Le rôle d’Adam dans notre évolution

Quelle est la caractéristique du bashar ?

Une première indication est donnée en 15.26-27-28 : l’ordre de formation.

15.26 – Nous avons formé le Insān d´une argile crissante, extraite d´une boue malléable.

15.27 – Et quant au Jinn, Nous l´avions auparavant formé d´un feu d´une chaleur ardente.      

15.28 – Et lorsque ton Seigneur dit aux malā’ika : « Je vais former un bashar d´argile crissante, extraite d´une boue malléable          

15.33 – Il dit : « Je ne peux sujud à un bashar que Tu as formé d´argile crissante, extraite d´une boue malléable »

Donc d’abord jinn puis ins puis bashar.

Il y a également 2 informations qui sont données dans ce passage :

Le insān et le bashar ne sont pas différenciés (Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin) ce qui montre que les deux termes ont à minima un socle commun.

Le jinn est introduit après le insān alors qu’il a été créé avant celui-ci, devenant, dans un but rhétorique, l’élément central grâce au bashar introduit après.

Voyons quelles sont les caractéristiques dans d’autres versets :

JINN

Le jinn est khalaq/formé de Min Mārijin Min Nārin (55.15) / Min Nāri As-Samūmi (15.27)

INSAN

Le insān est khalaq/formé de Ţīnin (32.7) / Sulālatin Min Mā’in Mahīnin (32.8) / Rūĥ (32.9) + Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin (15.26) + nutfatin (16.4) / (36.77) / (76.2) + Nuţfatan Min Manīyin Yumná (75.37) + `Alaqat (75.38) / Min `Alaq (96.2) + Min Sulālatin Min Ţīnin (23.12) /+ Min Şalşālin Kālfakhkhāri (55.14) + Min Turāb (22.5)

BASHAR

Le bashar est khalaq/formé de Mina Al-Mā’i (25.54) + Min Şalşālin Min Ĥama’iin Masnūnin (15.28) + Min Turāb (30.20) + Ţīn (38.71) + Rūĥ (15.28) / (38.72)

Peu de différence entre le insān et le bashar. Mais il existe certaines nuances qui permettent de les distinguer :

Les deux sont associés à la mortalité mais on insiste davantage sur cet aspect côté bashar tandis qu’au insān c’est plutôt pour qu’il s’interroge sur sa propre condition et prenne conscience.

19.66 – Al Insān dit : « Une fois mort, me fera-t-on sortir vivant ? »

75.3 – Al Insān pense-t-il que Nous ne rassemblerons jamais ses os ?

75.36 – Al Insān pense-t-il qu´on le laissera sans obligation à observer ?

75.40 – Celui-là n’a-t-Il pas le pouvoir de faire revivre les morts ?

86.5 – Que Al Insān considère de quoi il a été formé.

89.23 – et que ce jour-là, on amènera l’Enfer : ce jour-là, Al Insān se rappellera. Mais à quoi lui servira de se rappeler ?

Au ins on interroge tandis que pour le bashar on l’évoque d’un point de vue extérieur (comme vous/ je ne vois que/ comme nous) à titre informatif.

26.154 – Tu n’es qu’un bashar comme nous. Apporte donc un signe, si tu es du nombre des véridiques ».

Quand on parle de la création/formation de al insān c’est pour qu’on s’interroge sur nous-mêmes, mais quand on parle de la création/formation du bashar c’est pour donner une information aux malā’ika.

Dans toutes les occurrences le bashar est une caractéristique, quelque chose d’observable, d’identifiable extérieurement.

19.26 – Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu´un d´entre les bashar, dis [lui:] « Assurément, j´ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd´hui à aucun Insīyān »

Elle voit le bashar mais elle s’adresse au ins.

Al Insān on parle d’eau Mahīn (une goutte) (32.8) tandis que pour le bashar on parle d’eau (25.54).

Le bashar a donc sharaba, il s’est rempli d’eau comme une éponge.

Or qu’est-ce qu’on shrab ? De l’eau/du liquide c’est-à-dire des informations, des connaissances (on a appris les asmāa de toutes choses à Adam).

