fort probable que des hommes en soient à l’origine comme pour le reste (2.79 / 5.13 / 7.162), et que son existence remonte même à Isrā’īl. Quoiqu’il en soit, il est logique de supposer qu’elle fut en application dans cette société à ce moment-là.


    La leçon proposée à ce niveau est que si ce jeune enfant avait encore un peu vécu, il aurait de toute façon été mis à mort.

    C’est-à-dire qu’ils (les docteurs de loi) l’auraient tué, dans une mort difficile (lapidation), et qu’entre temps il aurait accumulé des péchés à cause de son comportement et pour lesquels il aurait dû rendre compte à Dieu. Ainsi Dieu lui a offert le meilleur destin à lui et à sa famille.

    En le faisant mourir avant la faute, innocent, comme le précise le verset (18, 74), Il sauve son âme et évite, de surcroît, un malheur à ses parents.

    Le serviteur qui le tue ne lui fait donc aucun tort si on prend de la hauteur. Au contraire il le fait mourir avant la faute, innocent, et préserve son âme.

    A la lumière de ce passage les deux autres anecdotes prennent du sens. Quel que soit l’événement, apparemment inéluctable, appelé à se produire, la providence divine est toujours en mesure d’intervenir pour l’empêcher. Et ce à l’avantage des créatures.

    La barque qui aurait été confisquée par le roi injuste, Dieu fait en sorte par son intermédiaire qu’elle soit endommagée juste à temps.

    Quant au mur qui allait s’écrouler, il a été réparé juste à temps pour pouvoir perdurer jusqu’au moment de la remise de l’héritage des deux orphelins.

    Que personne devant des situations qui lui semblent mauvaises, n’accuse Dieu de ne pas aimer l’humanité : car lui connait l’issue et sait qu’elle sera heureuse.

    La finalité est que tout malheur frappant un innocent ne peut qu’avoir une raison cachée visant un avantage bien plus important que le préjudice subi ici-bas.

    Selon cette pensée rien n’est inéluctable en ce monde, et la providence de Dieu étant toujours favorable aux humains, il n’est pas correct de parler de prédestination.

    C’est donc d’un tel préjugé que le serviteur entreprend de libérer Moussa par ce 2ème niveau d’initiation.



    3ème niveau : saisir 3 grands moments du plan de Dieu pour les hommes : le déluge, la mise à mort du garçon pur et l’héritage des deux jeunes orphelins

    Le serviteur annonçant qu’il se contente d’accomplir la volonté divine confirme que ce troisième niveau de lecture des trois récits correspond au plan de Dieu pour le monde et pour l’humanité. Cette troisième lecture est introduite par le troisième récit.

    Celui-ci concerne, matériellement parlant, un mur réparé par le serviteur. Mais ce n’est pas ce détail qui offre la solution, (car il n’a aucun correspondant en termes d’analogie verbale dans le Coran). La lumière est apportée par ce qui est caché à sa base, à savoir un trésor que Dieu voulait réserver à 2 jeunes orphelins.

    Le trésor (kanz) représente par analogie verbale la révélation authentique, le Livre
    11.12 – que n’a-t-on fait descendre sur lui un trésor !
    25.8 – si seulement un trésor lui (au messager coranique) avait été lancé (yulqâ
    )

    En rapprochant le trésor de la parole de Dieu « lancée » en Marie (sourate 4v171)
    qui confirme qu’il s’agit d’une parole divine. Parole qui confère la vie.

    16.65 – Dieu a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Il revivifie la terre après sa mort. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui entendent.

    L’identité de ce Livre doit répondre à la définition d’un trésor appartenant conjointement aux deux jeunes orphelins.
    Or les 2 seuls orphelins de l’histoire sacrée qui ont reçu chacun un « trésor » c’est-à-dire une révélation divine, ne sont autres que Moussa lui-même comme l’indique son nom qui signifie : fils de personne et son statut d’enfant « sauvé des eaux » (abandonné par sa mère) et `Īsā ibnu Maryam, c’est-à-dire un enfant sans père.

    Le serviteur annonce que tous deux jouiront, après que le mur aura été abattu, du fruit de leur héritage (Tawrāt, Injīl) présenté par le Coran comme commun.

    Il ne peut donc s’agir que d’Al kitâb, qui n’est autre que notre livre actuel (Coran) qui comporte en son sein l’essence authentique des révélations antérieures.

    Le Coran précise de plus que Dieu a préservé le trésor de ces deux jeunes orphelins afin qu’il soit mis au jour lorsque le temps serait venu. Or ce qui indique la venue de ce temps c’est comme permet de le préciser sourate 4 verset 6, le triomphe d’une certaine sagesse (rushdan), celle que Moussa a demandé à recevoir de la part du serviteur.
    Qui est la condition pour que les orphelins touchent leur héritage, selon le Coran.

    Il est bien évident que ce n’est pas dans ce cas de la part de Moussa et de `Īsā que sera requise cette sagesse, mais de la part des communautés attachées à leur enseignement, enfin arrivées à maturité dans la lecture du message divin.

    Un autre élément éclaire cette question. Il s’agit du nom donné à la ville dans laquelle se trouve le trésor des deux jeunes orphelins. Cette ville, au verset (18-76) porte d’abord le nom de qarya. Elle est appelée ainsi lorsque Moussa et le serviteur y pénètrent. Or ce terme a, dans le Coran, soit la connotation neutre de « cité » soit celle de « citée neutralisée » après que Dieu l’ait détruite pour son incrédulité, comme la ville de Shu`ayb en (7, 94) et (7, 96,97, 98). Cette dernière catégorie, par définition, n’existant plus, puisque Dieu a interdit qu’on les repeuple (21, 95) toute qarya décrite comme actuellement en vie ne peut être qu’une cité qui ne s’oppose pas à la révélation.

    Le mot peut aussi désigner une cité croyante et en paix, même temporairement, comme en (16, 112).

    On ne peut alors qu’être interpellé par le fait qu’au verset (C 18, 82) la cité change de désignation et prend celui de madîna. Une telle substitution de termes ne peut pas être sans raison, dans un texte comme le Coran, qui insiste sur sa propre clarté et sa propre précision, écartant toute possibilité d’ambiguïté.

    Il convient donc de se pencher sur la connotation du terme madîna dans l’ensemble du texte coranique. Or, il se trouve que, dans toutes ses occurrences, une cité y est appelée madîna lorsque l’accent est mis sur son rejet « actuel » et actif des nabiyin et des messagers.

    Il s’agit d’une ville qui, contrairement à une qarya qui aurait payé de son existence ce type d’attitude, est au faîte de sa puissance et manifeste hautement son incroyance. Le terme madîna désigne en effet la ville de Fir`awn qui a rejeté les hébreux en (C 7,123), (C 12, 30), (C 28, 15), la ville de Loth avant sa destruction (C 15, 67), la ville qui avait rejeté les jeunes gens croyants (C 18, 19), la ville des Thamûd, qui a rejeté le nabî Sâlih, avant sa destruction (C 27, 48), la ville que parcourt un avertisseur avant sa destruction par le cri (C 36, 20), la ville peuplée par les hypocrites (C 9,101 120).

    Ainsi le sens précis du verset ne semble pas être, non pas : « Deux garçons orphelins originaires de cette ville », mais « deux jeunes gens orphelins dans la ville ».

    C’est-à-dire que leur position dans cette ville est caractérisée par la faiblesse et la précarité, puisque c’est une ville qui rejette les nabiyin. Au contraire, lorsqu’ils attendront la force de l’âge (ashuddahumâ) leur situation dans cette ville sera transformée et ils pourront enfin bénéficier de leur héritage conservé dans une qarya qui ne les rejettera pas, tout comme celle de Yusuf a changé dans la ville des égyptiens après qu’il ait atteint sa maturité (ashuddahu) et que Dieu lui ait conféré la sagesse et la science (12, 23).

    Il en a été de même pour Moussa (28, 14) : « Lorsqu’il eut atteint sa maturité et son plein développement, nous lui avons donné la sagesse et la science ».

    L’utilisation du terme qarya au verset (C18, 76) annonce cette situation à venir, bien que la cité en question n’ait pas offert l’hospitalité à l’initiateur et à Moussa, ce qui indique que les temps ne sont pas encore venus.

    De plus, dans la mesure où il s’agit, au verset (18, 82), conjointement de Moussa et de `Īsā, il ne peut pas s’agir du type de maturité individuelle qui vient d’être évoqué, mais de la maturité de leurs messages respectifs parmi les hommes, une maturité qui sera atteinte lorsque, précisément, ceux-ci les considèreront ensemble conformément à l’image coranique, comme deux frères dont l’héritage est unique. Le Coran étant venu apporter les clés de cette lecture harmonisée. C’est seulement à ce moment-là que leur héritage sera mis au jour et pourra bénéficier à tous, en montrant clairement la voie du salut.

    Il reste à identifier le père de ces deux orphelins. Il ne peut pas s’agir de Dieu lui-même, une hypothèse inacceptable pour le Coran, qui précise d’ailleurs que « Dieu a gardé cet héritage en raison des mérites de leur père », ce qui exclut définitivement qu’il le soit lui-même, y compris au sens purement moral. Il reste donc une seule possibilité de lecture qui implique que le mot

    âb désigne ici, comme ailleurs dans le texte coranique, un ancêtre, un prédécesseur.

    Dans ce cas, cet ancêtre « juste » (sâlih) ne peut être précisément qu’Abraham, père spirituel à la fois de `Īsā et de Moussa, ainsi que des générations à venir selon la promesse divine (37, 112), et faisant partie des justes (2, 130).

    Analogie verbale du récit de la barque :

    L’arche de Noé

    La première analogie verbale du récit relatif à la barque concerne le terme safîna, c’est-à-dire une embarcation dont le nom est donné à une seule autre dans tout le Coran : l’arche de Noé : (29, 15) « Nous avons sauvé Noé et ceux qui étaient dans l’embarcation (l’arche) et nous avons fait d’elle un signe pour les générations ».

    Notons de surcroît que ce nom lui est réservé uniquement lorsqu’elle est envisagée en tant que miracle divin puisque, au moment de sa fabrication par Noé, elle porte le nom de fulk, qui est un masculin (11, 37 et 38 : « Construis l’arche » et « Il construisit l’arche »), puis, au verset (11, 40) elle est subitement désignée par un féminin, sans toutefois que le nom safîna apparaisse, ce qui constitue néanmoins une invitation à le déduire : « Embarquez en elle (irkabû fîhâ) au nom de Dieu, qu’elle vogue et quelle arrive au port ». Il ne peut s’agir en effet que de l’arche (safîna) qui a changé de nom lorsque, mise à flot, elle est devenue un instrument de salut au service du plan divin.

    Elle garde cependant le nom de fulk, plus précisément fulk mashhûn (le vaisseau bondé), lorsqu’elle est envisagée du côté de ceux qui y sont montés -en (26, 119) « Nous l’avons sauvé (Noé) et ceux qui étaient avec lui dans le vaisseau bondé » ; (36, 41) « Voici pour eux un signe : Nous avons fait monter leurs enfants sur le vaisseau bondé » et (37, 140). Le vaisseau bondé a pour caractéristique de ne pas apporter le salut à tous comme dans le cas de Yunus, qui ne fut pas tiré au sort et fut donc jeté à la mer.

    C’est ainsi que l’arche est saisie du point de vue des hommes. Les justes y sont réunis à leurs enfants, en signe de ce qui se passera au Paradis, mais certains hommes en ont été exclus et ont péri, tout simplement parce que, comme le fils de Noé, ils n’ont pas voulu monter à bord.

    L’arche représente donc un premier modèle de salut réservé à ceux qui le veulent et s’en rendent dignes. Par ailleurs le Coran rattache l’aventure de Yunus au déluge par le biais de l’analogie verbale pour exprimer le fait que, quoi qu’il arrive, Dieu sauve toujours un juste. Yunus représente en effet l’exemple d’un homme sauvé des flots même sans être resté dans le vaisseau bondé. Il en est de même pour Moussa qui a été « sauvé des eaux ».

    Le ghulâm

    La deuxième analogie verbale concerne le garçon (ghulâm). Comme on l’a signalé plus haut, la seule autre occurrence de ce mot au cas direct, ghulâman, désigne dans le Coran `Īsā en (19, 19). Il s’agit du moment de l’annonciation faite à Marie : « Je ne suis que l’envoyé de ton seigneur pour te donner un garçon pur ». Il ressort de l’utilisation des termes dans les deux passages que c’est un personnage analogue à ` Īsā qui est tué par le serviteur, analogue, mais non pas identique, dans la mesure où `Īsā est intrinsèquement pur (ghulâman zakiyyan), tandis que le garçon en question est seulement un individu pur (nafs zakkiyya), de façon circonstancielle, dans le contexte du verset, c’est-à-dire innocent de tout meurtre qui justifierait sa mise à mort.

    Il s’agit là d’une simple nécessité de mise en scène textuelle destinée à éviter de confondre les deux personnages l’un n’étant que la représentation de l’autre et non pas son semblable. Il y a dans le geste du serviteur, comme on l’a vu déjà dans le cadre du deuxième niveau de lecture deux aspects principaux à considérer : d’une part le fait que ce meurtre n’en est pas véritablement un, d’autre part, qu’il a au contraire un caractère salvateur au niveau de l’âme du jeune homme.

    Dans le cadre du troisième niveau de lecture l’aspect emblématique de ces deux points s’applique au personnage de `Īsā en s’adaptant à ses caractéristiques. De même que le jeune garçon n’a pas été victime d’un meurtre à proprement parler, puisqu’il était virtuellement pour ainsi dire déjà mort, de même `Īsā, dans une situation analogue sur ce point, a été victime d’une mise à mort qui n’est qu’apparente, comme le précise le Coran (C 4, 157) : « Ils ont dit : Oui nous avons tué le massîh, `Īsā ibnu Maryam, le nabî de Dieu. Mais ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, il leur a seulement semblé en être ainsi ». De même que Moussa a cru que le serviteur avait tué injustement ce jeune homme alors qu’il l’avait en réalité » sauvé, de même les juifs ont cru avoir tué `Īsā alors qu’il avait été élevé à leur insu vers Dieu (C 4, 158) : « Dieu l’a élevé vers lui, Dieu est puissant et juste ». Le point commun entre la mort du jeune homme et celle de `Īsā est qu’il s’agit, dans les deux cas, de « mort apparente pour un salut certain ».

    L’allusion au cas de Yunus évoqué par l’utilisation du terme fulk prend toute sa signification. En effet, non seulement celui-ci a été sauvé de manièreanalogue à celle de ceux qui sont montés dans l’arche, bien qu’il ait été lui-même jetéhors de son vaisseau bondé, mais il a été sauvé par l’intermédiaire d’un poisson (hût) (C37, 142), dont le nom est en position d’analogie verbale avec le poisson ressuscité deMoussa et son fatah. Or, comme nous l’avons signalé plus haut, ce que Moussa voulait trouver, c’est la science des choses profondes. Il voulait donc saisir la vision même qu’a eue le fatah : celle du poisson ressuscité qui « a pris son chemin dans la mer (ittakhadha sabîlahu fî-lbahrî)».

    Le poisson qui, sous les yeux du fatah, a ouvert un chemin vers l’océan. Celui de la science divine.

    C’est ce chemin tracé par le poisson que Moussa veut suivre, contrairement au fatah qui n’en a pas saisi le sens, il sait que cet évènement représente le salut de l’âme, le retour à Dieu.

    Comme le poisson de Yunus, il « portera en lui » les hommes pour franchir victorieusement le trajet qui permet de traverser le passage de la mort, assimilée aux ténèbres.

    Le miracle de la résurrection ne peut se réaliser sans la présence réelle de Dieu, le

    Résurrecteur. C’est pourquoi ni Moussa, ni le fatah, ne peuvent le voir. Ils doivent rester cachés au creux d’un rocher au moment où se produit le mystère. C’est aussi pour cette raison que le fatah ne dit pas qu’il a vu le poisson reprendre vie, mais seulement, qu’après coup, il l’a vu prendre son chemin vers la mer.

    Le Coran tient donc à marquer la différence entre le jaillissement de la source et celui de cette résurrection à travers les termes utilisés pour désigner le rocher. Le rocher de Moussa est un hajar (mot masculin) tandis que celui où il s’est réfugié avec son fatah est une sahra (mot féminin), terme repris une fois, en (C 31, 16), pour parler d’un acte qui, même caché dans un rocher (sahra), serait vu par Dieu. Cette analogie verbale autour du sens de « ce qui est caché » indique donc que le Coran entend mettre l’accent sur cette seconde signification

    On peut clairement y voir un souci de distinguer les deux : l’un qui sauve la vie terrestre du peuple dans le désert, est accompli par l’intermédiaire d’un homme sur simple permission divine, l’autre, une résurrection, est un mystère divin auquel l’humain ne participe pas. L’analogie verbale permet de comprendre qu’il est dissimulé à l’homme, comme l’acte que l’on aurait enfoui dans un rocher, Dieu seul ayant accès à son mystère.

