- Kitâb
L’idée centrale dépasse largement la simple notion de livre. Le kitâb désigne ce qui rassemble des éléments.
Une bibliothèque qui rassemble des livres est un kitâb, un livre rassemblant des pages est un kitâb, l’adn rassemblant les informations génétiques est un kitâb, un sujet rassemblant des concepts est un kitâb. Alif lam mim, combinaison de trois éléments est un kitâb.
Le mot qui est le plus adapté en français est « configuration », dans sa définition suivante :
Ensemble des éléments d’un système.
L’ensemble de données.
Notre mushaf rassemble les données essentielles pour notre dîn c’est donc un kitâb, Al kitâb dans lequel se trouve des kutub selon les différentes approches ou sujets traités.
Nous disposons tous de la même base de données, du même système.
Mais un ensemble de données sélectionnées dans cette base peut amener à un résultat, une compréhension différente de la base : c’est la mise à jour de notre compréhension.
- Qur’an
59.21 – Si Nous avions fait descendre ce qur’an sur une montagne, tu l’aurais vu se faire humble et se fendre par crainte d’Allah. Ces analogies, Nous les présentons aux gens afin qu’ils réfléchissent.
Le qur’an sur les montagnes elles s’écroulent.
Les montagnes sont les choses dans lesquelles on place nos certitudes. Que ce soit des personnes ou des idées. Elles sont bien ancrées dans notre environnement.
Si l’on reçoit toute l’explication d’un seul coup elles s’effondreraient.
La plupart ne pourrait le supporter.
2.286 – Allah ne charge une âme que selon ce qu’elle peut emmagasiner. À elle ce qu’elle a acquis, et contre lui ce qu’elle a commis. « Notre Maître, ne nous sanctionne/reprends pas si nous oublions ou si nous faisons des erreurs. Notre Maître, ne nous fais pas porter un fardeau comme Tu as fait porter à ceux d’avant nous. Notre Maître, ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter. Efface nos fautes, pardonne-nous et fais-nous miséricorde. Tu es notre Seigneur, soutiens-nous donc contre les personnes qui recouvrent la vérité ».
Et ce ne serait pas un processus éducatif.
25.32 – Ceux qui ont nié dirent : « Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le qur’an/l’explication en une seule fois ? » Il en est ainsi afin que ton cœur en soit raffermi. Nous l’avons agencé selon un ordre harmonieux.
Donc il faut y aller progressivement, graduellement.
76.23 – En effet c´est Nous qui avons fait descendre sur toi le qur’an graduellement
Le kitâb nous dit vous passerez par des états successifs.
84.19 – Vous gravirez, assurément, niveau après niveau.
La compréhension évolue par pallier, par mise à jour.
On ne peut pas saisir une compréhension tant que l’on n’a pas atteint un certain niveau.
Ou que l’on n’a pas effacé certaines données ancrées en nous et qui nous bloquaient.
C’est normal que la vision évolue et que l’on perçoit des choses que l’on ne voyait pas lors de notre première lecture ni des suivantes.
Et l’une des premières étapes de purification consiste à s’affranchir des définitions imposées, notamment en distinguant le livre physique que l’on a nommé « Coran » du terme qur’an.
10.37 – Nullement ce qur’an n’ait pu être inventé par autre qu’Allah ; cependant il authentifie ce qui est en sa possession, et un tafsîl du kitâb en quoi il n’y a aucun doute, venu du Maître des êtres cognitifs.
On apprend que le qur’an équivaut au tafsîl du kitâb.
Et qu’il se trouve dans un kitâb maknun.
56.77 – Et c´est certainement un qur’an noble,
56.78 – dans un kitâb, caché,
56.79 – que seuls les purifiés atteignent.
C’est l’explication, le déchiffrement du kitâb.
Seuls y accèdent les mutahharun, ceux qui ont fait l’effort de se débarrasser de leurs impuretés.
Les autres restent bloqués à la surface. Sourds et aveugles, un voile les empêche de comprendre.
17.45 – Et quand tu déchiffres l’explication, Nous plaçons, entre toi et ceux qui ne sont pas confiants avec la finalité, un voile invisible,
17.46 – Nous avons mis des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu´ils ne le comprennent pas : et dans leurs oreilles, une lourdeur. Et quand tu évoques ton Maître dans l’explication, seul, ils tournent le dos par répulsion.