23.33 – Les notables de son peuple qui avaient dénié et traité de mensonge la rencontre de l’Au-delà, et que Nous avions comblés de bienfaits dans la vie présente, dirent : « Celui-ci n’est qu’un bashar comme vous, mangeant de ce que vous mangez, et buvant de ce que vous buvez.

Quand on dit qu’on a appris à Al Insān ce qu’il ne savait pas (sourate 96) c’est probablement les asmāa ou le bayān (sourate 55) et qu’il est devenu bashar c’est-à-dire qu’il va extérioriser, expérimenter les asmāa d’Allah.

Le ins est un état de conscience primaire (ramené au plus bas niveau sourate 95), il est limité à ce qu’il perçoit, ce dont il a conscience.

Le bashar va interagir avec l’extérieur par le biais de ce qu’il a assimilé, partager quelque chose à l’extérieur de lui-même, extérioriser (bashara/faire sortir de soi en opposition à sharaba/absorber).

Ce n’est pas un statut ou un rang mais plutôt une fonction, une expérience que l’on vit ici-bas. Chacun ayant la capacité d’assimiler des informations puis de les extérioriser.

Que ce soit sous forme de sentiments, de comportements ou d’informations.

Pourquoi avoir formé un bashar et quel est son rôle ?

Regardons le contexte auquel il est lié :

38.67 – Dis : « Ceci est une information énorme,

38.68 – Dont vous vous détournez.

38.69 – Je n’ai aucune connaissance de la population tout là-haut quand elle disputait.

38.70 – Il m’est seulement révélé que je suis un avertisseur clair ».

38.71 – Quand ton Seigneur dit aux Malā’ika : « Je vais former d’argile un bashar.

38.72 – Quand Je l’aurai bien façonné et lui aurai insufflé de Mon rūh, écoutez-le avec obéissance ».

38.73 – Alors tous les Anges écoutèrent et obéirent,

38.74 – excepté Iblis qui s’enfla d’orgueil et fut du nombre des négateurs.

38.75 – (Allah) lui dit : « Ô Iblis, qu’est-ce qui t’a empêché d’écouter et d’obéir à ce que J’ai formé de mes ressources ? T’enfles-tu d’orgueil ou te considères-tu parmi les hauts placés ? »

38.76 – « Je suis meilleur que lui, dit [Iblis,] Tu m’as formé de feu et tu l’as formé de terre ».

38.77 – (Allah) dit : « Sors d’ici, te voilà banni ;

38.78 – et sur toi sera ma malédiction jusqu´au jour de la Rétribution ».

38.79 – « Rabb, dit [Iblis,] donne-moi donc un sursis, jusqu´au jour où ils seront ressuscités ».

38.80 – (Allah) dit : « Tu es de ceux à qui un délai est accordé,

38.81 – jusqu’à l’étape de l’Instant Connu ».

38.82 – « Par Ta puissance ! dit [Iblis]. Je les égarerai assurément tous,

38.83 – sauf Tes disciples fidèles ».

38.84 – (Allah) dit : « En vérité, et c’est la vérité que je dis,

38.85 – J’emplirai certainement l’Enfer de toi et de tous ceux d’entre eux qui te suivront ».

Le bashar est introduit juste après le passage de la « dispute céleste » car il a pour fonction de distinguer qui est véritablement malak et qui ne l’est pas tout simplement.

D’où le « je ne suis qu’un avertisseur » : c’est un test.

Un rôle dont le insān s’est chargé volontairement.

33.72 – Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la “chose confiée”. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que le insān s’en est chargé ; car il est obscurantiste et très ignorant.

33.73 – afin qu’Allah corrige les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, et Allah accueille le repentir des croyants et des croyantes. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Le bashar apparait comme étant le « révélateur » conçu par Dieu pour éduquer les nafs et trier ce qui est malakān (fidèle porteur de l’instruction divine) de ce qui est shaytān (celui qui mélange l’instruction divine avec tout et n’importe quoi).