    Ce troisième niveau des trois récits représente donc l’enseignement du serviteur donné à Moussa sur trois grands moments du plan de Dieu pour les hommes. Le premier évènement est le déluge, apparemment une catastrophe inégalée, mais qui s’est avéré en réalité être, par le biais de l’arche, elle-même signe divin du plan de Dieu pour sauver les gens justes,

    Le deuxième est la mise à mort apparente du garçon pur, pour que soit « ressuscité » son message originel jusque-là enfoui. « Afin que le poisson reprenne son chemin dans les Paroles du Seigneur » Pour qu’il puisse également retrouver sa place dans le Coran.

    18.109  Dis : « Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s´épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort ».

    Que son statut de nabî et de massîh puisse être reconnu et qu’il soit lavé de toutes les fausses accusations portées injustement contre lui.

    Le troisième est la révélation du Qur’an, porteur des écritures unifiées, comparable à un trésor inestimable (kanz) pour l’âme, et renfermant en lui les clés de compréhension des choses profondes mais dont la découverte ne se réalisera que lorsque le monde aura acquis une sagesse suffisante pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

    25.30 – Le messager a dit : « Mon Seigneur, mon peuple a pris ce Coran pour une chose délaissée ! »

    C’est pourquoi il est impossible de vouloir accélérer cette réalisation qui doit venir en son temps, à la suite d’une maturation et que tous ceux qui se précipitent inconsidérément ne peuvent rencontrer que l’échec dans lequel les plongent leurs illusions. L’acquisition de la sagesse est affaire de patience comme le serviteur l’enseigne à Moussa, néanmoins Dieu fait preuve à l’égard de tous de miséricorde comme il l’a fait à l’égard de Moussa en dépit de sa négligence et de sa précipitation, trait qu’il partage avec tout un chacun.

    A partir du travail de G.Gobillot

    4ème niveau : l’enseignement du qasas

    On pourrait enfin y voir une dernière lecture, faisant écho au propre qasas de Moussa, et nous invitant également à chercher les enseignements initiatiques de Dieu dans notre propre vie, dans les évènements que nous vivons.

    Le roi qui saisit chaque safîna, Moussa qui embarque, et le stratagème du serviteur avec l’implication de Moussa pour lui faire obstacle.

    En référence à :

    Fir`awn qui réquisitionne les fils et s’octroie le salut des banī isrā’īl, Moussa qui a été mis sur les flots, et le stratagème de Dieu avec l’implication de Moussa pour lui faire obstacle.

    28.7 – Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : « Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n´aie pas peur et ne t´attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un envoyé ».

    28.8 – Les gens de Pharaon le recueillirent, pour qu´il leur soit un ennemi et une source d´affliction ! Pharaon, Haman et leurs soldats étaient fautifs.


    Le `abd qui tue l’enfant car il était rebelle en référence à l’homme que Moussa a frappé et tué sur le coup car il était virulent envers son compagnon.

    28.15 – Il entra dans la ville à un moment d´inattention de ses habitants ; il y trouva deux hommes qui se battaient, l´un était de ses partisans et l´autre de ses adversaires. L´homme de son parti l´appela au secours contre son ennemi. Moïse lui donna un coup de poing qui l´acheva. – Il dit : « Cela est l´œuvre du Diable. C´est vraiment un ennemi, un égareur évident ».


    Le serviteur qui redresse un mur sans demander de salaire en référence à Moussa qui aide 2 femmes sans demander de salaire et qui elles-mêmes possèdent un trésor (la sagesse de leur père Shu`ayb) dont on ne peut bénéficier qu’en ayant atteint une maturité suffisante.

    28.23 – Lorsqu’il arriva au point d’eau de Madyan, il y trouva une communauté de gens qui donnaient à boire, et il trouva aussi deux femmes se tenant à l’écart. Il dit : « Que se passe-t-il ? » Elles dirent : « Nous ne donnerons à boire que lorsque les bergers seront partis. Notre père est fort âgé ».

    28.24 – Il donna à boire à leur place puis revint à l’ombre et dit : « Mon Seigneur, je suis nécessiteux du bien que tu fasses descendre vers moi ».28.25 – Puis l’une des deux femmes vint à lui, d’une démarche timide, et lui dit : « Mon père t’appelle pour te récompenser pour avoir donné à boire pour nous ». Et quand il vint auprès de lui et qu’il lui eut relaté son histoire, il dit : « N’aie aucune crainte : tu as échappé aux gens injustes ».

  • Le récit des 2 jardins

    Le récit des 2 jardins

    Dans chaque récit entre deux protagonistes il convient de s’interroger : de qui sommes-nous le plus proche, du premier homme ou du second ?

    Pourquoi est-il si difficile en tant que musulman de s’identifier aux personnes qui sont corrigées par Allah ? Alors que nous considérons cela comme des leçons et une guidance.

    L’homme aux deux jardins est- il si différent de nous ?

    18.32 Donne-leur l´exemple de deux hommes : à l´un d´eux Nous avons assigné deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés.

    18.33 Les deux jardins produisaient leur récolte sans jamais manquer. Et Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau.

    Le récit commence en décrivant un homme qui possède deux jardins de vignes. Mais pourquoi mettre en évidence deux jardins parmi le reste pour finalement évoquer l’ensemble au verset 35 ?

    Pour répondre à cette question, il faudra aller au-delà d’une simple lecture littérale.

    Le Coran explore des dimensions plus profondes, notamment lorsqu’il aborde le sujet de la récolte et des fruits.

    14.24 – N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?

    14.25 – Il produit à tout instant sa récolte, par la grâce de son Seigneur. Allah propose ses paraboles à l’intention des gens afin qu’ils s’exhortent.

    D’un point de vue métaphorique, cela suggère que son esprit est également nourri par ces deux jardins et ce qui l’entoure.

    18.34 – Et il y avait pour lui des fruits, alors il dit à son compagnon alors qu’il le contredisait :

    Et celui-ci dialoguait avec un compagnon.

    A travers la mention Wa Huwa Yuĥāwiruhu on comprend qu’ils échangeaient déjà et étaient en opposition.

    C’est la même racine que les Hawāriyyūn de `Īsā. Ceux qui blanchissent pour purifier (en contraste avec la noirceur de l’obscurité).

    Le compagnon devait probablement le confronter, le rectifier, le sermonner quant à son attitude ou sa croyance.

    L’homme n’ayant pas apprécié lui répond :

    […] Moi, je suis plus prospère que toi en richesses et plus puissant en effectif. »

    L’homme à qui Dieu a tout donné (sauf la sagesse) utilise un procédé rhétorique ad personam pour justifier son refus de suivre l’exhortation de son compagnon. Ainsi il s’attaque à la situation de son compagnon et le rabaisse, en faisant preuve de mépris pour démontrer que son avis, autant que sa vie, n’ont de valeur : « Je possède plus de biens que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan (famille/enfant) ». C’est-à-dire « comment ta perception/ta vision pourrait être valable alors que Dieu ne t’a rien donné ?) il fait preuve de mépris pour tourner en dérision.

    On peut dire qu’il se considère comme un privilégié, conformément à la vision religieuse de la prédestination, où il se croit « élu par Dieu » et se sent en sécurité grâce à ses possessions.

    Au fond pourquoi les gens souhaitent être riches ? Pour être à l’abri du besoin, pour être autosuffisant. Et en fin de compte, se libérer de sa dépendance à Dieu.

    Et, dans un excès absolu de confiance, il lui réplique en exposant son immense jardin « qu’il ne voit pas comment tout cela pourrait disparaître (v35) ni à quel moment cela se produirait (v36).

    Mais comme tout bon croyant en l’élection divine, il pense que ce qui l’attend auprès de Dieu sera digne de son statut (v36).

    18.35 – Il entra dans son jardin, injuste envers lui-même/en propagateur d’obscurité pour lui-même, et dit : « Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr,

    18.36 – et je ne pense pas que l’Heure survienne. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai quelque chose de mieux que cela en retour « .

    18.37 – Son compagnon lui dit, tout en conversant avec lui : « As-tu dénié Celui qui t’a créé de terre, puis d’une goutte de sperme, puis t’a donné forme humaine ?

    Comment peut-il croire à son Seigneur (Mon Seigneur) mais ne pas croire en l’heure ?
    C’est donc qu’il y avait une erreur dans son dogme.
    En réalité il croyait bien en Sa rencontre (si on me ramène vers) mais ne croyait pas qu’il allait rendre compte de ses actions (l’heure des comptes).

    20.15 – L’Heure va certes arriver. Je la cache à peine, pour que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts.

    Le compagnon lui dit ensuite qu’il a fait du kufr (fait l’ingrat/dénié) envers celui qui l’a créé de terre puis d’une goutte de sperme.

    Afin de lui faire prendre conscience qu’il se comporte avec un sentiment de supériorité, le compagnon lui rappelle qu’il n’a pas toujours été éminent (créé de terre), et que contrairement à ce qu’il pense ce n’est pas un dû (Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleur lieu de retour) mais une faveur que Dieu lui fera en fonction de ses actes (v46 et v49)

    Dans ce contexte, le kufr est assimilé à l’ingratitude et au refus de reconnaitre les signes, et contraste avec la gratitude envers Dieu pour ce qui lui revient légitimement.

    14.34 – Il vous a donné de tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez les dénombrer. L’Homme est vraiment très injuste, très ingrat.

    Faire preuve de gratitude à la fois pour les biens physiques qui nous sont accordés mais également reconnaître la vérité ou une chose qui revient de droit à Dieu : notre redevabilité / dîn. En outre c’est réexaminer notre croyance, et notre comportement pour être en harmonie avec les asmâ أَسْمَاءُ que Dieu nous a conférés.

    18.38 – Quant à moi, c’est Allah qui est mon Seigneur ; et je n´associe personne à mon Seigneur

    C’est Allah qui le protège et non ses biens ou son dogme.

    L’homme a fait du shirk en considérant ses biens et sa famille comme garant de sa sécurité et de son statut (v43 et 44).

    18.39 – En entrant dans ton jardin, que ne dis-tu : « Ce qu’Allah a voulu. Nulle force sinon par Allah ». Si tu me vois moins pourvu que toi en biens et en enfants,

    Maurice Gloton propose une autre interprétation du texte en considérant le « ma » comme une particule interrogative, à l’image du 101.2, ce qui apporte une deuxième lecture intéressante.

    Qu’est-ce qu’Allah a voulu ?

    « Ce qu’Allah a voulu ! » ou « ce qu’Allah a voulu ? »

    Comme s’il s’agissait d’une question rhétorique visant à s’interroger : est-ce que ma volonté est alignée avec celle de Dieu ? Ma perception est-elle en adéquation avec ce que Dieu attend de moi ?

    « Ceci est la volonté d’Allah ! » ou « ceci est la volonté d’Allah ? »

    Dans tous les cas l’homme lui rappelle que c’est grâce à Allah qu’il a obtenu tout ça : aie de la reconnaissance (en opposition au kufr)

    Ce n’est pas parce que Allah m’a moins pourvu que toi maintenant (en termes de biens/enfants) qu’Il ne me donnera pas mieux plus tard -> réécriture totale de son logiciel (il n’y a pas d’élu).

    Et à nous également de revoir le nôtre : revoir le monde avec la lecture du Coran.

    On voit quelqu’un d’heureux et avec beaucoup d’argent on pense que Dieu l’a favorisé.

    On voit un homme avec une longue barbe parler avec assurance de religion on pense qu’il est pieux et que Dieu l’a guidé.

    Or ce n’est qu’apparence et c’est temporaire. C’est la leçon de ce récit. Il faut réécrire notre logiciel.

    18.40-41 – il se peut que mon Seigneur me donne mieux que ton jardin, et que, du ciel, Il envoie sur lui une calamité, et que son sol devienne glissant, ou que son eau tarisse de sorte que tu ne puisses plus la retrouver ».

    Formalisation de l’avertissement qui arrivera indubitablement s’il ne réforme pas son comportement (s’il ne réécrit pas son logiciel). Il se doit de corriger les aspects problématiques de sa croyance et de son comportement qui sont évoqués dans les versets 35 à 39.

    18.42 – Et sa récolte fut détruite et il se mit alors à se tordre les deux mains à cause de ce qu’il y avait investi, cependant que ses treilles étaient complètement ravagées. Et il disait : « Que je souhaite n’avoir associé personne à mon Seigneur ! ».

    Destruction de ses biens mais aussi de ses certitudes, celles sur lesquelles il a bâti sa vision.

    Non seulement il n’y a pas « d’élu », et ni sa richesse ni son clan (v44) ne l’ont protégé de la catastrophe (seul Allah pouvait le protéger v44). Tout ce qu’il a investi par ce biais est parti en fumée car il avait construit sa vision sur des fondations éphémères et instable (v7/8 et 45/46).

    Ce récit est une remise en question du sentiment de sécurité de manière générale, que ce soit lié à la possession de biens ou à un dogme.

    Il ne faut pas s’arrêter à l’exemple cité mais chercher à élargir la perspective. La référence à la prédestination est un point dogmatique. L’homme pensait qu’il était dans la vérité et pensait être protégé par celle-ci. (Et il ne put se secourir lui-même.)

    Dieu utilise des exemples (v54) pour nous aider à comprendre les sagesses et les principes fondamentaux qui peuvent être appliqués à d’autres situations. Il faut en tirer des leçons et les utiliser comme guides, pour ajuster notre propre cheminement spirituel et moral.

    18.54 – Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d´exemples. L´homme cependant, est de tous les êtres le plus grand disputeur

    On peut élargir à se sentir en sécurité grâce à son dogme tout court.

    C’est à la fois son dogme ainsi que son orgueil qui ont empêché toute remise en question et l’ont égaré. Tout comme Iblis qui a refusé d’écouter parce qu’il se pensait supérieur (v50).

    C’est une erreur de considérer que ce verset 42 ne nous concerne pas simplement parce qu’on est musulman.

    On a tous vécu des moments où nos convictions semblaient inébranlables, on pensait être dans le vrai, on était sûr de nous. Et pourtant, on a vu notre perspective s’effondrer.

    Et si ça n’est pas le cas, que tu penses être fermement ancré dans la vérité et que tu te sens en sécurité dedans, tu pourrais être dans la situation exactement décrite, où ton propre jardin pourrait être menacé de destruction. Cela peut tout aussi bien se produire dans cette vie que dans l’au-delà au du jour du jugement.

    En tant que croyant, il est essentiel de rester humble et ouvert à l’apprentissage, à l’évolution de notre compréhension spirituelle. La recherche de la vérité et la remise en question de nos croyances nous permettent de cultiver un jardin intérieur plus en harmonie avec la réalité divine.

    Dans le récit, l’homme est persuadé que tout ira bien pour lui dans cette vie et qu’il retrouvera mieux dans la suivante, tant qu’il reste dans sa croyance (celle en la prédestination).

    Il ne croit pas que l’heure se tienne, l’heure du jugement, l’heure des comptes.

    C’est-à dire il rejette la notion de l’heure du jugement, où ses actions seront évaluées pour déterminer son destin. Selon lui, il n’y aura pas véritablement de jugement ou celui-ci ne n’installera/ne durera pas pour son cas puisqu’il est élu par sa croyance et destiné au paradis.

    Ce que Dieu rectifie (v49-50)

    18.48 – Et ils seront présentés en rangs devant ton Seigneur. « Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Pourtant vous prétendiez que Nous ne remplirions pas Nos promesses ».

    18.49 – Et on déposera le livre (de chacun). Alors tu verras les criminels, effrayés à cause de ce qu´il y a dedans, dire : « Malheur à nous, qu´a donc ce livre à n´omettre de mentionner ni pêché véniel ni pêché capital ? » Et ils trouveront devant eux tout ce qu´ils ont œuvré. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne

    Rien n’est écrit d’avance pour les gens et personne ne sait quelle sera ses actions dans l’avenir. (personne ne sait ce qu’il acquerra demain)

    31.34 – La connaissance de l’Heure est auprès d’Allah ; et c’est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice ; et Il sait ce qu’il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu’il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Certes Allah est Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

    Comme la majorité des croyants, il a placé son dogme au-dessus de ses actes. Or ce n’est pas un critère d’éligibilité au paradis. Puis il a associé son dogme à Dieu.