En 73.20 il est dit de iqra’a ce que l’on s’est facilité du qur’an, c’est-à-dire déchiffrer ce qui nous est rendu facile de l’explication du kitâb.
Autrement dit ce qu’on est en mesure de comprendre de par nos ressources et notre état de purification.
17.106 – Un qur’an que Nous avons fragmenté, pour que tu le déchiffres aux gens. Et Nous l´avons fait descendre graduellement.
- Tawrat et Injîl
9.111 – Certes, Allah a acheté des dignes de confiance, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d´Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C´est une promesse véridique qu´Il a prise sur Lui-même dans la tawrat, l´injîl et le qur’an. Et qui est plus fidèle qu´Allah à son engagement ? Réjouissez-vous donc de l´échange que vous avez fait : Et c´est là le très grand succès.
On sait désormais que le qur’an n’est pas un livre. Et il est mis au même niveau que tawrat et injîl.
Le qur’an arrive graduellement. C’est la mise à jour de notre compréhension, l’explication de ce qui nous était inconnu. L’héritage des deux orphelins est renfermé dedans.
Si on pense que ce sont des livres annexes alors on n’atteindra jamais le qur’an.
5.68 – Dis : « Ô familiers du kitâb, vous n’êtes sur rien, tant que vous ne vous tenez pas à la tawrat et l’injîl, et à ce qui est descendu vers vous de la part de votre Maître ». Ce qui est descendu sur toi de la part de ton Maître va faire croître chez beaucoup d’entre eux la transgression et la négation. Ne t’afflige pas pour les gens négateurs.
Ne tiendra sur rien, c’est-à-dire le résultat sera inefficient.
Qu’est-ce que la tawrat :
62.5 – L’exemple de ceux qui ont été chargés de la tawrat, mais qui ne s’en sont ensuite pas chargés, est similaire à l’âne qui porte des livres. Quel misérable exemple que celui des gens qui ont démenti les signes d’Allah. Allah ne guide pas les gens obscurantistes.
Cet exemple nous donne quelques premiers éléments sur la tawrat.
Ceux qui ne l’appliquent pas, ils démentent les âyât d’Allah.
La comparaison se fait entre tawrat et âyât mais pas entre tawrat et kitâb.
On leur demande de porter en eux la tawrat c’est-à-dire de l’assumer et de la concrétiser.
La tawrat c’est des âyât qui doivent être mis en application et non démentis.
3.23 – N’as-tu pas vu ceux à qui une part du kitâb a été donnée, et qui ont été invités à utiliser le kitâb d’Allah pour juger entre eux, puis certains d’entre eux se sont détournés ; ils sont de ceux qui se détournent.
Une part du kitâb.
Donc il y a différentes parties.
Du même kitâb.
Dont une qui sert à juger avec bon sens, à évaluer les choses.
5.43 – Mais comment te prendraient-ils comme juge, alors qu’ils ont avec eux la tawrat dans laquelle se trouve le ĥukm d’Allah ? Puis, ils se détournent après cela ; ce ne sont pas ceux-là les dignes de confiance.
La tawrat est explicitement définie dans ce verset.
La tawrat comporte le hukm, c’est-à-dire le jugement avec bon sens venant d’Allah. La loi ou plutôt la ligne de conduite qui va nous aider à évaluer correctement les choses ou les situations extérieures.
5.44 – Nous avons fait descendre la tawrat dans laquelle il y a guidance et lumière. Jugent par elle les nabiyun, ceux qui se sont alignés/al ladhina aslamu, pour ceux qui se sont guidés/al ladhina hadu, ainsi que les rabaniyun et les ahbaru, car on leur avait demandé de préserver du kitâb d’Allah, et ils en étaient témoins. Ne craignez pas les gens, mais craignez-Moi. N’échangez pas Mes signes à vil prix. Quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les négateurs.
Jugent par elle (la tawrat) ceux qui se sont aslamu, c’est-à-dire les muslim.
Les muslim jugent avec la tawrat. De même que les nabiyun, les rabaniyun et les ahbar.
Ils sont témoins de quoi ?
Que dans le kitâb il y a les hukum/tawrat.
« N’échangez pas mes âyât à vil prix »
Là encore on parle de âyât.