En quoi le bashar va permettre de savoir qui est véridique de qui est hypocrite ?

2.30 – Lorsque Ton Seigneur dit aux Malā’ika : « Je vais établir sur la terre un « Khalifa ». Ils dirent : « Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? » – Il dit : « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas ! ».

2.33 – Il dit : « ô Adam, informe-les de ces noms ; » Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Allah dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ? » (Mā Tubdūna Wa Mā Kuntum Taktumūna)

« Je sais ce que vous divulguez et cachez ». Comment peuvent-ils divulguer quelque chose sans en avoir la connaissance ?

C’est après ce passage qu’Iblis est introduit :

2.34 Et lorsque Nous dîmes aux Malā’ika d’écouter et d’obéir à Adam, ils écoutèrent et obéirent à l´exception d´Iblis qui refusa, s´enfla d´orgueil et fut parmi les négateurs.

Et si c’était « Iblis » que les malā’ika avaient enfoui en eux ?

C’est-à-dire que tous les malā’ika ont sujud excepté une partie réfractaire en eux.

Adam a été l’élément déclencheur, on lui a appris la signification de chaque chose il a donc été en mesure d’identifier ce qui était jusqu’à présent inconnu.

Voici le premier enseignement de Dieu, pour les malā’ika, et donc pour nous.

Car les malā’ika sont des nafs.

18.51 – Je ne les ai pas pris comme témoins de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leur nafs (Anfusihim). Et Je n´ai pas pris comme aides ceux qui égarent

Cette même nafs qui a la possibilité d’enfouir ou de dissimuler.

2.284 – C´est à Allah qu´appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Que vous divulguiez (Tubdū) ce qui est en votre âme (Fī ‘Anfusikum) ou que vous le cachiez Tukhfūhu), Allah vous en demandera compte. Puis Il pardonnera à qui Il veut, et châtiera qui Il veut. Et Allah est Omnipotent.

3.29 – Dis : « Que vous cachiez (Tukhfū) ce qui est dans vos poitrines ou bien vous le divulguiez (Tubdūhu), Dieu le sait. Il connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Dieu est Omnipotent.

2.33 […] Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre ? […]

Qui est Iblis ?

18.50 – Lorsque Nous avons dit aux anges : « Ecoutez et obéissez à Adam », ils écoutèrent et obéirent, excepté Iblis qui faisait partie des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. « Allez-vous donc le prendre, ainsi que sa descendance, comme alliés en dehors de Moi, alors qu’ils sont, pour vous, des ennemis ? » Quel misérable échange pour les injustes !

Il est caractérisé pour avoir désobéi à un ordre, celui de sujud. Il a refusé la définition correcte de chaque chose lorsqu’Adam l’informait des asmāa. Il incarne l’orgueil et le rejet de la vérité. Ceux qui n’écoutent pas avec obéissance les āyāt de Dieu suivent donc la voie d’Iblis (7.18).

Iblis faisait partie des jinn :

C’est-à-dire qu’il était parmi « ceux qui génèrent des choses depuis l’invisible/caché » (d’où le terme français génie celui qui génère des choses qui n’étaient pas connues/hors du commun).

7.13 – [Allah] dit : « Descends de ça, tu n´as pas à t´enfler d´orgueil en lui (Fīhā). Sors, te voilà parmi les dévalués. »

Descends de cet état car l’esprit contraire n’a rien à faire au jannat (là où toutes les pensées sont en harmonie/en conformité) ou descends de lui (minhu)

Sors de là où tu te cachais (dans l’inconscient), sois exposé aux yeux de tout le monde de sorte à ce que tu ne puisses plus avoir d’influence (Mina as-sāghirīn)

Mais Dieu lui a accordé un délai (15.37) donc il pourra continuer à agir jusqu’à un terme fixé, celui où le contenu des poitrines sera dévoilé.

17.64 – Excite, par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses ». Or, le Diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie.