    C’est exactement le cas des musulmans qui se permettent de semer la corruption sur terre car leurs savants leur promettent le paradis à la seule condition qu’ils se maintiennent dans leur dogme à eux. (« Tant que tu restes dans le groupe sauvé des Ahl As-Sunna wa al Jamâ`a c’est bon t’es en sécurité »)

    La promesse que leurs méfaits, aussi nombreux soient-ils, seront effacés en échange de quelques rituels ou, dans le pire des cas, d’un passage en enfer. Mais avec la certitude d’en ressortir pour rejoindre le paradis.

    Dieu a pourtant réfuté ce point « le feu ne nous touchera qu’un certain temps » en 2.81.

    2.80 – Et ils ont dit : « Le Feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés ! » Dis : « Auriez-vous pris un engagement avec Dieu – car Dieu ne manque jamais à Son engagement ; – non, mais vous dites sur Dieu ce que vous ne savez pas ».

    Réfutation d’Allah :

    2.81 – Bien au contraire ! Ceux qui font le mal et qui se font cerner par leurs péchés, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement.

    Mais ça n’a pas arrêté les « `ulamâ » qui ont décidé de reprendre le concept et d’y ajouter leur touche personnelle « la shahada implicite ». Une forme d’élection divine transmise par les parents.

    Celui qui est né de parents musulmans est promis au paradis, si ce n’est qu’il n’ait apostasié ou associé selon leurs termes, et ce peu importe ses actions et ses péchés.

    18.51 – Je ne les ai pas pris comme témoins de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leurs propres personnes. Et Je n´ai pas pris comme aides ceux qui égarent

    Ce n’est pas ça croire en l’heure des comptes. C’est croire que chacun sera jugé en fonction de ses actes.

    Croire en la promesse des savants (réfutée par Dieu) à la place de celle de Dieu qui dit clairement que les actes compteront, c’est exactement la description de l’association.

    Et au jour du jugement il sera vain de chercher sécurité auprès d’eux et de les appeler en disant « j’ai suivi à la lettre tout ce que vous me disiez où est votre promesse ? »

    18.52 – Et le jour où Il dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être Mes associés ». Ils les solliciteront ; mais eux ne leur répondront pas, Nous aurons placé entre eux une vallée de perdition.

    Quant à l’homme, il a finalement réalisé son erreur : Et il disait : « Que je souhaite n´avoir associé personne à mon Seigneur ! »

    18.43 – Aucune troupe ne pouvait le secourir, en dehors de d’Allah : il ne fut pas secouru.

    Seul Dieu pouvait le sauver à la seule condition qu’il se réforme.

    Le compagnon illustre ici le rôle du nabî, à l’image de Nuh, en avertissant l’homme d’un possible danger. Danger qui en réalité est inéluctable à moins d’une intervention divine. Et celle-ci n’aura lieu que si les peuples prennent en compte l’avertissement et se réforment.

    13.11 – […] En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes […]

    Le cataclysme ne survient pas seulement en tant que punition mais également pour rétablir l’équilibre choses. Les peuples ayant transgressé les limites et entraîné un déséquilibre majeur dans l’ordre moral. Une « purge » est nécessaire pour permettre un nouveau départ où les leçons du passé peuvent être apprises et où de meilleures actions peuvent être entreprises.

    18.55 – Qu´est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n´est qu´ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment.

    18.56 – Et Nous n´envoyons les messagers que pour annoncer la bonne nouvelle et avertir. Et ceux qui ont nié disputent avec de faux arguments, afin d´infirmer la vérité et prennent en raillerie Mes signes ainsi que ce dont on les a avertis.

    Ainsi le cataclysme peut être évitée si les peuples se réforment par eux-mêmes. Cependant s’ils refusent de changer, la purge arrivera pour que le cours naturel des choses puisse reprendre et permettre ainsi à d’autres générations de retrouver un environnement sain pour accomplir de bonnes actions.

    18.59 – Et voilà les villes que Nous avons fait périr quand leurs peuples commirent des injustices et Nous avons fixé un rendez-vous pour leur destruction.

    Par conséquent, il ne s’agit pas seulement d’une catastrophe naturelle que seul Allah peut empêcher, comme le suggère Ajamî. Bien que cela en fasse partie, il y a une dimension plus large qui s’inscrit dans un plan global visant à rétablir l’équilibre, à harmoniser et à réinitialiser lorsque cela est nécessaire. Ce plan est mis en œuvre selon un timing et un plan décidé par Allah.

    18.44 – Il n’est de protection qu’en Allah, le Vrai. Il est le meilleur en récompense, et le meilleur en résultat.

    Aucun dogme ne saura te protéger. Ni savant ni aucun groupe, aussi majoritaire et puissant soit-il. La seule protection est en Dieu.

    Dieu rappelle aux gens du monopole, méprisant l’individu solitaire qui ne possède pas de jardin cultivé et n’appartient pas à un clan (il est seul tandis que l’autre groupe est fort), qu’il se peut que leur « jardin » entretenu pendant des siècles et bénéficiant des semis de milliers d’hommes, ne devienne glissant ou aride et disparaisse à jamais. Et qu’on donne à l’individu seul quelque chose de meilleur que leur jardin.

    Le défaut mis en évidence est l’arrogance ainsi que le sentiment de supériorité lié à l’appartenance à un groupe.

    Si Demain, un croyant vient voir un savant sunnite pour lui dire de revenir à Dieu, comment réagira-t-il ? Exactement comme l’homme au jardin.

    « On est plus nombreux et plus instruits. Ça fait 1400 ans que notre croyance produit des fruits
    Toi ça fait 10 ans que tu existes et t’es tout seul. Quel est ton fruit (connaissance) sur ça et ça ?
    Le sunnisme existe depuis le début et tu crois qu’il va disparaître ? »

    C’est exactement ce qu’ont vécu les messagers. Seuls face à la majorité, remettant en question des siècles de tradition transmise par les ancêtres.

    10.78 – Ils dirent : « Est-ce pour nous écarter de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres que tu es venu à nous, et pour que la grandeur appartienne à vous deux sur la terre ? Et nous ne croyons pas en vous ! »

    2.170 – Et quand on leur dit : « Suivez ce que Dieu a fait descendre », ils disent : « Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres. » – Quoi ! et si leurs ancêtres n’avaient rien raisonné et s’ils n’avaient pas été dans la bonne direction ?

    Croire que parce que on appartient à un dogme on va à aller au paradis.

    Et croire que si on en sort on va aller en enfer.

    C’est créer un sentiment de sécurité et une vérité absolue à travers ce dogme.

    Or on ne doit se sentir en sécurité qu’en Dieu.

    18.45 – Propose-leur l’allégorie de la vie d’ici-bas : elle est semblable à une eau que Nous avons fait descendre du ciel ; la végétation de la terre s’est mélangée à elle, puis elle est devenue de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est, sur toute chose, Dominant.

    18.46 – Les biens et les enfants sont l´ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance

    18.47 – Le jour où Nous ferons marcher les montagnes et où tu verras la terre nivelée et Nous les rassemblerons sans en omettre un seul.

    18.48 – Et ils seront présentés en rangs devant ton Seigneur. « Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Pourtant vous prétendiez que Nous ne remplirions pas Nos promesses ».

    18.49 – Et on déposera le livre (de chacun). Alors tu verras les criminels, effrayés à cause de ce qu´il y a dedans, dire : « Malheur à nous, qu´a donc ce livre à n´omettre de mentionner ni pêché véniel ni pêché capital ? » Et ils trouveront devant eux tout ce qu´ils ont œuvré. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne

    18.50 – Et lorsque Nous dîmes aux Anges : «  Asjudū Li Adam », ils sajadū, excepté Iblis qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis ? Quel mauvais échange pour les injustes !

    18.51 – Je ne les ai pas pris comme témoins de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leurs propres personnes. Et Je n´ai pas pris comme aides ceux qui égarent

    18.52 – Et le jour où Il dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être Mes associés ». Ils les solliciteront ; mais eux ne leur répondront pas, Nous aurons placé entre eux une vallée de perdition.

    18.53 – Et les criminels verront le Feu. Ils penseront donc y tomber, et n’en trouveront pas d’échappatoire

    Fažannū en référence au v35 et v36

    18.54 – Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d´exemples. L´homme cependant, est de tous les êtres le plus grand disputeur

    18.55 – Qu´est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n´est qu´ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment.

    18.56 – Et Nous n´envoyons les messagers que pour annoncer la bonne nouvelle et avertir. Et ceux qui ont mécru disputent avec de faux arguments, afin d´infirmer la vérité et prennent en raillerie Mes signes ainsi que ce dont on les a avertis.

    18.57   Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les signes de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu´ils ne comprennent pas, et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider.

    18.58   Et ton Seigneur est le Pardonneur, le Détenteur de la miséricorde. S´il s´en prenait à eux pour ce qu´ils ont acquis. Il leur hâterait certes la correction. Mais il y a pour eux un terme fixé contre lequel ils ne trouveront aucun refuge.

    18.59   Et voilà les villes que Nous avons fait périr quand leurs peuples commirent des injustices et Nous avons fixé un rendez-vous pour leur destruction.

    Pour aller plus loin dans la symbolique des deux jardins :

    Un janna c’est une source cachée qui génère des choses accessibles (fruits, idées).

    Le jardin nourrit physiquement mais aussi spirituellement.

    2 inspirations par lesquelles on nourrit notre croyance.

    « 2 jannât / 2 inspirations provenant de a`nāb »

    Qui représente la dualité :

    Le bon (venant de Dieu) et le mauvais (venant de Sheytan, de l’homme).

    16.67 – Des fruits des palmiers et des vignes a`nāb, vous retirez une boisson enivrante et une bonne subsistance. En cela, il y a bien un signe pour des gens qui comprennent.

    D’un côté le rizq provenant d’Allah.

    Et de l’autre ce que l’homme en fait. C’est-à-dire son intervention visant à faire fermenter / modifier / transformer un produit pur.

    4.79 – Tout bien qui t’atteint vient de Dieu. Tout mal qui t’atteint vient de toi-même. Nous t’avons envoyé aux gens comme messager. Dieu suffit comme témoin.

    Et n’incombe à l’homme que de choisir exclusivement la bonne nourriture (sur laquelle le nom d’Allah a été prononcé)

    Et de ne pas prendre celle qui a été pollué d’une quelconque façon

    Les 2 ont certes été arrosés de la même eau mais leur nourriture n’est pas semblable.

    13.4 – Il y a sur terre des parcelles voisines, des jardins de vignes, des cultures, des palmiers groupés et non groupés, arrosés d’une même eau, mais Nous favorisons les uns par rapport aux autres pour la nourriture. En cela il y a bien des signes pour des gens qui comprennent.

    « Entourés de palmiers »

    Ce qui délimite son dogme. Ce qui fait qu’il peut exclure ou inclure.

    « Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés »

    Tout ce que les gens ont produit autour en puisant dans les 2 jannât, ce qu’ils ont cultivé au fil des années. Entre les deux, l’entre deux c’est-à-dire en s’imprégnant de l’un et l’autre.

    « Les deux jardins produisaient leur récolte sans jamais manquer »

    Les 2 inspirations bonnes ou mauvaises, produisaient leurs résultats.

    Tout comme l’arbre interdit, l’arbre de Zaqqūm, apportent leur nourriture (37.66)

    « Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau »

    La source de vie de toute chose. La source d’inspiration.

    « Et il avait des fruits »

    Fruit = résultat, ce qui résulte (action ou connaissance)

    Fruits de son dogme

    Le tout est à l’origine bien distinct, l’eau est l’eau, et les plantes sont les plantes.

    La source (l’eau) n’est pas égale aux végétaux.

    Ce n’est que par la suite qu’ils se mélangent.

    18.45 – Propose-leur l’allégorie de la vie d’ici-bas : elle est semblable à une eau que Nous avons fait descendre du ciel ; la végétation de la terre s’est mélangée à elle, puis elle est devenue de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Dieu est, sur toute chose, Dominant.

    C’est pour cela que Dieu dit qu’il rentre dans son jardin. (v35)

    Le tout ne forme plus qu’un dans son esprit. (Je ne pense pas que ceci…)

    Tout est mélangé, Le bon, la fermentation par l’homme, et la source des deux.

    Il a associé l’eau qui provient d’Allah (la source divine) aux fruits de sa réflexion qu’il a lui-même cultivé (ses treilles). Ce qui existait grâce à l’eau, à l’eau elle-même.

    Or si la source divine disparaît, tout ce qu’il a construit autour disparaîtra. Et ça il n’en avait pas conscience.

    C’est exactement le cas du sunnisme, qui dans son dogme, a mélangé la bonne inspiration provenant du Coran et la mauvaise inspiration provenant des hadiths.

    Et qui est ensuite présenté comme équivalent au ruisseau. Ils ont associé leur dogme à la source tout comme l’homme avait assimilé sa croyance à la réalité. Et une fois que la source disparut il ne lui resta plus rien.

    Pensent-ils que si la Parole de Dieu disparaissait de sorte à ce qu’ils ne la retrouvent plus (dans leur dogme) leur dogme restera stable et persistera ? Non il deviendra de l’herbe desséchée qui s’effritera au fil du temps et qui sera dispersée par les vents.

    Les prémisses sont déjà là. Lors des prêches la Parole de Dieu est à peine citée, ou traduit frauduleusement. L’essence du Coran a été enseveli sous des strates de tradition.

    Engendrant un dogme qui assèche les cœurs et donne des fruits amers. En manque d’eau les cœurs se durcissent.

    Le vrai est associé au faux et l’homme ne distingue plus le bon du mauvais.

    La Mauvaise inspiration trouble sa perception et amène à une mauvaise compréhension et à un mauvais comportement.

    Penseront-ils toujours, à propos de leur dogme « je ne pense pas que ceci puisse disparaitre » ni que l’heure (de rendre des comptes à son sujet) survienne ?

    17.80 – Et dis : « Ô mon Seigneur ; fais que j’entre par une entrée de vérité et que je sorte par une sortie de vérité ; et accorde-moi de Ta part, un pouvoir bénéficiant de Ton secours ».


    17.81 – Dis : « La vérité est venue, et le faux a disparu. Car le faux est voué à disparaître ».

  • Les gens de la caverne et d’ar raqim, commentaire de sourate al kahf

    Les gens de la caverne et d’ar raqim, commentaire de sourate al kahf

    Les gens de la caverne et d’ar raqim, commentaire de sourate al kahf

    18.1 Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur, le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) !

    18.2 [Un livre] d´une parfaite droiture pour avertir d´une sévère punition venant de Sa part et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu´il y aura pour eux une belle récompense

    18.3 où ils demeureront éternellement

    18.4 et pour avertir ceux qui disent : « Allah S´est attribué un walad. »

    1. Pas de tortuosité/ambiguïté

    2. Pour avertir et annoncer

    18.5 Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ce qu´ils disent n´est que mensonge.

    5. Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien.

    Les asbâb an nuzûl (causes de révélation) disent que le verset concerne uniquement les polythéistes arabes, mais ici Allah avertit tous les gens qui diraient ça peu importe le lieu et la temporalité.

    Cette parenthèse introduit la rhétorique qui va suivre : répéter et affirmer une information sans savoir réellement si c’est vrai ou non.

    La formulation « ni eux ni leurs ancêtres » indiquent que ceux qui disent cette phrase l’ont appris de leurs ancêtres, et ils ont jugé que l’information était vraie car répétée et admise depuis des générations.

    C’est la conséquence ultime que d’inventer des choses dans la religion. Au début on peut dire des choses sans gravité sans en mesurer la conséquence mais à la fin ça peut déboucher en parole monstrueuse.

    18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !

    Allah s’adresse directement à nous.

    Lors de notre da`wa beaucoup de gens ne croiront pas à ce qu’on leur montre…

    Allah nous console en nous disant « ne sois pas triste ».

    18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions

    Et quand quelqu’un est en désaccord avec nous (ne croit pas en ce discours) qu’est-ce qu’on fait ?

    On adopte la meilleure réaction et celui qui fera le plus de bonnes actions sera le meilleur.

    18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.

    18.9 Penses-tu que les gens de la Caverne et d´ar-Raquim ont constitué une chose extraordinaire d´entre Nos prodiges ?

    Ce verset nous indique clairement qu’il y a 2 groupes : caverne et ar-raqîm

    18.10 Quand les jeunes se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent : « ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde ; et assure-nous la droiture dans tout ce qui nous concerne ».

    Rahmatan + rashadân (Miséricorde et droiture dans les affaires)

    18.11 Alors, Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant nombreuses sanas.

    18.12 Ensuite, Nous les avons Ba`athnā , afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour.

    Thumma Ba`athnāhum Lina`lama ‘Ayyu Al-Ĥizbayni ‘Aĥşá Limā Labithū ‘Amadāan

    Allah nous explique pourquoi Il les a endormis dans la caverne.

