Qu’est-ce que la salât selon la tradition ?
Les musulmans de la tradition affirment que la salât est une prière rituelle codifiée, révélée pendant le voyage et l’ascension nocturne « Al Isrâ’ wal Miʿrâj »
Ce récit soulève de nombreux problèmes tant sur le fond que sur la forme.
Il est raconté que Muhammad y aurait négocié, sous l’influence de Moussa, 5 prières rituelles au lieu de 50.
Cela rappelle étrangement le livre de la Genèse, au chapitre 18 versets 16 à 33, où Abraham joue cette fois-ci le rôle négociateur.
Evidemment la négociation d’une décision de Dieu est une vision rabbinique et non coranique.
33.38 – Il n’y a aucun reproche à faire au nabî en ce que Dieu lui a imposé. Telle est la sunna de Dieu établie pour ceux qui vécurent auparavant. Le commandement de Dieu est un décret inéluctable.
Et l’envoyé n’a aucun rôle à jouer dans la décision de Dieu de quelque manière soit-il.
3.128 – Tu n’as aucune part dans l’ordre (divin) – qu’Il (Dieu) accepte leur repentir ou qu’Il les châtie, car ils sont bien des injustes.
Il n’y a que les rabbins et les traditionnalistes qui imaginent qu’on puisse négocier avec Dieu comme ils le feraient au marché et réussir à L’arnaquer. (Tirmidhi – Hadith 3368)
Dans le Coran, discuter à propos d’une décision d’Allah est une mauvaise chose. (Sourate 2.67-71)
2.67 – (Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple : « Certes Allah vous ordonne d´immoler une vache ». Ils dirent : « Nous prends-tu en moquerie ? » « Qu´Allah me garde d´être du nombre des ignorants » dit-il.
Par ailleurs, il y a eu bien des gens et bien d’autres envoyés qui ont existé et ils n’ont pas attendu que ce récit soit rapporté pour faire la salât.
19.31 – Où que je sois, Il m´a rendu béni ; et Il m´a recommandé, tant que je vivrai, la Salat et la Zakat
19.54 – Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses ; et c´était un Messager et un nabî
19.55 – Et il commandait à sa famille la Salat et la Zakat ; et il était agréé auprès de son Seigneur
La première tentative d’enfumage consistera à dire qu’avant Il y avait la salât de tous les envoyés et puis maintenant il y a la salât de Muhammad sans laquelle on ne peut plus faire de salât.
46.9 – Dis : « Je ne suis pas une innovation parmi les messagers ; et je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé ; et je ne suis qu’un avertisseur clair ».
3.144 – Muhammad n’est qu’un messager – des messagers avant lui sont passés – S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Dieu ; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants.
Muhammad étant certes un exemple (ouswat) pour nous (33.21) … mais Ibrahim également (60.4) Islam web ira même jusqu’à répondre à la problématique par « s’il n’y a aucun hadith sur la question alors il ne faut pas en parler », reléguant le Coran au second plan.(https://www.islamweb.net/fr/fatwa/209203/Comment-priaient-les-autres-prophètes- )

Sauf que Muhammad a spécifiquement été appelé à suivre le millat d’Ibrahim
16.123 – Puis Nous t’avons révélé : « Suis la religion d’Abraham qui était voué exclusivement à Dieu et n’était point du nombre des associateurs ».
Faisant lui-même le lien entre le millat d’Ibrahim et sa salât dans un « hadith » (rapporté par le Coran) :
6.161 – Dis : « Moi, mon Seigneur m’a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la religion d’Abraham, le soumis exclusivement à Dieu et qui n’était point parmi les associateurs.
6.162 – Dis : « En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’Univers.
6.163 – A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. »
6.164 – Dis : « Chercherais-je un autre Seigneur que Dieu, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? Chacun n’acquiert [le mal] qu’à son détriment : personne ne portera le fardeau (responsabilité) d’autrui. Puis vers votre Seigneur sera votre retour et Il vous informera de ce en quoi vous divergez.
Affirmant donc qu’il suit le sentier de la religion unique, celle d’Ibrahim en réponse à ceux qui tentent de diviser l’unique religion en plusieurs différentes.
6.159 – Ceux qui ont divisé leur religion et constitué des sectes, tu n’es en rien des leurs. Leur sort revient à Dieu. Puis Il les informera de ce qu’ils faisaient.
Ibrahim à qui on a inspiré pour lui et ses descendants notamment la salât et la zakât
21.73 – Nous les fîmes des dirigeants qui guidaient par Notre ordre. Et Nous leur révélâmes de faire le bien, d’accomplir la salât et d’acquitter la Zakat. Et ils étaient Nos suiveurs.
Après cela :
2.130 – Qui souhaite se détourner de la religion d’Abraham sinon celui qui fait preuve de stupidité ? Nous l’avons choisi dans l’ici-bas, et dans l’Au-delà il sera parmi les vertueux.
Cherchant absolument à donner à Muhammad une prière différente par rapport à celle des autres envoyés ils détourneront le sens de plusieurs mots et notamment « millat » et « islam » puis « shari`a » et « minhâj » afin de créer une scission entre Muhammad et Ibrahim.
Selon eux Millat serait en fait une « forme de religion » où on met vaguement ce qu’on veut dedans.
Le Coran leur précisera alors que ça concerne également le dîn :
42.13 – Il a tracé pour vous comme voie en matière de dîn, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez le dîn ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.
Et le dîn c’est l’islam, celui de tous les envoyés donc. (cf. ne divisez pas le dîn)
3.19 – Certes, le dîn accepté de Dieu, c’est l’Islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes de Dieu… alors Dieu est prompt à demander compte !
22.78 – Luttez pour Dieu avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a choisis. Il ne vous a imposé aucune gêne dans le dîn, la religion de votre père Abraham, lequel vous a auparavant nommés « muslim ».
Qui divise le dîn unique d’Ibrahim, Moussa, `Isa, Muhammad ? Les religieux.
Puis dans un ultime tour d’équilibriste ils diviseront en deux le sens d’islam.
Islam traduit dans un coup selon son sens (lughawî wa ‘âmm) puis un coup selon un autre (istilâhî) qu’ils ont eux-mêmes défini.
https://www.maison-islam.com/articles/?p=367

Qui a décrété ces règles ?
Eux-mêmes faisant face à leur propre contradiction.
« Là c’est islam dans son sens normal mais là c’est islam dans notre sens à nous car si on laisse le sens normal ça nous arrange pas trop ».
Et aux nœuds qu’ils ont créés ils en ajouteront des nouveaux nécessitant toujours plus de règles pour trouver le bout.
Ils t’emmèneront si profondément dans les ténèbres que sans l’explication qu’ils apporteront tu seras perdu. Tu n’y verras plus rien.
Et tu te penseras éclairer grâce à eux. Mais cette lumière disparaitra au jour du jugement. Et ils te désavoueront car ils ont certes parlé mais c’est toi qui a décidé de les suivre aveuglément.
2.17 – Ils ressemblent à quelqu´un qui a allumé un feu ; puis quand le feu a illuminé tout à l´entour, Allah a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien
2.18 – Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir
57.13 – Le jour où il est dit par ceux qui négocient leur foi et celles qui négocient leur foi à ceux qui ont eu été confiants : « Attendez-nous, que nous puisions de vôtre rayonnement ». Il fut dit : « Revenez sur vos arrières, et sollicitez donc un rayonnement ». Il fut donc donné libre cours entre eux par le biais d’une clôture (ayant) à elle une porte (dont) son intérieur (ayant) en lui la bienveillance (miséricorde) et sa face apparente (ayant) contre son devant la tourmente.
Comment peut-on confier à d’autres personnes cette chose si précieuse, la raison, que Dieu nous exhorte sans cesse à utiliser ?
38.29 – C’est un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils réfléchissent sur ses signes et que les doués d’intelligence se rappellent.
Le messager lui-même t’exhorte à réfléchir.
6.50 – Dis-[leur] : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. » Dis : « Est-ce que sont égaux l’aveugle et celui qui voit ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? »
34.46 – Dis : « Je ne vous exhorte qu’à une chose : que pour Dieu vous vous teniez, par deux ou individuellement, et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon n’est pas fou, il n’est qu’un avertisseur pour vous, avant un sévère châtiment ».
Enfin ils détourneront le sens de shir`a wa minhâj pour que ça puisse coller à leur (di)vision, et ce malgré les versets clairs cités.
shir`a wa minhâj serait selon eux l’échappatoire promis pour s’émanciper du dîn unique :
https://www.maison-islam.com/articles/?p=475

Pourtant dans le Coran c’est l’inverse, le verbe est employé pour tracer cette voie unique à tous les messagers :
42.13 – Shara`a pour vous en matière de dîn, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez le dîn ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.
Confirmant au passage que Shari`a n’est absolument pas la « loi » des savants mais la voie indiquée à tous les messagers.
shari` شَارِع c’est l’avenue, la rue
shirâ` شراع la voile d’un bateau c’est-à-dire ce qui permet de tracer une route en mer, d’avancer.
shir`a شِرْعَةً c’est la voie tracée
La voie tracée par Dieu pour tout le monde.
Et le minhâj c’est la route personnelle que nous empruntons. Chacun ayant son cheminement propre et sa manière d’avancer dans la compréhension.
Les divergences ne relèvent pas de Dieu mais de la compréhension des hommes.
Dieu n’a pas créé 3 religions avec des lois ou rites différents. Pour Dieu il n’existe qu’une seule religion unique l’islam. Chacun a été appelé à la même chose, seulement à des temps différents.
C’est également le cas pour les interdictions (6.142-153).
Si à chaque fois la divergence est attribuée à l’Homme c’est qu’il y a une raison et il faudrait enfin l’accepter vu le nombre de fois où Allah le répète.
Tous les nabiyin ont appelé au même dîn. Tous les nabiyin ont fait un pacte et seront témoins contre ceux affirmant le contraire :
33.7 – Lorsque Nous prîmes des nabiyin leur engagement, de même que de toi, de Noé, d’Abraham, de Moïse, et de Jésus fils de Marie : et Nous avons pris d’eux un engagement solennel,
3.81 – Et lorsque Dieu prit cet engagement des nabiyin : « Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et de la Sagesse, et qu’ensuite un messager vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui, et vous devrez lui porter secours. » Il leur dit : « Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition ? » – « Nous consentons », dirent-ils. « Soyez-en donc témoins, dit Dieu. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins.
33.8 – afin [que Dieu] interroge les véridiques sur leur sincérité. Et Il a préparé aux infidèles un châtiment douloureux.
Comment pourraient-ils tolérer une union des nabiyin autour d’une religion unique où ils n’ont pas leur place ?
Bien que le principe soit donc contradictoire avec le Coran et l’esprit même du message d’Allah, l’institution d’une prière spécifique à Muhammad permet d’introduire la « sunna » comme pièce maitresse de l’islam.
Cette prière codifiée prend la forme de récitation puis d’invocation et de mouvements à répéter.
Elle comporte piliers, obligations et sunnas rendant indispensable l’explication du savant.
Lui-même ne sachant pas réellement où est le vrai parmi les centaines de hadith divergents sur ce sujet.
Les règles de la prière diffèreront donc selon les écoles et les avis. Chacun affirmant suivre la façon unique et véritable avec laquelle Muhammad a prié.
Peut-être devraient-ils revenir au Coran ?
2.213 – Les gens formaient (à l’origine) une seule communauté. Puis, (après leurs divergences,) Dieu envoya des nabiyin comme annonciateurs et avertisseurs ; et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité, pour régler parmi les gens leurs divergences. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues, par esprit de rivalité ! Puis Dieu, de par Sa Grâce, guida ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Dieu guide qui Il veut vers le chemin droit.
En lisant ce verset ils diront :
« Quoi ? On aurait fait pareil ? Impossible il n’y a pas comment faire la prière dans le Coran, donc on ne peut pas régler nos divergences avec. Pourquoi Allah nous parle de ça d’ailleurs ce verset c’est pour les gens du livre, pas pour nous. »
En pensant « ah qu’ils sont bêtes ces gens d’avant, ils reçoivent une révélation avec la vérité mais ils arrivent quand même à diverger et à se disputer »
Le Coran leur répondra alors :
16.64 – Nous n’avons fait descendre sur toi le Livre qu’afin que tu clarifies pour eux ce en quoi ils divergeaient, et comme guidance et miséricorde pour des gens qui croient.
Cette prière spécifique donnée à Muhammad devient donc l’élément clé pour affirmer qu’il faille chercher ailleurs que dans le Livre.
« Si nous n’avions pas la sunna nous n’aurions pas su comment prier, c’est donc que nous avons besoin de la sunna en plus du Coran »
Ils justifient par cela que le musulman doit prendre sa source ailleurs que dans le Coran en matière de religion, pour pouvoir adorer Dieu, puisque la prière n’y serait pas suffisamment détaillée.
Et ce désavouant en connaissance de cause les âyât pourtant claires.
7.52 – Nous leurs avons, certes, apporté un Livre que Nous avons détaillé, en toute connaissance, à titre de guide et de miséricorde pour les gens qui croient.