7.27 – Ô enfants d’Adam, que le diable ne vous trouble pas, tout comme il a fait sortir du Paradis vos parents, leur enlevant leur vêtement pour leur montrer leur nudité. Il vous voit, lui et sa tribu, d’où vous ne les voyez pas. Nous avons désigné les diables comme alliés de ceux qui ne croient pas.

« Il vous voit d’où vous ne le voyez pas » ça veut dire qu’il est en nous donc on ne peut pas le voir mais lui voit tout ce qui se passe en nous et peut nous influencer.

Il peut le faire sans qu’on s’en rende compte car il est caché à l’intérieur de notre esprit.

Iblis disparait alors de l’équation (7.18) mais Dieu nous avertit que sa « descendance » (ce qu’il a engendré comme conséquences) peut se manifester à tout moment et représente un ennemi pour nous même.

Iblis est la personnification de cet esprit contraire, de désobéissance et d’ogueil, présent en chacun de nous. D’où le fait qu’il soit appelé ash shaytān par la suite. Il est l’initiateur du déséquilibre, il a initié une faille qui va engendrer des conséquences, il y aura d’autres déséquilibres/perturbateurs (shayātīn). Déséquilibre entraînant un autre.

C’est pourquoi Adam est averti que c’est un ennemi déclaré, lui et sa descendance/ ce qu’il engendre comme conséquences.

20.117 – Alors Nous avons dit : « Ô Adam, celui-là est un ennemi pour toi et ton zawj. Qu’il ne vous fasse pas sortir du Jannat, sinon tu seras malheureux.

Adam est également prévenu de ne pas approcher de l’arbre, les deux étant liés.

2.35 – Et Nous dîmes : « ô Adam, habite le Paradis toi et ton zawj, et nourrissez-vous-en de partout à votre guise ; mais n´approchez pas de la ramification que voici : sinon vous seriez du nombre des obscurantistes ».

7.19 – Et toi, Adam, habite, toi et ton zawj, dans le Paradis, et mangez d’où vous le voulez, mais n’approchez pas de cet arbre, de peur d’être parmi les obscurantistes ».

Que symbolise cet « arbre » ou plutôt cette ramification ? Dieu dit qu’Adam peut se nourrir de tout mais lui interdit uniquement cette ramification.

Quelle est la chose qui entraîne automatiquement une sortie de route ?

Cela ne peut qu’être la nourriture qui ne vient pas de Dieu : le shirk / la mauvaise parole

6 : 121 – Ne mangez pas ce sur quoi la caractéristique de Dieu n’a pas été mentionné, car ce serait une déviation. Les shayatin inspirent à leurs alliés de polémiquer avec vous. Si vous leur obéissez, vous serez des associateurs.

C’est-à-dire « La parole des hommes faite de conjectures et de mensonges et dont les “fruits” sont semblables à des têtes/logiques de shayātīn. » l’embranchement qui nous fait sortir de la voie droite.

Quelles sont les motivations qu’utilise shaytān pour pousser Adam à consommer de l’arbre ?

7.20 – Puis le diable leur chuchota, afin de leur dévoiler leur nudité qui leur avait été cachée : « Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Malakayn, ou de vous trouver parmi les Khālidīna

7.21 – Il leur jura : « Je suis pour vous un conseiller ».

7.22 – Ainsi il les trompa. Puis, quand ils eurent goûté de l’arbre, leur nudité leur apparut, et ils commencèrent à se couvrir des feuilles du Jannat. Leur Seigneur les appela : « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le diable est pour vous un ennemi évident ? »

20.120 – Puis le diable lui chuchota : « Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de l’immortalité et un royaume impérissable ? » (Shajarati Al-Khuldi Wa Mulkin Lā Yablá)

Pourquoi plusieurs propositions sont avancées ?

Comme si le shaytān lui-même ignorait la véritable motivation qui pousserait Adam à agir.

Symbolisant ainsi la conjecture, dispersant l’esprit en multiples ramifications et empêchant toute clarté de vision.

Ou bien le ins avait une motivation et le jinn en avait une autre…

Et Allah nous informe par cela de l’existence de deux souffles différents pouvant nous influencer et nous amener à la faute.