    Ba`athnâ  بَعَثَ a plusieurs sens, envoyer, faire sortir, ramener ; ressusciter (ressusciter c’est ramener à la vie).

    19.15 – Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il meurt, et le jour où il est ressuscité vivant. «يُبْعَثُ حَيًّا » est un pléonasme sauf si بَعَثَ a le sens de ramener

    En 62.2 ou 17.15 c’est traduit par envoyer.

    Et c’est dans ce sens qu’il est employé dans ce verset. On parle de 2 groupes, l’un va être envoyé/ramener à l’autre. L’objectif est de savoir qui d’entre les gens de al kahf et les gens de ar raqîm saura le mieux calculer la durée qui s’est écoulé depuis leur dernière interaction.

    18.13 Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie].

    Cette précision Bil-Ĥaqqi indique que les légendes qui circulaient et qui circulent encore à propos des 7 dormants ne relatent pas la véritable histoire. On ne doit donc pas s’appuyer dessus pour avancer quoi que ce ne soit ni sur aucune autre information qui comporte des ajouts quelconques, sous peine de reproduire les mêmes erreurs d’interprétation.

    Un devoir faux ne sera pas plus vrai s’il est appuyé par un autre devoir faux. Et ce n’est pas parce qu’une information fausse est répétée et rapportée par plusieurs personnes sur plusieurs générations qu’elle devient vérité.

    18.14 Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu´ils se sont tenus pour dire : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre : jamais nous n´invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles.

    13/14. Qui étaient ces gens ? Jeunes et actifs, ils se sont dressés face à l’injustice, ils ont pris position.

    18.15 Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n´apportent-ils sur elles une preuve évidente ? Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah ?

    18.16 Et quand vous vous serez séparés d´eux et de ce qu´ils adorent en dehors d´Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne : votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort ».

    14 15 16

    Regardez bien les guillemets C’est une discussion qui débute à partir de « Notre seigneur est le seigneur de l’univers » et se termine avec « à votre sort »

    On apprend le contexte dans lequel ils vivent et Ils trouvent une solution en fuyant.

    Mais en regardant attentivement il y a un détail dans la manière de s’échanger :

    Nous

    Nous

    Vous

    Ils ont la même foi donc notre seigneur

    Ils ont les mêmes concitoyens donc nos concitoyens

    Puis vous

    Il y a initialement 1 seul groupe qui se scindent ensuite en 2. Nous retrouvons donc nos 2 groupes nommés au verset 9.

    Un groupe va rester sur place et un groupe va aller dans la caverne.

    16. Miséricorde et Facilité dans les affaires en référence au v10

    18.17 Tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s´écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu´eux-mêmes sont là dans une partie spacieuse (de la caverne) … Cela est une des merveilles d´Allah. Celui qu´Allah guide, c´est lui le bien-guidé. Et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie.

    18.18 Et tu les aurais cru éveillés, alors qu´ils dorment. Et Nous les tournons sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien est à l´entrée, pattes étendues. Si tu les avais aperçus, certes tu leur aurais tourné le dos en fuyant ; et tu aurais été assurément rempli d´effroi devant eux

    « Et tu les aurais cru »

    C’est une sagesse pour nous faire comprendre que la réalité peut être différente de celle que l’on perçoit, également à l’échelle de notre vie personnelle.

    Dans la continuité du verset précédent Allah montre qu’Il s’occupe de chaque détail.

    Le chien à l’entrée pour symboliquement monter la garde et les protéger d’une intrusion.

    18.19 Et c´est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu´ils s´interrogent entre eux. L´un parmi eux dit : « Combien de temps avez-vous demeuré là ? » Ils dirent : « Nous avons demeuré un jour ou une partie d´un jour ». D´autres dirent : « Votre Seigneur sait mieux combien [de temps] vous y avez demeuré. Envoyez donc l´un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu´il voit quel aliment est le plus pur et qu´il vous apporte de quoi vous nourrir. Qu´il agisse avec tact ; et qu´il ne donne l´éveil à personne sur vous.

    بَعَثَ (Ba`athnâ) a le sens de ramener/renvoyer tout comme au verset 12.

    Ainsi Allah les ramène à la réalité comme si rien ne s’était passé et les renvoie à la rencontre de l’autre groupe afin qu’ils s’interrogent entre eux. (Afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour).

    Dans les récits coraniques il faut comprendre qu’il y a des non-dits et il y a parfois des étapes non pertinentes pour l’objectif du message qui sont sautées.

    Selon un timing décidé par Allah, les jeunes de la caverne, fraichement réveillés tombent sur le groupe d’ar raqîm, alors sans nouvelle d’eux depuis des années.

    Le verset reprend donc avec la conversation des 2 groupes et de qui saura la durée exacte.

    ar raqîm : « Combien de temps avez-vous demeuré là ? »

    al kahf : – Nous avons demeuré un jour ou une partie d’un jour

    ar raqîm : « Votre Seigneur sait mieux combien de temps vous y avez demeuré »

    Du point de vue des jeunes qui se sont réfugiés dans la caverne ils sont juste partis une journée et n’ont pas vu le temps passé. Tandis que pour ceux restés sur place (ar raqîm) qui ont vu les années défiler cette réponse ne tient pas.

    ar raqîm :  « Envoyez donc l´un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu´il voit quel aliment est le plus pur et qu´il vous apporte de quoi vous nourrir »

    On notera que فَٱبْعَثُوٓا۟ est traduit par « envoyez » par les traducteurs cette fois ci et non ressusciter.

    Le changement de pronom et le fait que le protagoniste s’exclue montre qu’il est impossible que ce soit un échange entre gens de la caverne uniquement et que lui-même est inclus dedans. « L’un de vous » indique clairement qu’il n’en fait pas partie et « qu’il vous apporte de quoi vous nourrir » traduit une nette séparation des besoins : il n’a pas besoin de manger contrairement aux autres restés un moment sans manger.

    18.20 Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion, et vous ne réussirez alors plus jamais ».

    Dans ce verset on comprend pourquoi ils ont été dans la caverne :

    En réalité ils ont fui car ils étaient en danger et non pas pour autre chose.

    Le danger est toujours là. Ce sont les mêmes personnes et donc la même époque, avec quelques années en plus.

    On peut supposer que les gens d’ar raqîm n’étaient pas partis car ils n’étaient pas en danger (soit parce qu’ils étaient protégés par leur clan soit parce qu’ils avaient décidé de cacher leur foi contrairement aux autres).

    18.21   Et c´est ainsi que Nous fîmes qu´ils furent découverts, afin qu´ils [les gens de la cité] sachent que la promesse d´Allah est vérité et qu´il n´y ait point de doute au sujet de l´Heure. Aussi se disputèrent-ils à leur sujet et déclarèrent-ils : « Construisez sur eux un édifice. Leur Seigneur les connaît mieux ». Mais ceux qui l´emportèrent [dans la discussion] dirent : « Elevons sur eux un sanctuaire ».

    Même s’ils ont voulu être discret, le plan d’Allah était qu’ils soient découverts.

    « et qu´il n´y ait point de doute au sujet de l´Heure » vient souligner l’idée du timing évoqué précédemment. Chaque chose arrive en son temps, Allah décrète et applique le décret au meilleur des moments.

    A la suite de quoi ils ont polémiqué entre eux :

    • Construisez sur eux un bunyânân بُنْيَٰنًا

    Traduit par « édifice » mais avec une notion de resserrement ou d’enfermement (entre 4 murs) dans lequel il n’y a pas d’espace :

    En 61.4 l’édifice renforcé fort impénétrable est comparé à un rang serré, sans espace.

    En 37.97 – Ils dirent : « Construisez-lui un édifice et lancez-le dans la fournaise.

    L’emploi dans ce verset est aussi associé à quelque de chose de mauvais augure car les 2 propositions sont en opposition c’est donc qu’il y en a une de négative et une de positive.

    « Leur Seigneur les connait mieux » vient renforcer cette direction. En effet malgré le signe dont ils ont été témoins le groupe refuse de prendre pour Seigneur.

    Les premiers protagonistes veulent ainsi « construire un édifice sur eux » soit dans un sens métaphorique pour « étouffer l’affaire », soit dans un sens littéral comme pour la sourate 37 soit dans le but d’expédier l’histoire en construisant un édifice pour eux et leur Seigneur pour ensuite passer à autre chose.

    • Elevons sur eux un masjid مَّسْجِدًا

    Le masjid a une portée plus forte, c’est pour se souvenir, ne pas oublier. (Écoutoir, là où on écoute la Parole de Dieu, et où on se remémore ses bienfaits, peu importe l’endroit). La notion de masjid vient ici en opposition à une construction/édifice.

    Et la majorité a finalement compris la leçon et a décidé de se soumettre à Allah d’obéir.

    18.22 Ils diront : « ils étaient trois et le quatrième était leur chien ». Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu´ils étaient cinq, le sixième étant leur chien et ils diront : « sept, le huitième étant leur chien« . Dis : « Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n´en est que peu qui le savent ». Ne discute à leur sujet que d´une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.

    18.23 Et ne dis jamais, à propos d´une chose : « Je la ferai sûrement demain ».

    18.24 sans ajouter : « Si Allah le veut », et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».

    22. La polémique pour connaitre leur nombre.

    Qui parle ? Des gens qui conjecturent.

    Le « Qul » étant utilisé au milieu du verset pour répondre à leurs spéculations.

    Il n’y a pas de « quatre, le cinquième étant leur chien ».

    C’est peut-être pour faire comprendre que ce qu’ils disent n’est pas logique et ne tient sur rien. Ils passent direct du 3 au 5 comme si on était aux enchères.

    On pourrait penser qu’Allah fait une parenthèse qui n’a aucun rapport avec le récit mais l’utilisation du terme rashadan dans le verset 24 nous indique plutôt une continuité. (cf verset 10). Ce terme reprend l’expression utilisée par les jeunes de la caverne dont on doit se servir d’exemple.

    Pour mieux comprendre voici comment devrait être structuré l’ensemble du passage :

    Ils diront : « ils étaient trois et le quatrième était leur chien ».

    Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu´ils étaient cinq, le sixième étant leur chien.

    Et ils diront : « sept, le huitième étant leur chien ».

    • « Dis : « Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n´en est que peu qui le savent ».
    • Ne discute à leur sujet que d´une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.
    • Et ne dis jamais, à propos d´une chose : « Je la ferai sûrement demain » sauf / si ce n’est ce qu’a voulu Allah.
    • Et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».

    Ainsi on peut comprendre la parenthèse de plusieurs façons. L’oubli n’est pas nécessairement lié à « In shaa Allah » (le « « sans ajouter » n’étant même pas dans le texte) mais peut être rattaché au fait d’oublier le fait de ne pas remettre au lendemain (comme en 68.17-19) ou bien oublier de ne pas polémiquer ou bien oublier de manière générale.

    Car c’est en remettant au lendemain et en procrastinant qu’on oublie les choses et qu’on tombe dans l’inaction. Les jeunes de la caverne ont agi tout de suite. Ils ne se sont pas dit « on verra plus tard comment on peut agir ».

    Au lieu de se concentrer sur l’essentiel ils vont parler sans connaissance de l’affaire.

    Ils n’ont pas vu la scène pourtant ils sortent des chiffres comme ça.

    La leçon qu’il faut tirer de cette histoire c’est ne pas s’attarder sur les détails (leur nombre) mais aller vers l’essentiel, vers l’objectif pointé par Allah.

    Ceux qui s’attardent et polémiquent sur les détails, il ne faut pas les écouter.

    Et l’objectif du récit c’est quoi ? C’est que dans tous nos projets, Allah est derrière.

    Quelle était la droiture des gens de la caverne ? Ils étaient croyants.

    Mais comment ça s’est manifesté ? En étant actif, ils ont agi avec leurs moyens et ont placé leur confiance en Allah.

    Les jeunes ont décidé d’agir malgré le danger et leur faiblesse. Ils auraient pu se dire que ce qu’ils font ne changera rien. Car en réalité ils n’ont rien fait d’extraordinaire.

    Si ça ne tenait qu’à eux jamais ils n’auraient réussi à changer la mentalité de leur peuple. Mais Allah est intervenu et tout a basculé. Et finalement c’est en étant dans la passivité la plus totale, en dormant qu’ils ont changé les choses. Leur sommeil a été la cause de guidée de leur peuple.

    Allah montre par cette symbolique que son intervention divine est au-dessus de toute volonté humaine.

    Lorsqu’on oublie que la volonté d’Allah est au-dessus de celle des hommes, alors invoque ton seigneur et dis « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».

    Et là c’est un message divin plein de sagesse. Un message d’espoir et d’optimisme.

    Car on sait que le résultat appartient à la volonté divine. Et Allah ne nous a pas demandé le résultat, qui Lui incombe, mais d’agir avec nos moyens.

    18.25 Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cent sanas et en ajoutèrent neuf.

    18.26 Dis : « Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent là. A Lui appartient l´Inconnaissable des cieux et de la terre. Comme Il est Voyant et Audient ! Ils n´ont aucun allié en dehors de Lui et Il n´associe personne à Son commandement

    Ensuite ils vont polémiquer sur la durée de la même manière qu’ils ont fait sur le nombre mais ce n’est pas retranscrit. Cela fait partie des non-dits.

    Allah donne la réponse 300+9 pour montrer que seul Lui pouvait en connaitre l’exactitude*.
    Mais la direction qu’Il donne ensuite avec le « Qul » c’est que la seule bonne réponse pouvant être acceptée est : « Dieu sait mieux »
    Car il était strictement impossible de connaitre la durée exacte autrement que par sa révélation.
    A Lui appartient l´Inconnaissable des cieux et de la terre

    Et c’est pour cela qu’Il conclut l’échange dans ce verset par « Allah sait mieux » qui est la posture à adopter quand on ne sait pas.


    Le but (Lequel des 2 groupes sauraient le mieux calculer la durée) était de montrer que même ceux qui l’avaient vécu n’avaient pas pu le déterminer avec précision.
    Personne n’a su et même eux ont répondu « Allah sait mieux ».
    Alors comment peut-on des années après polémiquer sur ça ? Et c’est pourtant la voie qu’a choisi le sunnisme en polémiquant sur des détails des siècles plus tard à partir de on-dit, de la même façon que ceux qui conjecturent auquel le Coran répond.

    et Il n´associe personne à Son commandement

    Comme exprimé dans le verset 5, prendre les paroles d’ancêtres pour vérité absolue et les propager, c’est non seulement prendre le risque de propager de fausses informations (comme le nombre des gens de la caverne) mais c’est aussi finir par attribuer des choses fausses à Dieu (un walad).

    Associer du faux à Dieu c’est une forme d’association.

    Et à force de prendre les ancêtres comme référence et vérité dans leurs informations, on se retrouve finalement à les suivre eux, à suivre leurs instructions et non celles qu’Allah a instauré. C’est pourquoi Allah rappelle que personne n’a d’autorité équivalente à la sienne et Lui seul commande.

    18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge

    18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Son wajh. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.

    18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !

    18.30 Ceux qui croient et font de bonnes œuvres… vraiment Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien.

    18.31 Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d´or et se vêtiront d´habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure !

    Les versets 27-31 constituent la conclusion du récit et communiquent avec les versets d’introduction 1-8.

    27. -> Verset 1 : le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) -> Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles

    29. -> Verset 2 : avertir (enfer) et annoncer (paradis)

    31. -> Verset 2 : il y aura pour eux une belle récompense -> Quelle bonne récompense

    31. -> Verset 3 : où ils demeureront éternellement -> Quelle belle demeure

    Voici un récapitulatif de la rhétorique sémitique sous la forme ABCA’B’C’ agencé autour du thème du libre arbitre formulé par : Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie

    A : Le livre support fiable

    B : Pour avertir l’enfer

    C : Annoncer le paradis

    • Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie

    18.1 Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur, le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) !

    18.2 [Un livre] d´une parfaite droiture pour avertir d´une sévère punition venant de Sa part et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu´il y aura pour eux une belle récompense

    18.3 où ils demeureront éternellement

    18.4 et pour avertir ceux qui disent : « Allah S´est attribué un walad. »

    18.5 Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ce qu´ils disent n´est que mensonge.

    18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !

    18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions

    18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.

    18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge

    18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.

    18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !

    18.30 Ceux qui croient et font de bonnes œuvres… vraiment Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien.

    18.31 Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d´or et se vêtiront d´habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure !

    A l’intérieur de cette rhétorique on retrouve une forme ABB’A ‘ orientée autour du test que représente la vie ici-bas et la réaction à avoir face à ceux refusant cette réalité :

    18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !

    18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions

    18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.

    18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge

    18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.

    18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !

    On notera d’abord une réponse psychologique suite à la tristesse ressentie vis-à-vis de leur réaction (chagrin) avec comme pierre angulaire de chercher du réconfort dans le livre et refuge chez Allah.