Le Coran ne comporte aucune contradiction.
Le changement de qibla pour la salât, l’abrogation, la salât rituelle, la zakat, tout ça est en réalité lié à de mauvaises interprétations (voir d’intentions) pour légitimer la sunna. Ce sont les hommes qui fabriquent les contradictions pour pouvoir s’instaurer entre Dieu et ses serviteurs.
7.16 – « Puisque Tu m’as mis en erreur, dit [Satan], je m’assoirai pour eux sur Ton droit chemin,
Dieu qui se contredirait sans l’explication divine apportée par le savant, ça n’existe que dans l’esprit fantasmatique des traditionalistes.
4.82 – Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions !
Si Dieu a été capable de nous dire « suivez le millat d’Ibrahim », pourquoi n’aurait-il pas dit « suivez la sunna de Muhammad » comme le font tous les savants ?
Il serait impensable pour eux de ne pas faire le lien entre la religion et la sunna. C’est même la deuxième chose (voir la première parfois) qu’ils proclament : « suivez le Coran et la sunna de Muhammad » ou « l’islam c’est le Coran et la sunna ».
Et pourtant Dieu aurait été incapable de l’exprimer ? Il eut fallu que des savants viennent clarifier l’islam de Dieu ?
Bien au contraire. S’il n’existe aucun verset, c’est qu’il y a une raison : ce n’est pas la voie de Dieu mais celle de Sheytan.
6.112 – Ainsi, à chaque nabî avons-Nous assigné un ennemi : des diables d´entre les hommes et les djinns, qui s´inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l´auraient pas fait ; laisse-les donc avec ce qu´ils inventent.
Afin de concilier leur propre contradiction « Non ce livre n’est pas détaillé puisqu’il manque ceci et cela » ils vont détourner le sens et le contexte de certains versets.
C’est à vrai dire une spécialité des religieux :
5.13 – Et puis, à cause de leur violation de l´engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs : ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d´un petit nombre d´entre eux. Pardonne-leur donc et oublie [leurs fautes]. Car Allah aime, certes, les bienfaisants.
Les shouyoukh sont les héritiers des rabbins et les musulmans de tradition sont les néo bani isra’il.
Isra’il étant leur ancêtre à tous, le premier « savant » de l’histoire.
Si un nabî venait à nous aujourd’hui il serait condamné à mort par ces mêmes savants et leurs serviteurs.
Il n’aurait même pas besoin d’une nouvelle révélation, le Coran lui suffirait à dérouler toutes les preuves.
Car tout n’est qu’une boucle perpétuelle et le Coran lui-même en témoigne.
31.21 – Quand on leur dit : « Suivez ce que Dieu a fait descendre », ils disent : « Nous suivons plutôt ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres ». Même si c’est le diable qui les appelle au châtiment de la Fournaise ?
Il suffit de lire le Coran pour comprendre.
2.269 – Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d’intelligence seulement s’en souviennent.
3 : 7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre ; il s’y trouve des âyât mouĥkamat, qui constituent la base du Livre, et d’autres moutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui a de multiples sens, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Dieu et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout vient de notre Seigneur ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.
*Il n’y a pas de ponctuation en arabe. Cette lecture est beaucoup plus acceptable car il n’y a aucun sens à dire qu’Allah descend un livre avec une partie que Lui seul peut comprendre.
Mouĥkamatoun est ici opposé à moutashâbiâtoun
Mouĥkamatoun c’est-à-dire qui porte déjà la hikma soit compréhensible de lui-même et constituant une base de compréhension du livre, en opposition à ce qui nécessite d’avoir la hikma pour comprendre (ex : la métaphore).
Moutashâbiâtoun pouvant avoir plusieurs sens selon le point de vue littéral ou analogique (L’analogie étant la ressemblance établie par l’esprit entre deux choses, mais celle-ci ne sera pas évidente pour un esprit confus) et nécessitant parfois de lier les versets qui se ressemblent (du même thème) pour en dégager sa véritable interprétation.
31 : 2 – Voici les âyât du Livre plein de sagesse,
2.231 – […] Et rappelez-vous le bienfait d’Allah envers vous, ainsi que le Livre et la sagesse qu’Il vous a fait descendre, par lesquels Il vous exhorte […]
Al Hikma c’est la faculté d’interpréter et comprendre les choses « cachées », les choses profondes (les âyât mutashâbiât, les situations complexes), être doté de clairvoyance et ainsi de juger de la meilleure façon.
En français on dit « avoir de la jugeote ».
Jugeote : Avoir la capacité à bien juger (en ayant donc du bon sens, la faculté d’interpréter et comprendre les choses).
Savoir quelle décision est la plus adaptée à telle situation. Être capable de jauger pour en tirer la chose adéquate.
Comme Dâwûd avait la sagesse pour interpréter une situation et de juger, il avait la capacité à saisir ce qui est juste, et ainsi de juger avec justesse, avec sagesse.
2.251 – Ils les mirent en déroute, par la grâce de Dieu. Et David tua Goliath ; et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulut. Et si Dieu ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Dieu est Détenteur de la Faveur pour les mondes.
La sunna d’un roi ? Difficile à imiter. Tout le monde ne peut pas avoir 99 femmes…
31.12 – Nous avons effectivement donné à Luqman la sagesse : « Sois reconnaissant à Dieu, car quiconque est reconnaissant, n’est reconnaissant que pour soi- même ; quant à celui qui est ingrat…, En vérité, Dieu se dispense de tout, et Il est digne de louange ».
Nous avons doté Luqman de la sunna ?
On est loin des on-dit.
Bien au contraire, al Hikma ça appelle à l’intelligence et non au mimétisme.
Allah la donne à qui Il veut et elle est à chercher chez les gens intelligents :
2 : 269 – Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d’intelligence seulement s’en souviennent.
A travers ce verset on comprend également que la faculté de juger avec sagesse n’est pas une annexe au livre.
Le livre contient des éléments permettant d’acquérir cette faculté, mais ce n’est pas automatique.
31.2 – Voici les âyât du Livre plein de sagesse,
Des versets 22 à 38 :
17.39 – Tout cela fait partie de ce que ton Seigneur t’a révélé de la Sagesse. N’assigne donc pas à Dieu d’autre divinité, sinon tu seras jeté dans l’Enfer, blâmé et repoussé.
On comprend désormais le verset :
62.2 – C’est Lui qui a envoyé, parmi des gens ignorant les Écritures, un messager des leurs qui leur récite Ses signes, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, bien qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident,
C’est-à-dire qu’il enseigne la faculté à saisir les choses profondes, celles contenues dans le livre et celle de la vie courante (éclaircir certaines situations) en mettant en lien les différents âyât
Enseigner à quelqu’un la sagesse, lui apprendre à avoir de la jugeote n’a jamais été et ne sera jamais synonyme de « suivisme aveugle ». C’est totalement contradictoire.
Ce que confirme la traduction classique en 21.74
21.74 – Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir, et Nous l’avons sauvé de la cité où se commettaient les vices ; ces gens étaient vraiment des gens du mal, des pervers.
On comprend également le verset :
4.65 – Non !… Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence].
Oui certes, mais avec le livre.
5.49 – Juge alors parmi eux d’après ce que Dieu a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce que Dieu t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache que Dieu veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers.
Et on parle de juger leur dispute/divergence.
2.213 – Les gens formaient une seule communauté puis Dieu envoya des nabiyin comme annonciateurs et avertisseurs. Il fit descendre avec eux le Livre porteur de la vérité, pour juger entre les gens sur ce en quoi ils divergeaient. Or, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été donné qui entrèrent en désaccord à son sujet, après que les preuves leur soient parvenues, par rivalité entre eux. Puis, Dieu guida ceux qui ont cru vers la vérité au sujet de ce en quoi ils divergeaient, avec Sa permission. Dieu guide qui Il veut sur le droit chemin.
Pour terminer :
6.114 – Chercherai-je un autre ĥakaman que Dieu, alors que c’est Lui qui a fait descendre vers vous ce Livre bien détaillé ? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu’il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent.
6.115 – Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l’Audient, l’Omniscient.
6.116 – Et si tu Obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier de Dieu : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges.
Le second tour, et celui-là-il rencontre un fort succès chez leurs adeptes, c’est de dire qu’obéir au messager ce n’est pas obéir à son message (c’est explicite en 5.92) mais c’est obéir à ce qui sera rapporté et trié par des savants plus tard.
Ils citent :
« 5.92 – Obéissez à Dieu, obéissez au Messager »
Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ?
C’est pourtant juste à côté. Il suffit de terminer le verset.
[…] alors sachez qu’il n’incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement.
Il n’incombe au messager que la transmission c’est-à-dire transmettre le message, pas d’instaurer une législation ou compléter un livre déjà complet.
Doit-on obéir au messager dans le livre d’Allah ou dans le livre de Bukhari ?
3.64 – Dis : « ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous ne suivions qu´Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour maîtres en dehors d´Allah ». Puis, s´ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes conformés ».
5.76 – Dis : « Adorez-vous, au lieu d´Allah, ce qui n´a le pouvoir de vous faire ni le mal ni le bien ? » Or c´est Allah qui est l´Audient et l´Omniscient.
5.100 – Dis : « Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l´abondance du mal te séduit. Craignez Allah, donc, ô gens intelligents, afin que vous réussissiez ».
Et puis Il n’y a pas que Muhammad comme messager dans le Coran.
Ont-ils destitué tous les messagers pour n’attribuer ce titre qu’à Muhammad ?
Obéir à un messager n’a jamais été de suivre une législation parallèle
71.1 – Nous avons envoyé Noé vers son peuple : « Avertis ton peuple, avant que leur vienne un châtiment douloureux ».
71.3 – Suivez Dieu, craignez-Le et obéissez-moi,
42.48 – S’ils se détournent, … Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre [le message].
Parmi d’autres tentatives d’enfumage ils citent :
« 59.7 – Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en »
Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ?
Il suffit juste de lire le début du verset pour voir qu’il s’agit du butin, d’une répartition des biens.
59.7 – Ce que Dieu a livré au messager provenant des habitants des cités est pour Dieu, pour Son messager, et pour les proches, les orphelins, les nécessiteux et les sans-abris, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous. Ce que le messager vous donne, prenez-le, et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en. Craignez Dieu, car Dieu est sévère en punition.
« 4.59 – Ô les croyants ! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le amr »
Le amr appartient Allah 11.123 donc les affiliés du amr sont ceux qui suivent le amr d’Allah et le mettent en application dans les affaires humaines en société. Ce que donne le contexte du verset précédent.
4.58 – Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droits, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation que Dieu vous fait ! Dieu est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout.
Et la fin du verset 59 nous indique que si on sent qu’il y a un problème avec la décision on va vérifier que c’est bien en conformité avec ce qui est transmis.
4.59 […] Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Dieu et au Messager, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement).
Si par exemple on pense que la décision établie aspire plus à la bêtise humaine qu’à la sagesse, et bien on vérifie ce que Dieu a dit. Personne n’obéit aux gens aveuglément. Et on n’obéit pas aux savants qui veulent juger avec autre chose que ce qui a été descendu par Dieu (le tâghût).
4.60 N´as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu´on a fait descendre vers toi et à ce qu´on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tagut, alors que c´est en lui qu´on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l´égarement.
« 4.80 – Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Dieu. »
Ont-ils oublié une partie de ce qui leur a été rappelé ? Muhammad n’est ni leur gardien ni leur garant (6.107) pour ceux qui chercheraient à se réfugier derrière lui.
[…] Et quiconque tourne le dos… Nous ne t’avons pas envoyé à eux comme gardien.
Ce verset est-il apparu de nulle part de la même façon qu’ils le citent ? Quel est le contexte ?
Il suffit de regarder 3 versets avant pour comprendre qu’on parle du combat.
4.77 – […] « ô notre Seigneur ! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat ? […]
Par crainte de combattre et pour se dédouaner, certains attribuaient le combat comme venant de Muhammad et non de Dieu. (Sous-entendant qu’il faudrait combattre pour lui et non pour Dieu).
Arguant que le messager les appellerait à un mal (mourir au combat) en opposition aux bienfaits que Dieu leur donne.
Tout ça est explicite dans le verset suivant :
4.78 – Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. Qu´un bien les atteigne, ils disent : « C´est de la part d´Allah. » Qu´un mal les atteigne, ils disent : « C´est dû à toi (Muhammad). » Dis : « Tout est d´Allah. » Mais qu´ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole ?
Au final le verset 80 réaffirme que l’ordre vient de Dieu et que le messager ne fait qu’obéir à Dieu. Et donc qu’obéir au messager c’est obéir à Dieu.
Sous-entendu : « Il faudra alors obéir quand le messager vous demande de combattre. »
Il n’y a encore une fois absolument aucun lien entre « obéir au messager » et suivre la sunna triée et compilée par les savants »
Obéir au messager c’est écouter et appliquer le message qu’il apporte.
En apparence c’est très simple, mais pourtant…
En réalité ces interprétations leur permettent d’ouvrir la porte que le Coran a explicitement fermé. Une fois ouverte ils sont libres d’y ajouter ce qu’ils veulent et l’attribuer à Dieu.