Et donc en tant que muslim doit-on juger avec ce qu’Allah a fait descendre ?
Bien sûr, puisque dans notre kitâb se trouve les hukum.
13.37 – C’est ainsi que Nous l’avons fait descendre en tant que hukman `arabiyan. Si tu suis leurs désirs après ce qui t’es parvenu de savoir, il n’y aura pour toi, contre Allah, aucun allié ni protecteur.
Qu’est-ce que l’injîl :
51.49 – De toute chose, Nous avons créé deux catégories complémentaires/zawjayn. Peut-être vous rappellerez-vous ?
Tout a été créé par zawj.
36.36 – Magnificence à Celui qui a formé toutes les catégories complémentaires/azwaj de ce que la terre fait pousser, ainsi que d’eux-mêmes et de ce qu’ils ne savent pas.
Y compris dans le kitâb, où des mots sont regroupés ensemble. Layl et Nahar, Žulumâti et Nûr, etc
Tawrat et injîl forment un zawj. Ard et sama’ forment un zawj.
46.4 – Dis : « Avez-vous vu ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ? Montrez-moi donc ce qu’ils ont formé de la terre. Ou ont-ils une association dans les cieux ? Apportez-moi un kitâb antérieur à celui-ci ou un vestige d’une science, si vous êtes véridiques ».
Dans ce verset on parle de la terre, des cieux, puis d’un kitâb.
22.70 – Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et la terre ? Cela est dans un kitâb, et cela est facile pour Allah.
Ce qui est dans le ciel et la terre est dans un kitâb.
3.1 – Alif Lam Mim
3.2 – Allah, il n’y a de référent que Lui, le Vivant, l’Immuable.
3.3 – Il a fait descendre sur toi le kitâb avec la vérité, authentifiant ce qui est entre ses mains, et Il a fait descendre la tawrat et l’injîl
Ce qui est musaddiqan c’est le kitâb donc le sujet central c’est le kitâb.
Le hi de yadayhi soit « il » renvoie également au sujet qui est le kitâb.
Le kitâb a des yad c’est-à-dire une capacité, une fonction pour agir.
3.4 – auparavant, comme guidance pour les gens. Et Il a fait descendre le furqân. Ceux qui ont nié les signes d’Allah, pour eux une dure épuration. Allah est Tout-Puissant, Détenteur de la vengeance.
Le furqan la distinction, ce qui sépare.
3.5 – Allah : rien n’est caché de Lui, ni dans la terre ni dans le ciel.
On parle toujours du kitâb.
En corrélation avec le 22.70 – fi kitâb.
3.6 – C’est Lui qui vous façonne dans les matrices comme Il veut. Il n’y a de référent que Lui, le Tout-Puissant, le Sage.
Matrices nourricières qui fournissent les ressources essentielles pour notre développement.
Là Il dévoile la distinction (le furqan) :
3.7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le kitâb ; il s’y trouve des signes muĥkamat, qui constituent la base du kitâb, et d’autres mutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Allah et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout provient de notre Maître ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.
La séparation dans la compréhension des choses (cf 18.78).
Deux composantes ou dimensions dans le kitâb.
48.29 – Muhammadun rasûlu Allah. Ceux qui sont avec lui sont durs envers les négateurs, miséricordieux entre eux. Tu les vois rukka`an, sujjadan, recherchant d’Allah faveur et agrément. Les caractéristiques dans leurs desseins proviennent de l’effet du sujûd. Telle est leur analogie dans la Tawrat. Et leur analogie dans l´Injîl est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis la renforce ; alors elle s’épaissit, et se dresse sur sa tige, émerveillant les semeurs et enrageant les négateurs. Allah a promis à ceux d’entre eux qui ont été confiants et fait de bonnes actions un pardon et une récompense immense.
C’est le même exemple sur 2 lectures différentes.
Leur exemple dans la tawrat :
Sujjadan ils ont intégré les préceptes et les appliquent. C’est quelque chose de concret.
On est dans la dimension littérale, extérieure.
Leur exemple dans l’injîl :
Celle d’une semence qui prend forme.
On est dans la dimension allégorique, intérieure.
5.47 – Que jugent les familiers de l’Injîl d’après ce qu’Allah a fait descendre dedans. Quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah fait descendre, ce sont eux les déviants.