    Puis une réponse pratique : ils ne croient pas en ton discours ? Dis-leur simplement « la vérité vient de Dieu » « quiconque le veut qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie ». Chacun est libre.

    Toute belle chose sur terre n’est finalement que distraction temporaire visant à disparaitre de la surface et sert en réalité de test ou d’épreuve afin d’évaluer les hommes qui agissent selon leur libre arbitre.

    Allah nous incite à faire preuve de patience en choisissant de rester avec ceux dont la voie est durable (qui invoquent leur Seigneur matin et soir) et non pas tournée vers la beauté éphémère de cette vie. (Zînata Al-Ĥayâti Ad-Dunyâ)

    18.46 Les biens et les enfants sont l´ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance

    40.39 Ô mon peuple, cette vie n´est que jouissance temporaire, alors que l´au- delà est vraiment la demeure de la stabilité.

    57.20 Sachez que la vie présente n´est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l´orgueil entre vous et une rivalité dans l´acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie ; ensuite elle devient des débris. Et dans l´au- delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d´Allah. Et la vie présente n´est que jouissance trompeuse.

    Et Allah sait mieux.

  • Le bâton de Moussa et commentaire de sourate ta-ha

    Le bâton de Moussa et commentaire de sourate ta-ha

    Le bâton de Moussa et commentaire de sourate Ta-Ha

    Avant-propos :

    Il y a plusieurs niveaux de lectures dans le Coran.

    Le Coran ne doit pas seulement se lire au premier degré si on veut en saisir toute la profondeur.

    Je ne nie pas le sens littéral d’un mot, mais je pense que son utilisation a été volontairement « codifiée » de façon à ce que celui qui n’a pas la « vue » et « l’ouïe » ne comprenne pas et que celui qui cherche, qui médite attentivement puisse lui comprendre.

    47.24 Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Ou y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs ?

    39.9 Sont-ils égaux, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? Seuls les doués d´intelligence se rappellent.

    40.58 L´aveugle et le voyant ne sont pas égaux, et ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres ne peuvent être comparés à celui qui fait le mal. C´est rare que vous vous rappeliez !

    6.50 Est-ce que sont égaux l´aveugle et celui qui voit ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? »

    35.22   De même, ne sont pas semblables les vivants et les morts. Allah fait entendre qu´Il veut, alors que toi tu ne peux faire entendre ceux qui sont dans les tombeaux.

    11.24 Les deux groupes ressemblent, l’un à l’aveugle et au sourd, l’autre à celui qui voit et qui entend. Les deux sont-ils comparativement égaux ? Ne vous souvenez- vous pas ?

    25.73 – qui lorsque les signes de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles ;

    Et le Coran précise aux littéralistes qu’on parle bien d’un point de vue métaphorique, histoire qu’ils puissent comprendre :

    43.40 Est-ce donc toi qui fait entendre les sourds ou qui guide les aveugles et ceux qui sont dans un égarement évident ?

    Quel serait le sens derrière le « bâton » de Moussa ? Lisons sourate Ta-Ha d’une autre façon.

    1. Initiation à la mission d’envoyé
    1. Rencontre avec Allah

    20.10 Lorsqu´il vit du feu, il dit à sa famille : « Restez ici ! Je vois du feu de loin ; peut-être vous en apporterai-je un tison, ou trouverai-je auprès du feu de quoi me guider ».

    Nâr même racine que Nûr : symbole de lumière divine ou de guidance divine. Le feu sert à réchauffer (notre cœur) et à nous éclairer pour mieux voir (et percevoir).

    Tout comme la mer est le symbole des paroles divines, inépuisable.

    V10 Ici on retrouve l’état d’esprit de celui qui veut comprendre et chercher la Vérité :

    • Attentif aux signes, voit de loin
    • Curieux, il va voir
    • Confiant et n’a pas peur
    • A la recherche de ce qui peut le guider (et à être meilleur)

    Voilà bien des caractéristiques de quelqu’un d’intelligent.

    20.12 Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales : car tu es dans la vallée sacrée Tuwa

    Moussa enlève ses sandales ? Ça ne peut qu’avoir une portée symbolique. Il se met à nu, enlève ses « masques ». Les habits sont un rajout, Allah lui demande de revenir à l’état initial, au contact du vrai. Avoir les pieds nus pour être connecté au sol, pour avoir une meilleure connexion au réel.

    20.13 Moi, Je t´ai choisi. Ecoute donc ce qui va être révélé.

    « Je t’ai choisi » (pour quoi faire ? C’est important pour la suite, car ce n’était pourtant pas lui le plus disposé à le faire).

    20.14 Certes, c´est Moi Allah : point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la salat pour te souvenir de Moi.

    20.15 L´Heure va certes arriver. Je la cache à peine, pour que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts.

    • Evaluation des forces de Moussa

    20.17 Et qu´est-ce qu´il y a dans ta main droite [Biyamīnika], ô Moïse ? »

    C’est pas « qu’est-ce qu’il y a dans ta main droite »

    يَمِين c’est le côté droit

    Littéralement : et qu’est-ce que c’est ton côté droit ?

    Et le côté droit symbolise ce qu’on maîtrise, notre côté fort.

    On retrouve aussi ce sens symbolique dans la racine du mot يَمِين  (foi/serment/prospérer).

    Il faut comprendre le verset par : En quoi as-tu confiance/ qu’est-ce que tu maitrises ?

    20.18 Il dit : « C´est mon bâton sur lequel je m´appuie, qui me sert à effeuiller (les arbres) pour mes moutons et j´en fais d´autres usages ».

    Qāla Hiya `Aşāya ‘Atawakka’u `Alayhā Wa ‘Ahushu Bihā `Alá Ghanamī Wa Liya Fīhā Ma’āribu ‘Ukhrá

    Allah connait-il la réponse à cette question ? Oui, c’est une question rhétorique, afin que Moussa s’interroge lui-même.

    Moussa répond-il à la question ?

    Non il répond à coté : il explique à quoi sert son « bâton » il parle de son utilisation, ce n’est pas la question.

    Ce verset offre un bel exemple de jeu de mots et de double sens.

    Les brebis littéralistes y verront un bout de bois qui sert à effeuiller.

    Les autres y verront un moyen de dégager la voie encombrée des « brebis » et d’éclaircir leur vue, d’effeuiller l’arbre du mensonge dont les fruits sont des têtes de diable (37.65).

    Si on approfondit : ghanamî est traduit par brebis, mais la racine du mot a d’autres sens.

    En 48.20 مَغَانِمَ traduit par gain ou en 8.41 غَنِمْ traduit par butin

    C’est aussi : gagner quelque chose sans peine / ce qu’on acquiert / ce qu’on reçoit / ce qu’on nous donne / ce qui est facile à prendre. C’est-à-dire le prêt à penser. Le parallèle avec le mouton est parfait.

    Les « brebis/ moutons » c’est ceux qui suivent aveuglément, qui acceptent les informations qu’on leur donne sans aucun filtre.

    Moussa explique qu’il se sert de son « bâton » et s’appuie dessus pour effeuiller les idées qu’il acquiert/reçoit au fur et à mesure. Et c’est le cas pour tout le monde et tous les jours : on entend ou lit des choses, des idées. Si on ne filtre pas toutes les données qu’on « amasse » avec notre « bâton » comme Moussa, on se retrouve à être un mouton. Et plus qu’à attendre que Moussa vienne nous libérer avec le sien.

    Wa Liya Fīhā Ma’āribu ‘Ukhrá

    Racine أرب
    أَرَب ج آراب : but/objectif que l’on a en vue, désir, fin, intention, souhait, vœu
    مَأْرَب ج مَآرِب : but, dessein

    Et pour d’autres objectifs.

    • Le `Aşā

    Quel est ce « bâton » ?

    Déjà même au sens littéral c’est pas un bâton qu’on ramasse comme ça par terre. Moussa dit c’est MON bâton sur lequel je M’APPUIE.

    Avec quoi on éclaire les gens aujourd’hui ?

    Réponse : avec notre raisonnement, nos arguments.

    عَصَا c’est un raisonnement, une argumentation.

    C’est pareil un raisonnement se construit, se fabrique, et on s’appuie dessus pour façonner notre vision.

    • Perfectionnement du `Aşā

    20.19 [Allah lui] dit : « Jette-le, ô Moïse ».

    Allah lui dit jette ton raisonnement (afin que les raisonnements se rencontrent).

    20.20 Il le jeta : et le voici un serpent qui rampait.

    Fa’alqāhā Fa’idhā Hiya Ĥayyatun Tas`á

    Allah lui fait apparaitre que son raisonnement sur lequel il s’appuie peut être « dangereux » c’est-à-dire qu’il peut se retourner contre lui.

    Le verset 15 et 66 nous donnent le sens de tas`a qui est efforts.

    سعي s’efforcer, s’activer se rendre vers, marcher, œuvrer, travailler, se préoccuper, se soucier de, s’intéresser à, (activer son cerveau, travailler son esprit) …

    Ĥayyatun

    C’est vivant, animé.

    Reprenons du verset 18 :

    Et qu’est-ce que tu maitrises ô Moussa ?

    C’est mon raisonnement sur lequel je m’appuie, qui me sert à filtrer ce que je reçois et pour d’autres objectifs.

    Jette ton raisonnement ô Moussa.

    Il le jeta et le voici devenu « vivant » « travaillant » (ça a fait travailler son cerveau, activé/animé son esprit) (quand on se met à cogiter, qu’on a peur de s’être trompé etc.).

    20.21 [Allah] dit : « Saisis-le et ne crains rien : Nous le ramènerons à son premier état.

    Ensuite Allah dit de prendre le عَصَا mais cette fois ci remis à son état initial, purifié.

    خُذْ prendre, saisir, s’emparer, atteindre, accepter/recevoir (ex dans 2.48)

    28.31 Et : « Jette ton bâton » ; Puis quand il le vit remuer comme si c´était un serpent, il tourna le dos sans même se retourner. » ô Moïse ! Approche et n´aie pas peur : tu es du nombre de ceux qui sont en sécurité.

    Wa ‘An ‘Alqi `Aşāka Falammā Ra’āhā Tahtazzu Ka’annahā Jānnun Wallá Mudbirāan Wa Lam Yu`aqqib

    Le mot c’est جَآنٌّ 

    Il a vu un jânnoun s’agiter (même mot en 55.39-56-74 et traduit cette fois par djinn). La racine جنن (Jim-Nun-Nun) évoque une situation ou quelque chose de caché, provenant de l’invisible. C’est le cas d’une idée qui émerge du subconscient, une inspiration qui survient d’on ne sait où.

    هزز Secouer, (s’) agiter, (se) balancer, remuer, ranimer, émouvoir, stimuler, exciter quelqu’un, frémir…

    Quand il le vit (son raisonnement) être stimulé s’agiter/frémir comme si c’était une illumination.

    كَأَنَّهَا ka annahu comme si c’était

    On parle du point de vue de Moussa, il a vu comme si c’était. On ne dit pas que c’était ça réellement ni que ça s’est matérialisé devant lui.

    Tout ça se passait probablement dans son esprit.

    Wallá Mudbirāan

    مُدَبِّر : manager / économe, épargnant, profitant / organisateur, planificateur
    مُدَبَّر : ordonné, mis en ordre / intentionnel / ce qui est obtenu
    مُدْبِر : qui tourne le dos, qui retourne en arrière

    expr.
    وَلَّى الأَدْبارَ : retourner sur ses pas

    Il revint sur ses pas / il retourna sur ses pas.

    Le Coran n’utilise pas toujours cette expression au sens littéral.

    En 47.25 Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le droit chemin leur a été clairement exposé, le Diable les a séduits et trompés.

    Faire marche arrière en ayant vu la bonne direction à suivre (le droit chemin). On ne parle pas de reculer physiquement. Au sens figuré c’est renoncer, renoncer/refuser à suivre le droit chemin.

    Dans la même idée Moussa fait « machine arrière » dans son raisonnement.

    La racineدبر comporte aussi une idée de réflexion (tadabbur) c’est-à-dire de mettre en ordre des idées, d’organiser et de planifier (des décisions) (voir en 47.24 et 79.5).

    Wa Lam Yu`aqqib

    Et n’a pas abouti / n’a pas donné suite.

    Soit Il était proche du but (un esprit proche d’avoir les idées en ordre) mais n’a pas abouti

    Soit Il a commencé à paniquer, à penser aux conséquences, a fait machine arrière et n’a pas abouti.

    Yā Mūsá ‘Aqbil Wa Lā Takhaf ‘Innaka Mina Al-‘Āminīna

    O Moussa, converge / accepte et n’aie pas peur. Tu es certes parmi ceux qui sont en sécurité.

    Allah l’encourage à aller au bout de son raisonnement.

    27.10 Et : « Jette ton bâton ». Quand il le vit remuer comme un serpent, il tourna le dos [pour fuir] sans revenir sur ses pas. « N´aie pas peur, Moïse. Les Messagers n´ont point peur auprès de Moi.

    Wa ‘Alqi `Aşāka Falammā Ra’āhā Tahtazzu Ka’annahā Jānnun Wallá Mudbirāan Wa Lam Yu`aqqib

    Pareil que 28.31

    • Préparation psychologique

    27.11 Sauf celui qui a commis une injustice puis a remplacé le mal par le bien… alors Je suis Pardonneur et Miséricordieux ».

    27.12 Et introduis ta main dans l´ouverture de ta tunique. Elle sortira blanche et sans aucun mal – un des neuf prodiges à Pharaon et à son peuple, car ils sont vraiment des gens pervers ».

    Wa ‘Adkhil Yadaka Fī Jaybika Takhruj Bayđā’a Min Ghayri Sū’in

    D’un point de vue symbolique la main représente ce qu’on possède, nos ressources ou moyens, ce qu’on maitrise (nos compétences), notre capacité à faire.

    Et même en admettant que le mot yad est main, il n’est pas toujours utilisé dans ce sens.

    En 4.62 ou en 42.30. Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup.

    Encore un exemple où le Coran se lit à travers la symbolique, la métaphore.

    Yad c’est les moyens, les ressources, la capacité à faire.

    Jaybika

    Jayb peut avoir le sens de réponse/réplique. Ce qui est parfaitement adapté dans le cadre d’un débat.

    جِيبَة : réponse, riposte, réplique

    Même en gardant le sens d’ouverture il peut s’agir de son introduction (discours d’ouverture) ou d’une opportunité pour s’exprimer lors de la discussion.
    En français il y a l’expression « sortir de sa poche » : Surprendre avec quelque chose. Se contenir et attendre le bon moment pour sortir sa ressource/capacité.

    En l’occurrence surprendre ses adversaires en sortant un argument imparable, étincelant.

    Insère/mets ta ressource/capacité dans ta réplique, elle en ressortira brillante/étincelante sans aucun mal/dommage (c’est-à-dire les gens vont trouver ça « étincelant » dans le sens très pertinent).

    Le sens de brillant est utilisé en 3.106 ou 12.84.

    Ou bien elle en ressortira blanche sans aucun dommage (c’est-à-dire Moussa ressortira indemne du débat).

    On ne peut pas traduire directement par « tu (Moussa) en ressortiras blanchi » double sens permis par la conjugaison arabe car en 26.33 et 7.108 on parle bien de yad.

    Toujours est-il que la finalité est la même : Moussa sortira du débat indemne sans égratignure et aura « brillé de mille feux » grâce à sa yad.

    28.32 Introduis ta main dans l´ouverture de ta tunique : elle sortira blanche sans aucun mal. Et serre ton bras contre toi pour ne pas avoir peur. Voilà donc deux preuves de ton Seigneur pour Pharaon et ses notables. Ce sont vraiment des gens pervers ».

    Asluk Yadaka Fī Jaybika Takhruj Bayđā’a Min Ghayri Sū’in

    Insère/introduis ta ressource dans la réplique. Elle en sortira blanche/étincelante sans aucun mal.

    Wa Ađmum ‘Ilayka Janāĥaka Mina Ar-Rahbi

    ضمم

    v.
    ضَمَّ : composer / inclure, receler, comporter, comprendre, contenir, englober, compter, renfermer

    جَنَاحَكَ pareil janaĥ a d’autres sens dans le Coran, ou du moins un sens symbolique.

    15.88 Ne regarde surtout pas avec envie les choses dont Nous avons donné jouissance temporaire à certains couples d’entre eux, ne t’afflige pas à leur sujet et abaisse ton aile pour les croyants.

    On comprend ce passage par « abaisse ton niveau/degré » (ex : ton niveau d’exigence, ton niveau de responsabilité).

    Et contiens vers toi ton niveau face à l’intimidation.