Comble de l’ironie et fier de leurs inventions ils en viendront à se moquer du Coran et diront :
« Tu dis que le Coran est détaillé et complet mais combien de rakaʿât il faut faire ? »
« La réponse est toute simple. Leur salât est pure invention et c’est tout à fait normal que le Coran ne la détaille pas ».
Il faut savoir que tout ce qui n’est pas plus détaillé dans le Coran, est une volonté divine et constitue une sagesse.
L’Homme devrait plutôt s’interroger sur pourquoi dans son Livre Allah a choisi de parler de ça et a dit ensuite que c’était détaillé.
Si Allah nous a dit ça alors c’est suffisant et que nous sommes en mesure de nous débrouiller.
Soit c’est inscrit en nous (car Dieu nous a créé), soit c’est à notre disposition c’est-à-dire une information accessible autour de nous, soit ça n’est pas important.
Pour éviter de poser toujours plus de questions et en oublier l’objectif premier (2.67-71)
Pour ne pas perdre son âme dans les détails et au final s’éloigner de la finalité.
C’est donc dans une approche « sans hadith » et ce malgré l’impossibilité affirmée de tous les détracteurs du Coran que nous allons répondre à la question « qu’est-ce que la salât ».
En gardant à l’esprit que celle-ci doit être universelle, s’inscrivant dans le dîn unique.
Que dit le Coran sur la salât :
33.43 – C’est Lui qui yusalli sur vous, يُصَلِّى عَلَيْكُمْ – ainsi que Ses Malā’ikat, – afin qu’Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants.
33.56 – Certes, Dieu est Ses Malā’ikat Salou صَلُّوا۟ عَلَيْهِ sur le nabî; ô vous qui croyez Salou ʿalayhi et salimou taslîman.
Si la salât est un rite physique alors Dieu fait un rite physique sur nous ?
29.45 – Atlu ce qui t’est révélé du Livre et Aqimu la salât. En vérité la salât préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel de Dieu est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Dieu sait ce que vous faites.
Est-ce que faire un rite physique préserve de la turpitude ?
On comprend désormais que le concept coranique de salât n’est pas mécanique ni littéral mais d’ordre spirituel.
Le problème est d’avoir enfermé ce terme dans un rite physique, là où le Coran en donne un autre sens. Il parait également évident que Dieu ne fait pas de rite physique sur nous. C’est donc que la salât se comprend autrement.
33.43 – C’est Lui qui yusalli sur vous, يُصَلِّى عَلَيْكُمْ – ainsi que Malā’ikat, – afin qu’Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants
Pour mieux comprendre, mettons en relation différents versets qui traitent de la même finalité.
14.1 – Alif, Lâm, Râ. Un Livre que nous avons fait descendre vers toi, afin que tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, avec la permission de leur Seigneur, vers le chemin de l’Honorable, le Digne de louanges,
41.3 – un livre dont les āyāt sont détaillés
11.1 – un livre dont les āyāt sont parfait
14.5 – Nous avons envoyé Moïse avec Nos āyāt : « Fais sortir ton peuple des ténèbres
à la lumière, et rappelle-leur les jours de Dieu« . En cela, il y a des signes pour tout patient, reconnaissant
57.9 – C’est Lui qui fait descendre sur Son serviteur des āyāt bayyināt, afin qu’il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et assurément Dieu est Compatissant envers vous, et Très Miséricordieux.
65.11 – un Messager qui vous yatlū les āyāt de Dieu comme preuves claires, afin de faire sortir ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres des ténèbres à la lumière. Et quiconque croit en Dieu et fait le bien, Il le fait entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Dieu lui a fait une belle attribution.
La réponse est une nouvelle fois apportée par le Coran lui-même.
Dieu yusalli sur nous avec les āyāt de son livre pour nous faire sortir des ténèbres à la lumière.
Il a établi une liaison constante permettant de nous guider, en nous transmettant des signes contenant les enseignements ou directives dont on a besoin.
Et une fois éclairé d’être en capacité de s’orienter dans la bonne direction.
5.16 – Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.
La salât c’est la liaison permettant de converger vers Dieu.
On retrouve cette notion en 75.31 et 75.32 :
فَلَا صَدَّقَ وَلَا صَلَّىٰ
Ni saddaqa ni sallâ
وَلَٰكِن كَذَّبَ وَتَوَلَّىٰ
Mais kadhdhaba et tawallâ
Saddaqa contraire de khadhdhaba
Donc sallâ contraire de tawallâ
Tawallâ se détourner contraire de converger
Converger vers Dieu c’est se diriger dans Sa voie et œuvrer dans la même finalité.
On retrouve cette notion en 33.56
A noter la proximité linguistique avec le mot Silât, curieusement de la racine trilitère (Waw-Sad-Lam), qui signifie lien (et également ṣilât al-arhâm : liens de parenté).
Dans sa définition la liaison est un contact établi entre diverses personnes pour la communication des ordres, la transmission d’informations.
D’un point de vue social être en liaison c’est être dans une relation de communication et d’échange en vue d’une coopération (aide et soutien).
Dans le réseau/voie de communication de Dieu la liaison permet la transmission d’informations grâce au signal (les āyāt) en vue de nous guider vers Lui. Ceux qui accèdent à ce réseau sont liés et coopèrent en vue d’avancer dans Sa Voie.
La salât est multidirectionnelle, pouvant aussi bien être faite sur nous (récepteur) que sur d’autres personnes (émetteur).
En effet cette liaison fonctionne également dans un système de transmission émetteur-récepteur où nous sommes chacun « une antenne relais ». C’est-à-dire que nous recevons le signal (les āyāt) et à notre tour nous allons porter le signal autour de nous, diffuser les āyāt de Dieu pour faire converger vers Lui.
Quand c’est une liaison entre Dieu et nous-mêmes, c’est une liaison directe par le biais des āyāt.
Quand c’est une liaison entre personnes, ça prend le sens d’assurer la liaison. Faire la liaison entre Dieu et les gens, servir de relais par le biais des āyāt.
C’est-à-dire agir en médiateur entre Dieu et les gens.
Au sens spirituel comme social.
Les deux étant liés : transmettre et mettre en application les āyāt de Dieu sur les autres.
Pour faire converger les gens à Dieu, Pour les faire avancer dans Sa Voie.
Comme l’exemple de Shu`ayb avec son peuple :
11.87 – Ils dirent : ‹ Ô Shu`ayb ! Est-ce que ta SALAT t’ordonne de nous faire abandonner ce que suivaient nos ancêtres, ou de ne plus faire de nos biens ce que nous voulons ? Est-ce-toi l’indulgent, le droit ?›
Il suffit de lire les versets d’avant pour comprendre ce qu’est la salât de Shu`ayb.
11.84 – Et au Madyan, leur frère Ô Shu`ayb qui leur dit : ‹ Ô mon peuple, suivez Allah ; vous n’avez point de divinité en dehors Lui. Et ne diminuez pas les mesures et le poids. Je vous vois dans l’aisance, et je crains pour vous le châtiment d’un jour qui enveloppera tout.
11.85 – Ô mon peuple, faites équitablement pleine mesure et plein poids, ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre.
11.86 – Ce qui demeure auprès d’Allah est meilleur pour vous si vous êtes croyants ! Et je ne suis pas un gardien pour vous.
Shu`ayb a assuré la liaison, il a servi de relais : il leur a transmis des āyāt permettant de les éclairer et les diriger dans la voie d’Allah.
Il a transmis des enseignements, du savoir-vivre, incité au convenable et prohibé le blâmable.
Transmettre des āyāt c’est également les mettre en application.
11.88 – Il dit: « ô mon peuple, voyez-vous si je me base sur une preuve évidente émanant de mon Seigneur, et s´Il m´attribue de Sa part une excellente donation?… Je ne veux nullement faire ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. Et ma réussite ne dépend que d´Allah. En Lui je place ma confiance, et c´est vers Lui que je reviens repentant.
Ou l’exemple de Muhammad :
17.106 (Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises minutieusement (déchiffres) aux gens. Et Nous l´avons fait descendre graduellement.
17.107 Dis: « Croyez-y ou n´y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu´on leur met en lumière, tombent au menton, Sujjadān.
17.108 et disent : « Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie ».
17.109 Et ils tombent au menton, pleurant, et cela augmente leur sincérité.
17.110 Dis : « Invoquez Allah, ou invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par lequel vous l´appelez, Il a les plus beaux noms »
Le passage s’arrête ici. Puis le segment reprend la suite du verset 106.
Et par ta Salât, ne Tajhar pas et ne Tukhāfit Bihā pas trop, mais cherche le juste milieu entre les deux ».
A chaque fois que Dieu dit « ta salât » c’est quand il s’adresse à un nabî (9.81 et 11.87)
C’est le comportement à adopter lorsqu’on fait la salât aux gens (17.106) : ne pas hausser son propos en manifestant son égo ni être sans voix.
On pourrait aussi le comprendre par n’en rajoute pas et ne diminue pas ce que disent les enseignements.
Par le biais des āyāt, que ce soit à travers la Création ou dans le kitâb descendu sur nous, Dieu établit des liaisons sur nous pour nous transmettre des enseignements.
2.157 – Sur ceux-là des liaisons de leur Seigneur et une miséricorde ; ceux-là sont les bien-guidés.
Dans ce verset il n’y a pas de verbe. Et on ne parle pas non plus de bénédictions dont l’expression (baraka) existe déjà en 11.73.
Ce passage s’inscrit dans le contexte d’une épreuve. (155-156)
Bien sûr il ne s’agit pas quand une épreuve nous atteint de répéter frénétiquement « Certes nous sommes à Allah, et c´est à Lui que nous retournerons ». C’est d’abord une posture à intégrer dans notre état d’esprit, nécessitant un travail intérieur. Cette phrase est l’aboutissement d’un processus, la conclusion d’une attitude intérieure.
Ceux qui réagissent de la bonne manière, en étant sur la bonne fréquence, recevront des signes permettant la liaison avec leur Seigneur.
C’est-à-dire des enseignements permettant de faire le lien et donner du sens à ce qui s’est passé. De pouvoir comprendre que cette épreuve constituait un rappel et servait à façonner le caractère, afin d’évoluer et de cheminer. Ceci renforcera la proximité avec notre rabb (enseigneur, éducateur).
Dieu nous transmet également tout au long de notre vie, des signes personnels à travers des « coïncidences » ou inspirations et qui vont nous éclairer et nous aider. C’est à nous d’être attentif aux signes pour être en constante liaison.
C’est notamment l’objectif de aqâma as salât :
20.14 – C’est Moi Dieu, il n’y a de référent que Moi. Suis-Moi donc et aqimi aş salāt pour Mon dhikr.
Tout d’abord traduisons le terme « aqîmû » dont la racine trilitère (Qaf-Waw-Mim) renvoie à des notions suivantes : maintenir, stabiliser, rester, s’établir, ancrer, se tenir
On retrouve les mots tels que :
Al Qawm ٱلْقَوْمِ : qui signifie le Peuple ou les gens c’est-à-dire un groupe de personnes établi, installé, restant à un endroit (2.250)
Al Qayyūm ٱلْقَيُّومُ: l’immuable (shadda au ya pour appuyer le maintien, la stabilité) (2.255)
Al Mustaqîm ٱلْمُسْتَقِيمَ : porteur de maintien, de constance, pérennité, durable (1.6)
Muqaman مُقَامًا : lieu de séjour où on s’établit (25.66)
Maqam مَّقَامِ : position où on s’établit (2.125)
Wa Yawma ‘Iqāmatikum signifie « et le jour où vous vous immobilisez/établissez » (16.80)
Qamou (2.20)
2.20 – L’éclair presque leur emporte la vue : chaque fois qu’il leur donne de la lumière, ils avancent ; mais dès qu’il fait obscur, ils qamou. Si Dieu le voulait Il leur enlèverait certes l’ouïe et la vue, car Dieu a pouvoir sur toute chose.
Le contexte donne ici quelque chose de négatif. Ils restent/s’établissent dans un sens péjoratif, c’est-à dire font du surplace.
Qa’iman bil-qisti : Maintenant avec justice (3.18)
Qawwāmūna `ala : Les rijâl restent/se tiennent sur les nissa donc veillent eux. Quand on reste, on se maintient sur quelqu’un c’est qu’on veille sur lui (4.34)
Qum Fa’andhir : Etablis-toi (construis-toi) et avertis (74.2)
Donc aqâma أَقَامَ c’est établir, ancrer quelque chose pour que ce soit stable et solide.
Il est nous est demandé d’ancrer la liaison que Dieu fait sur nous.
Et qâma (forme pronominale) c’est s’établir soi-même, se construire pour pouvoir grandir et s’élever comme la semence. (48.29)
Comment la racine Qaf-Waw-Mim peut-elle désigner à la fois une idée de stabilité et d’élévation ?
Pour comprendre cela il faut prendre l’image de la bonne parole donnée par le Coran.
14.24 – N’as-tu pas vu comment Dieu propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?
Avant de s’élever, il doit d’abord s’enraciner. C’est ainsi que l’arbre s’établit, se construit.
