Les gens de la caverne et d’ar raqim, commentaire de sourate al kahf
18.1 Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur, le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) !
18.2 [Un livre] d´une parfaite droiture pour avertir d´une sévère punition venant de Sa part et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu´il y aura pour eux une belle récompense
18.3 où ils demeureront éternellement
18.4 et pour avertir ceux qui disent : « Allah S´est attribué un walad. »
1. Pas de tortuosité/ambiguïté
2. Pour avertir et annoncer
18.5 Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ce qu´ils disent n´est que mensonge.
5. Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien.
Les asbâb an nuzûl (causes de révélation) disent que le verset concerne uniquement les polythéistes arabes, mais ici Allah avertit tous les gens qui diraient ça peu importe le lieu et la temporalité.
Cette parenthèse introduit la rhétorique qui va suivre : répéter et affirmer une information sans savoir réellement si c’est vrai ou non.
La formulation « ni eux ni leurs ancêtres » indiquent que ceux qui disent cette phrase l’ont appris de leurs ancêtres, et ils ont jugé que l’information était vraie car répétée et admise depuis des générations.
C’est la conséquence ultime que d’inventer des choses dans la religion. Au début on peut dire des choses sans gravité sans en mesurer la conséquence mais à la fin ça peut déboucher en parole monstrueuse.
18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !
Allah s’adresse directement à nous.
Lors de notre da`wa beaucoup de gens ne croiront pas à ce qu’on leur montre…
Allah nous console en nous disant « ne sois pas triste ».
18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions
Et quand quelqu’un est en désaccord avec nous (ne croit pas en ce discours) qu’est-ce qu’on fait ?
On adopte la meilleure réaction et celui qui fera le plus de bonnes actions sera le meilleur.
18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.
18.9 Penses-tu que les gens de la Caverne et d´ar-Raquim ont constitué une chose extraordinaire d´entre Nos prodiges ?
Ce verset nous indique clairement qu’il y a 2 groupes : caverne et ar-raqîm
18.10 Quand les jeunes se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent : « ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde ; et assure-nous la droiture dans tout ce qui nous concerne ».
Rahmatan + rashadân (Miséricorde et droiture dans les affaires)
18.11 Alors, Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant nombreuses sanas.
18.12 Ensuite, Nous les avons Ba`athnā , afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour.
Thumma Ba`athnāhum Lina`lama ‘Ayyu Al-Ĥizbayni ‘Aĥşá Limā Labithū ‘Amadāan
Allah nous explique pourquoi Il les a endormis dans la caverne.
Ba`athnâ بَعَثَ a plusieurs sens, envoyer, faire sortir, ramener ; ressusciter (ressusciter c’est ramener à la vie).
19.15 – Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il meurt, et le jour où il est ressuscité vivant. «يُبْعَثُ حَيًّا » est un pléonasme sauf si بَعَثَ a le sens de ramener
En 62.2 ou 17.15 c’est traduit par envoyer.
Et c’est dans ce sens qu’il est employé dans ce verset. On parle de 2 groupes, l’un va être envoyé/ramener à l’autre. L’objectif est de savoir qui d’entre les gens de al kahf et les gens de ar raqîm saura le mieux calculer la durée qui s’est écoulé depuis leur dernière interaction.
18.13 Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie].
Cette précision Bil-Ĥaqqi indique que les légendes qui circulaient et qui circulent encore à propos des 7 dormants ne relatent pas la véritable histoire. On ne doit donc pas s’appuyer dessus pour avancer quoi que ce ne soit ni sur aucune autre information qui comporte des ajouts quelconques, sous peine de reproduire les mêmes erreurs d’interprétation.
Un devoir faux ne sera pas plus vrai s’il est appuyé par un autre devoir faux. Et ce n’est pas parce qu’une information fausse est répétée et rapportée par plusieurs personnes sur plusieurs générations qu’elle devient vérité.
18.14 Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu´ils se sont tenus pour dire : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre : jamais nous n´invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles.
13/14. Qui étaient ces gens ? Jeunes et actifs, ils se sont dressés face à l’injustice, ils ont pris position.
18.15 Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n´apportent-ils sur elles une preuve évidente ? Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah ?