    Allah lui demande de prendre sur soi face à l’intimidation et d’élever le niveau.

    Les ailes tout comme le niveau permettent de prendre de la hauteur.

    Voilà donc deux preuves de ton Seigneur pour Pharaon et ses notables

    Ce verset précise que ce sont 2 signes différents.

    Le 1er : Insère/mets ta ressource dans la réplique.

    Le 2ème : Et contiens ta ressource face à l’intimidation vers/ jusqu’à ton niveau.

    20.22 Et serre ta main sous ton aisselle : elle en sortira blanche sans aucun mal

    Wa Ađmum Yadaka ‘Ilá Janāĥika Takhruj Bayđā’a Min Ghayri Sū’in

    Contiens ta ressource vers ton niveau elle en sortira blanche/étincelante sans aucun mal.

    Si on doit résumer tout ça, en gros Dieu dit à Moussa : ils vont essayer de t’intimider mais garde ton calme n’agis pas sous l’émotion ne sois pas impulsif.
    Contiens ton énergie et mets la dans la réponse pour élever le débat jusqu’à ton niveau de maîtrise. En faisant ça tu sortiras la bonne réponse au bon moment (l’ouverture), la réponse étincelante qui laissera sans voix. Et tu sortiras indemne du débat.

    A ce stade on peut penser qu’ils vont tenter de l’intimider par rapport à son erreur (avoir tué quelqu’un).
    Les dialecticiens sont friands des ad hominem pour discréditer un raisonnement. Au lieu de répondre aux arguments ils s’attaquent à la personne, tente de déstabiliser, cherche à énerver etc.

    Et c’est exactement ce qui va se passer dans 26.18-19.

    Il ne ressort pas « blanchi » de l’affaire car il a réellement commis une faute et il en a conscience. On est blanchis quand on est innocent or il ne l’est pas. Mais en suivant les conseils de Dieu il a su éviter que le débat ne s’arrête sur cette affaire. On remarque d’ailleurs dans le passage en question que Moussa ne réagit pas aux attaques personnelles, ne se justifie pas, et recentre le débat sur son Seigneur. Il a donc suivi les recommandations de Son Seigneur.

    20.23 afin que Nous te fassions voir de Nos signes les plus importants.

    Ayat c’est signes, il y a aussi des signes dans le Coran (qu’on traduit par versets mais ce sont des signes).

    De la même manière Muhammad récitait ou plutôt exposait les signes, avec la révélation du Coran.

    Ici il s’agit d’aller parler, d’aller exposer des arguments, d’aller débattre.

    • La demande de soutien dans sa mission

    20.25 [Moïse] dit : « Seigneur, ouvre-moi ma poitrine

    20.26 et facilite ma mission,

    20.27 et dénoue un nœud en ma langue

    20.28 afin qu´ils comprennent mes paroles

    20.29 et assigne-moi un assistant de ma famille

    20.30 Aaron, mon frère,

    20.31 accrois par lui ma force

    20.32 et associe-le à ma mission

    20.33 afin que nous Te glorifions beaucoup,

    20.34 et que nous T´invoquions beaucoup

    20.35 Et Toi, certes, Tu es Très Clairvoyant sur nous ».

    L’extraordinaire invocation de Moussa, qu’on répète d’ailleurs avant de prendre la parole pour trouver les mots justes, les mots qui vont résonner dans les cœurs.

    Personne ne fait cette invocation avant un spectacle de magie.

    Il faut savoir que Moussa était quelqu’un de fort physiquement, imposant, mais la dialectique, l’éloquence n’étaient pas du tout son fort, et pourtant Allah l’a choisi lui pour exposer les signes, prendre la parole devant Pharaon.

    En lui un exemple pour tout le monde. Ce n’était pas son domaine mais Allah l’a choisi et il a finalement excellé.

    Allah aime prendre à contre-pied ceux qui collent des étiquettes et enferment dans des cases.

    Du coup vu que c’est pas son domaine il demande à Allah que son frère l’assiste dans le débat (il a pas besoin de lui pour lancer un bâton) afin d’affronter les ٱلسَّحَرَةُ : les illusionnistes/ beaux parleurs / les dialecticiens / les sophistes / les persuadeurs, ceux qui captivent, charment avec de belles phrases.

    سِحْرٍ : illusion, ne repose sur rien

    Leur discours est beau mais ne repose sur rien, comme un mirage dans le désert.

    20.36 [Allah] dit : « Ta demande est exaucée, ô Moïse

    26.12 Il dit : « Seigneur, je crains qu´ils ne me traitent de menteur ;

    26.13 que ma poitrine ne se serre, et que ma langue ne soit embarrassée [Yanţaliqu]: Mande donc Aaron.

    Poitrine serrée, langue embarrassée, c’est le stress.

    يَنطَلِقُ  vient de Talaq quitter.

    « que ma langue ne me quitte » c’est-à-dire ne plus trouver les mots suite au stress.

    28.33 « Seigneur, dit [Moïse], j´ai tué un des leurs et je crains qu´ils ne me tuent.

    28.34 Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi. Envoie-le donc avec moi comme auxiliaire, pour déclarer ma véracité : je crains, vraiment, qu´ils ne me traitent de menteur ».

    28.35 [Allah] dit : « Nous allons, par ton frère, fortifier ton bras, et vous donner des arguments irréfutables [Sulţānāan]; ils ne sauront vous atteindre, grâce à Nos signes [Nos miracles]. Vous deux et ceux qui vous suivront seront les vainqueurs.

    Même si en réalité سلطن c’est plutôt autorité (et non arguments irréfutables), ce passage de la sourate 28 est explicite. « Aaron est plus éloquent que moi »

    Quel est l’intérêt d’être éloquent pour un spectacle de magie ? Dans la version de nos brebis littéralistes, Moussa affronte des magiciens sur un même terrain (lancer un bâton qui se transforme en serpent) et il les bat. Ça s’appelle un duel de magiciens, où le gagnant est celui qui sort son meilleur tour, celui qui parait vraiment réel. Pas besoin d’éloquence pour l’emporter. Et les magiciens n’ont vraisemblablement pas eu besoin du témoignage de moralité du frère. Quand ils ont vu le serpent manger leurs bâtons ils n’ont pas attendu le discours d’Aaron pour déclarer la véracité de son frère. (Et puis, un seul témoin et de la famille, on a surement vu mieux comme argument d’autorité).

    Y-a-t’il besoin d’éloquence pour délivrer des miracles ? Non des miracles soit t’y crois soit t’y crois pas, ça ne demande strictement aucune éloquence.

    • Le débat avec Fir`awn

    20.43 Allez vers Pharaon : il s´est vraiment rebellé

    20.44 Puis, parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il

    « Parlez-lui gentiment ». On parle d’une discussion.

    20.45 Ils dirent : « ô notre Seigneur, nous craignons qu´il ne nous maltraite indûment, ou qu´il dépasse les limites ».

    Ils craignent de se faire tuer ? Non qu’il les maltraite, ou qu’il dépasse les limites.

    En 28v33 qatala peut dire combattre (avec des arguments), ou tuer symboliquement (dans le débat il t’a tué).

    Le déroulement à suivre de la rencontre rend impossible l’idée d’un qatala au sens littéral. Seuls les littéralistes se font tuer (de façon symbolique).

    20.46 Il dit : « Ne craignez rien. Je suis avec vous : J´entends et Je vois.

    Allah entend les paroles qui vont sortir de leur bouche.

    20.47 Allez donc chez lui ; puis, dites-lui : « Nous sommes tous deux, les messagers de ton Seigneur. Envoie donc les Enfants d´Israël en notre compagnie et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin !

    Pourquoi Moussa est missionné par Allah pour demander à Fir`awn de « laisser partir » avec lui les Banī ‘Isrā’īl ?

    Le rôle du messager n’est pourtant pas de libérer des opprimés d’un tortionnaire. Allah envoie un messager à un peuple pour communiquer Ses signes et restaurer le message divin que les hommes ont détourné.

    Néanmoins si l’objectif est d’ordre religieux, on comprend mieux sa mission.

    Isrā’īl est cité 2 fois dans le Coran.

    Une fois pour dire qu’il s’est interdit lui-même des choses 3.93

    3.93 Toute nourriture était licite aux enfants d´Israël, sauf celle qu´Israël lui-même s´interdit avant que ne descendit la Thora. Dis-[leur]: « Apportez la Thora et lisez-la, si ce que vous dites est vrai! »

    L’autre fois pour parler de sa descendance ou plus exactement ce qu’il a semé (19.58). Là encore on ne parle pas de semence physique mais de semence spirituelle.

    Ibnu c’est la filiation spirituelle. Ceux qui suivent la spiritualité de ceux qui s’interdisent des choses ce sont des Banī ‘Isrā’īl.

    C’est comme si Fir`awn avait pris en otage les religieux et que l’objectif d’Allah était de les libérer.

    On peut traduire adhab par privation (châtiment, mais quel est le pire châtiment ? la privation d’Allah. La privation est aussi un châtiment).

    Les punitions les plus célèbres sont « privé de dessert », ou « privé de sortie » ou « privé de console ». La plus grande punition dans l’au-delà sera la privation d’Allah.

    Maurice Gloton traduit par « correction ». Adhab : correction/privation.
    « Renvoie les nous et ne les prive plus ».

    On comprend facilement le lien entre celui qui s’interdit et celui qui prive. Et tout ça au nom de Dieu.

    On sait aussi que l’auto-interdiction est en réalité une punition qu’Allah laisse infliger en rétribution pour avoir proclamé que c’est Lui qui l’a institué. Pour comprendre qui des hommes ou d’Allah a interdit les choses stupides dont on a hérité, il faut relire la sourate 6. Quelques extraits :

    6.146 Aux Juifs, Nous avons interdit toute bête à ongle unique. Des bovins et des ovins, Nous leurs avons interdit les graisses, sauf ce que portent leur dos, leurs entrailles, ou ce qui est mêlé à l´os. Ainsi les avons-Nous punis pour leur rébellion. Et Nous sommes bien véridiques.

    6.148 Ceux qui ont associé diront : « Si Allah avait voulu, nous ne lui aurions pas donné des associés, nos ancêtres non plus et nous n´aurions rien déclaré interdit. » Ainsi leurs prédécesseurs traitaient de menteurs (les messagers) jusqu´à ce qu´ils eurent goûté Notre rigueur. Dis : « Avez-vous quelque science à nous produire ? Vous ne suivez que la conjecture et ne faites que mentir ».

    6.150 Dis : « Amenez vos témoins qui attesteraient qu´Allah a interdit cela. » Si ensuite ils témoignent, alors toi, ne témoignent pas avec eux et ne suis pas les passions de ceux qui traitent de mensonges Nos signes et qui ne croient pas à l´au-delà, tandis qu´ils donnent des égaux à leur Seigneur.

    20.48 Il nous a été révélé que le châtiment est pour celui qui refuse d´avoir foi et qui tourne le dos ».

    Il nous a été révélé que la punition est pour ceux qui démentent et tournent le dos.

    On va imaginer un instant que la conversation qui suit entre Fir`awn et Moussa a lieu à notre époque. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

    20.49 Alors [Pharaon] dit : « Qui donc est votre Seigneur, ô Moïse ? »

    Qui est ton enseignant ô Moussa ?

    (Sachant que Rabb est le maitre, l’éducateur, celui qu’on choisit pour éduquer notre âme, pour nous guider dans la bonne voie).

    20.50 « Notre Seigneur, dit Moïse, est celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l´a dirigée ».

    Mon enseignant est Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigé.

    20.51 « Qu´en est-il donc des générations anciennes ? » dit Pharaon.

    Qu’en est-il des savants qui nous ont précédés ?

    28.36 Puis, quand Moïse vint à eux avec Nos prodiges évidents, ils dirent : « Ce n´est là que magie inventée. Jamais nous n´avons entendu parler de cela chez nos premiers ancêtres ».

    Jamais nous n´avons entendu parler de cela chez nos premiers savants.

    28.37 Et Moïse dit : « Mon Seigneur connaît mieux qui est venu de Sa part avec la guidée, et à qui appartiendra la Demeure finale. Vraiment, les injustes ne réussiront pas ».

    Allah sait qui a la guidée, personne ne peut dire « lui a la guidée » « il était bien guidé »

    20.52 Moïse dit : « La connaissance de leur sort est auprès de mon Seigneur, dans un livre. Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubli.

    A eux leurs œuvres, la connaissance de leur sort (erreur, paradis, enfer) est auprès d’Allah, nous avoir aucune connaissance de qui était bien guidés ou non. Eux sont des hommes qui font des erreurs, Allah ne commet pas d’erreur ou d’oubli.

    20.53 C´est Lui qui vous a assigné la terre comme berceau [Mahdāan] et vous y a tracé des chemins ; et qui du ciel a fait descendre de l´eau avec laquelle Nous faisons germer des couples de plantes de toutes sortes. »

    Ard c’est l’environnement, englobant à la fois l’idée d’environnement terrestre qui sert de cadre de vie et de milieu culturel. L’héritage culturel des ancêtres étant intimement lié à Ard en 10.78

    Il a établi l’environnement comme مَهْدًا . C’est-à-dire l’environnement familier, la zone de confort.

    Il a tracé plusieurs chemins (pour Le rejoindre).

    C’est Lui qui fait descendre la connaissance divine (l’eau symbolise l’intervention divine, ici la révélation, la science divine).

    Selon l’environnement (terre) enrichie par la connaissance (l’eau) on obtient des idées, des pensées différentes (plantes de toutes sortes).

    Ainsi c’est normal de penser différemment, plusieurs chemins sont tracés, et plusieurs plantes ont germés.

    20.54 « Mangez et faites paître votre bétail ». Voilà bien là des signes pour les doués d´intelligence.

    Il faut se nourrir spirituellement de ces plantes arrosées de la révélation (et non pas se nourrir de l’arbre de zaqqûm).

    20.55 C´est d´elle (la terre) que Nous vous avons créés, et en elle Nous vous retournerons, et d´elle Nous vous ferons sortir une fois encore

    On a été créés à partir de cet écosystème non dégradé par l’homme, à l’origine notre fitra est pure (nature saine), puis on consomme de l’arbre interdit (la mauvaise nourriture, la parole des hommes présentée comme celle d’Allah) qui nous fait sortir de cet environnement édénique.

    C’est cyclique, on retourne dans cet environnement en pleine harmonie puis on en ressort à nouveau.

    20.56 Certes Nous lui avons montré tous Nos prodiges ; mais il les a démentis et a refusé (de croire).

    20.57 Il dit : « Es-tu venu à nous, ô Moïse, pour nous faire sortir de notre terre par ta magie [Bisiĥrika]?

    Moussa tu veux nous faire sortir de notre culture avec ta dialectique ?

    سِحْرٍ : ensorceler, tromper, enchanter, charmer, captiver, enchanter

    Ce n’est pas de la magie, c’est de la dialectique. Du sophisme, des belles paroles captivantes mais qui au final ne sont qu’illusion, que du vent.

    Un beau discours mais qui ne repose sur rien. Et c’est exactement ce que disent les négateurs à propos du Coran.

    74.24 Puis il a dit : « Ceci (le Coran) n’est que Siĥrun apprise

    46.7 Et quand on leur récite Nos versets bien clairs, ceux qui ont mécru disent à propos de la vérité, une fois venue à eux : « C’est de la Siĥrun manifeste ».

    26.15 Mais [Allah lui] dit : « Jamais ! Allez tous deux avec Nos prodiges. Nous resterons avec vous et Nous écouterons.

    Nous écouterons (donc il va parler).

    26.16 Rendez-vous donc tous deux auprès de Pharaon, puis dites : « Nous sommes les messagers du Seigneur de l´univers,

    26.17 pour que tu renvoies les Enfants d´Israël avec nous ».

    26.18 « Ne t´avons-nous pas, dit Pharaon, élevé chez nous tout enfant ? Et n´as-tu pas demeuré parmi nous des années de ta vie ?

    Que répond Fir`awn ? Tout d’abord que c’est lui qui l’a éduqué, en gros que c’est un manque de gratitude, et qu’il renie son héritage. Il joue sur l’aspect sentimental, puis culpabilisant.

    26.19 Puis tu as commis le méfait que tu as fait, en dépit de toute reconnaissance [Wa ‘Anta Mina Al-Kāfirīna] « .

    Ensuite il lui fait comprendre « comment se fait-il que tu viennes me faire la morale alors que t’as tué quelqu’un » puis il finit par dire que Moussa fait partie des Kāfirīn (que nos littéralistes ont décidé de traduire par ingrat ce coup-ci). Le « takfir » apparemment une pratique courante chez certains.

    L’ad hominem est un classique de l’argumentation.

    26.20 « Je l´ai fait, dit Moïse, alors que j´étais encore du nombre des égarés.