L’arbre est l’image de la salât, il faut d’abord enraciner les enseignements divins puis se construire avec avant de les transmettre par nos ramures qui vont rejaillir pour les autres.
Tout comme un arbre aux racines fermes peut s’élancer vers le ciel et donner des fruits, nous devons accomplir un travail intérieur, de purification et d’ancrage dans la connaissance, afin de s’élever et donner de beaux fruits (zakât).
2.110 – Wa aqīmū aş salāt et ātū az-zakāt. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès de Dieu, car Dieu voit parfaitement ce que vous faites.
Une bonne salât apporte toujours la zakât (26 occurrences sur 27).
2.3 – […] enracinent la Salāt et dépensent de ce que Nous leur avons attribué
On enracine la liaison et ensuite on distribue les provisions que Dieu nous a attribué
Tel l’arbre dont les racines absorbent l’eau et les nutriments pour grandir puis qui redistribue ses fruits
Nous on s’imprègne et se nourrit des Paroles de notre Seigneur.
7.170 – Et ceux qui s’attachent au Livre et établissent la liaison, Nous ne laissons pas perdre la récompense de ceux qui s’amendent.
Comme on l’a vu dans le premier point, Dieu établit une liaison sur nous à travers les āyāt.
C’est donc également à travers les āyāt que l’on va établir la liaison avec Lui.
29.45 – Atlu ce qui t’est inspiré du Livre et enracine la liaison. En vérité la liaison préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel de Dieu est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Dieu sait ce que vous faites.
Talaha ne signifie pas réciter mais « mettre en lumière », tout comme la lune rend nûr ce qu’on ne peut percevoir de l’éclat du soleil trop intense pour nos yeux.
10.5 – C´est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière […]
91.1 – Par le soleil et son éclat.
91.2 – Et la lune lorsqu’elle le met en lumière ! وَٱلْقَمَرِ إِذَا تَلَىٰهَا
Ce qui nous était impossible à voir nous apparaît maintenant clairement.
8.2 – Les croyants sont ceux dont les cœurs ont peur quand on rappelle Dieu. Et quand Ses signes leur sont mis en lumière, cela accroît leur foi. C’est en leur Seigneur qu’ils placent leur confiance.
33.34 – Et rappelez-vous ce qui, dans vos Buyūt, est mis en lumière des signes de Dieu et de la sagesse. Dieu est Doux et Parfaitement Connaisseur.
3.113 – Ils ne sont pas tous semblables. Parmi les gens du Livre se trouve une communauté droite qui mettent en lumière pendant al layl les signes de Dieu, wa hum yasjudūna.
Celui qui met en lumière il sujud donc il met en lumière pour lui-même avant tout. Il intègre les enseignements dans son « for-intérieur ».
D’abord faire la liaison entre ce qui provient de l’extérieur (révélation) vers notre intérieur.
Purifier notre intérieur. La Bonne Parole émane de l’intérieur.
Et faire la liaison entre ce qui provient de notre intérieur vers l’extérieur.
- L’exemple de Zakarya
3.39 – Alors, les Malā’ikat l´appelèrent, wa houwa qa’imoun yousali fi al miĥrabi: « Voilà qu´Allah t´annonce la naissance de Yahya, confirmateur d´une parole d´Allah . Il sera un chef, un chaste, un informé et du nombre des gens de bien ».
Il était en train de se construire en établissant la liaison dans le mihrab (là où on confronte nos idées, où on se prépare à l’affrontement en rassemblant nos munitions).
En lisant les versets précédents on comprend qu’il y retrouvait Maryam.
3.37 – Son Seigneur la reçut alors d’une belle réception, et la fit croître d’une belle croissance. Il confia sa charge à Zacharie. Chaque fois que Zacharie entrait auprès d’elle dans le Miĥrāb, il trouvait auprès d’elle des provisions. Il dit : « Ô Marie, d’où te vient cela ? » Elle dit : « Cela vient de Dieu. Dieu pourvoit à qui Il veut, sans compter ».
3.38 – Alors, Zacharie pria son Seigneur, et dit : « ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière ».
Auprès d’elle se trouvait des provisions, provisions qui viennent d’Allah, qu’il ne connaissait pas.
Il a dû d’abord ancrer la connaissance en lui avant de la transmettre.
Par la suite, une fois qu’il les avait assimilées, il sortit sur son peuple (19.11) les redistribuer.
En résumé,
D’abord on enracine (aqâma) la liaison que Dieu fait sur nous
Ensuite on s’élève avec (qâma) d’où celui qui aqâm la salât pour nous peut nous élever (4.102), en s’assurant d’être dans la bonne direction (5.6 /4.43)
Dès lors on peut faire la liaison sur d’autres pour faire converger sur la voie droite.
Et Distribuer les provisions, donner de bons fruits (apporter la zakât, la récolte fructueuse)
Tout ceci est la bonne Parole.
- Nettoyage de notre esprit et préparation psychologique
La préposition Ila en 5.6 indique que ça concerne une avancée vers quelque chose (logiquement renforcé par la locution « n’approchez pas » en 4.43). Quand on s’est établis en grandissant (Idhā Qumtum) pour faire rejaillir nos ramures.
C’est pour ça qu’avant de faire la salât sur d’autres, il faut appliquer les enseignements du 5.6 afin de ne pas diffuser et appliquer des choses mal comprises.
4.43 – Ô les croyants ! N´approchez pas de la liaison alors que vous êtes ivres, jusqu´à ce que vous sachiez ce que vous dites […]
Et l’ivresse c’est pas ce que tu crois (littéralement). L’ivresse c’est le trouble de la perception et de la compréhension (22.2)
(Tu les verras ivres mais ils ne le sont pas, en réalité c’est toi qui es ivre)
Comme quelqu’un dans le brouillard cérébral qui doit nettoyer sa vision pour percevoir la réalité.
« Comme son nom l’indique, le brouillard cérébral provoque une sensation «de trouble », de confusion dans le cerveau, une sorte de voile qui empêche de « voir clair », de penser rapidement et de façon précise ou encore de se concentrer efficacement. »
Il faut donc comprendre le 5.6 dans une optique de purification de l’esprit. Dans l’allégorie de l’arbre, nettoyer nos racines, ce sur quoi on s’appuie.
يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى ٱلصَّلَوٰةِ فَٱغْسِلُوا۟ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى ٱلْمَرَافِقِ وَٱمْسَحُوا۟ بِرُءُوسِكُمْ وَأَرْجُلِكُمْ إِلَى ٱلْكَعْبَيْنِ وَإِن كُنتُمْ جُنُبًا فَٱطَّهَّرُوا۟ وَإِن كُنتُم مَّرْضَىٰٓ أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ أَوْ جَآءَ أَحَدٌ مِّنكُم مِّنَ ٱلْغَآئِطِ أَوْ لَٰمَسْتُمُ ٱلنِّسَآءَ فَلَمْ تَجِدُوا۟ مَآءً فَتَيَمَّمُوا۟ صَعِيدًا طَيِّبًا فَٱمْسَحُوا۟ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ مَا يُرِيدُ ٱللَّهُ لِيَجْعَلَ عَلَيْكُم مِّنْ حَرَجٍ وَلَٰكِن يُرِيدُ لِيُطَهِّرَكُمْ وَلِيُتِمَّ نِعْمَتَهُۥ عَلَيْكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ
Yā ‘Ayyuhā Al-Ladhīna ‘Āmanū
Ô vous qui avez cru
‘Idhā Qumtum ‘Ilá Aş-Şalāati
Lorsque vous vous êtes établis en vue de la liaison
Fāghsilū Wujūhakum Wa ‘Aydiyakum ‘Ilá Al-Marāfiqi
Wajh : volonté / intention / dessein
12.9 – Tuez Joseph ou bannissez-le, afin que la volonté/wajh de votre père ne soit que pour vous. Vous serez, après cela, des gens vertueux ».
55.27 – Subsistera Le Wajh de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse.
Ne subsistera que la volonté de ton seigneur. C’est-à-dire que les autres alternatives n’existeront plus.
30.38 – Donne donc au proche parent son dû, ainsi qu’au pauvre, et au voyageur en détresse. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent le Wajh de Dieu ; et ce sont eux qui réussissent.
Ceux qui recherchent la volonté de Dieu.
6.79 – J’ai tourné mon wajh vers Celui qui a créé de rien les cieux et la terre, en monothéiste, et je ne suis pas du nombre des associateurs ».
Les traducteurs n’ont pas eu d’autre choix que de traduire par orienter ou tourner. Et vu que Dieu n’est pas dans un espace physique c’est forcément symbolique.
L’orientation de notre volonté détermine la direction que nous allons emprunter.
Al-Marāfiq
18.16 – […] votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un Mirfaqān à votre affaire/décision ».
Mirfaqān : l’outil de convenance, l’outil adéquat, la chose adéquate, c’est-à-dire la solution.
(Cf Mīzān l’outil de pesée 55.7 Miqdār l’outil de mesure 70.4)
[…] Quelle mauvaise / belle convenance (18.29 / 18.31)
En 18.29 Murtafaqān est bien un mot positif mais c’est une figure de style. On dit qu’ils imploreront et ils auront comme seule solution pour eux-mêmes, pour leur convenir, que de l’eau bouillante.
[…] Quelle excellente convenance/compagnie (4.69)
C’est-à-dire celui qui convient, qui nous sied en tant que croyant, avec qui on est en phase, la bonne compagnie.
Littéralement le coude c’est l’emboitement de deux choses. L’intersection de l’intention et des moyens. L’emboitement de nos ressources vers là où Dieu nous oriente. Notre volonté alignée avec celle de Dieu. Un état où on est phase, en adéquation avec le message divin.
Donc Al-Marāfiq : les choses adéquates, les adéquations, les solutions,
Afin d’être dans les conditions optimales pour notre lecture et mise en pratique des āyāt.
4.175 – Alors ceux qui croient en Allah et qui s’attachent à lui, il les fera entrer dans une miséricorde venue de lui, et dans une grâce aussi. Et il les guidera vers lui dans un chemin droit.
Clarifiez vos intentions et vos ressources (intangibles) jusqu’aux choses adéquates (être en phase avec ce que Dieu dit)
Wa Amsaĥū Biru’ūsikum Wa ‘Arjulikum ‘Ilá Al-Ka`bayni
Tu raisonnes ou tu ne réfléchis pas avec ta tête ? Qu’en est-il de la préposition bi ?
Et Amsaĥū avec vos têtes (intellects/intelligences/compréhensions)
Masaĥa : Essuyer, effacer, enlever ce qui obscurcit, ce qui est faux. Nettoyer/réformer
Arjil : influence / racine (C’est-à dire ce qu’on garde en mémoire en opposition à ce qu’on oublie) / acquis
Nos acquis (en l’occurrence ce qu’on a comme provisions / comme connaissances), et qui influencent notre compréhension, rendent actif notre pensée.
Les Rijâl sont ceux qui influencent, qui apportent. Ils ont acquis de l’expérience et du savoir dans leur domaine.
Tandis que les Nisā’ ont besoin d’un apport, de combler un vide, reçoivent. Ils sont nouveaux dans leur domaine.
Ka`b : qui met en relief, la saillance, ce qui est apparent, caractéristique, contour.
Définition : Être saillant, c’est ressortir particulièrement, au point de capter l’attention et de donner une accroche, un point de départ à la prise de connaissance et à la compréhension
Et nettoyez (réformez/ évaluez) avec vos têtes (intellects/intelligences/compréhensions) et vos acquis jusqu’aux deux caractéristiques/aux deux mises en relief (la connaissance et la méconnaissance, le blanc et le noir, le vrai et le faux, le bon grain de l’ivraie).
2.256 – Nulle contrainte dans la redevabilité. En effet le bon chemin s’est distingué de l’égarement […]
Wa ‘In Kuntum Junubāan
Et si vous êtes perdus (être étranger, éloigné, on est à côté de la chose d’où le lien avec les flancs)
Fa Aţţahharū
Purifiez-vous (avec la Parole de Dieu) pour repartir sur une base saine.
Wa ‘In Kuntum Marđá ‘Aw `Alá Safarin
Et si vous êtes malade/indisposé/en incapacité ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).
‘Aw Jā’a ‘Aĥadun Minkum Mina Al-Ghā’iţi
Ou que l’un d’entre vous revient d’un vide (insuffisance ou absence de liaison, un passage à vide sans dhikr) (18.101)
‘Aw Lāmastumu An-Nisā’
Ou que vous soyez touchés/affectés par des Nisā (7.201 et 72.8)
Falam Tajidū Mā’an
Si vous ne trouvez pas d’eau (Parole de Dieu qui purifie l’esprit 8.11) / information
Fatayammamū Şa`īdāan Ţayyibāan
Imprégnez/immergez-vous d’une surface bonne/saine (18.8 et 18.40)
La bonne surface, la bonne élévation/progression c’est-à-dire la compréhension d’un musalli.
Une « bonne terre fertile » dans laquelle nous pourrons prendre racine et s’élever.
Qui va permettre de gravir un échelon, servir de tremplin pour nous élever là où seul on ne parvenait pas à faire le lien.