18.16 Et quand vous vous serez séparés d´eux et de ce qu´ils adorent en dehors d´Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne : votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort ».
14 15 16
Regardez bien les guillemets C’est une discussion qui débute à partir de « Notre seigneur est le seigneur de l’univers » et se termine avec « à votre sort »
On apprend le contexte dans lequel ils vivent et Ils trouvent une solution en fuyant.
Mais en regardant attentivement il y a un détail dans la manière de s’échanger :
Nous
Nous
Vous
Ils ont la même foi donc notre seigneur
Ils ont les mêmes concitoyens donc nos concitoyens
Puis vous
Il y a initialement 1 seul groupe qui se scindent ensuite en 2. Nous retrouvons donc nos 2 groupes nommés au verset 9.
Un groupe va rester sur place et un groupe va aller dans la caverne.
16. Miséricorde et Facilité dans les affaires en référence au v10
18.17 Tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s´écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu´eux-mêmes sont là dans une partie spacieuse (de la caverne) … Cela est une des merveilles d´Allah. Celui qu´Allah guide, c´est lui le bien-guidé. Et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie.
18.18 Et tu les aurais cru éveillés, alors qu´ils dorment. Et Nous les tournons sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien est à l´entrée, pattes étendues. Si tu les avais aperçus, certes tu leur aurais tourné le dos en fuyant ; et tu aurais été assurément rempli d´effroi devant eux
« Et tu les aurais cru »
C’est une sagesse pour nous faire comprendre que la réalité peut être différente de celle que l’on perçoit, également à l’échelle de notre vie personnelle.
Dans la continuité du verset précédent Allah montre qu’Il s’occupe de chaque détail.
Le chien à l’entrée pour symboliquement monter la garde et les protéger d’une intrusion.
18.19 Et c´est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu´ils s´interrogent entre eux. L´un parmi eux dit : « Combien de temps avez-vous demeuré là ? » Ils dirent : « Nous avons demeuré un jour ou une partie d´un jour ». D´autres dirent : « Votre Seigneur sait mieux combien [de temps] vous y avez demeuré. Envoyez donc l´un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu´il voit quel aliment est le plus pur et qu´il vous apporte de quoi vous nourrir. Qu´il agisse avec tact ; et qu´il ne donne l´éveil à personne sur vous.
بَعَثَ (Ba`athnâ) a le sens de ramener/renvoyer tout comme au verset 12.
Ainsi Allah les ramène à la réalité comme si rien ne s’était passé et les renvoie à la rencontre de l’autre groupe afin qu’ils s’interrogent entre eux. (Afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour).
Dans les récits coraniques il faut comprendre qu’il y a des non-dits et il y a parfois des étapes non pertinentes pour l’objectif du message qui sont sautées.
Selon un timing décidé par Allah, les jeunes de la caverne, fraichement réveillés tombent sur le groupe d’ar raqîm, alors sans nouvelle d’eux depuis des années.
Le verset reprend donc avec la conversation des 2 groupes et de qui saura la durée exacte.
ar raqîm : « Combien de temps avez-vous demeuré là ? »
al kahf : – Nous avons demeuré un jour ou une partie d’un jour
ar raqîm : « Votre Seigneur sait mieux combien de temps vous y avez demeuré »
Du point de vue des jeunes qui se sont réfugiés dans la caverne ils sont juste partis une journée et n’ont pas vu le temps passé. Tandis que pour ceux restés sur place (ar raqîm) qui ont vu les années défiler cette réponse ne tient pas.
ar raqîm : « Envoyez donc l´un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu´il voit quel aliment est le plus pur et qu´il vous apporte de quoi vous nourrir »
On notera que فَٱبْعَثُوٓا۟ est traduit par « envoyez » par les traducteurs cette fois ci et non ressusciter.
Le changement de pronom et le fait que le protagoniste s’exclue montre qu’il est impossible que ce soit un échange entre gens de la caverne uniquement et que lui-même est inclus dedans. « L’un de vous » indique clairement qu’il n’en fait pas partie et « qu’il vous apporte de quoi vous nourrir » traduit une nette séparation des besoins : il n’a pas besoin de manger contrairement aux autres restés un moment sans manger.
18.20 Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion, et vous ne réussirez alors plus jamais ».