L’un voulant bien faire en faisant de l’association pour se rapprocher de Lui (devenir malāk)

L’autre pour chercher à se passer de Lui (devenir immortel) et profiter des plaisirs pour toujours. (royaume impérissable)

Ceci ne vous rappelle rien ? Le désir des religieux et le désir des non croyants qui veulent profiter de la vie. La ramification qui éloigne de Dieu.

L’arbre dont se gavent religieux et non croyants. Les yajûj et majûj.

Quand la scène d’Adam devient une copie conforme à notre réalité. Et dont chacun peut retrouver le souvenir où il a « croqué » de l’arbre interdit.

7.22 – Alors il les fit tomber par tromperie. Puis, lorsqu’ils eurent goûté de l’arbre, leurs nudités leur devinrent visibles ; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela : « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré ? »

Les ins shayatin c’est ceux qui vont tenter de justifier rationnellement les bêtises que des jinn shayatin ont inventé.

Tout comme Adam a cherché à « masquer sa nudité » avec des parties (feuilles) du jannat.

« Et Allah, comme toujours, à “l’heure” qu’il faut, prouvera aux coupables qu’ils ont mangé dans le mauvais arbre par ce qu’ils ont “dans le ventre” »

56.53 – Vous vous en remplirez le ventre,

« Il suffira aux vrais prophètes d’exposer leur véritable biographie et leurs véritables paroles pour exposer ceux qui se sont goinfrés de mensonges leur vie durant. Voilà pourquoi Allah laisserait le temps à la théologie d’Ibliss de remplacer sa parole. Voilà pourquoi l’écart entre la sagesse du coran et la sagesse de ceux qui le brandissent ou prétendent l’expliquer. Les “coupables” doivent être pris en flagrant délit de “ventre plein” d’âneries. Les bismillah, les hamdoulillah, les subhanollah et autres “feuilles” du paradis brandies comme excuses ne serviront alors à rien à ceux qui voudraient alors prouver à Dieu qu’ils ont suivi sa voie de vérité. Idem pour ceux qui se seront goinfrés et voudront expliquer qu’ils n’ont fait que grignoter que les parties qui leur paraissait conformes au coran. ‘J’au juste gouté une tout petit peu” qu’ils diront en dénoncent les “obscurantistes” alors qu’ils accomplissent les mêmes ritualités idiotes. »

2.36 – Peu de temps après, Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes : « Descendez (du Paradis); ennemis les uns des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps.

7.24 – « Descendez, dit [Dieu], vous serez ennemis les uns des autres. Et il y aura pour vous sur terre séjour et jouissance, pour un temps. »

Adam reconnut sa faute et se repentit

Et Dieu accepta alors qu’il se rachète « ailleurs » afin qu’il expérimente et se rappelle. Dans un environnement moins « favorable » (descendez de cet état harmonieux) mais permettant d’apprendre et se rappeler à travers les épreuves.

2.38 – Nous dîmes : « Descendez d´ici, vous tous ! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, ceux qui [le] suivront n´auront rien à craindre et ne seront point affligés ».

38.87 – Ce n’est qu’un rappel pour les mondes.

Pour nous rappeler de quelque chose que l’on a tous vécu.

Allah nous détaille les choses pour nous expliquer ce qui se passe en nous, le Qur’an est une hudan c‘est-à-dire qu’il nous éclaire sur notre propre fonctionnement en nous proposant des exemples.

La personnification d’Iblis incarne l’enseignement de la désobéissance, afin de la reconnaître et de la corriger.

Iblis refusant d’écouter sera contraint de le faire par l’expérimentation et l’apprentissage.

Parfois il faut le vivre pour le comprendre n’est-ce pas ?

On a tous mangé de l’arbre. Et nous devons désormais nous corriger à travers l’enseignement divin.

Ceci est un rappel, si l’information est donnée c’est qu’elle est d’une importance capitale pour notre guidée. Ce n’est pas juste une histoire à raconter aux enfants.