Fāmsaĥū Biwujūhikum Wa ‘Aydīkum Minhu
Et de cela nettoyez (filtrez/évaluez) avec vos intentions et vos ressources (enlever les tâches, extraire le bon du mauvais, séparer le bon grain de l’ivraie, trier ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible).
Mā Yurīdu Allāhu Liyaj`ala `Alaykum Min Ĥarajin
Dieu ne veut vous imposer aucune gêne/complication,
Wa Lakin Yurīdu Liyuţahhirakum Waliyutimma Ni`matahu `Alaykum
Mais Il veut vous purifier et compléter/parachever Son bienfait sur vous,
La`allakum Tashkurūna
Afin que vous soyez reconnaissants.
Essai de traduction du 5.6 :
Lorsque vous vous êtes établis vers la liaison,
Clarifiez vos intentions et vos ressources jusqu’aux choses adéquates.
Et nettoyez avec vos intellects et vos acquis jusqu’aux deux caractéristiques.
Et si vous êtes perdus,
Purifiez-vous.
Et si vous êtes en incapacité/incommodé ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).
Ou que l’un d’entre vous revient d’un creux,
Ou que vous soyez affectés par des Nisā,
Si vous ne trouvez pas d’eau,
Imprégnez-vous d’une surface saine.
Et de cela nettoyez avec vos intentions et vos ressources.
Dieu ne veut vous imposer aucune complication.
Mais Il veut vous purifier et parachever Son bienfait sur vous,
Afin que vous soyez reconnaissants.
C’est la même structure en 4.43 :
Yā ‘Ayyuhā Al-Ladhīna ‘Āmanū
Ô vous qui avez cru,
Lā Taqrabū Aş-Şalāata Wa ‘Antum Sukārá Ĥattá Ta`lamū Mā Taqūlūna
N’approchez pas de la liaison alors que vous êtes confus, jusqu’à ce que vous sachiez ce que vous dites.
Wa Lā Junubāan ‘Illā `Ābirī Sabīlin Ĥattá Taghtasilū
Et non en étant perdu/étranger, excepté d’être en voie d’apprentissage, jusqu’à ce que vous vous clarifiiez (l’esprit).
Wa ‘In Kuntum Marđá ‘Aw `Alá Safarin
Et si vous êtes en incapacité/incommodé ou sur un cheminement (en apprentissage/pas suffisamment d’apport).
‘Aw Jā’a ‘Aĥadun Minkum Mina Al-Ghā’iţi
Ou que l’un d’entre vous revient d’un vide/d’une insuffisance (absence, lacune, ce qui manque).
‘Aw Lāmastumu An-Nisā’
Ou que vous soyez affectés par des Nisā.
Falam Tajidū Mā’an
Si vous ne trouvez pas d’eau (qui purifie l’esprit) / information.
Fatayammamū Şa`īdāan Ţayyibāan
Imprégnez-vous d’une surface saine.
Fāmsaĥū Biwujūhikum Wa ‘Aydīkum
Et nettoyez ainsi avec vos intentions et vos ressources.
‘Inna Allāha Kāna `Afūwāan Ghafūrāan
Certes Allah est Indulgent et Pardonneur.
En sachant que la traduction ritualiste n’est en réalité pas la plus adaptée. La préposition bi oubliée (Lavez avec vos têtes ?), le pluriel pour « coude » (3 coudes ou plus ?) alors que la dualité est bien présente pour les « malléoles ».
Également les parties du corps évoquées ne sont pas celles qui ont le plus besoin d’être nettoyées, et l’état de purification peut être atteint autrement, par la sadaqa (9.103 et 58.12) pour la salât du nabî. Ce n’est donc pas une condition préalable et encore moins un rituel.
La traduction classique d’ablution n’est qu’un conditionnement et demande un nettoyage (un vrai) de l’esprit pour se laver de toutes les bêtises qu’on nous a inculquées.
En aucun cas le Coran n’a institué de rituel lié à la salât.
Ceux qui ne vivent leur foi qu’à travers les règles et l’endoctrinement ont voulu en imposer un en traduisant littéralement les mots sans s’intéresser au sens donné par le Coran lui-même. Dans leur vision, le Coran se cantonne à la forme en évoquant vaguement des positions, justifiant le recours à des sources extérieures pour remettre de l’ordre.
Certains disent que le Coran ne précise pas le rituel car la transmission s’est faite par imitation, c’est-à-dire un suivi des pratiques de ses ancêtres. Un mimétisme des anciens que le Coran lui-même dénonce à maintes reprises. (2.170 / 43.23 / 5.104)
Créer un ordre ou un rituel c’est amener à ce que les gens qui succèdent ne retiennent que l’application du rituel et en oublient le fond.
19.59 – Puis leur succédèrent des générations qui perdirent la liaison et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perdition.
Le verset précédent explique d’ailleurs comment les nabiyin faisaient la salât
et comment elle s’est perdue :
19.58 – Voilà ceux qu´Allah a comblé de faveurs, parmi les nabiyin, parmi les descendants d´Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d´Abraham et d´Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les āyāt du Tout Miséricordieux leur étaient mis en lumière, ils tombaient Sujjadāan Wa Bukīyāan.
Des générations qui n’ont plus écouté et appliqué les āyāt d’Allah.
Il faut d’abord trouver les mots qui touchent notre cœur avant de les faire résonner pour toucher le cœur des autres
Sinon on est semblable aux ânes qui portent des livres. On transporte quelque chose qui ne nous a pas transporté.
De la même manière pour la salât on doit d’abord être connecté à la Parole qu’on transmet afin de partager cette connexion que Dieu nous a donné.
Sinon notre salât est tel un sifflement et écho.
Dans le Coran, la salât n’a rien à voir avec la forme.
8.35 – Et leur salât envers la bayt n’est que gazouillis et écho. « Alors, goûtez la correction pour ce que vous avez dénié »
C’est-à-dire que dans leur rituel devenu mécanique ils ne font que répéter bêtement (écho) et marmonner des choses qui ne pénètrent pas dans leur esprit (gazouillis)
C’est comme tomber sur le 45-6 dans une salât effectuée selon la sunna puis derrière se prosterner sans avoir sujud à ce qui était lu.
45.6 – Voici les signes de Dieu que Nous te mettons en lumière en toute vérité. Alors en quel hadith, après Dieu et Ses signes, croiront-ils ?
- sujūd et rukū`
2.58 – Et [rappelez-vous], lorsque Nous dîmes : « Entrez dans cette ville, et mangez-y à l´envie où il vous plaira ; mais entrez par la porte sujjadān et demandez la « rémission » (de vos péchés) ; Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.
Quelqu’un est déjà rentré quelque part en se prosternant ? Un esprit sain peut-il penser sérieusement que Dieu aurait demandé une telle chose ?
22.18 – N´as-tu pas vu que c´est devant Allah que yasjudu tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le soleil, la lune, les étoiles les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup de gens ? Il y en a aussi beaucoup qui méritent le châtiment. Et quiconque Allah avilit n´a personne pour l´honorer, car Allah fait ce qu´il veut.
Non cette fois-ci les littéralistes sont obligés de le lire de façon symbolique. « Ils se prosternent à leur manière ». C’est en effet plus simple d’avoir une interprétation évasive plutôt que d’admettre ne pas avoir eu la « bonne manière » de comprendre tout simplement.
En 32.15 on parle de « tomber sujjadān » : Kharrū Sujjadān
32.15 – Seuls croient en Nos ayat ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent « Sujjadān » et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent pas d’orgueil.
‘Innamā Yu’uminu Bi’āyātinā Al-Ladhīna ‘Idhā Dhukkirū Bihā Kharrū Sujjadāan Wa Sabbaĥū Biĥamdi Rabbihim Wa Hum Lā Yastakbirūna
25.73 – qui lorsque les ayat de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles;
Wa Al-Ladhīna ‘Idhā Dhukkirū Bi’āyāti Rabbihim Lam Yakhirrū `Alayhā Şummāan Wa `Umyānāan
En reliant 32.15 et 25.73 il est clair que « ne deviennent ni sourds ni aveugles » est équivalent à « Kharrū Sujjadān ». Encore un exemple par substitution.
« Être « Sujjadān » et « devenir sourd et aveugles » face aux versets paroles sont deux réactions opposées. Le sejd est complémentaire à la salat et à la zakat et signifie simplement écouter les paroles de Dieu et leur obéir. Le soleil, la lune et les cieux obéissent (yasjoudoun) aux ordres de Dieu et à ce qu’il leur a tracé comme voie.
Le verset 12-100 est le plus impitoyable concernant le sens Cheikhal de Soujoud. Joseph éleva ses parents sur le trône et tous l’écoutèrent attentivement (Kharrou lahou sujjadan). On ne peut être plus clair. Comment expliquer le Sejd à quelqu’un assis plus bas que toi ? »
Comment les parents pourraient-ils être élevés sur le trône et en même temps se prosterner ?
Si ces versets t’embêtent, sache que tu n’es pas en état de soujoud : »
31.7 – Et quand on lui récite Nos versets, il tourne le dos avec orgueil, comme s’il ne les avait point entendus, comme s’il y avait un poids dans ses oreilles. Fais-lui donc l’annonce d’un châtiment douloureux.
18.57 – Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu’ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider.
84.21 – Et quand le Coran leur est lu ils ne Yasjudūn pas ?
« Tu Asjid ou bien est ce que tes oreilles sont bouchées. ?
Le dictionnaire arabe, pour sajada, garde le sens d’écouter avec attention en inclinant la tête.
Les versets 17-107 et 17-109 montrent bien le rôle du menton dans l’acte du Soujoud. L’expression « Kharro sujjadan » et « Kharrou Adhkan Sujjadan » sont équivalentes »
17.107 – Dis : « Croyez-y ou n´y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu´on le leur récite, Yakhirrūna Lil’adhqāni Sujjadān » ».
Même ceux qui interprètent de manière littérale ne se prosternent pas physiquement sur le menton.
Une étude du professeur Mustansir Mir :
« Il faut savoir une chose déjà, Si c’était « tomber sur (par exemple 3ala = على ) leurs mentons « alors il aurait été plus susceptible de signifier une expression littérale / physique, mais » tomber à (li) les mentons « suggère la possibilité d’une interprétation métaphorique / idiomatique. Et bien sûr, » adhqan « ne veut pas dire » visages « , mais » menton ».
Le Lexicon de Lane souligne clairement son utilisation idiomatique :
« kharoo li’idhqaanihim, inf. n. khuroor [Ils tombèrent prosternés, le menton au sol: voir le kur xvii. 108 et 109:] (A [d’où le dicton,] 3asafat reehu fakharrat al ashjaaru lil ‘idhqaan [Un vent a soufflé violemment, de sorte que les arbres sont tombés ou se sont pliés au sol.] (A dans art. Kharra et habbat alree7u fakabbat alshajara 3alaa adhqaanihaa [L’aiguille a éclaté, puis renversée, ou renversée , ou se baissant, les arbres]: et, d’une pierre, kabbahu-l-sailu lidhaqnihi Le torrent l’a renversé. «
Notez que le Lexicon Lane fournit l’interprétation / la signification de l’idiome, plutôt que sa traduction littérale. Tous les exemples cités utilisent « le menton » même si les arbres et les pierres n’ont évidemment pas de « mentons ». Lane indique également des parties d’un homme qui sont les lieux du SJD ( par exemple, le front / le nez / les mains / les genoux / les pieds), mais n’inclut pas le « menton » impliquant de prendre ce verset à la lettre; c’est-à-dire se prosterner jusqu’au menton, ce n’était pas sa signification.
Le professeur Mustansir Mir, dans « Les Idiomes verbaux du Coran », cite « tomber au menton » comme un idiome verbal qui implique une extrême humilité, car le menton représente l’orgueil, c’est quelque chose qui doit être tenu haut, et tomber sur le menton est pour s’abaisser et, lorsqu’il est utilisé dans le Coran, cela signifie s’humilier devant Dieu, et il cite un poème arabe classique d’Imru al-Qays sur la puissance des arbres qui ont été anéantis par une forte averse de pluie et qui sont « tombés au menton ». Il est peu probable qu’un arbre tombe réellement à cause d’une forte pluie, mais il est possible de le prendre comme une chute physique. »
D’après une « tartilade » par le groupe « Étude du coran, par le coran seul » :
La « surdité allégorique » (ne pas entendre) semble être un trait commun de ceux qui ne tombe pas « Sujjadān ». L’exemple des bani Isra’il montre que le sujūd est non-physique, et précise ce que cela signifie réellement :
2.58 – Et [rappelez-vous], lorsque Nous dîmes : « Entrez dans cette ville, et mangez-y à l´envie où il vous plaira; mais entrez par la porte sujjadān et demandez la « rémission » (de vos péchés); Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.
2.59 – Mais, à ces paroles, les pervers en substituèrent d’autres, et pour les punir de leur fourberie Nous leur envoyâmes du ciel un châtiment avilissant.