Dans ce verset on comprend pourquoi ils ont été dans la caverne :
En réalité ils ont fui car ils étaient en danger et non pas pour autre chose.
Le danger est toujours là. Ce sont les mêmes personnes et donc la même époque, avec quelques années en plus.
On peut supposer que les gens d’ar raqîm n’étaient pas partis car ils n’étaient pas en danger (soit parce qu’ils étaient protégés par leur clan soit parce qu’ils avaient décidé de cacher leur foi contrairement aux autres).
18.21 Et c´est ainsi que Nous fîmes qu´ils furent découverts, afin qu´ils [les gens de la cité] sachent que la promesse d´Allah est vérité et qu´il n´y ait point de doute au sujet de l´Heure. Aussi se disputèrent-ils à leur sujet et déclarèrent-ils : « Construisez sur eux un édifice. Leur Seigneur les connaît mieux ». Mais ceux qui l´emportèrent [dans la discussion] dirent : « Elevons sur eux un sanctuaire ».
Même s’ils ont voulu être discret, le plan d’Allah était qu’ils soient découverts.
« et qu´il n´y ait point de doute au sujet de l´Heure » vient souligner l’idée du timing évoqué précédemment. Chaque chose arrive en son temps, Allah décrète et applique le décret au meilleur des moments.
A la suite de quoi ils ont polémiqué entre eux :
- Construisez sur eux un bunyânân بُنْيَٰنًا
Traduit par « édifice » mais avec une notion de resserrement ou d’enfermement (entre 4 murs) dans lequel il n’y a pas d’espace :
En 61.4 l’édifice renforcé fort impénétrable est comparé à un rang serré, sans espace.
En 37.97 – Ils dirent : « Construisez-lui un édifice et lancez-le dans la fournaise.
L’emploi dans ce verset est aussi associé à quelque de chose de mauvais augure car les 2 propositions sont en opposition c’est donc qu’il y en a une de négative et une de positive.
« Leur Seigneur les connait mieux » vient renforcer cette direction. En effet malgré le signe dont ils ont été témoins le groupe refuse de prendre pour Seigneur.
Les premiers protagonistes veulent ainsi « construire un édifice sur eux » soit dans un sens métaphorique pour « étouffer l’affaire », soit dans un sens littéral comme pour la sourate 37 soit dans le but d’expédier l’histoire en construisant un édifice pour eux et leur Seigneur pour ensuite passer à autre chose.
- Elevons sur eux un masjid مَّسْجِدًا
Le masjid a une portée plus forte, c’est pour se souvenir, ne pas oublier. (Écoutoir, là où on écoute la Parole de Dieu, et où on se remémore ses bienfaits, peu importe l’endroit). La notion de masjid vient ici en opposition à une construction/édifice.
Et la majorité a finalement compris la leçon et a décidé de se soumettre à Allah d’obéir.
18.22 Ils diront : « ils étaient trois et le quatrième était leur chien ». Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu´ils étaient cinq, le sixième étant leur chien et ils diront : « sept, le huitième étant leur chien« . Dis : « Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n´en est que peu qui le savent ». Ne discute à leur sujet que d´une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.
18.23 Et ne dis jamais, à propos d´une chose : « Je la ferai sûrement demain ».
18.24 sans ajouter : « Si Allah le veut », et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».
22. La polémique pour connaitre leur nombre.
Qui parle ? Des gens qui conjecturent.
Le « Qul » étant utilisé au milieu du verset pour répondre à leurs spéculations.
Il n’y a pas de « quatre, le cinquième étant leur chien ».
C’est peut-être pour faire comprendre que ce qu’ils disent n’est pas logique et ne tient sur rien. Ils passent direct du 3 au 5 comme si on était aux enchères.
On pourrait penser qu’Allah fait une parenthèse qui n’a aucun rapport avec le récit mais l’utilisation du terme rashadan dans le verset 24 nous indique plutôt une continuité. (cf verset 10). Ce terme reprend l’expression utilisée par les jeunes de la caverne dont on doit se servir d’exemple.
Pour mieux comprendre voici comment devrait être structuré l’ensemble du passage :
Ils diront : « ils étaient trois et le quatrième était leur chien ».
Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu´ils étaient cinq, le sixième étant leur chien.
Et ils diront : « sept, le huitième étant leur chien ».
- « Dis : « Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n´en est que peu qui le savent ».
- Ne discute à leur sujet que d´une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.
- Et ne dis jamais, à propos d´une chose : « Je la ferai sûrement demain » sauf / si ce n’est ce qu’a voulu Allah.
- Et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».
Ainsi on peut comprendre la parenthèse de plusieurs façons. L’oubli n’est pas nécessairement lié à « In shaa Allah » (le « « sans ajouter » n’étant même pas dans le texte) mais peut être rattaché au fait d’oublier le fait de ne pas remettre au lendemain (comme en 68.17-19) ou bien oublier de ne pas polémiquer ou bien oublier de manière générale.
Car c’est en remettant au lendemain et en procrastinant qu’on oublie les choses et qu’on tombe dans l’inaction. Les jeunes de la caverne ont agi tout de suite. Ils ne se sont pas dit « on verra plus tard comment on peut agir ».
Au lieu de se concentrer sur l’essentiel ils vont parler sans connaissance de l’affaire.
Ils n’ont pas vu la scène pourtant ils sortent des chiffres comme ça.
La leçon qu’il faut tirer de cette histoire c’est ne pas s’attarder sur les détails (leur nombre) mais aller vers l’essentiel, vers l’objectif pointé par Allah.
Ceux qui s’attardent et polémiquent sur les détails, il ne faut pas les écouter.
Et l’objectif du récit c’est quoi ? C’est que dans tous nos projets, Allah est derrière.
Quelle était la droiture des gens de la caverne ? Ils étaient croyants.
Mais comment ça s’est manifesté ? En étant actif, ils ont agi avec leurs moyens et ont placé leur confiance en Allah.
Les jeunes ont décidé d’agir malgré le danger et leur faiblesse. Ils auraient pu se dire que ce qu’ils font ne changera rien. Car en réalité ils n’ont rien fait d’extraordinaire.
Si ça ne tenait qu’à eux jamais ils n’auraient réussi à changer la mentalité de leur peuple. Mais Allah est intervenu et tout a basculé. Et finalement c’est en étant dans la passivité la plus totale, en dormant qu’ils ont changé les choses. Leur sommeil a été la cause de guidée de leur peuple.
Allah montre par cette symbolique que son intervention divine est au-dessus de toute volonté humaine.
Lorsqu’on oublie que la volonté d’Allah est au-dessus de celle des hommes, alors invoque ton seigneur et dis « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».
Et là c’est un message divin plein de sagesse. Un message d’espoir et d’optimisme.
Car on sait que le résultat appartient à la volonté divine. Et Allah ne nous a pas demandé le résultat, qui Lui incombe, mais d’agir avec nos moyens.
18.25 Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cent sanas et en ajoutèrent neuf.
18.26 Dis : « Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent là. A Lui appartient l´Inconnaissable des cieux et de la terre. Comme Il est Voyant et Audient ! Ils n´ont aucun allié en dehors de Lui et Il n´associe personne à Son commandement
Ensuite ils vont polémiquer sur la durée de la même manière qu’ils ont fait sur le nombre mais ce n’est pas retranscrit. Cela fait partie des non-dits.
Allah donne la réponse 300+9 pour montrer que seul Lui pouvait en connaitre l’exactitude*.
Mais la direction qu’Il donne ensuite avec le « Qul » c’est que la seule bonne réponse pouvant être acceptée est : « Dieu sait mieux »
Car il était strictement impossible de connaitre la durée exacte autrement que par sa révélation.
A Lui appartient l´Inconnaissable des cieux et de la terre
Et c’est pour cela qu’Il conclut l’échange dans ce verset par « Allah sait mieux » qui est la posture à adopter quand on ne sait pas.
Le but (Lequel des 2 groupes sauraient le mieux calculer la durée) était de montrer que même ceux qui l’avaient vécu n’avaient pas pu le déterminer avec précision.
Personne n’a su et même eux ont répondu « Allah sait mieux ».