Que signifie juger avec l’injîl, si c’est avec la tawrat que l’on juge ente les gens ?
Par exemple celui qui ne juge pas avec l’injîl va aller chercher l’image du 48.29 dans d’autres livres, alors qu’il a entre les mains le kitâb d’Allah où se trouvent toutes les réponses.
Il va chercher à l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur.
30.42 – Dis : « Parcourez la terre et regardez quelle fut la fin de ceux qui ont vécu auparavant. La plupart d’entre eux étaient des associateurs ».
Va-t-on parcourir la terre physiquement ou va-t-on parcourir des âyât du kitâb pour voir ce que sont advenus les peuples ?
16.36 – Nous avons envoyé dans chaque communauté un messager : « Suivez Allah et écartez-vous du taghut ». Certains ont été guidés par Allah, tandis que d’autres ont été condamnés à l’égarement. Parcourez donc la terre, et regardez quelle fut la fin de ceux qui traitaient de mensonge.
7.84 – Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie. Regarde donc quelle a été la fin des criminels.
10.73 – Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui, dans l’arche. Nous fîmes d’eux des dirigeants. Nous noyâmes ceux qui traitaient de mensonges Nos signes. Regarde quelle a été la fin de ceux qui avaient été avertis.
En « parcourant la terre » on les retrouve :
Dans la tawrat en 9.112
Dans l’injîl en 2.261
L’allégorie contient également un jugement de bon sens :
5.32 – C’est pourquoi Nous avons configuré/katabna aux bani Isra’il que celui qui tue une personne, à moins d’une personne ayant fait fasadin fi al ard, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière. Et celui qui lui donne vie, c’est comme s’il avait donné vie à l’humanité entière. Nos messagers leur sont venus avec les preuves. Pourtant, malgré cela, beaucoup d’entre eux commettent des excès fi al ard.
Quiconque donne la vie à une nafs c’est comme s’il avait donné vie aux nas réunis. Car quand la lumière jaillit l’esprit reprend vie et celui-ci va agir autour de lui. C’est ce qui va modifier l’état d’un peuple (13.11).
Limiter la compréhension à un simple fait historique ou à un élément extérieur à notre nafs c’est tuer l’esprit conscient. Et un esprit endormi, son état ne changera pas.
Parle-t-on de semer la corruption sur terre, ou parle-t-on de semer le trouble en abrogeant des âyât du kitâb, ou de corrompre le message universel en détournant le sens des mots en les arrachant de leurs racines dans lesquelles ils sont ancrés ?
7.86 – Ne vous placez pas sur tout chemin, menaçant et détournant du chemin de Dieu celui qui croit en Lui, en cherchant la tortuosité. Rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu’Il vous a multipliés, et regardez quelle a été la fin des corrupteurs.
En propageant des paroles déracinées du kitâb.
2.204 – Parmi les gens dans la vie immédiate il y a celui dont la parole t’impressionne, et qui prend Allah à témoin de ce qu’il y a dans son cœur, alors que c’est le plus acharné des opposants.
Revenons à ce verset,
3.7 – C’est Lui qui a fait descendre sur toi le kitâb ; il s’y trouve des signes muĥkamat, qui constituent la base du kitâb, et d’autres mutashâbihât. Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui, cherchant le trouble en recherchant leur interprétation, alors que personne ne connaît leur interprétation, à part Allah et ceux enracinés dans la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, tout provient de notre Maître ». Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.
Et analysons plus en détail ce passage pour comprendre l’importance de juger/évaluer les choses avec l’injîl :
ٱلَّذِينَ فِى قُلُوبِهِمْ زَيْغٌۭ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَٰبَهَ مِنْهُ
Al-Ladhīna Fī Qulūbihim Zayghun Fayattabi`ūna Mā Tashābaha Minhu
« Ceux qui ont dans leur cœur une déviance suivent ce qui ressemble de lui »
Ils suivent ce qui ressemble de lui (minhu) ce qui paraît semblable.
La subtilité est dans l’utilisation de la préposition Minhu et non Fihi. Cela signifie qu’ils vont prendre à partir de lui quelque chose qu’ils connaissent de l’extérieur, quelque chose qui y ressemble, et l’attribuent aux âyât.