7.161 – Et lorsqu’il leur fut dit : « Habitez cette cité et mangez [de ses produits] à votre guise, mais dites : rémission [à nos péchés] et entrez par la porte sujjadān. Nous vous pardonnerons vos fautes ; et aux bienfaisants (d’entre vous,) Nous accorderons davantage ».
7.62 – Puis, les injustes parmi eux changèrent en une autre, la parole qui leur était dite. Alors Nous envoyâmes du ciel un châtiment sur eux, pour le méfait qu’ils avaient commis.
Remarquez comment les descendants d’Israël firent le contraire de « sujūd » en modifiant ce qui a été dit à eux au lieu de l’entendre et de le faire réellement (c’est à dire, obéir). Un autre exemple de gens qui modifient ce qui est dit est donné à nouveau au verset 4.46 :
4.46 – Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent : « Nous avions entendu, mais nous avons désobéi« , « Écoute sans qu’il te soit donné d’entendre », et favorise nous « Raina », tordant la langue et attaquant la religion. Si au contraire ils disaient : « Nous avons entendu et nous avons obéi« , « Écoute », et « Regarde-nous », ce serait meilleur pour eux, et plus droit. Mais Allah les a maudits à cause de leur négation ; leur foi est donc bien médiocre .
Nous pouvons voir le lien entre 4.46 avec 2.58-59 et 7.161-162 que « sujūd » est équivalent à «entendre et d’obéir ».
Pour terminer on pourra établir un lien entre les versets 4.101-103 décrivant la fin de la « salât » avec l’état de « sujūd » et les versets 5.6-7 décrivant une des composantes de la salât celle de la reprogrammation de notre cerveau, pour terminer par « entendre et d’obéir ».
5.7 – Et rappelez-vous le bienfait d´Allah sur vous, ainsi que l´alliance qu´Il a conclue avec vous, quand vous avez dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi« . Et craignez Allah. Car Allah connaît parfaitement le contenu des cœurs.
Une fois de plus, nous voyons que « l’ouïe et l’obéissance » semble être l’équivalent de « sujūd ».
Passons à rukū` :
En 38.24 on parle de « tomber raki ` an » : Kharra Rāki`ān
38.24 – Il [David] dit: « Il a été certes injuste envers toi en demandant de joindre ta brebis à ses brebis ». Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres – cependant ils sont bien rares. – Et David pensa alors que Nous l´avions mis à l´épreuve. Il demanda donc pardon à son Seigneur et tomba Rāki`ān et se repentit.
Littéralement peut-on tomber par terre incliné ? Non. On peut tomber à genoux au sol ou tomber en prosternation. (Ce qui revient à s’agenouiller puis se courber).
C’est bien pour cela que les traducteurs ont été obligés de traduire par « il tomba prosterné ».
Maintenant faut-il comprendre du point de vue littéral ou est-ce comme pour sujūd une expression idiomatique, utilisée comme instrument figuratif pour faire ressentir le sentiment vécu par Dawud à ce moment-là ?
Le Coran nous éclaire sur la question :
77.46 – “Mangez et jouissez un peu (ici-bas); vous êtes certes des criminels”.
77.47 – Malheur, ce jour-là, à ceux qui criaient au mensonge.
77.48 – Quand on leur dit : « irka`ū », Lā Yarka`ūna.
37.34 – Ainsi traitons-Nous les criminels.
37.35 – Quand on leur disait : “Point de divinité à part Allah”, ils se gonflaient d´orgueil,
En reliant 77.48 et 37.35 il apparait que « La Yarka`ūna » est équivalent à « ils se gonflent d’orgueil ». Encore et toujours un exemple par substitution.
Raka`a est donc l’opposé de « s’enfler d’orgueil », devenir arrogant. C’est-à dire se pencher humblement sur le sujet, étudier la question en faisant preuve d’humilité.
Quand on leur dit : « irka`u » (penchez-vous humblement), « la yarka`un » (ils ne se penchent pas humblement).
rukū` étant souvent associé à sujud (2.125/ 5.55 /9.112 etc) il n’est pas étonnant de retrouver la mention « ne pas s’enfler d’orgueil » en relation avec sujūd :
32.15 – Seuls croient en Nos ayat ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent « Sujjadān » et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent pas d’orgueil.
De plus, les bani Isra’il et Maryam ont été commandés de « yarka’u » dans les versets 2.43 et 3.43
3.43 – Ô Marie ! Sois dévouée à ton Seigneur ! Asjudī (écoute et obéis) et Arka`ī (penche-toi humblement) avec ceux qui sont Ar-Rāki`īn (se penchent humblement).
- Lien entre salât et duʿā (sollicitation)
La salât n’est pas une prière.
Voilà la définition de la « prière » dans le Coran :
2.186 – Et quand Mes serviteurs t´interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche: Je réponds à l´appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu´ils répondent à Mon appel, et qu´ils croient en Moi, afin qu´ils soient bien guidés.
Une prière singulière mais sincère, et non une prière standardisée mais inanimée.
Il est logique de solliciter Dieu afin qu’Il nous envoie des signes ou nous aide à mettre en lumière les āyāt.
1.6 – Guide-nous dans le droit chemin
Afin de sortir des ténèbres à la lumière et s’orienter dans la bonne direction.
5.16 – Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.
Ou Zakarya qui sollicite Dieu afin qu’il puisse lui aussi recevoir des provisions.
3.38 – Alors, Zacharie pria son Seigneur, et dit : « ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière ».
3.39 – Alors, les Malā’ikat l´appelèrent, Il était en train de se construire en établissant la liaison dans le mihrab : « Voilà qu´Allah t´annonce la naissance de Yahya, confirmateur d´une parole d´Allah. Il sera un chef, un chaste, un informé et du nombre des gens de bien ».
La duʿā est un moyen d’établir la liaison et non l’inverse.
- Le khushū` خُشُوع
23.2 – ceux qui sont Khāshi`ūn dans leur Salât,
Si la traduction habituelle renvoie à une notion d’humilité, celle-ci ne paraît pas réellement adapté à la lecture de certains passages. En 68.43 par exemple elle fait doublon.
68.43 – Leurs regards seront Khāshi`at, et l’humiliation les couvrira. Or, ils étaient appelés au sujud au temps où ils étaient sains et saufs.
Le khushū` c’est l’abaissement de nos artifices, le dévoilement sincère. Être à nu, à découvert.
La sincérité est l’expression fidèle des sentiments réels, par la vérité.
On parle d’authenticité lorsqu’il s’agit de sincérité dans l’expression de notre être profond.
2.45 – Et cherchez secours dans l’endurance et la Salât : certes, la Salât est quelque chose d’énorme, sauf pour les sincères,
Quelque chose de difficile tout comme n’attribuer notre dîn qu’à Allah seul.
42.13 […] « Maintenez la redevabilité (envers Allah) ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Dieu choisit vers Lui qui Il veut, et guide vers Lui quiconque se repent.
Et Dieu choisit de guider vers Lui les sincères, qui ne se mentent pas à eux-mêmes ou aux autres.
Dans le verset 2.46 on les décrit comme ceux qui pensent à leur Seigneur et à sa rencontre.
Quand on aime sincèrement Dieu tout est plus simple.
23.2 – ceux qui sont sincères dans leur Salât,
3.199 – Il y a certes, parmi les gens du Livre ceux qui croient en Dieu et en ce qu’on a fait descendre vers vous et en ceux qu’on a fait descendre vers eux. Ils sont sincères Khāshi`īn envers Dieu, et ne vendent point les versets de Dieu à vil prix. Voilà ceux dont la récompense est auprès de leur Seigneur. En vérité, Dieu est prompt à faire les comptes.
17.109 – Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur sincérité.
20.108 – Ce jour-là, ils suivront sans détour Celui qui appelle, et les voix deviendront dévoilées devant le Tout-Puissant. Tu n’entendras alors qu’un murmure.
C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de posture, on ne pourra pas prendre un ton arrogant.
21.90 – Nous lui répondîmes, lui donnâmes Jean et Nous rétablîmes son épouse pour lui. Ils s’empressaient de faire le bien et Nous invoquaient par désir et par crainte. Ils étaient sincères envers Nous.
57.16 – Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leur cœur devienne sincère devant le rappel de Dieu et à ce qui est descendu de la vérité, et de ne pas être semblables à ceux qui ont reçu le Livre avant eux ? Le délai leur parut long et leur cœur s’endurcit. Beaucoup d’entre eux sont dépravés.
Le sens de dévoilé/à nu/à découvert est renforcé par les versets 41.39 et 59.21 :
41.39 – Et parmi Ses merveilles est que tu vois la terre à nu/ à découvert. Puis aussitôt que Nous faisons descendre l’eau sur elle, elle se soulève et augmente [de volume]. Celui qui lui redonne la vie est certes Celui qui fera revivre les morts, car Il est Omnipotent.
59.21 – Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais à découvert (se dévoiler), et se fendre par crainte de Dieu. Ces allégories, Nous les présentons aux gens afin qu’ils réfléchissent.
Et fait sens dans chaque occurrence :
42.45 – Et tu les verras présentés à lui, dévoilés et regardant d’un œil furtif. Ceux qui ont cru dirent : « Les perdants sont ceux qui, au Jour de la Résurrection, se perdent eux-mêmes, ainsi que leur famille ». Les injustes sont dans un châtiment permanent.
54.7 – leurs regards dévoilés, ils sortiront des tombes comme des sauterelles éparpillées,
68.43 – Leurs regards seront dévoilés, et l’humiliation les couvrira. Or, ils étaient appelés à l’écoute avec obéissance au temps où ils étaient sains et saufs.
79.9 – et leurs regards dévoilés.
88.2 – Ce jour-là, il y aura des desseins dévoilés
- Qibla
Une Qibla pour la salât ? Non. Dans aucune occurrence ce mot n’est lié à salât.
Se tourner dans une direction pour se connecter à Dieu ne fait aucun sens.
2.115 – A Allah seul appartiennent l´Est et l´Ouest. Où que vous vous tourniez, le wajh d´Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient.
En plus d’être en opposition au principe coranique : s’attacher au fond et non à la forme.
2.177 – La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos Wujūh vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Malā’ikat, au Livre et aux informés, de donner de son bien, quel qu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’établir la liaison et d’apporter la zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux.
Dans le segment 2.142—150 ce sont les faibles d’esprit qui disent « mais qui les a détournés de la qibla ».
Qibla est ce qui est toujours gardé en vue ; la destination ; la cible. Ce qu’on a en ligne de mire.
Si le nabî tourne son wajh vers le ciel dans tous les sens c’est qu’il demande à Dieu quelle est la suite de sa mission, sa nouvelle cible, sa nouvelle destination.
Il est évident qu’encore une fois il ne faut pas comprendre littéralement sinon on attraperait vite des torticolis.
2.149 – Et d´où que tu sortes, tourne ton wajh vers Al-Masjidi Al-Ĥarāmi. Oui voilà bien la vérité venant de ton Seigneur. Et Allah n´est pas inattentif à ce que vous faites.
Et en 10.87 on demande à Moussa de cibler les maisons pour annoncer son message. On ne lui demande pas de prier en direction des maisons.
- Maqami Ibrahim ?
2.125 – [Et rappelle-toi], quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens – Prenez donc pour Muşallán مُصَلًّى, le Maqāmi ‘Ibrāhīma مَّقَامِ […]
Maqam n’est pas un lieu c’est une position, dans le sens de stature.
17.79 – Et veille durant la nuit avec lui, comme œuvre additionnelle. Il se peut que ton Seigneur te ressuscite en une position (Maqāmān) honorable.
وَٱتَّخِذُوا۟ مِن مَّقَامِ إِبْرَٰهِۦمَ مُصَلًّى
Wa Attakhidhū Min Maqāmi ‘Ibrāhīma Muşallán
Prenez la position d’Ibrahim comme référence/modèle de connexion/liaison
Et quelle est cette position ?
وَٱتَّخَذَ ٱللَّهُ إِبْرَٰهِيمَ خَلِيلً (4.125)
Wa Attakhadha Allāhu ‘Ibrāhīma Khalīlān
« Ibrahim est le Khalil – ami privilégié du Rahman (le Tout Miséricordieux). Ce dernier point est primordial, si vous réfléchissez un moment sur le sens d’être l’ami privilégié d’Allah ! Posez-vous la question : Combien de positions existe-t-il en dessous de celle d’être le compagnon d’Allah ? Et à quelle position pensez-vous que vous êtes ? Plus exactement, ce surnom ‘Khalil ‘ signifie que l’amour d’Allah a pénétré son âme au point qu’il ne peut plus se séparer d’Allah corps, âme et cœur. C’est donc grâce à l’ampleur de son amour pour Allah qu’il a été élevé au rang de Khalil pour Allah. »
Quant au 3.97 on ne parle pas d’entrer physiquement tout comme c’est le cas en (110.2) mais d’adhérer à une philosophie, d’intégrer un concept, d’entrer dans un état, d’accéder à un statut.
3.97 – Là sont des signes évidents, parmi lesquels la position d’Ibrahim ; et quiconque y accède est en sérénité.