16.24 – Lorsqu’on leur dit : « Qu’est-ce que votre Seigneur a fait descendre ? » Ils disent : « Des contes d’anciens ! »

C’est quoi la rahma ? On va le vivre au cœur d’une épreuve pour le savoir.

On doit réapprendre le sens des mots et la valeur des choses car tout a été mélangé, « ramifié ». Et il faudra revenir à la racine pour en retrouver le sens originel.

Le bashar devient donc l’instrument de mesure pour savoir ce que les nafs ont réellement dans le ventre, leur vraie nature.

Se sont-elles nourries avec les Parolesd’Allah ou se sont-elles gavées de nourriture dont le ism d’Allah n’a pas été prononcé ?

80.24 – Que l´homme considère donc sa nourriture

Lorsque l’on presse une éponge on voit de quoi son eau est faite.

Tout comme l’expression « on reconnait un bel arbre a ses fruits », la nafs se dévoilera par le bashar.

« Lorsque l’on presse une orange avec force ou douceur, il n’en sortira que du jus d’orange.
Une personne n’ayant pas de haine en lui, lorsque des mots durs le pressent, seul de l’amour en sort.
La façon dont nous répondons au monde n’a rien à voir avec le monde, mais à tout avoir avec ce que nous portons dans nos propres âmes.
Personne n’a le pouvoir de nous mettre en colère. Le monde ne fait que dévoiler la colère que nous portons déjà en nous.
Ce n’est que lorsque que nous devenons un jardin où fleurissent les qualités de Dieu que nous pouvons offrir aux autres les fruits divins de la paix, de l’amour et de la miséricorde. »

Qu’est-ce que la nafs ?

Traduit habituellement par « âme » la nafs est ce qui définit une personne. C’est le souffle interne, l’état intérieur d’une personne.

Le bashar lui n’est pas jugé il fait ressortir ce qui a été absorbé c’est le révélateur, l’exprimeur.

Contrairement au ins et au jinn qui seront interrogés et jugés ensemble.

6.128 – Et le jour où Il les rassemblera tous : « Ô communauté de jinn, vous avez trop abusé des ins ». Et leurs alliés parmi les ins diront : « Ô notre Seigneur, nous avons profité les uns des autres, et nous avons atteint le terme que Tu avais fixé pour nous. » Il leur dira : « l’Enfer est votre demeure, pour y rester éternellement, sauf si Dieu en décide autrement. » Vraiment ton Seigneur est Sage et Omniscient.

Or c’est la nafs qui sera rétribuée selon ce qu’elle a acquis.

2.281 – Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Dieu. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu’elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés.

21.47 – Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d’un grain de moutarde que Nous ferons venir. Nous suffisons largement pour dresser les comptes.

Le ins et le jinn seront témoins contre leur nafs.

6.130 – Ô communauté de jinn et ins, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes signes et averti de la rencontre de ce jour ? Ils diront : « Nous témoignons contre nous-mêmes. » La vie présente les a trompés ; et ils ont témoigné contre eux-mêmes qu’en (vérité) ils étaient négateurs.

La nafs sera donc rétribuée par le ins et le jinn constituant un ensemble.

32.13 – « Si Nous voulions, Nous apporterions à chaque nafs sa guidée. Mais la parole venant de Moi doit être réalisée : « J’emplirai l’Enfer de jinn et de nās ensemble ».

Il n’y a pas un jugement pour le ins, un jugement pour le jinn, un jugement pour la nafs.

En 7.189 on parle de nafs wahidatin. Et derrière sa zawj.

Parce que la nafs du ins et la nafs du jinn est la même. On parle d’une seule et unique nafs.

La nafs est composée d’une partie consciente (ins) et inconsciente (jinn).

Le ins est la partie consciente, tout ce que l’on perçoit.

C’est consciemment que l’âme s’est chargée de la amāna.

75.14 – Mais al insān sera un témoin perspicace contre lui-même,

Mais la partie inconsciente joue un rôle fondamentale et influence le comportement.

Dès lors que nous ne sommes plus conscients du moment présent c’est la partie jinn qui s’exprime.