Autrement dit ils partent avec une idée préconçue et familière dans leur esprit et ne vont pas chercher plus loin : pour eux les montagnes sont juste des montagnes. Le chien c’est le chien.
Plutôt que de puiser directement dans le kitâb, ils projettent ce qu’ils pensent déjà connaître.
Or, les mathal sont donnés pour inciter à la réflexion et dépasser la simple dimension littérale.
Mais alors quel est l’exemple du chien/kalb dans le kitâb ?
7.176 – Si Nous avions voulu, Nous l’aurions élevé avec cela, mais il s’accrocha à la terre et suivit son désir. Son exemple est similaire à un chien qui halète si tu te portes vers lui, ou qui halète si tu le laisses. Tel est l’exemple des gens qui traitent de mensonges Nos signes. Relate donc l’histoire, afin qu’ils réfléchissent.
Le chien il refuse de s’élever il refuse le ciel et reste la tête par terre. La terre symbolisant le niveau le plus bas, celui du littéral, et le ciel un niveau plus élevé. Sa compréhension n’évoluera pas.
« Tel est l’exemple des gens qui traitent de mensonges Nos signes »
C’est la caractéristique d’un comportement.
L’injîl nous invite à regarder à l’essence des choses, à explorer ce qui se cache au-delà de sa dimension physique.
Cette lecture intérieure et spirituelle est libératrice. Elle transforme notre perception et nous libère de certains fardeaux que nous nous étions imposés à l’image d’Isra’il.
3.50 – Et j’authentifie ce qui est entre mes mains de la tawrat, et je vous rends licite une partie de ce qui vous était restreint. Je suis venu à vous avec un signe de votre Maître. Prenez conscience d’Allah, et obéissez-moi.
C’est pourquoi `Issa est la maitrise de l’injîl.
Donnant la vue à l’aveugle qui ne voit pas les preuves, soignant celui qui a une maladie au cœur, faisant revivre celui qui est mort avec sa compréhension, façonnant l’esprit pour qu’il devienne un oiseau.
Et que représente l’oiseau ?
67.19 – N’ont-ils pas vu les oiseaux au-dessus d’eux, déployant et repliant leurs ailes ? Seul Ar Rahmân les retient. Il est, de toute chose, Clairvoyant.
16.79 – N’ont-ils pas vu les oiseaux assujettis à l’air du ciel ? Rien ne les retient à part Allah. En cela, il y a bien des signes pour des gens qui ont confiance.
Il vole de ses propres ailes, évolue en toute liberté.
Débarrassé des carcans religieux qui l’empêchaient de prendre son envol.
Son seul soutien est Allah, et nul autre ne lui dicte sa conduite.
Il s’élève spirituellement et voyage dans l’atmosphère du sama’.
- Zabur
21.105 – Nous avons configuré dans le zabur, après le Rappel, que la terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux.
La terre sera héritée par les serviteurs vertueux. Cela paraît être programmé d’avance dans le zabur.
26.196 – Et ceci est dans les zubur des premiers.
Dans de nombreuses occurrences où les termes zabur/zubur apparaissent, il y est fait référence à « ceux d’avant » dénotant une dimension cyclique.
3.184 – S’ils te traitent de menteur, ils avaient traité de menteurs des messagers avant toi ; ils étaient venus avec les preuves, les zubur et le kitâb mounir.
16.43 – Nous n’avons envoyé, avant toi, que des rijâl auxquels Nous avons inspiré – demandez donc aux familiers du Rappel si vous ne savez pas –
16.44 – avec les preuves évidentes et les zubur. Et Nous avons fait descendre vers toi le Rappel, pour que tu clarifies aux gens ce qui est descendu vers eux et afin qu’ils réfléchissent.
54.43 – Vos négateurs sont-ils meilleurs que ceux-là ? Ou bien y a-t-il dans les zubur une immunité pour vous ?
La comparaison met en évidence un principe de récurrence, qui ne laisse place à aucune exception.
54.51 – Nous avons détruit vos partisans. Y a-t-il quelqu’un pour se rappeler ?
54.52 – Toutes les choses qu’ils ont faites sont dans les Zubur,
La destruction vient en conséquence des choses qu’ils ont faites. Les actions, qu’elles soient petites ou grandes, entraînent des conséquences.