Alors comment peut-on des années après polémiquer sur ça ? Et c’est pourtant la voie qu’a choisi le sunnisme en polémiquant sur des détails des siècles plus tard à partir de on-dit, de la même façon que ceux qui conjecturent auquel le Coran répond.
et Il n´associe personne à Son commandement
Comme exprimé dans le verset 5, prendre les paroles d’ancêtres pour vérité absolue et les propager, c’est non seulement prendre le risque de propager de fausses informations (comme le nombre des gens de la caverne) mais c’est aussi finir par attribuer des choses fausses à Dieu (un walad).
Associer du faux à Dieu c’est une forme d’association.
Et à force de prendre les ancêtres comme référence et vérité dans leurs informations, on se retrouve finalement à les suivre eux, à suivre leurs instructions et non celles qu’Allah a instauré. C’est pourquoi Allah rappelle que personne n’a d’autorité équivalente à la sienne et Lui seul commande.
18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge
18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Son wajh. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.
18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !
18.30 Ceux qui croient et font de bonnes œuvres… vraiment Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien.
18.31 Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d´or et se vêtiront d´habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure !
Les versets 27-31 constituent la conclusion du récit et communiquent avec les versets d’introduction 1-8.
27. -> Verset 1 : le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) -> Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles
29. -> Verset 2 : avertir (enfer) et annoncer (paradis)
31. -> Verset 2 : il y aura pour eux une belle récompense -> Quelle bonne récompense
31. -> Verset 3 : où ils demeureront éternellement -> Quelle belle demeure
Voici un récapitulatif de la rhétorique sémitique sous la forme ABCA’B’C’ agencé autour du thème du libre arbitre formulé par : Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie
A : Le livre support fiable
B : Pour avertir l’enfer
C : Annoncer le paradis
- Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie
18.1 Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur, le Livre, et n´y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) !
18.2 [Un livre] d´une parfaite droiture pour avertir d´une sévère punition venant de Sa part et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu´il y aura pour eux une belle récompense
18.3 où ils demeureront éternellement
18.4 et pour avertir ceux qui disent : « Allah S´est attribué un walad. »
18.5 Ni eux ni leurs ancêtres n´en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ce qu´ils disent n´est que mensonge.
18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !
18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions
18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.
18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge
18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.
18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !
18.30 Ceux qui croient et font de bonnes œuvres… vraiment Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien.
18.31 Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d´or et se vêtiront d´habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure !
A l’intérieur de cette rhétorique on retrouve une forme ABB’A ‘ orientée autour du test que représente la vie ici-bas et la réaction à avoir face à ceux refusant cette réalité :
18.6 Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu´ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !
18.7 Nous avons placé ce qu´il y a sur la terre pour l´embellir, afin d´éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d´entre eux sont les meilleurs dans leurs actions
18.8 Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.
18.27 Et récite ce qui t´a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge
18.28 Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d´eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n´obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.
18.29 Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Quiconque le veut, qu´il croit, et quiconque le veut qu´il mécroie ». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s´ils implorent à boire on les abreuvera d´une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure !
On notera d’abord une réponse psychologique suite à la tristesse ressentie vis-à-vis de leur réaction (chagrin) avec comme pierre angulaire de chercher du réconfort dans le livre et refuge chez Allah.
Puis une réponse pratique : ils ne croient pas en ton discours ? Dis-leur simplement « la vérité vient de Dieu » « quiconque le veut qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie ». Chacun est libre.
Toute belle chose sur terre n’est finalement que distraction temporaire visant à disparaitre de la surface et sert en réalité de test ou d’épreuve afin d’évaluer les hommes qui agissent selon leur libre arbitre.
Allah nous incite à faire preuve de patience en choisissant de rester avec ceux dont la voie est durable (qui invoquent leur Seigneur matin et soir) et non pas tournée vers la beauté éphémère de cette vie. (Zînata Al-Ĥayâti Ad-Dunyâ)
18.46 Les biens et les enfants sont l´ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance
40.39 Ô mon peuple, cette vie n´est que jouissance temporaire, alors que l´au- delà est vraiment la demeure de la stabilité.
57.20 Sachez que la vie présente n´est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l´orgueil entre vous et une rivalité dans l´acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie ; ensuite elle devient des débris. Et dans l´au- delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d´Allah. Et la vie présente n´est que jouissance trompeuse.
Et Allah sait mieux.