    26.21 Je me suis donc enfui de vous quand j´ai eu peur de vous : puis, mon Seigneur m´a donné la sagesse et m´a désigné parmi Ses messagers.

    26.22 Est-ce là un bienfait de ta part [que tu me rappelles] avec reproche, alors que tu as asservi les Enfants d´Israël ? »

    26.23 « Et qu´est-ce que le Seigneur de l´univers ? » dit Pharaon.

    Ensuite Fir`awn revient sur la première remarque du v16

    26.24 « Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux, dit [Moïse], si seulement vous pouviez en être convaincus ! »

    On peut admirer la rhétorique de Moussa, qui rappelle celle d’Abraham avec son peuple.

    26.25 [Pharaon] dit à ceux qui l´entouraient : « N´entendez-vous pas ? »

    26.26 [Moïse] continue : « … Votre Seigneur, et le Seigneur de vos plus anciens ancêtres ».

    Argument : c’est le même Seigneur que vos ancêtres.

    26.27 « Vraiment, dit [Pharaon], votre messager qui vous a été envoyé, est un fou ».

    26.28 [Moïse] ajouta : « … Le Seigneur du Levant et du Couchant et de ce qui est entre les deux ; si seulement vous compreniez ! »

    26.29 « Si tu adoptes, dit [Pharaon], une autre divinité que moi, je te mettrai parmi les prisonniers ».

    أله : C’est quelqu’un vers qui on se tourne pour demander quelque chose, à qui on se réfère. Doté d’une supériorité.

    Fir`awn dit « adopter une autre ilah que moi » c’est-à-dire « se référer à quelqu’un d’autre que moi ». Son objectif est de dire qu’il fait figure d’autorité. C’est d’ailleurs confirmé en 20.71.

    Jamais Fir`awn n’a prétendu être le Créateur, Dieu, selon la définition monothéiste. A la limite il s’est pris pour Dieu selon l’expression (qui veut dire être un imbu de soi-même).

    26.30 « Et même si je t´apportais, dit [Moïse], une chose (une preuve) évidente ?

    26.31 « Apporte-la, dit [Pharaon], si tu es du nombre des véridiques ».

    26.32 [Moïse] jeta donc son bâton et le voilà devenu un serpent manifeste

    Fa’alqá `Aşāhu Fa’idhā Hiya Thu`bānun Mubīnun

    ثعب : Verser, répandre, faire couler, jaillir, siphonner

    Encore une fois on peut le comprendre de diverses façons, avec toujours une finalité similaire.

    Un raisonnement qui parait impressionnant, saisissant, qui jaillit clairement dans l’esprit et qui se répand.

    Mais ثعب veut aussi dire siphonner (un siphonnage).


    Cf dictionnaire :
    • 1. Transvaser un liquide à l’aide d’un siphon.

    • 2. Vider un réservoir de son contenu à l’aide d’un siphon.

    • 3. Figuré. En parlant d’un parti politique ou d’un candidat, attirer à lui les voix d’un parti ou d’un candidat adverse.

    • 4. Figuré et familier. Voler ; soutirer.

    Synonymes :

    Voler – soutirer

    On comprend quel est le sens du verset.

    L’argumentation de Moussa était tellement convaincante qu’elle a « vidé leur esprit » et a permis plus tard de faire adhérer à sa cause les soutiens de Fir`awn.

    26.33 Et il tira sa main et voilà qu´elle était blanche (étincelante) à ceux qui regardaient.

    Wa Naza`a Yadahu Fa’idhā Hiya Bayđā’u Lilnnāžirīna

    نَزَعَ : enlever, ôter, extraire, arracher

    Il a extrait sa ressource et voilà qu’elle était étincelante à ceux qui regardaient (ils ont été émerveillés)

    بَيْضَآءُ blanc / étincelant au sens littéral comme symbolique.

    3.106 Au jour où certains visages s’éclaireront, (s’illumineront)

    Aucun visage ne va devenir blanc, mais ils seront « étincelants » comme lorsque quelque chose brille par propreté.

    12.84 Et il se détourna d’eux et dit: « Que mon chagrin est grand pour Joseph! » Et ses yeux blanchirent d’affliction. Et il était accablé.

    Avoir les yeux brillants, comme quand on pleure.

    26.34 [Pharaon] dit aux notables autour de lui : « Voilà en vérité un magicien savant.

    26.35 Il veut par sa magie vous expulser de votre terre. Que commandez-vous ? »

    26.36 Ils dirent : « Remets-les à plus tard, [lui] et son frère, et envoie des gens dans les villes, pour rassembler,

    26.37 et t´amener tout grand magicien savant ».

    7.111 Ils dirent : « Fais-le attendre, lui et son frère, et envoie des rassembleurs dans les villes,

    7.112 qui t´amèneront tout magicien averti.

    20.58 Nous t´apporterons assurément une magie semblable. Fixe entre nous et toi un rendez-vous auquel ni nous ni toi ne manquerons, dans un lieu convenable ».

    Nous aussi nous utiliserons de belles paroles/de la dialectique équivalente.

    « dans un lieu convenable ».

    20.59 Alors Moïse dit : « Votre rendez-vous, c´est le jour de la fête. Et que les gens se rassemblent dans la matinée ».

    Le jour de la fête (Hajj ?) où tout le monde se réunit.

    Quel serait l’intérêt de rassembler des gens et leur prouver que Moussa est un faux envoyé ? Si Fir`awn était un tyran qui se prend pour Dieu il le tuerait sur le champ pour « blasphème » ou « rébellion » (Certains musulmans n’attendraient pas autant de temps et proposerait encore moins un rendez-vous public).

    Là c’est comme s’il veut prouver à tout le monde que c’est lui qui a raison.

    28.36 Puis, quand Moïse vint à eux avec Nos prodiges évidents, ils dirent : « Ce n´est là que magie inventée. Jamais nous n´avons entendu parler de cela chez nos premiers ancêtres ».

    20.60 Pharaon, donc, se retira. Ensuite il rassembla sa ruse puis vint (au rendez- vous).

    Fir`awn propose et un débat public et se retire. Il a surement oublié que c’était un tyran.

    • Le débat public

    20.61 Moïse leur dit : « Malheur à vous ! Ne forgez pas de mensonge contre Allah : sinon par un châtiment Il vous anéantira. Celui qui forge (un mensonge) est perdu

    Moussa prévient : ne mentez pas sur Allah, ne fabriquez pas un mensonge en le présentant comme venant d’Allah.

    C’est donc bien que le sujet de la rencontre va être Allah et la religion. Sinon quel intérêt d’ouvrir les débats avec cette phrase.

    Va-t-on dire à des gens qui ne savent pas qui est Allah « ne mentez pas sur Allah/ à propos d’Allah » (‘ala Allah) ?

    20.62 Là-dessus, ils se mirent à disputer entre eux de leur affaire et tinrent secrètes leurs discussions.

    Concertation entre eux.

    20.63 Ils dirent : « Voici deux magiciens qui, par leur magie, veulent vous faire abandonner votre terre et emporter votre doctrine idéale.

    Qālū ‘In Hadhāni Lasāĥirāni Yurīdāni ‘An Yukhrijākum Min ‘Arđikum Bisiĥrihimā Wa Yadh/habā Biţarīqatikumu Al-Muthlá

    Voici deux « persuadeurs » qui par leur dialectique veulent vous faire abandonner votre état et enlever votre conformité / votre modèle.

    مِثْل : image, pair, analogue, comme, égal, jumeau, pareil, semblable / conformité, homogénéité, ressemblance, similarité, similitude, homologie / par exemple / image, analogue, assimilé, comme, jumeau, pareil, ressemblant, semblable, tel

    20.64 Rassemblez donc votre ruse puis venez en rangs serrés. Et celui qui aura le dessus aujourd´hui aura réussi ».

    Le dessus sur le débat. Débat d’arguments.

    20.65 Ils dirent : « ô Moïse, ou tu jettes, [le premier ton bâton] ou que nous soyons les premiers à jeter ? »

    Tu commences ou on commence ?

    20.66 Il dit : « Jetez plutôt ». Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent ramper par l´effet de leur magie

    Qāla Bal ‘Alqū Fa’idhā Ĥibāluhum Wa `Işīyuhum Yukhayyalu ‘Ilayhi Min Siĥrihim ‘Annahā Tas`á

    Moussa dit « commencez ».

    سعي voir 20.20

    حبل le lien, ce qui relie (ex : un pacte)

    3.103 Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) de Dieu

    حبل peut aussi dire piège/traquenard, ce qui encore une fois est adapté pour décrire un débat avec des dialecticiens plus soucieux de te piéger sur la forme que de s’intéresser à la vérité.

    خيل s’imaginer, se figurer, considérer, croire que, prendre pour (ça se passe dans sa tête), imaginaire, cheval, chevauchée.

    Alors, voilà que, sous l’effet de leur dialectique, leurs liens et leurs raisonnements lui (Moïse) parurent s’activer.

    Leurs liens et leurs raisonnements ont pris considération jusqu’à lui, travaillant (lui ont paru tellement convaincants) par l’effet de la dialectique.

    C’est allé très vite, son imagination a « galopé ». Au point qu’il prit peur.

    20.67 Moïse ressentit quelque peur en lui-même

    Le stress.

    20.68 Nous lui dîmes : « N´aie pas peur, c´est toi qui auras le dessus.

    Allah le rassure en disant que c’est lui qui aura le dessus final.

    20.69 Jette ce qu´il y a dans ta main droite ; cela dévorera ce qu´ils ont fabriqué. Ce qu´ils ont fabriqué n´est qu´une ruse de magicien ; et le magicien ne réussit pas, où qu´il soit ».

    Jette ce qu’il y a dans ta maitrise / jette de ce que tu maitrises.

    Il « jeta » ce qu’il maitrisa (de son raisonnement) et il mangea tout cru ses adversaires et leurs arguments fabriqués.

    20.70 Les magiciens se jetèrent prosternés, disant : « Nous avons foi en le Seigneur d´Aaron et de Moïse »

    Alors il jeta les dialecticiens en « sujjadan ». Ils furent convaincus « Nous avons foi en le Seigneur d´Aaron et de Moïse ».

    20.71 Alors Pharaon dit : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous y autorise ? C´est lui votre chef qui vous a enseigné la magie. Je vous ferai sûrement, couper mains et jambes opposées, et vous ferai crucifier aux troncs des palmiers, et vous saurez, avec certitude, qui de nous est plus fort en châtiment et qui est le plus durable ».

    Vous avez pensé avant que je vous y autorise ? C’est moi l’autorité dans la religion. C’est lui qui vous a enseigné la dialectique ?

    26.38 Les magiciens furent donc réunis en rendez-vous au jour convenu.

    26.39 Et il fut dit aux gens : « Est-ce que vous allez vous réunir,

    26.40 afin que nous suivions les magiciens, si ce sont eux les vainqueurs ? »

    26.41 Puis, lorsque les magiciens arrivèrent, ils dirent à Pharaon : « Y aura-t-il vraiment une récompense pour nous, si nous sommes les vainqueurs ? »

    26.42 Il dit : « Oui, bien sûr, vous serez alors parmi mes proches !

    26.43 Moïse leur dit : « Jetez ce que vous avez à jeter ».

    Dites ce que vous avez à dire.

    26.44 Ils jetèrent donc leurs cordes et leurs bâtons et dirent : « Par la puissance de Pharaon !… C´est nous qui serons les vainqueurs ».

    Pourquoi tous les magiciens ont des cordes et des bâtons ?  C’est le seul tour de magie qu’ils connaissent ? Ils se sont tous passés le mot et font que ça, c’est la tendance du moment ?

    On passe d’un échange avec Pharaon à un spectacle de magie devant plein de gens ?

    Non c’est plutôt qu’on passe d’un débat privé à un débat public, un spectacle d’éloquence.

    Bi`izzati Fir`awna

    Ils ont mis leur confiance dans l’enseignement de Pharaon, pour eux Pharaon ne pouvait se tromper, ils étaient sûrs de gagner.

    26.45 Puis Moïse jeta son bâton, et voilà qu´il happait ce qu´ils avaient fabriqué.

    Moussa jeta son raisonnement/argument et détruisit tous les leurs.

    26.46 Alors les magiciens tombèrent prosternés,

    Alors il jeta les dialecticiens en « sajidin ».

    Ils ont accepté les preuves, le message.

    26.47 disant : « Nous croyons au Seigneur de l´univers,

    Nous croyons au Seigneur de l’univers (en référence au v16).

    26.48 Le Seigneur de Moïse et d´Aaron ».

    26.49 [Pharaon] dit : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? En vérité, c´est lui votre chef, qui vous a enseigné la magie ! Eh bien, vous saurez bientôt ! Je vous couperai, sûrement, mains et jambes opposées, et vous crucifierai tous ».

    40.26 Et Pharaon dit : « Laissez-moi tuer Moïse. Et qu´il appelle son Seigneur ! Je crains qu´il ne change votre religion ou qu´il ne fasse apparaître la corruption sur terre ».

    « Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre ».

    Une réplique de Fir`awn qu’on entend tous les jours. A croire que ce dernier s’est incarné en eux. La sunna de Fir`awn.

    40.27 Moïse [lui] dit : « Je cherche auprès de mon Seigneur et le vôtre, protection contre tout orgueilleux qui ne croit pas au jour du Compte ».

    Un rappel de Moussa « attention à tes propos, tu vas rendre des comptes au jour du jugement ».

    40.28 Et un homme croyant de la famille de Pharaon, qui dissimulait sa foi, dit : « Tuerez-vous un homme parce qu´il dit : « Mon seigneur est Allah » ? Alors qu´il est venu à vous avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur. S´il est menteur, son mensonge sera à son détriment ; tandis que s´il est véridique, alors une partie de ce dont il vous menace tombera sur vous ». Certes, Allah ne guide pas celui qui est outrancier et imposteur !

    Un homme qui intervient dans le débat.

    Il s’adresse clairement à un peuple croyant. Avec son magnifique prêche, appelant à suivre Allah seulement.

    Mon Educateur est Allah.

    40.29 Pharaon dit : « Je ne vous indique que ce que je considère bon. Je ne vous guide qu´au sentier de la droiture ».

    Fir`awn pensait bien faire et guider à la droiture. Sauf qu’il opprimait les gens.

    7.114 Il dit : « Oui, et vous serez certainement du nombre de mes rapprochés ».

    7.115 Ils dirent : « ô Moïse, ou bien tu jetteras (le premier), ou bien nous serons les premiers à jeter »

    7.116 « Jetez » dit-il. Puis lorsqu´ils eurent jeté, ils ensorcelèrent les yeux des gens et les épouvantèrent, et vinrent avec une puissante magie       

    7.117 Et Nous révélâmes à Moïse : « Jette ton bâton ». Et voilà que celui-ci se mit à engloutir ce qu´ils avaient fabriqué.

    7.118 Ainsi la vérité se manifesta et ce qu´ils firent fût vain.

    7.119 Ainsi ils furent battus et se trouvèrent humiliés.

    Conclusion



    Le propos n’est pas de nier le surnaturel et le miraculeux. Simplement le discours coranique n’en fait pas un exemple.

    Le Coran invite les gens à la réflexion, à la méditation des signes pour croire. En étant attentif aux signes d’Allah on ressent Sa présence et on développe un lien avec Lui.

    Le Coran n’est pas de la « magie ».  (74.24 et 46.7)

    S’il est qualifié de « sihr » c’est par rapport à sa rhétorique inégalable. Une rhétorique pour convaincre les gens, pour les amener à réfléchir et à croire.

    Et c’est ce qu’on fait tous à notre échelle : Des débats, des échanges, on essaye d’apporter des preuves. On cherche à convaincre que ce soit par l’action ou la parole, mais jamais par des miracles. Quoi de mieux que d’avoir un modèle en Moussa pour nous éclairer dans ce qu’on pratique tous les jours.

    Pourquoi y-a-t’il des récits des nabiyin dans le Coran ? Pour qu’on s’en inspire là, maintenant, tous les jours. En quoi un spectacle de magie ça va nous servir ?
    Par contre comment se comporter lors d’un débat, comprendre la préparation de Moussa et ce qu’il a ressenti, lui qui n’était pas le plus qualifié, marcher sur ses traces… là ça a de l’importance.

    Quant à Fir`awn est-ce que c’était un « savant » ?

    La racine فرع renvoie à une position de hauteur, celui qui s’est élevé (en autorité, au-dessus des autres), qui se montre supérieur.

    فِرْعَوْنِيّ serait alors un surnom pour dire « le chef ». Et qu’est-ce qu’un « sheikh » si ce n’est quelqu’un qui s’est établit comme chef religieux, législateur.