54.53 – Et tout, petit ou grand, est mustarun/inscrit.
C’est le principe de causalité qui est le même pour tous.
Les principes de causalité désignent les règles ou mécanismes qui expliquent le lien entre une cause et son effet. Ils reposent sur l’idée que tout événement a une cause qui le précède et le détermine.
Telle action donnera tel résultat. Certaines mauvaises actions engendreront un état négatif tandis que les bonnes amèneront à un état positif.
54.54 – Les muttaqîn sont dans des jannat et des nahar,
La notion de karma s’inscrit d’ailleurs dans cette propriété causale. Une cause produit nécessairement un effet.
Les zubur sont les principes de causalité qui ne peuvent être brisés et qui structurent nos actions.
54.49 – Nous avons formé toute chose avec mesure,
54.50 – Et Nos commandes sont exécutées en un clin d’œil.
Chaque événement est un maillon inébranlable dans une chaîne causale qui façonne la réalité.
23.53 – Mais ils se sont divisés entre eux à propos de leurs commandes en zuburan, chaque groupe se réjouissant de ce qu’il détenait.
Ils ont inventé des règles causales fondées sur l’idée d’une sélection divine basée sur l’appartenance à un groupe, affirmant que « faire partie de notre communauté permettra d’accéder au paradis ».
Et où telle action entrainerait telle récompense déterminée. Par exemple « en disant ça tu auras 1000 hassanates », « en faisant ça tu auras une maison au paradis ».
- Notre kitâb
32.23 – Nous avons effectivement donné à Moussa le kitâb – ne sois donc pas en doute sur ta rencontre avec lui -, et l’avons assigné comme guide aux bani isra’il.
35.32 Nous avons fait hériter le kitâb
40.53 – Nous avons donné à Moïse la guidance, et fait hériter les bani isra’il du kitâb,
40.54 – une guidance et un rappel pour les doués d’intelligence.
Tout comme les suhuf d’Ibrahim et de Moussa
87.18 – Ceci se trouve dans les suhuf anciens,
87.19 – les suhuf d’Ibrahim et de Moussa.
Que l’on retrouve par exemple dans les versets 36 à 54 de la sourate 53.
53.36 – N’a-t-il pas été informé de ce qu’il y avait dans les suhuf de Moussa,
53.37 – et d’Ibrahim, qui fut rétribué ?
Que ce soit le kitâb de Moussa, les suhuf, l’injîl, tawrat, tout se trouve dans le livre appelé Coran.
46.30 – Ils dirent : « Ô notre peuple, nous venons d’entendre un ensemble de données/ une configuration / kitaban qui est descendu après Moussa, authentifiant ce qui est en sa possession. Il guide vers la vérité et vers un droit chemin.
Ce que possède Moussa il y a une autre façon de le comprendre.
Certains sont restés bloqués dans la vision littérale de Moussa alors que lui-même a cherché à évoluer dans sa compréhension des choses en allant rencontrer le `abd qui avait une science.
Moussa avait le kitâb mais il n’a pas accédé à l’injîl, il n’a pas atteint ce niveau.
L’ensemble de données (kitâb) descendu après Moussa c’est une dimension supérieure où il faut dépasser la notion physique.
19.30 – Il dit : « Je suis le disciple d’Allah. Il m’a donné le kitâb et a fait de moi un informé.
3.48 – « Et Il lui enseignera le kitâb, la hikma, la tawrat et l’injîl,
Le kitâb de `Issa, le fameux kitâb après Moussa, reprend la base de données de Moussa tout en apportant un enseignement allégorique, tourné vers l’intériorité.
5.46 – Dans leurs foulées, Nous avons fait suivre `Issa abni Maryam, authentifiant ce qui est entre ses mains de la tawrat. Nous lui avons donné l’injîl, dans lequel il y a guidance et lumière, authentifiant ce qui est entre ses mains de la tawrat, et comme guidance et exhortation pour ceux qui prennent conscience.
La table servie avec 114 sourates dont tout croyant nourrit son âme.
5.113 – Ils dirent : « Nous voulons en manger, et que soient rassurés nos cœurs, et que nous sachions que tu nous as dit la vérité, et que nous en soyons les témoins ».
Pour le premier et le dernier d’entre nous.