Que nous soyons en train de rêver ou simplement plongés nos pensées (imaginaire) ou que quelque chose travaille en arrière-plan dans notre esprit (subconscient), le jinn a plusieurs canaux pour s’exprimer.

C’est également pour cette raison que le Coran utilise des images, des métaphores pour s’adresser à cette dimension énergétique.

On retrouve cette dualité ins et jinn au quotidien.

L’esprit conscient et rationnel (qui perçoit et réutilise l’existant) vs l’esprit inconscient et imaginaire (qui transcende les limites).

Le insān est malléable selon l’environnement dans lequel il évolue, dépendant de la réalité qu’il vit tandis que le jinn n’est pas soumis à ces contraintes et peut choisir ou inventer ce qui lui plaît.

Notre esprit rationnel pensait pouvoir faire entendre raison à l’esprit contraire caché en nous en recevant l’instruction divine (rūh), cette boussole morale qui nous aide à rester dans la bonne direction (de la même racine que riyāh/les vents, car le vent donne une direction, il nous aide à voguer sur les vagues et nous empêche de dériver).

Dieu a fait descendre un peu de rūh (qur’ān) pour nous aider au cas où le rūh en nous ne suffise pas à venir à bout de notre tendance à dériver.

42.52 – C’est ainsi que Nous t’avons révélé un rūh provenant de Notre ordre. Tu n’avais aucune connaissance du Livre ni de la foi, mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Tu guides vers un droit chemin,

Afin que notre nafs s’en imprègne et soit purifiée de sa partie qui n’a pas sujud. Qu’elle soit réhabilitée.

2.37 – Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir car c´est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux.

Le zawj est ce qui la complète, son révélateur : le bashar

Le bashar transforme la nafs en éponge qui absorbe et fait ressortir ce qu’elle acquiert : l’expérience humaine.

Une fonction qui se manifeste par une capacité à acquérir de nouvelles connaissances amplifiant ainsi la conscience de son environnement, et de les exprimer à travers différentes expériences vécues.

Tout cela donnant la possibilité d’interagir librement avec l’environnement, d’agir en bien ou en mal.

La nafs va pouvoir se nourrir de bonnes connaissances et s’élever ou au contraire se nourrir de mensonges et régresser.

91.9 – A réussi celui qui l’améliore/la fait progressé

91.10 – Est perdu celui qui la corrompt.

74.36 – un avertissement, pour les bashar.

74.37 – Pour qui d´entre vous, veut avancer ou reculer.

74.38 – Toute âme est l´otage de ce qu´elle a acquis.

10.30 – C’est alors que chaque âme saura ce qu’elle a fait, et elle sera rendue à Dieu, son véritable patron, et elle a été abandonnée par ce qu’elle avait inventé.

3 types de nafs sont décrites dans le Coran :

(النفس الأمارة بالسوء): Nafs incitatrice au mal 12.53

(النفس اللوامة): Nafs tiraillée 75.2 également décrite en 91.8

(النفس المطمإنة): Nafs apaisée 89.27

Le nafs du insān peut le waswas (50.16)

Or le waswas est mina al jinn ou mina an nās (114.5)

Donc le waswas que l’on subit provient soit de l’intérieur (mina al jinn) ou de l’extérieur par le biais des gens (mina an nās).

Influence de notre inconscient vs influence sociale.

Que symbolise Adam ?

v.
أَدَمَ ـ أَدْمًا [adama] Ajouter des mets dans du pain.
n.
أُدامة [Oudamah] Condiment.

Adam serait donc le sublimateur de goût, dont le rôle consiste à donner de la saveur à l’âme.

Celui qui a la liberté d’expérimenter le goût de la vie, à travers l’expérience biologique humaine (en référence au mot dam/sang) et d’imbiber son âme de l’enseignement divin.

Assaisonner l’âme d’expériences pour l’enrichir et relever ses sens cachés, exprimer sa nature profonde.

Si on nourrit notre pain d’huile il aura bon goût, si on le nourrit de vinaigre rance il deviendra infâme.


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