Fīhi ‘Āyātun Bayyinātun Maqāmu ‘Ibrāhīma Wa Man Dakhalahu Kāna ‘Āminān
Allah nous incite à prendre Ibrahim comme modèle afin d’entrer dans le même état d’esprit et de proximité que lui, que chacun veuille et puisse devenir khalil de Dieu dans sa salât.
[…] Wa Man Kafara Fa’inna Allāha Ghanīyun `Ani Al-`Ālamīna.
Et quiconque nie…Allah Se passe largement des mondes.
- Les moments ou étapes de la salât :
L’objectif de la salât est de sortir des ténèbres vers la lumière. Est-ce que physiquement on se trouve dans des ténèbres ou bien c’est plutôt une obscurité spirituelle qui nous est propre ?
On peut donc légitimement se poser la question lorsque ça parle de jour et de nuit. Est- ce que le Coran parle d’une nuit physique dans une journée de 24 heures ?
57.6 – Il fait pénétrer la nuit dans le jour et fait pénétrer le jour dans la nuit, et Il sait parfaitement le contenu des poitrines.
57.7 – Croyez en Dieu et en Son messager, et dépensez de ce dont Il vous a donné la succession. Ceux d’entre vous qui ont cru et dépensé auront une grande récompense.
57.8 – Qu’avez-vous à ne pas croire en Dieu, alors que le messager vous appelle à croire en votre Seigneur ? Il a déjà pris un engagement de votre part, si vous êtes croyants.
57.9 – C´est Lui qui fait descendre sur Son serviteur des ayat claires, afin qu´il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et assurément Dieu est Compatissant envers vous, et Très Miséricordieux.
25.47 – Et c´est Lui qui vous fit de la nuit un vêtement, du sommeil un repos et qui fit du jour une renaissance.
La nuit est un vêtement physique ?
Et quel est le meilleur vêtement ?
7.26 – Ô enfants d’Adam, Nous avons fait descendre sur vous des vêtements pour cacher votre nudité, ainsi que des parures. Mais le vêtement de la taqwa, voilà qui est meilleur. Voilà un des signes de Dieu, afin qu’ils se rappellent.
La taqwa c’est la prise de conscience.
La nuit est donc un moment d’introspection propice à la médiation (73.6) où l’on va pouvoir semer des graines.
Continuons la sourate 25 :
25.48 – Et c´est Lui qui envoya les vents comme une annonce précédant Sa miséricorde. Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante,
Et quand tout s’éclaircit c’est un retour à la vie.
25.49 – pour faire revivre par elle une contrée morte, et donner à boire aux multiples bestiaux et hommes que Nous avons créés.
Analysons les périodes ou les étapes de salât nommées dans le Coran :
17.78 – Enracine la Salat pour le déclin du soleil vers la croissance de la nuit, et aussi le déchiffrement du Fajr. Certes le déchiffrement du Fajr est manifeste/témoignant.
11.114 – Et enracine la Salat aux deux extrémités du jour et aux avancées de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est un rappel pour ceux qui se rappellent.
Pour Fajr, Salât est ici remplacé par Qur’ān.
Une substitution du terme pour nous indiquer que les deux vont de pair. Fajr étant déjà associé à salât en 24.58.
24.58 – Ô vous qui êtes engagés ! Que ceux que vous possédez par serment demandent permission avant d’entrer, ainsi que ceux des vôtres qui n’ont pas encore atteint la maturité (dans la connaissance), à trois moments : avant la Salat Al Fajr, quand vous vous libérez de vos vêtements de soutien à la diffusion (des enseignements), ainsi qu’après la Salat Al-`Ishā ; trois moments d’intimité. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d’aller et venir, les uns chez les autres. C’est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses signes, et Dieu est Omniscient et Sage.
Les deux extrémités du jour sont expressément nommées (Al-Fajr et Al-`Ishā).
Celle aux avancées de la nuit est en supplément (17.79).
17.79 – Et veille durant la nuit avec lui, comme œuvre additionnelle. Il se peut que ton Seigneur te ressuscite en une position (Maqāmān) honorable.
Al-Fajr, Al-`Ishā, Mina Al-Layl, ces périodes, chacune empreinte de plusieurs nuances, sont à considérer à l’intérieur de nous et pas à l’extérieur, selon notre propre notre vision des choses.
Al-Layl est une période d’obscurité où l’on plante une graine dans notre esprit. Contrairement à celui qui est dans les ténèbres et ne le sait pas, celui qui est dans la nuit sait qu’il ne sait pas et cherche la lumière, la guidée par la liaison.
Al-Fajr est une période d’éveil où on ouvre les yeux. On sort tout juste de l’ignorance et la lumière jaillit.
Al-`Ishā est une période de parachèvement de cet éveil, celle de l’expérience, on a absorbé suffisamment de lumière (journée vécue) et les choses nous apparaissent plus clair.
D’où la suite du 17.78 et 79 :
17.80 – Et dis : « ô mon Seigneur ; fais que j´entre par une entrée de vérité et que je sorte par une sortie de vérité ; et accorde-moi de Ta part, un pouvoir bénéficiant de Ton secours ».
17.81 – Et dis : « La vérité est venue et l´erreur a disparu. Car l´erreur est destinée à disparaître ».
La vérité qui efface l’erreur, les bonnes œuvres qui dissipent les mauvaises. Conclure en vérité.
11.114 – Et enracine la liaison aux deux extrémités du jour et aux avancées de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est un rappel pour ceux qui se rappellent.
Ibrahim est notre musallan.
Donc regardons comment il est sorti des ténèbres à la lumière (sourate Al`Anam) :
75 – C’est ainsi que Nous avons montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il soit du nombre des convaincus.
76 – Quand la nuit l’enveloppa, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand il disparut, il dit : « Je n’aime pas ce qui disparaît ».
77 – Puis, quand il vit la lune se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés ».
78 – Puis, quand il vit le soleil se lever, il dit : « Voilà mon Seigneur, celui-ci est plus grand ». Puis, quand le soleil disparut, il dit : « Ô mon peuple, je me désolidarise de ce que vous associez.
79 – J’orienterai mon dessein vers Celui qui a initié les cieux et la terre, en monothéiste pur, et je ne suis point de ceux qui Lui donne des associés.
Les moments par rapport au « soleil » où il a cherché les preuves et la guidée sont en réalité des étapes de réflexion.
On remarque que la lumière va en grandissant d’abord la nuit puis un astre puis la lune puis le soleil. C’est le cheminement d’Ibrahim. Il s’est élevé (qum) étape par étape, d’où le fait de prendre sa maqām comme modèle. Il a accédé à toutes les étapes pour sortir des ténèbres à la lumière :
Il a démarré dans la nuit.
La nuit l’enveloppe tel un vêtement.
Vient le premier signe : l’astre
Puis la lune.
Ensuite la nuit noire.
Puis la lumière du soleil.
Enfin c’est lorsque le soleil disparaît qu’il dit : je me désavoue de vos idoles.
Il a emmagasiné suffisamment de lumière pour être à son tour une lampe pour les autres.
« Puis quand il disparut » cad laissant place à un signe encore plus grand faisant oublier l’ancien. (2.106 / 16.101)
En analysant de plus près :
75 – C’est ainsi que Nous avons montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il soit du nombre des convaincus.
76 – Quand la nuit l’enveloppa, il vit un astre. Il dit : « Voici mon Seigneur ». Puis, quand il disparut, il dit : « Je n’aime pas ce qui disparaît ».
1ème partie la nuit l’enveloppe. Il se retrouve dans une phase d’obscurité.
Il plante une graine : « je n’aime pas ce qui disparaît »
77 – Puis, quand il vit la lune se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ».
Puis, quand elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés ».
2ème partie de la nuit
La lune disparaît et le laisse dans une nuit noire. Il est donc perdu et a besoin de lumière.
C’est le seul moment où il est « perdu » et demande l’aide.
78 – Puis, quand il vit le soleil se lever,
Fajr l’éveil il voit davantage « plus grand »
il dit : « Voilà mon Seigneur, celui-ci est plus grand ».
Puis, quand le soleil disparut,
Duluki ash shams (fin des spéculations) / `Ishā
il dit : « Ô mon peuple, je me désolidarise de ce que vous associez.
79 – J’orienterai mon dessein vers Celui qui a initié les cieux et la terre, en monothéiste pur, et je ne suis point de ceux qui Lui donne des associés.
Wusta il diffuse les āyāt sur son peuple.
Il a dépassé le stade du soleil et faisait partie des convaincus. Les graines plantées pendant Al Layl ont germé et crû.
C’est au déclin du soleil, lorsqu’on s’est imprégné de sa lumière, que l’on a vécu le « jour » c’est-à-dire acquis de l’expérience, que l’on est soi-même éclairé que l’on est en mesure d’éclairer à notre tour, servir de relais.
- Al-Jumu`a
On doit se construire seul ou à 2 (3.39 / 34.46) pour éviter justement un effet troupeau qui entrainerait un suivisme aveugle tel que pratiqué dans l’islam d’aujourd’hui.
Et pour renforcer notre relation personnelle à Dieu. (20.14)
Il existe cependant une exception : Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a
Chez les arabes le jour du vendredi était yawm al-`arūba et non yawm al-jumu`a. L’institution d’un « meilleur jour » pour Dieu n’existe pas. C’est une période ou un temps qui n’est pas calendaire.
62.9 – Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a, employez-vous en direction du rappel de Dieu et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !
La séquence en 4.102 est un exemple de jumu`a.
La liaison en groupe permet de se construire (qâma) et s’armer de savoir.
Essai de traduction 4.101-103 :
Et voilà que tu étais parmi eux et que tu enracinais pour eux la liaison,
Alors / Qu’en ce cas une partie s’établisse avec toi et qu’ils saisissent leurs répulsions.
Dans le cas où ils ont écouté avec obéissance, qu’ils soient de vos arrières et que soit amené une autre partie qui n’a pas établi la liaison, afin qu’ils établissent la liaison avec toi et qu’ils saisissent leurs mesures de sécurité et leurs répulsions.
Ceux qui ont nié souhaiteraient que vous soyez négligents envers vos répulsions et vos équipements afin de tomber sur vous d’un seul coup.
Pas de blâme si, incommodé par un torrent successif ou indisposé, vous fassiez sortir vos répulsions. Et saisissez vos mesures de sécurité.
Dieu a préparé pour les négateurs une épuration humiliante.
Puis quand vous avez réalisé la liaison, rappelez-vous de Dieu, droit, assis ou sur vos flancs.
Puis dès que vous vous sentez en sérénité, enracinez la liaison.
La liaison demeure pour les dignes de confiance, une configuration ayant des étapes déterminées.
La liaison est un processus qu’il ne faut pas hâter.
Pour les doués d’intelligence, ceux qui n’en restent pas aux apparences :
3 : 190 – En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence,
3 : 191 – Ceux qui se rappellent de Dieu, droit, assis, sur leurs flancs, et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant): « Notre Seigneur! Tu n’as pas créé cela en vain. Magnificence à Toi! Garde-nous du châtiment du Feu.
4 : 103 – Puis quand vous avez réalisé la liaison, rappelez-vous de Dieu, droit, assis, sur vos flancs. Puis dès que vous vous sentez en sérénité, enracinez la liaison.
La liaison demeure pour les dignes de confiance, une configuration ayant des étapes déterminées.
- Salât Al-Wusta
2.238 – Soyez attentifs aux Salawāt, et à la Salāt Al-Wusta, et maintenez-vous pour Dieu qānitīn.
La première erreur ici est de chercher à faire des additions sans aucune raison.
Salawât est un pluriel donc 3 minimum. 3 et 1 font 4 ? C’est une erreur de déduction, un raccourci.
Le verset ne parle pas de temporalité. On peut très bien parler d’une semaine, d’un mois, d’une vie.
Si par exemple je dis « faites attention à bien manger des fruits (pluriel minimum 3) et de la viande rouge ». On pourrait très bien manger plusieurs fruits et de la viande rouge une seule fois par semaine.
Et c’est uniquement en partant du principe que Al Wusta est l’équivalent d’une des salawât évoquées que se base le raisonnement 3 + 1, or il n’y a rien qui indique que ce soit le cas. Au contraire si elle est mise en évidence, à part, c’est qu’il y a une raison : on peut penser qu’elle est différente des salawât du 1er segment.
Si Salāt Al-Wusta était Salāti Min Yawmi Al-Jumu`a (qui est un des rares avis existants parmi les nombreuses divergences liées à Al-Wusta), la logique serait également respectée : 3 + jumu`a
L’avis qui consisterait à dire que c’est un adjectif est peu crédible par rapport aux noms donnés aux autres salawât (à la fois par rapport à leur situation dans une lecture symbolique et à leur temporalité dans une journée d’un point de vue littéral).
Cette formulation n’a pas non plus de sens tout court. Pourquoi décrire une qualité dans la salât en l’exprimant de cette manière ? D’autant plus qu’une salât « équilibrée » ni trop relâchée ni trop exagérée ne veut en réalité rien dire. Un croyant ne s’intéresse pas à l’image qu’il renvoie et ne va pas se chronométrer. Chaque personne a sa propre notion du juste milieu.
Le contexte ne se prête d’ailleurs ni à l’ostentation ni à l’hypocrisie.