    43.52 Ne suis-je pas meilleur que ce misérable qui sait à peine s´exprimer ?

    La frontière entre eux devient très mince, quand Fir`awn fait référence aux ancêtres, cherche à faire culpabiliser en disant que Moussa va semer la corruption, qu’il fait partie d’un petit groupe et que donc c’est un égaré etc.

    Des caractéristiques qu’on retrouve aussi chez de nombreux religieux. On se demandera de qui ils cherchent à s’inspirer entre Moussa et Fir`awn. Quand l’un cherche à libérer et l’autre cherche à emprisonner : chacun choisira son modèle.

  • Qui est Dhul Qarnayn ?

    Qui est Dhul Qarnayn ?

    Qui est Dhul Qarnayn ?

    18.83 Et ils t’interrogent sur Ḏūl-Qarnayn. Dis: «Je vais vous en citer quelque fait mémorable».

    Allah nous introduit le personnage Dhul Qarnayn dans le verset 83 avec « Ils t’interrogent à son sujet ».

    Qui sont ceux qui interrogent ? Pas des adorateurs de statues mais des religieux, des spécialistes de la religion même.

    Quel peut être l’objectif d’une telle question ? Piéger/démasquer un faux nabî en le décrédibilisant. Ceux qui posent la question connaissent donc la réponse et attendent un faux pas, une erreur. Et ils savent que cette réponse est connue de Dieu, donc forcément de Son nabî si celui-ci est un vrai.

    On peut en déduire que c’était quelque chose de connu par un petit groupe, mais pas suffisamment connu pour qu’un non initié le sache. Et pas assez répandu pour l’apprendre via d’autres canaux. Ils n’auraient pas posé cette question s’il y avait eu moyen pour un imposteur de l’apprendre ailleurs.

    On a donc à faire à des religieux sectaires qui cachent des choses aux autres. Qui dans l’histoire sont coutumiers du fait d’enfouir la Vérité et de garder la vraie version pour eux ?

    Réponse : c’est une spécialité connue des Bani Isra’îl évidemment. Avec à leur tête les rabbins et autres docteurs de loi.

    5.13 Et puis, à cause de leur violation de l´engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs: ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d´un petit nombre d´entre eux. Pardonne-leur donc et oublie [leurs fautes]. Car Allah aime, certes, les bienfaisants.

    7.162 Puis, les injustes parmi eux changèrent en une autre, la parole qui leur était dite. Alors Nous envoyâmes du ciel un châtiment sur eux, pour le méfait qu´ils avaient commis.

    2.102  Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Salomon. Alors que Salomon n´a jamais été mécréant mais bien les diables: ils enseignent aux gens la magie ainsi que ce qui est descendu aux deux anges Harout et Marout, à Babylone; mais ceux-ci n´enseignaient rien à personne, qu´ils n´aient dit d´abord: « Nous ne sommes rien qu´une tentation: ne soit pas mécréant »; ils apprennent auprès d´eux ce qui sème la désunion entre l´homme et son épouse. Or ils ne sont capables de nuire à personne qu´avec la permission d´Allah. Et les gens apprennent ce qui leur nuit et ne leur est pas profitable. Et ils savent, très certainement, que celui qui acquiert [ce pouvoir] n´aura aucune part dans l´au-delà. Certes, quelle détestable marchandise pour laquelle ils ont vendu leurs âmes! Si seulement ils savaient !

    Juste en raisonnant on arrive à la même conclusion que Ibn Is’hâq. En même temps tout était parfaitement compréhensible sans.

    Et la réponse d’Allah va relever du génie de la rhétorique. Il va parler de Dhul Qarnayn sans dévoiler directement son identité. Mais en racontant une partie de ses aventures, Il va y disséminer (plus que) des indices sur son identité. Histoire de leur faire comprendre qu’Il sait tout et a compris leur petit jeu.

    8.30 […] Ils complotèrent. Mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes.

    L’intérêt est double : ridiculiser les rabbins en contrant leur « stratégie » et laisser 2 choses à celui qui lira le Coran :

    – Connaître un des secrets du Coran à travers la méditation de Ses Signes. S’émerveiller devant la beauté de sa rhétorique. Ce sont ces graines « disséminées » qui font grandir la Foi. Et tout passionné de « tartilade » trouvera la réponse. (Indice : elle est pas dans les tafsir).

    – Une méthode utile pour piéger à leur tour ceux qui s’érigent en intermédiaire entre toi et Allah, peu importe leur nom (Rabbin, Prêtre, Cheikh).

    27.50 Ils ourdirent une ruse et Nous ourdîmes une ruse sans qu’ils s’en rendent compte. 

    Les faux savants seront faciles à démasquer : ils t’expliqueront la religion d’Allah, prétendront comprendre le Coran au point de le corriger en abrogeant une partie (pour t’expliquer la religion et dire ce qu’Allah attend de toi y a plutôt intérêt à avoir compris le Coran non ?). Et tout ça sans avoir fait le lien pour Dhul Qarnayn, ou ne comprenant rien.

    Le problème c’est qu’on est devant quelque chose qui saute aux yeux quand on est devant les faits… Les preuves sont nombreuses et frappantes… Un spécialiste, un mufassir (un vrai) ne peut pas passer à côté.

    Et le piège de ces shouyoukh d’avant-hier qui consistaient à piéger un faux nabî se referme sur eux.

    Comment piéger un faux savant du Coran? En l’interrogeant sur qui est Dhul Qarnayn.

    Voyons maintenant qui est Dhul Qarnayn au regard du Coran.

    Les éléments du Coran


    – la voie à toutes choses

    18.83. Et ils t’interrogent sur Ḏūl-Qarnayn. Dis: «Je vais vous en citer quelque fait mémorable».
    18.84. Vraiment, Nous avons affermi sa puissance sur terre, et Nous lui avons donné libre voie à toute chose


    27.15. Nous avons effectivement donné à David et à Salomon une science; et ils dirent: «Louange à Allah qui nous a favorisés à beaucoup de Ses serviteurs croyants».
    27.16. Et Salomon hérita de David et dit: «Ô hommes! On nous a appris le langage des oiseaux; et on nous a donné part de toutes choses. C’est là vraiment la grâce évidente.

    En arabe c’est encore plus clair :

    وَوَرِثَ سُلَيْمَٰنُ دَاوُۥدَ وَقَالَ يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ عُلِّمْنَا مَنطِقَ ٱلطَّيْرِ وَأُوتِينَا مِن كُلِّ شَىْءٍ إِنَّ هَٰذَا لَهُوَ ٱلْفَضْلُ ٱلْمُبِينُ (27.16)

    إِنَّا مَكَّنَّا لَهُۥ فِى ٱلْأَرْضِ وَءَاتَيْنَٰهُ مِن كُلِّ شَىْءٍ سَبَبًا (18.84)

    le cuivre et le fer

    18.96 «Apportez-moi des blocs de fer ». Puis, lorsqu’il en eut comblé l’espace entre les deux montagnes, il dit : « Soufflez!  » Puis, lorsqu’il l’eut rendu une fournaise, il dit : « Apportez-moi du cuivre fondu, que je le déverse dessus»

    34.10 Nous avons certes accordé une grâce à David de Notre part. Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges d’Allah). Et pour lui, Nous avons amolli le fer,

    34.11. (en lui disant): «Fabrique des cottes de mailles complètes et mesure bien les mailles». Et faites le bien. Je suis Clairvoyant sur ce que vous faites.

    34.12 Et à Salomon (Nous avons assujetti) le vent, dont le parcours du matin équivaut à un mois (de marche) et le parcours du soir, un mois aussi. Et pour lui Nous avons fait couler la source de cuivre. Et parmi les djinns il y en a qui travaillaient sous ses ordres, par permission de son Seigneur. Quiconque d’entre eux, cependant, déviait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter au châtiment de la fournaise.

    Le fer a d’abord été donné (amolli) à David, puis Souleymane en hérita.

    27.16  Et Salomon hérita de David […]

    Mais le cuivre n’a été donné que pour Souleymane.

    34.12 […] Et pour lui Nous avons fait couler la source de cuivre […]

    L’expression « faire couler la source de cuivre » est d’ailleurs très proche de « Apportez-moi du cuivre fondu, que je le déverse dessus»

    On peut aussi parler de la maitrise des éléments ou d’une science des éléments.

    27.15  Nous avons effectivement donné à David et à Salomon une science […]

    Et de la construction du remblai.

    34.13 Ils exécutaient pour lui ce qu’il voulait: sanctuaires, statues(3), plateaux comme des bassins, et marmites bien ancrées. – «Ô famille de David, œuvrez par gratitude», alors qu’il y a eu peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants.

    – la facilité de voyager

    18.86 Et quand il eut atteint le Couchant […]

    18.90 Et quand il eut atteint le Levant […]

    34.12 Et à Salomon (Nous avons assujetti) le vent, dont le parcours du matin équivaut à un mois (de marche) et le parcours du soir, un mois aussi. […]

    Le matin le soleil se lève à l’Est, le soir il se couche à l’Ouest, là aussi il y a une concordance avec Dhul Qarnayn qui voyage avec une grande facilité de l’Orient à l’Occident.

    la connaissance des langues

    18.93  Et quand il eut atteint un endroit situé entre les Deux Barrières (montagnes), il trouva derrière elles une peuplade qui ne comprenait presque aucun langage.

    18.94  Ils dirent: « ô Ḏūl-Qarnayn, les Yajuj et les Majuj commettent du désordre sur terre. Est-ce que nous pourrons t´accorder un tribut pour construire une barrière entre eux et nous? »

    27.16  Et Salomon hérita de David et dit: « ô hommes! On nous a appris le langage des oiseaux; et on nous a donné part de toutes choses. C´est là vraiment la grâce évidente.

    27.19  Il sourit, amusé par ces propos […]

    27.39  Un djinn redoutable dit: « Je te l´apporterai avant que tu ne te lèves de ta place: pour cela, je suis fort et digne de confiance ».

    Le peuple ne comprend presque aucun langage mais Dhul Qarnayn parvient à leur parler.

    Le verset ne dit pas non plus qu’il ne parlait pas sa langue, mais il dit que le peuple n’en comprenait presque aucun, sous-entendu que Dhul Qarnayn en connaissait plusieurs.

    On sait que Souleymane comprenait de nombreux langages. (Autant d’un point de vue littéral que métaphorique)

    – sa manière de parler (ce qu’Allah m’a procuré est meilleur)

    18.98  Il dit: « C´est une miséricorde de la part de mon Seigneur. Mais, lorsque la promesse de mon Seigneur viendra, Il le nivellera. Et la promesse de mon Seigneur est vérité ».

    18.95  Il dit: « Ce que Mon Seigneur m´a conféré vaut mieux (que vos dons). Aidez-moi donc avec force et je construirai un remblai entre vous et eux.

    قَالَ مَا مَكَّنِّى فِيهِ رَبِّى خَيْرٌ فَأَعِينُونِى بِقُوَّةٍ أَجْعَلْ بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُمْ رَدْمًا (18.95)

    27.36  Puis, lorsque [la délégation] arriva auprès de Salomon, celui-ci dit: « Est-ce avec des biens que vous voulez m´aider? alors que ce qu´Allah m´a procuré est meilleur que ce qu´Il vous a procuré. Mais c´est vous plutôt qui vous réjouissez de votre cadeau.

    فَلَمَّا جَآءَ سُلَيْمَٰنَ قَالَ أَتُمِدُّونَنِ بِمَالٍ فَمَآ ءَاتَىٰنِۦَ ٱللَّهُ خَيْرٌ مِّمَّآ ءَاتَىٰكُم بَلْ أَنتُم بِهَدِيَّتِكُمْ تَفْرَحُونَ (27.36)

    La formulation est différente mais la rhétorique est identique. C’est la même façon de répondre dans une même situation, lorsqu’on veut lui offrir quelque chose.

    – sa manière de parler (apportez-moi)

    18.96  Apportez-moi des blocs de fer ». Puis, lorsqu´il en eut comblé l´espace entre les deux montagnes, il dit: « Soufflez! » Puis, lorsqu´il l´eut rendu une fournaise, il dit: « Apportez-moi du cuivre fondu, que je le déverse dessus ».

    27.38  Il dit: « ô notables! Qui de vous m´apportera son trône avant qu´ils ne viennent à moi soumis? »

    Il dispose de la même assurance et de la même autorité naturelle lorsqu’il parle.

    Le peuple qui lui demande de l’aide est doté d’une force physique pour déplacer des choses que des hommes ne peuvent pas faire (des blocs de fer).

    Il y a aussi du cuivre et du fer en grande quantité et à porter de main pour Dhul Qarnayn, il a bien fallu l’extraire et le transporter.

    On ne parle pas là d’un peuple d’Hommes mais d’un peuple de djinns. Et donc d’un homme qui a la capacité de s’adresser à des djinns.

    – le vent

    18.96 «Apportez-moi des blocs de fer ». Puis, lorsqu’il en eut comblé l’espace entre les deux montagnes, il dit : « Soufflez!  » Puis, lorsqu’il l’eut rendu une fournaise, il dit : « Apportez-moi du cuivre fondu, que je le déverse dessus»

    Le terme « soufflez » ne peut pas s’adresser à des Hommes, comment un Homme peut souffler pour édifier une construction/mélanger du cuivre ? On ne parle pas de souffler sur une bougie ou sur une soupe pour la refroidir.

    2 possibilités :

    Soit « soufflez » s’adresse aux vents. (En supposant qu’il se tourne et s’adresse à eux après le qâla)

    34.12 Et à Salomon (Nous avons assujetti) le vent […]

    21.81 Et (Nous avons soumis) à Salomon le vent impétueux qui, par son ordre, se dirigea vers la terre que Nous avions bénie. Et Nous sommes à même de tout savoir,

    Soit aux djinns qui ont vraisemblablement des capacités surréalistes.

    34.12 […] Et parmi les djinns il y en a qui travaillaient sous ses ordres, par permission de son Seigneur. […]

    Dans les 2 cas une seule personne avait sous ses ordres le vent et des djinns.

    – la liberté d’action

    18.86  Et quand il eut atteint le Couchant, il trouva que le soleil se couchait dans une source boueuse, et, auprès d´elle il trouva une peuplade [impie]. Nous dîmes: « ô Ḏūl-Qarnayn! ou tu les châties, ou tu uses de bienveillance à leur égard ».

    38.39  « Voilà Notre don; distribue-le ou retiens-le sans avoir à en rendre compte ».

    Allah a totalement confiance et lui donne carte blanche. Il a la possibilité de faire régner l’ordre, de décider du sort d’un peuple, Allah le laisse décider, sans avoir à rendre de compte.

    Pour parvenir ce statut on ne peut pas sortir de nulle part : avoir été éduqué par Dawoud lui-même nabî, et avoir fait ses preuves dans sa jeunesse.

    – le royaume

    18.84  Vraiment, Nous avons affermi sa puissance sur terre, et Nous lui avons donné libre voie à toute chose.

    18.86 Et quand il eut atteint le Couchant […]

    18.90 Et quand il eut atteint le Levant […]

    38.35 « Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d’un royaume tel que nul après moi n’aura de pareil. C’est Toi le grand Dispensateur »

    Dhul Qarnayn est le voyageur du levant et du couchant, il ne peut pas avoir un royaume plus grand que Souleymane.

    Et effectivement son royaume est tellement grand qu’on ne peut pas le quantifier, il dépasse surement la terre.

    – sa manière de parler (ceci est une miséricorde/grâce de mon Seigneur)

    18.98  Il dit: « C´est une miséricorde de la part de mon Seigneur. » […]

    قَالَ هَٰذَا رَحْمَةٌ مِّن رَّبِّى (18.98)

    27.40  « Cela est de la grâce de mon Seigneur » […]

    قَالَ هَٰذَا مِن فَضْلِ رَبِّى (27.40)

    C’est la même façon de réagir devant un émerveillement.

    A titre de comparaison, en 27.16 de même qu’en 12.38, la formulation est différente et ne constitue pas une réaction mais un rappel.

    Conclusion

    On a vu plus haut pourquoi Allah n’a pas dévoilé explicitement le nom de Souleymane.

    Afin de répondre aux « rabbins » par la rhétorique, afin qu’on médite, qu’on soit surpris des merveilles du Coran et de la Sagesse d’Allah qu’Il octroie à qui Il veut

    Du point de vue du Coran, l’usage des surnoms ne pose aucun problème (Dhul nun, Uzayr). Si on traduit le mot « qarni » par époque, ça donnerait « celui à deux époques ». On peut supposer que Souleymane ait été surnommé ainsi car il a connu 2 époques : celle de son enfance avec son père Dawoud et celle de son royaume avec une avancée technologique inimaginable grâce aux vents et aux djinns sous ses ordres.