La seconde erreur est de croire que Al-Wusta est sortie de nulle part et que le contexte dans lequel elle s’insère n’existe pas ou n’a pas d’importance.
D’autant plus lorsqu’elle apparaît entre 2 segments qui traitent du même thème :
En v234 – Wa Al-Ladhīna Yutawaffawna Minkum
En v240- Wa Al-Ladhīna Yutawaffawna Minkum
Voici une vue globale pour comprendre le contexte :
2.234
Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
+ délai d’attente
2.235
Engagement
+ attente de l’expiration du délai
2.236
Séparation + compensation
2.237
Séparation + compensation
2.238
Rappel d’être attentif aux salawât (lecture du livre pour se rappeler des âyât) + Wusta (relais sur les autres).
2.239
Si on est craint alors…puis se rappeler de Dieu en ce qu’il nous a enseigné et qu’on ne savait pas.
2.240
Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
+ assurer la continuité
Dans chacune des situations il s’agit de préparer la suite, d’assurer la liaison, de respecter des normes sociales pour maintenir l’équilibre dans la société.
2.238
Rappel d’être attentif aux salawât (et donc aux âyât du livre) + Wusta (relais sur les autres)
Al-Wusţá ٱلْوُسْطَىٰ : Modérée / équilibrée /milieu / intermédiaire / médiatrice
Voici les occurrences de la racine dans le Coran :
Moyenne (5.89)
Milieu (100.5)
Modérée / médiatrice (2.143 / 68.28)
Al Wasît الوسيط c’est le médiateur, l’intermédiaire
On comprend donc que ça fait référence à la salât « émetteur », celle entre les gens, qui fait le lien entre les āyāt de Dieu et les gens.
Soyez attentifs aux salawât et à la salât de la médiation. Et maintenez-vous pour Allah Qānitīn (soumis à ses ordres)
2.239
Si on craint/si on est préoccupés (en rapport avec ce dont on parle dans les versets d’avant c’est-à-dire ne pas faire correctement la médiation, l’application des âyât) alors des rijāl ou rukbān.
Il n’y a pas de verbe dans la phrase et c’est pourquoi les traducteurs ont rajouté le mot « priez » entre parenthèse. Prier en marchant n’a d’ailleurs aucun sens lorsqu’à côté on dit qu’il faut impérativement appliquer des gestes pour que la prière soit valide.
Si vous êtes préoccupés, alors (demandez) des rijāl (ceux qui apportent, que ce soit de l’aide, un appui ou des connaissances) ou des conduites. *
Tout comme Moussa quand il a craint (26.12) que le peuple de Fir`awna ne « le mette à l’épreuve » (4.101) et qu’il a demandé l’aide de Hārūn (26.13) et l’accompagnement (26.15)
* C’est-à-dire un accompagnement, une aide sur la façon d’agir, la manière de se comporter, de procéder, se faire emmener d’un point A à un point B, être embarqué, étape par étape vers le résultat escompté (84.19)
Les 2 cas s’apparentent à une aide extérieure.
Dans un contexte de médiation sociale, quand on craint de ne pas arriver à faire correctement quelque chose il est logique de solliciter une aide extérieure.
C’est pourquoi Dieu nous invite à être attentif à nos liaisons (lecture et mise en pratique des āyāt) c’est-à-dire nous permettant d’assimiler et intégrer les enseignements pour les mettre en application.
Rappelez- vous comme « Dieu vous a appris ce que vous ne saviez pas ».
Dans ce contexte, il s’agit de veiller à ne pas être injuste dans le cadre de nos relations et d’anticiper, de penser et préparer la suite.
Alors dès qu’on est au calme/serein se rappeler de ce qu’Allah nous a enseigné et qui relèvent de notre responsabilité
2.240
Ceux d’entre vous qui reviennent à l’état initial et laissent des pairs
+ assurer la continuité
Le wasiyyat permet d’assurer la continuité. Derrière cette symbolique : ne pas s’arrêter à notre propre personne, mais penser à l’après, aux autres. Chercher à redistribuer, à diffuser ce qu’on a acquis. En connaissances ou en biens.
Salât Al Wusta = liaison de l’intermédiaire/de la médiation
Et donc plus largement toute forme de médiation entre les gens et Dieu. Servir de relais, agir en médiateur entre Dieu et les gens à travers les āyāt.
Ça implique de les mettre en application. (Comme on l’a vu pour la salât de Shu`ayb qui agit comme intermédiaire/médiateur).
Assurer la liaison = diffuser (en appliquant) les signes contenant les enseignements sur les gens.
Capter le signal et propager le signal.
- La salât sur un mort
La liaison consiste à servir de relais entre la personne et Allah par la diffusion et l’application des āyāt :
5.106 – Ô vous qui avez cru, lorsqu’est emmené l’un de vous à la mort, le testament alwaSiyati sera attesté par deux hommes intègres d’entre vous, ou deux autres, non des vôtres, si vous vous laissez aller dans l’environnement et que la mort vous frappe. Vous les retiendrez (les deux témoins), après la liaison, puis, si vous avez des doutes, vous les ferez jurer par Dieu : « Nous ne faisons aucun commerce ou profit avec cela, même s’il s’agit d’un proche, et nous ne cacherons point le témoignage de Dieu. Sinon, nous serions du nombre des malfaiteurs ».
Etant mort il ne peut plus assurer la transmission demandée par Dieu dans son livre. C’est donc à nous de prendre le relais, d’assurer la liaison, de mettre en application la succession demandée par Allah en son nom. Transmettre ce qu’il a acquis et laissé (son testament) en appliquant les āyāt.
On comprend qu’après la salât (après lecture et mise en pratique des āyāt), c’est-à-dire le moment de partage et la transmission des biens, les 2 témoins jureront devant Dieu qu’ils n’ont pas menti dans leur témoignage du testament, et ne feront pas de commerce avec ce que l’on leur aura confié. (Et que donc les biens seront restitués aux bonnes personnes).
Certains passages ouvrent la porte (al bâb) à une mort symbolique :
2.56 – Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort afin que vous soyez reconnaissants.
16.21 – Ils sont morts, et non pas vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités.
27.80 – Tu ne peux faire entendre les morts, ni faire entendre l’appel aux sourds quand ils s’enfuient en tournant le dos.
30.52 – En vérité, tu ne fais pas entendre les morts ; et tu ne fais pas entendre aux sourds l’appel, s’ils s’en vont en tournant le dos.
La mort marque la fin d’un processus où tout devient figé, inerte.
A travers le prisme de l’esprit c’est l’aboutissement d’une compréhension qui se fige et cesse d’évoluer.
Un esprit éteint qui ne réfléchit plus et ne produit plus d’idées. Incapable d’entendre un discours différent du sien et encore moins le remettre en question.
16.20 – Ceux qu’ils sollicitent en dehors de Dieu ne khalaq rien, ils sont eux-mêmes créés.
16.21 – Ils sont morts, et non pas vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités.
Contrairement à celui qui est vivant, dont la pensée donne des fruits et évolue au fil des preuves.
36.33 – Un signe pour eux est la terre morte : Nous la faisons revivre et Nous en faisons sortir des grains dont ils mangent.
Celui qui est vivant progresse dans sa compréhension percevant les choses avec une clarté croissante.
6.122 – Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir ? Ainsi on a enjolivé aux négateurs ce qu’ils œuvrent.
Celui qui est mort est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir, car il n’entend plus et ne raisonne plus.
Il restera bloqué dans sa compréhension jusqu’à ce que Dieu décide de le ressusciter.
35.22 – De même, ne sont pas semblables les vivants et les morts. Dieu fait entendre qu’Il veut, alors que toi, tu ne peux faire entendre ceux qui sont dans les tombeaux.
Tout comme Dieu fait revivre la terre morte en descendant une eau.
16.65 – Dieu a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Il revivifie la terre après sa mort. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui entendent.
Le texte est figé mais l’information qui pénètre notre esprit lui donne vie.
Mourir c’est voir sa réalité/sa compréhension s’éteindre, atteignant la fin de son cycle.
23.80 – C’est Lui qui fait vivre et fait mourir ; à Lui l’alternance de la nuit et du jour. Ne comprenez-vous donc pas ?
La mort serait la fin d’un niveau et un état dans lequel on ne pourrait plus évoluer.
84 : 19 – Vous gravirez, assurément, niveau après niveau.
Alors lorsque la mort se présente à nous on transmet nos connaissances à un groupe de personnes si elles sont attestées comme fiables : Une préconisation à ceux qui sont moins avancés pour leur permettre d’avancer dans leur compréhension.
Quand c’est Dieu et les Malā’ikat qui établissent la liaison sur le nabî c’est d’abord une rhétorique pour faire comprendre qu’ils sont liés à la même cause. (En réponse à ceux qui croient à Dieu et ses Malā’ikat mais rejette le nabî ainsi que le livre qu’il transmet). Tous convergent vers un même objectif celui de diriger les gens dans la voie de Dieu.
Ils établissent une liaison sur le nabî, c’est-à-dire servent de relais pour qu’il puisse accomplir sa mission en le soutenant par la transmission et l’application de āyāt (8.12).
33.56 – Certes, Dieu et Ses Malā’ikat établissent la liaison sur l’informé ; ô vous qui croyez établissez la liaison sur lui et salimou taslîman.
Quand on établit la liaison sur le nabî c’est servir de relais au nabî par le biais des āyāt pour converger avec lui dans la direction de Dieu et l’aider à mettre en œuvre le plan divin.
Le soutenir dans sa mission en lui apportant des sadaqât.
9.99 – Parmi les Arabes certains croient en Dieu et au Jour Dernier et considèrent ce qu’ils dépensent comme un moyen pour se rapprocher de Dieu, et comme liaisons au messager. Et c’est vraiment un moyen pour eux de se rapprocher. Dieu les fera entrer dans Sa miséricorde, car Dieu est Pardonneur, Miséricordieux
9.103 – Prélève de leurs acquis une preuve de véracité par laquelle tu les purifies et les fais progresser, et établis la liaison sur eux, car ta liaison est une quiétude pour eux. Dieu est Audient, Connaissant.
Contrairement à ce que disent les traducteurs en rajoutant le verbe « bénéficier », ici la sadaqa est un moyen de se rapprocher d’Allah et de soutenir le nabî, pas un moyen d’acheter des invocations au nabî. La Foi ne s’achète pas. Donner à quelqu’un pour qu’il fasse l’intermédiaire auprès de Dieu pour nous est totalement contraire au message coranique. (11.51 / 38.86)
Les sadaqât sont des preuves de véracité. Don de sa personne pour aider à transmettre et faire appliquer le message divin. Un acte véridique qui permet de réaliser concrètement les choses. Il matérialise l’intention ce qui rend authentique dans le soutien au projet divin. (29.69)
Ces deux versets mettent en évidence la réciprocité des deux liaisons ce qui permet de créer une relation complémentaire où chacun à son échelle participe à œuvrer dans le même objectif.
Comment assurer la liaison sur le nabî aujourd’hui ? C’est agir en médiateur entre lui et Dieu, servir de relais, en transmettant et en appliquant les āyāt.
Soutenir la bonne direction qu’il a transmise pour converger vers Dieu.
En assurant la préservation de son message, en préservant l’harmonie/la paix (taslim).
Pas en adressant des salutations (déjà utilisé en 33.44) dans le vide.
Quand Dieu nous demande de faire « salât sur le nabî » c’est une action. Il ne s’agit pas de demander à Allah de le faire à notre place « Ô Allah, fais salât sur Muhammad » et le répéter en boucle.
Ça c’est l’action du peuple de Moussa :
5.24 – Ils dirent : « Moïse ! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes ».
Si un homme est pris dans un incendie et qu’on lui dit « appelle les pompiers et utilise l’extincteur », le fera-t-il ou dira-t-il : « Ô Allah, appelle les pompiers et utilise l’extincteur » ?
13.16 […] Dis : « Sont-ils égaux, l’aveugle et celui qui voit ? Ou sont-elles égales, les ténèbres et la lumière ? […]
Conclusion
Le Coran a lui-même introduit la notion de salât comme quelque chose de multidirectionnel, et c’est en adoptant le même point de vue que l’on peut saisir son sens. Il faut adapter sa logique à celle du Coran ou plutôt ajuster notre vision et nettoyer nos verres, car tout n’est que question de voile qui obstrue la compréhension.
Si on devait donner une dernière métaphore pour résumer la salât :
C’est comme être connecté à un GPS qui nous transmet toutes les données permettant d’avancer dans la bonne direction.
Et sur la route on rencontre des gens à l’arrêt, qui n’ont plus de réseau. Alors on les aide à trouver leur chemin en leur transmettant les renseignements pour les guider, ou en les connectant directement au GPS. Comme un partage de connexion, ainsi ils reçoivent à nouveau la liaison. Et s’ils sont en panne, on les aide à se remettre en route.
À quoi bon leur partager la connexion si on sait qu’ils sont en incapacité de se déplacer. Ce serait négliger notre liaison, car l’objectif est de faire converger vers Dieu. C’est ce message que l’on retrouve dans la sourate 107.